Bouquine autour du DOG

SnigVell

Il m’arrive régulièrement d’aller flâner sur Ulule. Sans forcément chercher quelque chose de précis, j’aime découvrir les campagnes en cours, les projets un peu fous, les créateurs qui se lancent dans une aventure artistique ou éditoriale. Parce que moi-même j’ai été soutenue au moment de la sortie de mon livre et depuis plus de dix ans sur le blog… Aussi, c’est un vivier à pépites encore méconnues … De temps en temps, l’un d’entre eux retient particulièrement mon attention et me donne envie d’apporter ma petite pierre à l’édifice.

C’est exactement ce qui s’est passé avec SnigVell. Il faut dire que j’ai un faible pour les bandes dessinées mettant les animaux à l’honneur. Des œuvres qui font partie de celles que je prends toujours autant de plaisir à relire. Alors forcément, lorsque j’ai découvert cet univers entièrement peuplé d’animaux anthropomorphes, ma curiosité a été piquée. J’ai donc choisi de soutenir le projet dès sa campagne Ulule.

Une campagne participative largement soutenue

Comme souvent, c’est en parcourant les nouvelles campagnes Ulule que je suis tombée sur SnigVell. Le projet a immédiatement attiré mon attention : une bande dessinée animalière, un univers original et un auteur indépendant qui portait presque tout lui-même.

Le succès a rapidement été au rendez-vous. L’objectif initial de 8 000 € a été largement dépassé avec 22 000 € récoltés, soit 275 % de financement, grâce au soutien de 408 contributeurs.

Pour ma part, j’ai choisi le Pack Lièvre proposé à 35 €. Il comprenait la bande dessinée en version reliée ainsi que l’ensemble des goodies débloqués au fil des différents paliers de la campagne.

Même si la livraison a finalement pris un peu plus de temps qu’annoncé, cela ne m’a pas vraiment dérangée. Réaliser la bande dessinée, coordonner les impressions, fabriquer les contreparties et gérer plusieurs centaines d’envois représente un travail colossal pour un auteur indépendant. L’attente faisait finalement partie de l’aventure.

Edo, un auteur qui construit son univers de A à Z

Derrière le pseudonyme Edo se cache Edward, un auteur et illustrateur angevin de 27 ans, passionné de dessin depuis l’enfance. Scénariste et dessinateur de SnigVell, il réalise des bandes dessinées depuis plus de septans, mais considère ce projet comme celui dont il est le plus fier.

Dans la présentation de sa campagne Ulule, il explique avoir longtemps dessiné des histoires humoristiques inspirées de son quotidien. Avec SnigVell, il a eu envie de revenir à ce qui le faisait rêver lorsqu’il était enfant : raconter de grandes aventures peuplées d’animaux. Pour lui, cette bande dessinée est avant tout une histoire sur le bonheur, les rencontres, les cauchemars, les rêves et la recherche de sa propre place. Il la dédie d’ailleurs à ses proches, qu’il considère comme essentiels à son parcours créatif.

Ce qui ressort également de cette campagne, c’est qu’Edo n’a pas cherché à porter la finalisation de ce projet seul. Autour de lui gravite une véritable équipe d’amis qui ont chacun apporté leur savoir-faire : Shun pour la musique du trailer et certaines illustrations, Moggi pour les figurines et les goodies, Pauline pour les porte-clés en feutrine et la mise en page, Azel pour les peluches au crochet, Magali pour les créations brodées ou encore Sébastien Mineo, qui prête sa voix à la bande-annonce. Une manière de rappeler que la diffusion de SnigVell est aussi une aventure collective.

SnigVell : Une aventure dans un monde où proies et prédateurs ont appris à cohabiter

L’univers de SnigVell repose sur une organisation sociale particulièrement originale. Afin de mettre un terme aux affrontements permanents entre proies et prédateurs, différents clans se sont constitués. Chaque animal appartenant à l’un d’eux porte un symbole sur son pelage. Cette marque atteste de son appartenance et lui offre une forme de protection : tant qu’il fait partie d’un clan reconnu, les prédateurs n’ont pas le droit de le chasser.

Cette société ne rassemble pourtant pas tous les animaux. Certains vivent toujours à l’état sauvage. Ils ne parlent pas, ne portent aucun symbole et restent totalement en dehors de cette organisation. Cette coexistence entre animaux intégrés à la société et animaux sauvages apporte immédiatement beaucoup de richesse à l’univers imaginé par Edo.

L’histoire débute dans la bibliothèque de M. Melvin, un vieux blaireau qui raconte aux plus jeunes une histoire remontant à plusieurs générations. C’est à travers son récit que l’on découvre les origines de cet équilibre fragile et les événements qui vont bouleverser plusieurs destins.

Blaise …

Parmi eux, Blaise, un blaireau qui décide de quitter son clan. Lorsqu’il est attaqué, le symbole qu’il porte sur son pelage est gravement endommagé jusqu’à devenir illisible. Privé de cette marque qui attestait de son appartenance, il perd la protection dont il bénéficiait jusque-là et redevient une proie aux yeux des prédateurs.

Au cours de son voyage, il rencontre Askell, un jeune lièvre, puis Kiwi, un renard. Eux non plus n’appartiennent à aucun clan. Tous trois vont alors avancer ensemble, former un trio improbable et tenter de trouver leur place dans un monde où vivre sans clan signifie évoluer sans véritable protection.

J’ai beaucoup aimé cette manière de construire l’histoire. Les règles de cet univers ne servent pas uniquement de décor : elles deviennent le moteur même de l’intrigue et donnent immédiatement envie de découvrir ce qui attend ces trois personnages.

Mon avis

Ce qui m’a séduite avant tout, c’est le soin apporté à l’ensemble du projet.

Les dessins sont magnifiques. Les personnages sont expressifs, immédiatement reconnaissables et les décors fourmillent de détails. En tant que collectionneuse de bandes dessinées, j’ai également été très agréablement surprise par la qualité de l’édition. Le format est généreux, l’impression soignée et les nombreuses pages bonus prolongent véritablement l’expérience de lecture.

J’ai aussi beaucoup apprécié tout le travail réalisé autour du worldbuilding. Les cartes, les clans, les personnages, les anecdotes de création et les illustrations supplémentaires donnent l’impression de découvrir un univers déjà vivant, bien au-delà de la seule histoire racontée dans ce premier tome. C’est un véritable univers qui est proposé avec des trames narratives très intéressantes.

SnigVell est une très belle découverte et un premier tome particulièrement prometteur. Si vous aimez les bandes dessinées animalières, les univers riches et les projets indépendants portés avec passion, je vous encourage vraiment à y jeter un œil.

Note à moi-même ..

En refermant ce premier tome, une seule frustration subsiste finalement : l’attente de la suite. L’univers prend le temps de s’installer, les personnages commencent à trouver leur place et plusieurs intrigues ne demandent qu’à être développées. Connaissant le travail que représente une bande dessinée de cette qualité, je sais aussi qu’il faudra probablement faire preuve d’un peu de patience avant de découvrir le tome 2. Une attente qui sera sans doute longue… mais que ce premier volume donne très envie d’accepter.

Suivez les futurs projets d’Edo sur son compte Instagram / Tipee pour soutenir ! Aussi, je vous informe qu’Edo ouvre souvent des commissions, idéales pour obtenir un portrait de famille de vous et votre boule de poils

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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE

Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram

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