DogMom

Avant même son arrivée, votre chiot est déjà étiqueté

Avant même son arrivée, votre chiot est déjà étiqueté, quelque chose que je n’avais, jusqu’ici, jamais connu… Pour cause, lorsque Queeny est arrivée sur les réseaux sociaux, elle était déjà éduquée. Elle était même, pour ainsi dire, déjà une jeune adulte. Je n’ai donc jamais vraiment été confrontée au regard des autres concernant sa race ou aux projections que certaines personnes peuvent avoir lorsqu’un chiot arrive dans une famille.

D’abord parce que Queeny est une chienne croisée Border Collie. Sa race n’a jamais occupé une place centrale dans les discussions. Elle a toujours simplement été présentée comme une chienne croisée. Ensuite, nous avons commencé l’aventure des réseaux sociaux alors qu’elle approchait déjà des deux ans. Toute cette période qui accompagne habituellement l’arrivée d’un chiot faisait donc déjà partie de notre histoire. Les découvertes des premiers mois, les ajustements du quotidien, les hésitations et les apprentissages appartenaient déjà au passé.

Aujourd’hui, je découvre une toute autre réalité. En accueillant un chiot, je prends conscience de la place que les projections des autres peuvent occuper dès le début de la relation.

Les films & spéculations …

Il suffit parfois de quelques heures pour que des scénarios se construisent déjà autour de lui. Certaines personnes imaginent les difficultés que je vais rencontrer. D’autres anticipent des problèmes qui n’existent pas encore. À l’inverse, certaines pensent déjà que tout sera plus simple. Comme si une partie de l’histoire existait avant même d’avoir commencé.

C’est d’ailleurs ce qui me surprend le plus. Comment un chiot qui vient tout juste d’entrer dans une famille peut-il déjà s’accompagner d’autant de certitudes ? Son histoire ne fait pourtant que commencer.

Plus j’y réfléchis, plus je me dis que nous ne mesurons pas toujours l’impact de ces petites phrases. Derrière des paroles qui semblent anodines, et parfois même bienveillantes, peut se cacher une petite graine de doute ou de pression. Or, lorsqu’on accueille un chiot, on s’apprête simplement à vivre les premiers pas d’une nouvelle histoire, pas à répondre à des attentes déjà construites.

Deux phrases opposées, un même mécanisme

Ce qui est assez intéressant, c’est que, dans la même semaine, j’ai entendu deux remarques complètement opposées.

Une personne m’a dit :

« Oh là là, tu n’as pas choisi la facilité. »

Quelques jours plus tard, une autre personne m’a dit exactement l’inverse :

« Avec un chien de berger, tu as choisi la facilité. »

Sur le moment, cela m’a fait sourire. Pourtant, plus j’y réfléchis, plus je me rends compte que ces deux phrases reposent exactement sur le même mécanisme.

La première personne faisait référence à certaines difficultés rencontrées par des propriétaires de Bergers Blancs Suisses. Elle avait notamment en tête des chiens qui ont été médiatisés sur les réseaux sociaux. Je pense, par exemple, à une éducatrice canine qui avait évoqué les difficultés rencontrées avec son Berger Blanc Suisse mâle, au point d’avoir envisagé son replacement. Avec beaucoup de travail, la situation a finalement évolué positivement, mais cette histoire a probablement marqué les esprits.

Je comprends tout à fait cette réaction. Nous retenons plus facilement les histoires qui nous marquent ou qui nous inquiètent. Petit à petit, elles finissent même par nourrir une représentation collective. Dans l’imaginaire de certaines personnes, le Berger Blanc Suisse devient alors un chien associé aux difficultés.

À l’inverse, la deuxième personne possède un jeune chien de chasse qui approche de sa première année. Son quotidien lui demande beaucoup d’investissement et elle rencontre des défis qui sont directement liés aux caractéristiques de son chien. À ses yeux, un chien de berger représente donc presque l’opposé. Elle imagine un chien naturellement plus simple à vivre et plus facile à accompagner.

Ces deux personnes ne cherchaient pourtant pas à me décourager. Elles n’étaient ni dans le jugement ni dans la critique. Elles me parlaient simplement à travers leur propre expérience.

Et c’est précisément ce qui m’interpelle.

Car, dans les deux cas, personne ne parlait réellement de mon chiot. On me parlait d’un Berger Blanc Suisse que l’on avait vu sur les réseaux sociaux, d’une expérience personnelle ou encore d’une image déjà construite autour d’une race.

Depuis son arrivée, j’ai d’ailleurs entendu d’autres petites phrases du même genre.

« Ah oui, il vaut mieux qu’il soit cool parce qu’il va être imposant. »

« Oh là là, ça va être un gros gabarit. »

Prises séparément, ces remarques peuvent sembler anodines. Pourtant, mises bout à bout, elles racontent quelque chose de plus profond. Elles sous-entendent parfois des difficultés à venir. Elles suggèrent aussi, de manière indirecte, que certains chiens demandent davantage de vigilance que d’autres ou que certains choix seraient plus judicieux que d’autres.

Et c’est assez particulier à vivre. Car il n’y a aucune malveillance derrière ces paroles. Elles sont souvent prononcées avec spontanéité et parfois même avec bienveillance. Pourtant, elles interpellent. Parce qu’elles donnent l’impression qu’un chiot arrive déjà accompagné d’une étiquette, voire d’une responsabilité supplémentaire à assumer. Alors qu’en réalité, il n’est encore qu’un individu qui commence tout juste sa propre histoire.

Un sujet que je connaissais déjà… sans l’avoir vraiment vécu

Ce sujet ne m’est pas totalement étranger. J’en ai d’ailleurs largement parlé dans mon livre Être à la hauteur de son chien, lorsque j’évoque le poids des représentations qui entourent la relation humain-chien. J’ai également consacré un article à cette question sur le blog, que vous pouvez retrouver ici : Stéréotypes autour du chien.

Pourtant, je me rends compte aujourd’hui qu’il existe une différence entre comprendre un phénomène et le vivre pleinement.

Jusqu’à présent, je l’avais surtout observé chez les autres ou analysé avec un certain recul. Avec Queeny, je n’y avais presque jamais été confrontée. Son arrivée sur les réseaux sociaux était bien différente. Une partie de notre histoire était déjà construite et les regards extérieurs ne s’étaient jamais vraiment arrêtés sur sa race ou sur son éducation.

Cette fois, c’est différent. Je découvre ces petites phrases au fur et à mesure qu’elles arrivent. Je les reçois presque en temps réel. Et même si elles ne sont ni méchantes ni malveillantes, elles me permettent de mesurer concrètement à quel point les représentations peuvent s’installer très tôt autour d’un chiot.

Finalement, je ne découvre pas un nouveau sujet. Je découvre simplement ce que cela fait de le vivre de l’intérieur.

Ces petites phrases qui refroidissent l’enthousiasme

Depuis l’arrivée de Bowie, je me rends compte que ces remarques ne sont pas exceptionnelles. Elles s’invitent dans des conversations très simples et parfois dans des contextes auxquels je ne m’attendais pas du tout.

Il y a quelques jours, par exemple, j’ai croisé à la plage une personne que je rencontre régulièrement avec Queeny. En ce moment, avec les fortes chaleurs, je promène Bowie très tôt le matin. Ses sorties sont encore courtes et j’en profite pour travailler certains apprentissages, comme la marche en laisse ou la découverte de son environnement.

En me voyant arriver, cette personne a d’abord pensé qu’il s’agissait d’un Spitz. Je lui ai alors expliqué qu’il s’agissait d’un Berger Blanc Suisse.

Sa réaction a été immédiate.

« Oh mon Dieu, mais c’est grand ! »

Puis elle m’a parlé d’un film qu’elle avait vu lorsqu’elle était plus jeune. Ce film, je le connais d’ailleurs très bien puisque je vous en avais déjà parlé sur le blog il y a longtemps. Il s’agit de Dressé pour tuer.

Je ne lui en veux absolument pas. Le cinéma peut avoir un impact considérable sur certaines représentations. Il suffit de penser aux conséquences qu’a eues Les Dents de la mer sur l’image des requins pendant des décennies.

Pourtant, la conversation ne s’est pas arrêtée là.

« Oui, il est gentil pour l’instant, mais on verra quand il va devenir grand. »

Et c’est précisément ce genre de phrase qui retient mon attention.

Parce qu’à travers quelques mots, ce n’est plus seulement un chiot que l’on regarde. C’est déjà une difficulté que l’on imagine, une inquiétude que l’on projette ou un problème que l’on anticipe.

Apprendre à ne pas porter les inquiétudes des autres

À force de les entendre, ces petites remarques peuvent ressembler à de mini-douches froides. Alors, en période de canicule, l’image est presque amusante. Mais, sur le fond, elles viennent parfois refroidir l’enthousiasme des premiers mois.

Personnellement, elles ne m’impactent pas vraiment. J’accueille Bowie avec beaucoup de sérénité et je sais à quel point cet état d’esprit compte dans la relation qui se construit.

Avec Queeny, j’ai appris une chose essentielle : plus je me mets de pression, plus je risque de transmettre cette pression à mon chien. Je l’ai suffisamment expérimenté pour savoir que je n’ai aucun intérêt à nourrir des inquiétudes qui ne m’appartiennent pas.

Bien sûr que des difficultés pourront apparaître. Comme avec n’importe quel chiot. Parce qu’aucune race ne garantit un parcours sans obstacle et qu’aucune race ne condamne à rencontrer des problèmes. Mais je refuse de commencer cette histoire en portant des scénarios imaginés par les autres.

Le regard porté sur les femmes qui accueillent un grand chien

Cette réflexion m’a aussi amenée à prendre du recul sur autre chose. Je me demande combien de femmes qui choisissent d’accueillir un grand chien vivent la même situation. Je pense que beaucoup ont déjà entendu des remarques similaires.

« Vous êtes bien petite pour un chien comme ça. », « Il va peser combien ? », « Ah oui, presque quarante kilos… mais tu n’en fais que 10 de plus, non? »

Ces phrases ne sont pas forcément malveillantes. Pourtant, elles véhiculent parfois une idée sous-jacente : celle qu’il existerait des choix plus raisonnables que d’autres ou qu’un grand chien représenterait forcément un pari risqué.

Comme si nous avions commis une erreur de casting avant même de commencer à vivre cette histoire. J’ai parfois l’impression que certaines personnes ne regardent plus le chiot que j’accueille, mais le problème qu’elles imaginent déjà devoir gérer à ma place. Or, accueillir un chiot ne devrait pas devenir un exercice de justification permanente. Il devrait simplement s’agir d’une rencontre entre un humain et un chien qui apprennent à se découvrir, à leur rythme, sans avoir à porter le poids des scénarios construits par les autres.

Quand les paroles des autres finissent par influencer la relation

Personnellement, je vis cette période avec beaucoup de sérénité. J’ai le recul que m’ont apporté les années passées avec Queeny, le blog et toutes les réflexions que j’ai pu mener autour de la relation humain-chien.

Mais je me suis aussi posé une question : que se passe-t-il lorsqu’il s’agit d’un premier chien ? Que se passe-t-il lorsqu’une personne, pleine de bonne volonté, accueille son chiot avec l’envie de bien faire et entend, de gauche à droite, des phrases qui lui répètent qu’il faudra être vigilante, que son chien risque d’être compliqué ou qu’elle n’a peut-être pas choisi la race la plus adaptée ?

Car ces petites phrases ne sont jamais totalement neutres. En psychologie sociale, on sait depuis longtemps que les attentes des autres peuvent influencer nos comportements, parfois sans même que nous en ayons conscience. Lorsque l’on nous répète qu’une situation sera difficile, nous avons tendance à devenir plus attentifs aux problèmes potentiels. Notre vigilance augmente et nous commençons à interpréter certains comportements à travers ce filtre.

Un chiot qui mordille devient un futur chien difficile à gérer. Un moment d’excitation devient un signe avant-coureur d’un problème de comportement. Une difficulté passagère prend soudainement une importance beaucoup plus grande qu’elle ne l’aurait eue autrement.

Petit à petit, nous risquons de chercher des preuves qui confirment les inquiétudes que l’on nous a transmises. C’est ce que les psychologues appellent le biais de confirmation. Sans le vouloir, nous accordons davantage d’attention aux éléments qui valident nos craintes et nous oublions parfois tout ce qui se passe bien.

Mais il existe un autre phénomène qui m’interpelle encore davantage. En sociologie, on parle parfois de prophétie autoréalisatrice. Une croyance répétée finit par influencer nos comportements, jusqu’à produire les effets que nous redoutions au départ. Et je me demande si cela ne peut pas aussi s’inviter dans la relation qui se construit avec un chiot.

Lorsqu’une personne entend à plusieurs reprises que son chien risque de devenir difficile, elle peut inconsciemment modifier sa manière d’agir. Elle peut se montrer plus méfiante, plus anxieuse ou plus exigeante. Elle peut aussi chercher à tout contrôler pour éviter qu’un problème n’apparaisse.

Cette pression peut alors avoir des conséquences sur les choix éducatifs. Par peur de ne pas réussir, certaines personnes pourraient être tentées de durcir leur approche, d’intervenir plus rapidement, de corriger davantage ou de vouloir obtenir des résultats immédiats. Non pas par manque de bienveillance, mais parce qu’elles ont le sentiment qu’elles n’ont pas le droit à l’erreur. Or, accueillir un chiot ne devrait jamais ressembler à une course contre une catastrophe annoncée.

L’éducation n’est pas une bataille qui commence dès le premier jour. C’est une relation qui se construit progressivement, avec des réussites, des ajustements et parfois des difficultés tout à fait normales. Finalement, ce qui me questionne le plus, ce n’est pas tant l’impact de ces phrases sur l’humain. C’est leur capacité à s’immiscer dans une relation qui n’a même pas encore eu le temps de se construire. Parce qu’à force de vouloir éviter un problème qui n’existe pas encore, nous risquons parfois de ne plus regarder le chiot tel qu’il est réellement. Nous commençons alors à regarder le chien que nous craignons qu’il devienne.

Quand les hypothèses deviennent des certitudes

En y réfléchissant, je me dis que le véritable danger ne se trouve peut-être pas dans ces petites phrases elles-mêmes. Il se trouve dans le chemin qu’elles peuvent parcourir dans l’esprit de la personne qui les reçoit.

Parce qu’au départ, il ne s’agit que d’hypothèses. Des suppositions. Des scénarios imaginés à partir d’une race, d’une expérience personnelle ou d’une histoire entendue sur les réseaux sociaux. Mais à force de les entendre, ces hypothèses peuvent progressivement se transformer en certitudes.

Or, la psychologie et la sociologie nous montrent que les croyances ne restent jamais totalement passives. Elles influencent notre manière de regarder une situation, d’interpréter des comportements et même d’agir. Le sociologue Robert K. Merton a d’ailleurs décrit ce phénomène sous le nom de prophétie autoréalisatrice : lorsqu’une situation est considérée comme réelle, elle finit parfois par produire des conséquences bien réelles.

Je pense qu’il faut être particulièrement vigilant avec l’arrivée d’un chiot. Imaginons une personne qui accueille son premier chien. Elle est pleine de bonne volonté, elle se documente, elle souhaite bien faire et elle entend, de façon répétée, des phrases comme :

« Attention, ce sera un grand chien », « Cette race est compliquée », « Vous allez voir, ça ne sera pas simple », « J’espère que vous arriverez à le gérer. »

Au bout d’un moment, ces paroles risquent de ne plus être perçues comme des possibilités parmi d’autres. Elles peuvent devenir des probabilités, puis des quasi-certitudes. La personne risque alors de commencer à douter d’elle-même avant même d’avoir rencontré une véritable difficulté. Elle pourrait devenir plus anxieuse, plus vigilante ou plus méfiante. Elle pourrait aussi se persuader qu’elle doit absolument éviter le moindre faux pas. Et c’est précisément là que le cercle peut se mettre en place.

À force d’attendre des difficultés, nous finissons parfois par les chercher partout. Un mordillement normal devient un signe inquiétant. Une période d’excitation devient un problème de comportement. Un comportement banal prend soudainement une ampleur démesurée. L’éducation elle-même peut s’en trouver modifiée. Par peur que le chien « parte en cacahuète », certaines personnes pourraient se montrer plus strictes qu’elles ne l’auraient été spontanément. Elles pourraient intervenir davantage, vouloir tout contrôler ou corriger plus rapidement certains comportements. Non pas parce qu’elles manquent de bienveillance, mais parce qu’elles ont le sentiment qu’elles n’ont pas le droit à l’erreur.

Or, cette pression supplémentaire peut aussi s’inviter dans la relation qui se construit. Car un chiot ne découvre pas seulement son environnement. Il découvre aussi l’humain qui l’accompagne. Si cet humain se montre constamment inquiet, tendu ou dans l’anticipation permanente d’un problème, cette atmosphère risque elle aussi de s’installer dans le quotidien. Finalement, le risque n’est peut-être pas que le chiot devienne difficile. Le risque, c’est de commencer cette histoire avec la peur qu’il le devienne. Et c’est très différent. Parce qu’à cet instant, nous ne regardons plus le chien qui est devant nous. Nous commençons à regarder le chien que nous redoutons de voir apparaître.

Comment ne pas laisser ces phrases prendre trop de place ?

Je crois qu’il est impossible de faire disparaître complètement ces remarques. Dès lors qu’un chiot entre dans une famille, les avis, les conseils et les projections arrivent souvent avec lui. Ils ne sont d’ailleurs pas toujours formulés avec de mauvaises intentions. La plupart du temps, ils naissent d’expériences personnelles, de souvenirs ou de croyances profondément ancrées. En revanche, nous pouvons apprendre à leur donner la juste place qu’elles méritent.

Se rappeler que les autres parlent souvent d’eux-mêmes

C’est probablement la première chose qu’il faut garder en tête. Lorsqu’une personne nous dit qu’un chien sera compliqué, difficile ou au contraire très simple à éduquer, elle ne décrit pas nécessairement le chiot qui se trouve devant nous. Elle raconte souvent sa propre histoire.

En sociologie, nous savons que notre perception du monde ne se construit jamais de manière totalement objective. Nous interprétons les situations à travers nos expériences passées, les récits qui nous ont marqués, notre entourage et même les images véhiculées par les médias.

Une personne qui a rencontré des difficultés avec un chien de grande taille n’abordera pas la situation de la même manière qu’une personne qui a vécu une expérience très positive. Une autre pourra se souvenir d’un reportage, d’une vidéo devenue virale ou d’une histoire racontée sur les réseaux sociaux. Tout cela est profondément humain. Mais cela ne constitue pas une vérité universelle. Je crois qu’il est important de se répéter une phrase toute simple : les autres ne décrivent pas notre chiot, ils racontent parfois leur propre histoire. Et cette nuance change beaucoup de choses.

Accepter qu’une relation ne peut pas être prédite

Je pense aussi qu’il faut accepter une forme d’incertitude. Nous vivons dans une société qui cherche souvent à tout anticiper. Nous aimons savoir à quoi nous attendre, prévoir les difficultés et sécuriser l’avenir. Pourtant, la relation qui se construit avec un chien échappe en grande partie à cette logique. Personne ne peut prédire l’histoire qui va naître entre un humain et son chiot. Même en connaissant parfaitement les caractéristiques d’une race, personne ne peut savoir comment cet individu précis va évoluer, dans cette famille précise, avec cet humain précis.

Cette idée est d’ailleurs très importante en psychologie. Notre cerveau supporte parfois mal l’incertitude et cherche des réponses rapides pour se rassurer. C’est ce qui nous pousse à transformer des hypothèses en quasi-certitudes. Or, il existe une différence fondamentale entre se préparer à d’éventuelles difficultés et vivre dans l’attente permanente qu’elles apparaissent. Parce qu’à force d’attendre un problème, nous risquons de ne plus voir tout ce qui se passe bien. Et c’est là que le doute peut s’installer.

La personne peut progressivement perdre confiance en ses capacités, remettre en question chacun de ses choix et avoir le sentiment qu’elle doit prouver quelque chose en permanence. Or, la confiance constitue un élément essentiel de la relation qui se construit avec un chiot. Sans elle, chaque difficulté du quotidien risque de prendre une place démesurée.

Faire le choix d’accorder sa confiance à son chien

Je crois qu’il existe aussi une autre manière de ne pas laisser ces phrases prendre trop de place : faire le choix conscient d’accorder sa confiance à son chien. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait avec Queeny et c’est ce que je fais aujourd’hui avec Bowie. J’ai choisi de miser sur eux.

Cette phrase peut sembler très simple, mais elle est loin d’être anodine. Parce qu’elle implique aussi de renoncer à une partie des peurs que les autres pourraient déposer sur notre chemin. Au fil des années, j’ai appris une chose essentielle : une relation ne se construit pas sur la méfiance. Elle se construit sur la confiance.

Cela ne veut pas dire qu’il faut tout idéaliser, ignorer les difficultés ou penser qu’elles n’arriveront jamais. Cela signifie simplement que je refuse de commencer cette histoire en considérant mon chien comme un problème potentiel qu’il faudrait surveiller en permanence. Je préfère lui donner ma confiance. Je l’ai fait avec Queeny et je le fais aujourd’hui avec Bowie.

En psychologie, la confiance joue un rôle fondamental dans la qualité des relations que nous construisons. Lorsqu’une personne évolue dans un climat d’inquiétude permanente, elle risque d’adopter des comportements plus rigides, plus contrôlants et plus anxieux. À l’inverse, la confiance favorise un sentiment de sécurité qui permet de s’ajuster plus sereinement aux difficultés lorsqu’elles apparaissent.

Je crois d’ailleurs que cela s’applique aussi à la relation humain-chien. Parce qu’un chiot ne découvre pas seulement une maison ou de nouvelles habitudes. Il découvre également l’humain qui l’accompagne. Et cet humain devient progressivement un repère. Or, il est difficile de devenir un repère rassurant lorsque nous avançons avec la peur constante qu’un problème surgisse à tout moment.

Personnellement, j’ai fait un autre choix. J’ai choisi d’avoir davantage confiance en mes chiens qu’au jugement des autres. J’ai choisi de construire notre histoire à partir de ce que j’observe au quotidien plutôt qu’à partir des scénarios imaginés par des personnes extérieures à notre relation. Je sais que des difficultés pourront apparaître, comme avec n’importe quel chien. Mais je préfère les accueillir lorsqu’elles se présenteront réellement plutôt que de vivre dans l’anticipation permanente de problèmes qui n’existent peut-être pas.

Finalement, faire confiance à son chien, ce n’est pas croire qu’il sera parfait. C’est accepter qu’une relation se construit à deux. C’est accepter les ajustements, les tâtonnements et les apprentissages. Et c’est surtout se rappeler qu’avant d’être un grand chien, un chien de berger ou un chien qui impressionne certaines personnes, il est avant tout notre chien. Celui avec lequel nous allons écrire notre propre histoire. J’ai choisi d’avoir davantage confiance en mes chiens qu’au jugement des autres. Et je crois qu’au fond, c’est peut-être l’un des plus beaux points de départ que l’on puisse offrir à une relation qui ne fait que commencer.

En fin de compte, faites-vous confiance

Si je devais retenir une seule chose de cette expérience, ce serait peut-être celle-ci : essayez de fermer les oreilles à toutes ces petites phrases qui peuvent venir se glisser sur votre chemin.

Je me doute que je ne suis pas la seule à vivre cela. Je suis même persuadée que beaucoup de personnes qui accueillent un chiot ont déjà entendu des remarques similaires. Certaines concernent la race, d’autres le gabarit, le caractère ou encore les difficultés que l’on pourrait rencontrer dans les mois à venir.

Essayez de ne pas leur donner plus de place qu’elles n’en méritent. Faites-vous confiance. Faites confiance à votre chien. Ne laissez pas les autres vous faire croire qu’il y a eu une erreur de casting avant même que votre histoire n’ait commencé. Parce qu’au fond, vous n’avez rien à prouver aux autres. La seule relation qui compte est celle que vous allez construire avec votre chien.

Une relation qui se bâtira jour après jour, à votre rythme, avec des réussites, des tâtonnements et parfois des difficultés tout à fait normales. Votre rôle ne sera pas d’être parfait. Votre rôle sera d’être présent. D’être là pour lui. De répondre à ses besoins, l’accompagner dans ses découvertes, lui offrir un cadre sécurisant, de la cohérence, de l’attention et tout l’amour dont il a besoin. Et surtout, de construire une relation épanouissante, fondée sur le respect et la confiance mutuelle. Car finalement, ce n’est pas aux autres qu’il faut montrer que vous êtes à la hauteur. C’est à votre chien qu’il faut le démontrer, chaque jour, par vos actes, votre présence et votre engagement à ses côtés. Et je crois que lorsqu’on choisit de miser sur cette relation plutôt que sur les peurs des autres, on s’offre déjà le plus beau des points de départ.

Si vous avez une question, n’hésitez pas à nous la poser soit en commentaire de cet article, soit en nous contactant sur l’adresse e-mail du blog : mydogisaqueen@gmail.com ou sur notre compte Instagram

Vous aimez cet article ?

Vous pouvez l’aider à voyager … Commenter, aimer, partager des petits gestes qui font tellement plaisir ! D’ailleurs, des épingles Pinterest sont à votre disposition… On vous remercie beaucoup pour votre soutien !

AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE

Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram

Vivre avec un chien, ce n’est pas seulement l’éduquer. C’est apprendre à se positionner, à comprendre. Surtout à ajuster sa posture d’humain au bout de la laisse. Nous évoluons dans une relation initialement asymétrique, dans une société en mutation…

C’est toute la réflexion proposée dans Être à la hauteur de son chien, un livre autour du lien humain-chien, du quotidien et de ce que cette relation vient parfois révéler de nous.

Envie de nous laisser un commentaire ?

En savoir plus sur MDIAQ

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture