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Mon chien n’est pas parfait…

Mon chien n’est pas parfait… et c’est parfait comme ça !

D’ailleurs, qu’est-ce qu’un chien “parfait” ? Dans l’imaginaire collectif, le chien idéal est souvent décrit comme calme, obéissant, toujours propre, sociable avec tous les humains et animaux, silencieux et parfaitement adaptable. Cette image, largement véhiculée par la publicité, le cinéma ou encore les réseaux sociaux, tend à créer une norme implicite à laquelle beaucoup de dogmoms se sentent obligées de se conformer. Souvent on me dit de Queeny qu’elle est parfaite, … Alors oui et non, déjà elle a 11 ans et des années d’éducation dans les pattes. Ensuite, encore à 11 ans elle a ses « lubies » … Souvent à la maison, comme son habitude de ne pas faire pipi lorsque je la sors … mais de me demander à sortir pour pipi 30 minutes après lorsque je suis en pyjama et que je viens de lancer un film … Voilà, voilà …

Mais d’où vient cette notion de “chien parfait” ?

Historiquement, la relation au chien s’est d’abord construite sur l’utilité : chien de chasse, de garde, de berger. Le chien “parfait” était celui qui remplissait correctement sa mission. Avec la montée du chien de compagnie au XXe siècle, le critère d’“utilité” a été remplacé par celui de conformité sociale : un chien agréable, propre et discret dans les lieux publics.

En psychologie, on parle de projection : nous projetons sur le chien nos propres attentes d’ordre, de réussite et de maîtrise. Un chien “parfait” est souvent pensé comme une extension de soi, un miroir de nos propres idéaux.

Les “défauts” du chien : une construction humaine

Aboiements, réactivité, destructions, peurs, besoin d’attention… Ce sont souvent ces comportements qui sont pointés comme des “défauts”. Or, d’un point de vue éthologique, ce sont en réalité des réponses adaptatives à un environnement ou à une émotion.

Lorsqu’il aboie exprime une alerte, un besoin de communiquer. Aussi, un chien qui tire en laisse est simplement en inadéquation avec le rythme de marche imposé. Enfin, chien réactif face à ses congénères traduit souvent une peur ou une mauvaise expérience passée.

Ces comportements deviennent des “problèmes” uniquement parce qu’ils ne cadrent pas avec les normes sociales humaines. Là où nous voyons un “défaut”, le chien exprime en réalité une stratégie de survie ou d’adaptation.

En éthologie, on distingue le comportement normal du comportement problématique. Notamment, non pas par sa nature, mais par son intensité, sa fréquence et son contexte. Un chien qui aboie n’est pas “défectueux” : il utilise une ressource comportementale prévue dans son répertoire.

Exemples concrets du quotidien

Justine et son berger australien : hyperactif et réactif aux vélos, il lui attire souvent des remarques dans la rue. Elle dit pourtant que : “c’est grâce à lui que j’ai appris à me calmer. Aussi à être patiente et à sortir de ma zone de confort”.
Zoé et son carlin : jugé “trop collant” par son entourage. Elle explique qu’il est au contraire son meilleur soutien émotionnel dans les moments de solitude.
Marc et sa border collie : impossible de l’épuiser en balade. Pour lui, c’est “un défi sportif quotidien et une énergie qui m’oblige à rester en forme”.

Ces exemples montrent que ce que certains perçoivent comme “défauts” devient pour d’autres une richesse ou une force.

La relativité de la perfection

Ce qui est perçu comme défaut par une personne peut être vu comme qualité par une autre.

Un chien qui aboie peut être jugé insupportable… mais apprécié comme chien de garde.
Un chien pot-de-colle peut être perçu comme envahissant… ou comme rassurant pour une personne seule.

La perfection est donc subjective et contextuelle. Elle dépend du mode de vie, du regard porté sur l’animal, et des attentes implicites de chacun.

La stigmatisation de certaines races illustre cette relativité : un border collie “hyperactif” en ville peut être vu comme “ingérable”, mais dans un contexte rural, il sera célébré pour son endurance et son énergie. La norme, ici, ne dépend pas du chien, mais du cadre social.

Comparaison avec la parentalité

Les attentes envers le chien rappellent souvent celles envers les enfants :

Un enfant “sage” = silencieux, obéissant, discret.
Un enfant “capricieux” = bruyant, émotif, expressif.

De la même façon, le chien “parfait” est celui qui ne dérange pas, qui se conforme aux codes sociaux. Or, en psychologie du développement, on sait que ces comportements dits “capricieux” sont en réalité des modes d’expression et d’apprentissage.

Le parallèle avec les chiens permet de relativiser : comme un enfant, un chien n’est pas un produit fini, mais un être vivant qui se construit, teste et explore.

L’impact de la stigmatisation

Quand ton chien est jugé, tu l’es aussi. C’est l’un des points les plus douloureux pour les dogmoms. Un chien qui aboie, qui grogne, qui saute sur les invités ou qui refuse la proximité avec les inconnus devient non seulement “imparfait”, mais il reflète sur son humain l’image d’un manque de compétence ou de rigueur.

Cette stigmatisation entraîne plusieurs conséquences :
Sentiment d’échec : impression de ne pas être à la hauteur.
Culpabilité : “si mon chien se comporte ainsi, c’est forcément ma faute.”
Isolement social : certaines dogmoms évitent les parcs, les terrasses, les visites pour ne pas avoir à subir jugements ou remarques.

Ce phénomène est proche du concept de culpabilité projective : l’entourage projette sur l’humain la responsabilité totale du comportement de son chien, et l’humain finit par intérioriser cette critique.

Données chiffrées

Selon la SPA, environ 30 % des abandons en France sont liés à des comportements jugés gênants (aboiements, destructions, réactivité).

Une enquête de l’IFOP (2021) montre que 64 % des propriétaires de chiens avouent ressentir une pression sociale autour du comportement de leur animal, notamment en milieu urbain.

En 2019, une étude britannique a révélé que 1 propriétaire sur 2 avait déjà évité un lieu public (parc, terrasse, plage) de peur du jugement vis-à-vis du comportement de son chien.

Ces chiffres soulignent que la question de la perfection canine n’est pas anecdotique, mais qu’elle influence réellement le quotidien, l’estime de soi et les décisions de vie des dogmoms.

À retenir : Ce ne sont pas les chiens qui sont “imparfaits”, ce sont nos normes sociales qui sont trop étroites. Le plus parfait des chiens, c’est toujours celui qui vit à nos côtés, avec ses forces et ses fragilités.

Finalement, qu’est-ce qui compte ?

Au fond, la question n’est pas de savoir si ton chien est parfait… mais s’il est parfait pour toi.

Ce qui compte, c’est :
Qu’il t’accompagne, à sa manière, dans ton quotidien.
Qu’il t’aime profondément pour ce que tu es, sans conditions.
Qu’il t’aide à te révéler, à évoluer, à relativiser.

Le chien parfait, ce n’est pas celui qui ne fait jamais de bêtise, qui correspond à une norme sociale ou qui coche toutes les cases d’un manuel d’éducation. Le chien parfait, c’est celui qui te ressemble, qui partage tes forces et tes failles, et qui t’accepte dans ton imperfection comme tu l’acceptes dans la sienne.

Ton chien n’a pas besoin d’être parfait. Il a juste besoin d’être lui. Et c’est déjà tout ce qu’il faut pour qu’il soit… parfait à tes yeux.

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Crédit photo : Georges Petkidis

AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE

Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram

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