Canicule et chiot : pourquoi rester à la maison est aussi un apprentissage ? Avec plus de 30 °C en température ressentie dès 6 h du matin en Vendée, nos petites sorties quotidiennes se sont brutalement raccourcies. Alors que Bowie découvrait progressivement la plage, la forêt, les magasins, les inconnus et les promenades d’observation, nous avons dû ralentir notre rythme pendant quelques jours. Nous étions dans la dynamique une expérience nouvelle et positive par jour… De la qualité, plus que de la quantité… Là nous sommes comme confinés. Les forêts sont interdites, nous sortons de 5h à 5h30 … Et nous croisons peu de monde.
Je l’avoue, ma première réaction a été de me demander si nous allions prendre du retard. Redouter que cela soit néfaste à sa progression. Lorsqu’on accueille un chiot, il est facile de penser que chaque journée doit être consacrée aux découvertes, disons à la socia. Une journée sans sortie passe, mais au-delà, cela peut rapidement devenir une source d’appréhension, surtout lorsque l’on entend partout à quel point la socialisation est importante pendant les premiers mois de vie.
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L’apprentissage est plus robuste que la météo
En observant Bowie, j’ai pourtant réalisé que les apprentissages continuaient. Ils ne se déroulent simplement plus au même endroit. Un chiot n’apprend pas uniquement lorsqu’il découvre le monde extérieur. Il apprend aussi lorsqu’il découvre le quotidien, les changements climatiques ou contraintes, même à la maison, et surtout, les imprévus.
Cette période m’a d’ailleurs fait prendre conscience d’une chose que nous oublions souvent. Nous passons énormément de temps à préparer nos chiots à découvrir le monde, à évoluer à l’extérieur mais nous pensons beaucoup moins à les préparer aux journées bloquées ou à contraintes dans l’intérieur. Pourtant, ce sont probablement ces compétences seront mobilisées dans une grande partie de leur existence.
Des épisodes de canicule reviendront. Des journées de tempête nous obligeront à rester en sécurité. Il y aura aussi des imprévus, des périodes de fatigue ou ma fameuse grippe d’octobre et des moments où nous serons moins disponibles. Tout cela fait partie de la vie et nos chiens traverseront ces situations avec nous.
Finalement, je ne suis pas en train d’élever Bowie pour vivre des journées parfaites et standardisées à l’idéal. De type, sortie à la même heure pour une aventure merveilleuse tous les jours de sa vie. Je suis en train de l’accompagner dans sa construction à être capable de s’adapter à la vie avec ses aléas. Une vie faite de découvertes, mais aussi de journées beaucoup plus simples. Et si je regarde les choses sous cet angle, alors non, nous ne sommes pas en train de prendre du retard. Nous sommes simplement en train d’apprendre autrement que la vie est teintée d’une adaptabilité nécessaire. Bowie apprend le calme du foyer.
Pourquoi la socialisation ne doit pas devenir une course aux découvertes
Lorsqu’on accueille un chiot, la socialisation devient rapidement une priorité. Nous entendons qu’il faut lui faire découvrir des personnes, des environnements variés, des véhicules, des sons du quotidien ou encore différentes surfaces. Tous ces conseils sont pertinents et reposent sur un objectif simple : permettre au jeune chien de construire des repères positifs dans le monde qui l’entoure. Pourtant, à force d’entendre à quel point cette période est importante, nous pouvons parfois tomber dans un excès inverse. Une information juste finit alors par devenir une source de pression. Nous avons peur de manquer une étape, de ne pas en faire assez ou de passer à côté d’une occasion qui ne se représentera plus.
Les réseaux sociaux participent parfois, malgré eux, à ce phénomène. Chaque jour, nous voyons des chiots en balade, au restaurant, en forêt, à la plage ou dans des magasins. Ces contenus ont souvent une intention bienveillante et peuvent même être inspirants. En revanche, ils peuvent aussi nous donner l’impression qu’un bon début de vie repose sur une accumulation permanente d’expériences. Cette vision est pourtant incomplète. La socialisation ne se résume pas à exposer un chiot à un maximum de situations. Notamment car on risque rapidement de sombrer dans la surexposition… Elle consiste plutôt à lui permettre de rencontrer le monde de façon progressive, positive et adaptée à ses capacités du moment. Autrement dit, la qualité des expériences proposées sera toujours plus importante que leur quantité.
Chiot n’est pas chien adulte
Cette nuance est essentielle, car un chiot ne possède pas encore les mêmes capacités qu’un chien adulte pour traiter les informations qui l’entourent. Derrière une simple promenade se cache en réalité un immense travail cognitif. Une odeur inconnue, un passant qui s’arrête, un bruit soudain, un autre chien ou un changement d’environnement demandent déjà beaucoup d’énergie mentale. Même lorsque nous avons l’impression qu’il ne se passe rien de particulier, son cerveau est en permanence en train de trier, d’analyser et de mémoriser des informations. Cette charge invisible explique d’ailleurs pourquoi certains chiots peuvent sembler plus fatigués après une courte sortie d’observation qu’après une activité physique plus longue.
Le cerveau d’un chiot a besoin de temps pour intégrer ses apprentissages
Nous oublions parfois qu’un apprentissage ne se limite pas au moment où il est vécu. Les recherches en neurosciences montrent que le cerveau consolide une partie des informations pendant les périodes de récupération. En d’autres termes, le repos n’interrompt pas les apprentissages. Il participe directement à leur construction. Un chiot qui dort, qui observe tranquillement son environnement ou qui passe une journée plus calme n’est donc pas un chiot qui cesse d’apprendre. Il est souvent en train d’intégrer ce qu’il a découvert les jours précédents.
Cette réflexion me semble particulièrement importante dans le contexte actuel. Depuis quelques jours, Bowie est passé d’un rythme très riche en nouveautés à des journées beaucoup plus simples. La plage, la forêt ou les promenades d’observation du monde ont temporairement laissé leur place à des moments passés dans la maison, à des temps de repos et à une vie davantage centrée sur l’intérieur. Pendant quelques instants, j’ai eu peur que cette parenthèse nous fasse prendre du retard. Avec un peu de recul, je me rends compte qu’il se passe exactement l’inverse. Cette alternance lui permet probablement d’assimiler tout ce qu’il a vécu depuis son arrivée.
Je trouve d’ailleurs intéressant de faire un parallèle avec notre propre fonctionnement. Après une journée particulièrement riche, nous ressentons souvent le besoin de ralentir. Journée intense au boulot, correspondant souvent à soirée cocooning à la maison. Nous ne cherchons pas à apprendre une nouvelle compétence, à découvrir un nouvel endroit ou à rencontrer de nouvelles personnes chaque jour. Notre cerveau alterne naturellement des phases d’activité et des phases de récupération. Il serait donc assez incohérent d’attendre d’un chiot qu’il soit constamment sollicité.
Evitons les confusions
Cette période de canicule me rappelle aussi l’importance de ne pas confondre stimulation et surstimulation. Derrière notre volonté de bien faire se cache parfois une forme de surcompensation. Plus nous avons peur de manquer une étape, plus nous avons tendance à proposer des activités. Pourtant, l’équilibre d’un chien ne se construit pas dans le toujours plus. Il se construit dans l’alternance. D’ailleurs, j’avais déjà abordé cette question dans mon article consacré à la suractivité, la surstimulation et la suractivité chez les chiens. Je crois même que cette lecture prend encore plus de sens aujourd’hui.
Un article sur le sujet à retrouver : Suractivité, surstimulation et sursollicitation chez le chien
En bref ?
Finalement, nous passons énormément de temps à préparer nos chiots à découvrir le monde, mais beaucoup moins à les préparer aux journées ordinaires. Pourtant, ce sont probablement ces journées qui composeront la majeure partie de leur vie. Une vie de chien n’est pas une succession d’aventures quotidiennes. C’est une alternance de sorties, de moments de repos, de périodes plus actives et de journées beaucoup plus simples. Et c’est précisément cette capacité d’adaptation qui construit, petit à petit, un chien équilibré. Selon moi …
Patience, frustration et attente : des apprentissages que nous oublions souvent de travailler
En observant Bowie ces derniers jours, je me suis rendu compte que cette parenthèse météo lui permettait de développer des compétences auxquelles nous pensons rarement lorsque nous accueillons un chiot. Nous parlons beaucoup de socialisation, de dépense physique ou de découvertes du quotidien, mais beaucoup moins de patience, d’attente et de gestion de la frustration. Pourtant, ces apprentissages vont l’accompagner pendant toute sa vie.
Le mot frustration possède d’ailleurs une connotation assez négative. Lorsqu’il est question de nos chiens, nous avons souvent peur qu’il soit synonyme de privation ou de mal-être. Or, ces notions ne sont pas équivalentes. Une frustration excessive, brutale ou répétée peut effectivement devenir problématique. En revanche, une frustration douce, progressive et sécurisante fait pleinement partie du développement d’un jeune chien. Elle lui apprend que certaines envies peuvent être différées sans que cela soit inquiétant.
L’art d’apprendre à glander …
Cette nuance me semble importante, car la vie quotidienne ne permettra jamais de satisfaire tous les désirs immédiatement. Bowie ne pourra pas aller à la plage chaque matin. Il ne découvrira pas un nouvel endroit tous les jours. Certains moments devront attendre quelques heures et, parfois, plusieurs jours. Ce constat peut sembler banal pour nous. Pour un chiot, il représente pourtant un véritable apprentissage.
En psychologie, cette compétence s’apparente à ce que l’on appelle le report de gratification. Il s’agit de la capacité à accepter qu’une satisfaction n’arrive pas immédiatement, sans que cela génère de stress excessif. Cette aptitude est largement étudiée chez les humains, notamment chez les jeunes enfants, car elle participe au développement de l’autonomie et de l’autorégulation. Sans transposer directement ces mécanismes à nos chiens, nous pouvons néanmoins retenir une idée essentielle : apprendre à attendre constitue une compétence à part entière.
Cette période de canicule crée justement des situations très intéressantes à observer. Les promenades reviendront. Elles sont simplement décalées dans le temps. Cette différence est importante, car elle permet à Bowie d’expérimenter une attente qui reste prévisible et rassurante. Rien ne lui a été retiré. Le rythme a simplement changé pendant quelques jours.
Je crois d’ailleurs que cette réflexion nous concerne aussi, nous, les humains au bout de la laisse. Face à cette situation, nous pouvons ressentir une forme de frustration similaire. Nous avions imaginé des sorties…. Nous devons finalement revoir nos plans. Accepter ce ralentissement fait donc partie de notre propre apprentissage.
Apprendre qu’il ne se passe rien est aussi une compétence
Cette phrase peut sembler étrange, mais elle me paraît essentielle. Nous cherchons souvent à apprendre quelque chose à nos chiens. Nous leur apprenons à marcher en laisse, à revenir au rappel, à patienter avant leur repas ou à répondre à certaines demandes du quotidien. En revanche, nous pensons beaucoup moins à leur apprendre qu’il est parfaitement normal que rien de particulier ne se passe pendant quelques heures.
Pourtant, cette compétence est précieuse. Un chien qui a besoin qu’un événement se produise en permanence risque de développer des attentes très élevées vis-à-vis de son environnement. À l’inverse, un chien qui a appris à apprécier des périodes plus neutres développe généralement une meilleure capacité d’autorégulation. Il ne dépend pas entièrement des stimulations extérieures pour trouver son équilibre.
Cette notion me semble particulièrement importante avec un chiot, car les premiers mois de vie construisent progressivement ses repères. Les habitudes que nous installons aujourd’hui deviendront demain des références de fonctionnement. Si chaque journée est exceptionnelle, alors l’exceptionnel risque de devenir la norme. À l’inverse, si nous alternons naturellement les rythmes, nous aidons notre futur chien adulte à développer davantage de souplesse.
Et je crois que c’est probablement l’un des plus beaux cadeaux que nous pouvons leur offrir. Car la vie n’est pas parfaitement prévisible. Elle est faite de périodes très riches, de moments plus simples et parfois d’imprévus qui s’imposent à nous. Apprendre à traverser ces variations avec sérénité est sans doute l’une des compétences les plus utiles que Bowie développera au cours de sa vie.
Pourquoi nous avons tendance à sursolliciter nos chiots lorsque nous restons à la maison
Je me suis rendu compte d’une chose assez intéressante pendant cette canicule : l’absence de sortie est parfois plus difficile à gérer pour l’humain que pour le chiot lui-même. Dès que nous sommes contraints de ralentir, un mécanisme très particulier se met en place. Nous avons envie de compenser.
Cette réaction est finalement très humaine. Lorsqu’une balade est annulée ou qu’une activité extérieure devient impossible, nous ressentons rapidement le besoin de proposer autre chose à la place. Une sortie supprimée appelle un jeu supplémentaire. Une journée entière à la maison nous donne envie de sortir des jouets d’occupation ou de multiplier les exercices. Comme si le calme devait absolument être rempli.
Cette démarche part évidemment d’une bonne intention. Pourtant, elle peut rapidement devenir contre-productive. À force de vouloir bien faire, nous risquons de créer une succession de sollicitations qui ne correspondent plus aux besoins réels du chiot. Chaque temps mort devient alors un moment qu’il faudrait occuper. Cette logique peut finir par installer une attente permanente : celle qu’il doit toujours se passer quelque chose pour que la journée soit réussie.
Dixit de la culpabilité
Je pense même que cette réaction dépasse largement le cadre de la relation avec nos chiens. Nous avons parfois du mal à accepter les journées ralenties. Un imprévu survient et nous cherchons immédiatement à le compenser. Une activité disparaît et nous ressentons le besoin de la remplacer. Ce mécanisme est très courant et il se répercute souvent sur nos animaux sans que nous nous en rendions compte.
Or, l’objectif n’est pas de remplacer une heure de promenade par une heure d’occupations à la maison. Il ne s’agit pas non plus de proposer des activités en continu pour éviter l’ennui. L’enjeu est ailleurs. Il consiste à apprendre à adapter notre quotidien sans créer une dépendance aux stimulations permanentes.
Cette nuance me paraît importante, car les habitudes que nous installons aujourd’hui deviendront demain des repères pour notre futur chien adulte. Si chaque période plus calme est systématiquement compensée par une activité, nous risquons de lui faire comprendre qu’une journée agréable est une journée où il se passe toujours quelque chose. À l’inverse, conserver un certain équilibre lui apprend progressivement qu’il est normal que certaines journées soient différentes des autres.
Comment j’utilise concrètement cette parenthèse météo avec Bowie
Une fois cette réflexion posée, il a fallu trouver un équilibre à la maison. Avec des températures ressenties qui dépassent les 30 °C, nous faisons un bref passage baignade à la plage pour qu’ils puissent se rafraichir de 5h à 5h30 … Ce matin, nous n’avons croisé personne… Ensuite, dès 5h30 du matin, retour de plage, rinçage avec la douche extérieure pour les deux … Puis, Bowie et Queeny profitent du jardin très tôt le matin. Cela me permet aussi d’aérer en ouvrant toutes les fenêtres pour faire circuler un maximum d’air. Dès que le soleil et donc la chaleur arrivent, nous rentrons à la maison et la journée s’organise autrement.
J’ai choisi de proposer des activités qui ont un véritable intérêt sur le long terme. Des sabots de veau fourrés avec de la pâtée ou des glaces maisons, puis placés au congélateur, permettent de travailler la mastication tout en apportant un peu de fraîcheur. Des tapis de léchage viennent aussi ponctuellement compléter la journée. Je fais toutefois attention à ne pas les transformer en occupations systématiques. Ils restent des outils ponctuels et non des activités destinées à remplir chaque heure.
Capitaliser l’avenir
Cette période me donne également l’occasion de travailler des apprentissages que je repousse parfois lorsque notre rythme habituel reprend le dessus. Le medical training prend alors une place importante. Nous travaillons les manipulations, la coupe des poils sous les pattes, le brossage du pelage ainsi que les premières habitudes autour du brossage des dents. Ces gestes peuvent sembler anodins aujourd’hui, mais ils auront des conséquences très concrètes pendant toute sa vie.
Quelques règles de vie commencent aussi à s’installer progressivement. Nous avons notamment commencé à travailler le rangement des jouets. L’exercice reste très simple pour le moment : aller chercher un jouet et le remettre dans sa corbeille. Je ne cherche pas la performance. Mon objectif est plutôt de construire des routines positives et de développer sa coopération au quotidien.
Enfin, une simple bassine d’eau nous a permis de proposer quelques moments de pataugeade. Cette activité m’a d’ailleurs donné une idée; à savoir, commander une piscine pour les prochains épisodes de canicule. L’été ne fait que commencer et je sais déjà que d’autres périodes de fortes chaleurs reviendront.
Finalement, cette organisation par défaut est supportable parce qu’elle ne cherche pas à reproduire artificiellement une journée normale. Elle me permet simplement d’adapter notre quotidien aux circonstances tout en continuant à construire des apprentissages utiles pour notre vie future. Nous travaillons aussi la sieste … Oui, oui, l’art de la flemme avec 30 minutes de sieste, au calme tous les trois.
Besoin d’idées supplémentaires pour occuper votre chien à la maison ?
Même si cette période me pousse à privilégier la simplicité, il existe de nombreuses activités adaptées aux journées où les sorties doivent être limitées. Jeux de réflexion, occupations olfactives, activités DIY, enrichissement alimentaire ou encore idées faciles à mettre en place à la maison peuvent permettre de varier le quotidien sans tomber dans la sursollicitation.
D’ailleurs, plusieurs ressources sont déjà disponibles sur le blog. Vous y retrouverez des idées d’occupations, des DIY et des activités à proposer à votre chien lors des épisodes de canicule, des journées de pluie ou de toute autre période qui nous oblige temporairement à ralentir. N’hésitez pas à consulter les rubriques dédiées pour piocher des idées adaptées à votre quotidien et aux besoins de votre compagnon.
Quels apprentissages un chiot développe-t-il dans ce contexte ?
Nous avons souvent tendance à associer les apprentissages aux sorties, aux rencontres ou aux nouvelles expériences, voire aux tricks. Pourtant, certaines compétences essentielles se développent dans un cadre beaucoup plus simple. Quelques jours passés principalement à la maison peuvent même devenir extrêmement intéressants d’un point de vue éducatif. Non pas parce qu’ils remplacent les découvertes extérieures, mais parce qu’ils permettent de travailler des capacités que nous sollicitons finalement assez peu au quotidien.
La première concerne la capacité à attendre. Dans une société qui valorise l’immédiateté, nous sommes habitués à répondre rapidement aux besoins et aux envies. Ce fonctionnement se retrouve parfois dans notre relation avec nos chiens. Une envie apparaît et nous cherchons immédiatement une solution. Or, la vie ne fonctionnera pas toujours ainsi. Certaines activités devront être décalées, certains moments devront patienter et certaines journées seront tout simplement différentes des autres. Apprendre que tout n’arrive pas immédiatement constitue donc un apprentissage très précieux.
Sécurité …
Cette période participe également à construire ce que j’appellerais une forme de sécurité émotionnelle. Peu importe que la plage soit inaccessible pendant quelques jours ou qu’une sortie soit reportée. Le cadre de vie reste stable, les repères sont toujours présents et la relation ne change pas. Petit à petit, le chiot comprend que son bien-être ne dépend pas uniquement des activités proposées. Cette notion me paraît importante, car elle participe à construire un chien qui ne s’inquiète pas dès que ses habitudes évoluent.
Le fait de rester davantage à la maison favorise aussi le développement d’une certaine autonomie. Lorsque rien de particulier n’est prévu, un jeune chien apprend progressivement à occuper son temps autrement. Il peut se déplacer d’une pièce à l’autre, observer son environnement, se reposer ou simplement vivre sa journée sans attendre une sollicitation permanente de la part de son humain. Ces moments plus neutres passent souvent inaperçus, alors qu’ils constituent une véritable compétence de vie.
L’adaptabilité est probablement l’une des compétences les plus importantes chez un futur chien adulte
Si je devais retenir un seul bénéfice de cette période de canicule, ce serait probablement celui-ci. Un chien équilibré n’est pas un chien qui sait faire beaucoup de choses. C’est un chien qui sait s’adapter aux situations qu’il rencontre. Cette capacité, que l’on appelle parfois la flexibilité comportementale, désigne tout simplement l’aptitude à modifier ses comportements en fonction du contexte.
Concrètement, cela signifie qu’un même chien peut apprécier une sortie à la plage un jour et accepter une journée beaucoup plus calme le lendemain. Il peut profiter d’un moment de jeu lorsqu’il est proposé, sans pour autant se retrouver en difficulté lorsqu’il n’y en a pas. Cette souplesse est extrêmement précieuse, car elle lui permettra de traverser les nombreux imprévus que nous rencontrerons au cours des prochaines années.
Je trouve d’ailleurs intéressant de prendre un peu de recul sur ce point. Lorsque nous accueillons un chiot, nous pensons souvent aux prochains mois. Pourtant, nous sommes en réalité en train de construire une relation qui durera probablement plus de dix ans. Durant cette période, il y aura des vacances, des changements de saison, des imprévus professionnels, des périodes de fatigue et parfois même des moments où notre disponibilité physique ou morale sera réduite. Aucun quotidien ne reste identique pendant une décennie.
Finalement, ce que cette période est en train de m’apprendre, c’est qu’éduquer un chiot ne consiste pas uniquement à lui faire découvrir le monde. C’est aussi lui transmettre les ressources nécessaires pour traverser les changements avec sérénité. Et lorsque j’y pense, cette compétence me paraît presque plus importante que toutes les expériences exceptionnelles que nous pourrons vivre ensemble.
Ces quelques jours me rappellent qu’un jour, moi aussi, je pourrai être moins disponible
Cette réflexion m’a immédiatement ramenée à une expérience vécue avec Queeny. L’année dernière, une grippe m’a complètement clouée au lit pendant trois jours. Je n’étais pas simplement fatiguée. J’étais incapable de faire autre chose que remplir sa gamelle et l’accompagner quelques minutes dans le jardin pour ses besoins. Le reste du temps, je retournais me coucher. Mon corps ne me permettait pas davantage.
Avec le recul, cette expérience me paraît très intéressante. À aucun moment, Queeny n’a semblé déstabilisée par cette situation inhabituelle. Elle a naturellement ajusté son comportement aux circonstances. Cette réaction ne s’est évidemment pas construite en trois jours. Elle est le résultat de plusieurs années de vie commune, pendant lesquelles elle a progressivement appris qu’un changement de rythme ne représentait pas une menace.
Introspection
Aujourd’hui, cette expérience me fait réfléchir à Bowie. Je serai certainement à nouveau malade un jour. Il y aura peut-être une autre grippe, une période de fatigue importante ou simplement des journées où mon énergie sera plus limitée. Cette perspective n’a rien de pessimiste. Elle correspond simplement à la réalité. Personne ne conserve exactement le même niveau de disponibilité pendant dix ou quinze ans.
Je trouve d’ailleurs cette idée assez rassurante. Pendant longtemps, j’ai probablement eu tendance à considérer ces situations comme des exceptions. En réalité, elles font pleinement partie d’une relation qui s’inscrit dans la durée. Il ne s’agit donc pas de préparer un chien à vivre des journées parfaites. Il s’agit de lui donner suffisamment de repères pour qu’il puisse traverser sereinement les périodes où notre fonctionnement habituel change temporairement.
Cette réflexion me paraît d’autant plus importante que nous ressentons parfois une forme de culpabilité lorsque nous ne pouvons pas assurer le programme que nous avions imaginé. Or, être un humain investi ne signifie pas être disponible à 100 % tous les jours pendant quinze ans. Cela signifie plutôt être capable de s’adapter, d’ajuster ses attentes et de continuer à répondre aux besoins essentiels de son chien lorsque les circonstances l’exigent.
Finalement, je crois que cette canicule est en train de me rappeler une leçon beaucoup plus large que je ne l’imaginais au départ. Un chien ne partage pas seulement nos meilleurs moments. Il partage aussi nos périodes de fatigue et les petits imprévus qui ponctuent une vie entière. Et si nous lui apprenons progressivement que ces variations sont normales, alors nous construisons probablement une relation encore plus solide. Tous les moments, toutes les épreuves ou complications contribuent à renforcer le lien entre nous et nos chiens …
Chiot et canicule : les bons réflexes au quotidien
Pendant les épisodes de fortes chaleurs, l’objectif n’est pas d’occuper son chiot à tout prix, mais de l’aider à rester au frais tout en préservant son bien-être. Les sorties sont à privilégier tôt le matin ou tard le soir, lorsque les températures deviennent plus supportables, en limitant les efforts physiques et les séances d’éducation exigeantes. À la maison, les occupations calmes sont vos meilleures alliées : tapis de léchage, jouets à garnir ou salades fourrées préparées avec des aliments adaptés et riches en eau permettent de stimuler votre chiot sans le faire monter en température. Proposez-lui toujours de l’eau fraîche, renouvelée régulièrement, et laissez-lui accès aux endroits les plus frais de la maison, comme le carrelage ou un tapis rafraîchissant s’il choisit de l’utiliser.
Certains chiots apprécient aussi de pouvoir se rafraîchir les pattes ou le ventre dans une petite piscine ou une bassine d’eau. D’autres, au contraire, préfèrent simplement s’allonger dans une douche à l’italienne fraîche ou sur le sol de la salle de bain. Chaque chien a ses préférences : l’important est de lui laisser le choix et de ne jamais le forcer à entrer dans l’eau ou à utiliser un accessoire qu’il refuse. Si vous souhaitez le rafraîchir, privilégiez une légère vaporisation ou un linge humide sur les pattes, le ventre et l’intérieur des cuisses, plutôt que de mouiller abondamment son dos, notamment chez les chiens au sous-poil épais. Enfin, évitez les sols brûlants comme le bitume ou le sable en pleine journée, ainsi que les bains glacés qui peuvent provoquer un refroidissement trop brutal.
Restez enfin attentif aux signes d’alerte. Un halètement très important qui ne diminue pas au repos, une salivation excessive, une fatigue inhabituelle, des difficultés à se déplacer, des vomissements, une désorientation ou un malaise doivent conduire à consulter un vétérinaire sans attendre. Chez un chiot, un coup de chaleur peut évoluer très rapidement : en cas de doute, il vaut toujours mieux réagir trop tôt que trop tard.
Bonus…
À la maison, Bowie adore aller faire un plouf dans sa piscine dès qu’il ressent le besoin de se rafraîchir. Queeny, elle, n’apprécie pas les piscines, probablement parce qu’elle les trouve glissantes. En revanche, lorsqu’elle a chaud, elle va d’elle-même s’installer dans la douche et attend patiemment qu’on lui fasse couler un peu d’eau. Ces deux exemples montrent qu’il n’existe pas une seule bonne façon de se rafraîchir : certains chiens préfèrent une piscine, d’autres une douche, un carrelage frais ou simplement un coin ombragé. L’essentiel est d’observer votre chiot et de respecter ses préférences.
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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE
Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram


