Tu fais de ton mieux. Chaque jour. Et pourtant, il y a des moments où tu te sens nulle. Dépassée. Incompétente. Épuisée. Des moments où ton chien ne t’écoute plus, où tu doutes de toi, où tu te demandes si tout ce que tu fais a un sens. Des jours où tu n’as plus envie. Plus la force. Plus la patience. Et si on arrêtait de faire semblant que tout va toujours bien ? Le sentiment d’échec et les mauvais jours : faut qu’on en parle !

Pourquoi on se sent parfois nulle (et pourquoi c’est pas un bug, mais une info)
Quand on aime son chien, on veut bien faire. On se documente, on observe, on ajuste, on se remet en question. Et pourtant, ça ne suffit pas toujours. Un comportement qui revient. Un entraînement qui n’avance pas. Une régression inattendue. Et là, la petite voix s’invite :
« J’y arrive pas. J’ai tout raté. Je ne suis pas la hauteur pour lui »
Sauf que ce n’est pas ça, la vérité. La vérité, c’est que tu es humaine. Et que ton chien aussi traverse des phases. Que la relation évolue. Que l’apprentissage n’est pas linéaire. Le sentiment d’échec, ce n’est pas un signal de défaite : c’est un signal d’alerte. Il t’indique que tu es peut-être fatiguée, surchargée, isolée, déconnectée de ton propre rythme. C’est une info. Pas un verdict.
Un chiot, un enfant… même combat (parfois)
Élever un chiot ou accompagner un chien adolescent, c’est parfois comme avoir un jeune enfant :
1.Ils testent les limites, expérimentent, cherchent de la sécurité dans la répétition.
2.Ils régulent mal leurs émotions.
3.Leur cerveau est encore en construction, incapable de retenir sur le long terme, surtout en période de stress. Notons que ses problématiques peuvent se poser lors de l’adoption d’un chien adulte qui a tout à apprendre. Voire, après un bouleversement dans la vie de ton chien, lorsqu’il doit retrouver l’équilibre.
Chez le chien aussi, les apprentissages sont non linéaires, sensibles à l’environnement, aux routines, à l’humeur de l’humain. Il ne s’agit pas d’infantiliser le chien, mais de reconnaître que certaines demandes émotionnelles sont comparables, et que l’exigence constante de performance est irréaliste.
Ce que le cerveau fait avec tout ça
Tu te compares. Tu vois les autres sur Insta, leurs chiens parfaits, leurs entraînements réussis, leurs balades sans laisse dans les champs. Et toi, tu te vois à bout, avec un chien qui tire, qui aboie, qui ne veut pas rentrer. Ton cerveau biaise l’analyse : il ne garde que ce qui cloche. Il oublie tout ce que tu fais bien.
C’est normal. Notre cerveau est câblé pour repérer les erreurs (biais de négativité). Et si tu es sensible, perfectionniste ou très investie, tu ressens tout plus fort.
Le sentiment d’échec active dans le cerveau des zones similaires à la douleur physique. Il provoque de la rumination, diminue la concentration, altère la motivation… Et plus tu le gardes pour toi, plus il prend de place.
Le syndrome du parent parfait appliqué aux dogmoms
La psychologie parle de « syndrome du parent parfait » pour désigner cette pression invisible qui pousse à vouloir tout anticiper, tout corriger, tout réussir. Chez les dogmoms, ce schéma est souvent renforcé par la solitude de la responsabilité et le manque de reconnaissance sociale de ce lien.
On veut éviter les erreurs à tout prix, on se remet en question dès qu’un comportement nous échappe, on vit chaque difficulté comme un échec personnel. Cela conduit à une forme d’hypervigilance affective : être constamment à l’affût du moindre signal, du moindre faux pas, jusqu’à l’épuisement émotionnel.
Réajuster ses attentes, un vrai levier pour apaiser la relation
Il arrive que la frustration ou la lassitude viennent moins du comportement du chien que de ce qu’on attendait de lui. Espérer un sans-faute, une balade idéale ou une obéissance constante, c’est se préparer (sans le vouloir) à la déception. Essayez plutôt d’observer les petits progrès, les moments de calme, les regards partagés : ce sont eux, les vrais indicateurs d’une belle relation.
On a le droit d’être agacée, fatiguée, paumée. Et on a le droit de le dire.
Oui, ton chien est un amour. Oui, tu l’aimes plus que tout. Et oui, tu peux en avoir marre. Tu peux soupirer, pleurer, dire que t’en as ras-le-bol. Tu peux t’en vouloir. Et puis t’en remettre. C’est sain.
Les émotions qu’on refoule finissent par nous exploser au visage. Alors que celles qu’on accueille… elles finissent par s’apaiser. Tu n’es pas ingrate. Encore moins un monstre. Tu es une humaine qui vit avec un chien. Et ça, parfois, c’est dur.
Et le regard des autres ?
Il est là, oui. La voisine qui juge parce que ton chien aboie. La personne en promenade qui te dit comment « il faut faire ». Le proche qui ne comprend pas ton attachement ou ta fatigue. Mais leur regard n’annule ni tes efforts, ni ta relation avec ton chien. Ce que tu construis est unique. Et parfois, ça ne se voit pas de l’extérieur.
Quand on critique ton chien, c’est ton lien qu’on bouscule
Une remarque sur le comportement de ton chien, et c’est comme une flèche en plein cœur. Pas parce que tu refuses la critique. Mais parce que derrière ce chien qui tire, qui aboie, qui grogne parfois, il y a tout ton travail. Ton énergie. Tes essais, tes doutes, tes victoires minuscules. Et quand quelqu’un débarque sans contexte avec un « faut le dresser », « il est mal éduqué », « faut lui montrer qui commande », c’est non seulement injuste, c’est violent.
Pourquoi on le prend autant à cœur ?
1.Parce qu’on a investi émotionnellement dans cette relation. On l’aime tout simplement…
2.Parce qu’on se sent responsable de son comportement et de son bien être.
3.Parce qu’on a souvent intériorisé que la qualité d’un chien reflète notre valeur.
Les psychologues appellent cela la fusion symbolique : lorsque l’on associe une partie de son identité (ici, son rôle de dogmom) à un autre être (le chien). Alors quand on attaque le chien, on ne critique pas un animal. On attaque une part de soi.
C’est pour cela que c’est si douloureux. Et c’est aussi pour cela qu’il est essentiel de reprendre la distance émotionnelle, de se recentrer sur tout ce que tu construis chaque jour avec lui, à ta manière, à votre rythme.
L’injonction à la maîtrise
Dans nos sociétés modernes, le chien est de plus en plus perçu comme un reflet de l’humain :
S’il est bien éduqué, on est « un bon maître ».
S’il aboie, mord, fige, on devient « irresponsable », voir « incompétente ou inadaptée à ce chien ».
Ce glissement nourrit une pression sociale sourde, particulièrement forte sur les femmes. On attend de la dogmom qu’elle soit douce mais ferme, disponible mais organisée, affectueuse mais jamais débordée… Or, ces injonctions croisées écrasent plus qu’elles ne soutiennent. Il est temps de revendiquer un droit à l’erreur, à l’apprentissage partagé, et à une relation non stéréotypée.
Et après ? Des pistes concrètes pour respirer
Tu ne vas pas t’en sortir avec une énième injonction à être positive. Tu vas t’en sortir avec du vrai soutien, de la patience, et des petits pas.
Revenir aux bases.
Est-ce que tu manges, dors, respires correctement ?
Prends-tu du temps pour toi, sans ton chien ?
As-tu quelqu’un à qui parler sans filtre ?
Exprimer.
Parler, écrire, pleurer, envoyer un vocal à une amie. Ne pas garder pour soi. Nommer ce que tu ressens réduit déjà la pression.
Repenser la relation. Parfois, il faut mettre sur pause l’entraînement. Reprendre le lien autrement. Juste une balade tranquille, une séance de câlins, un jeu sans but. Ce n’est pas « perdre du temps ». C’est retisser la confiance.
Lire des témoignages, suivre des comptes honnêtes, chercher des voix qui ne prétendent pas que tout est rose. S’entourer du vrai. Et surtout : ne plus croire que tu es seule.
Surtout … Recourir à un professionnel qui pourra vous accompagner si vraiment tu as le sentiment que la situation t’échappe.
Moi et les mauvais jours ?!
Queeny a presque 11 ans … Elle est éduquée et je peux dire que le quotidien est relativement fluide depuis quelques années. Cependant, elle m’a parfois (souvent) malmenée dans mes doutes. Surtout lorsqu’elle était ado… Les tocs de border avec les joggeurs, vélo, voiture… Les jours où malgré les grandes promenades, elle tournait comme un lion en cage dans la maison, insaciable d’activités plus… Lui apprendre le « off », la zenattitude a été mon défi … J’ai eu des doutes, des moments déprimants, des agacements … Lorsque j’étais crevée, que je voulais juste dormir … Qu’elle me faisait lever 10 fois en 30 minutes … pour rien, j’avais presque envie de m’enfermer aux WC Juste pour respirer un peu … !
Je me sentais au bout du rouleau et j’avais l’impression que je n’étais pas à la hauteur de ce chien au potentiel exceptionnel qui finirait gâché par mon incompétence … Dans ces moments de doutes (pluriel), c’est dans le regard de mon chien que le salut me fut accordé … Sa tête venant se poser délicatement contre ma jambe, son coup de langue sur ma main… Pour ce lien, je me suis accrochée et j’ai compris que ça en valait la peine. Honnêtement, cette phase de torture ne dure qu’un temps court, si on la compare à notre quotidien.
C’est comme un pansement … Aussi, douloureux ou complexe sur le coup, mais après ce n’est que du bonheur ! Maintenant, on les regrette ces années, quand on lutte contre le sablier du temps voué à nous séparer, car ce sont dans les difficultés que se soudent les plus grands binômes et se forgent les relations les plus profondes … Donc, oui, je vous comprends mais je vous promets l’arc-en-ciel si vous vous accrochez !
En vrai, t’es pas en train d’échouer. T’es en train d’aimer.
Un jour de doute, ce n’est pas la fin de la relation. C’est un jour de doute, comme dans toute relation profonde. Ton chien ne demande pas la perfection. Il a juste besoin de toi, présente, sincère, vivante.
Et si tu t’accordes le droit d’avoir des mauvais jours, tu verras qu’ils passeront plus vite. Tu n’es pas en train de rater ton rôle de dogmom. Tu es en train de traverser la vraie vie en duo. Celle où aimer, c’est aussi parfois être paumée. Et continuer malgré tout.

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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE
Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram


