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L’éducation du chien, une question de choix

L’éducation du chien, une question de choix : comprendre pour mieux accompagner son chien

J’ai souhaité rédiger cet article parce qu’avec Queeny, je n’ai jamais eu recours ni aux cris, ni aux punitions, ni aux privations, encore moins à la contrainte. Même lorsqu’elle tirait en laisse, encore chiot et pleine de curiosité, je n’ai jamais ressenti le besoin de la secouer ou de la brusquer. J’ai toujours cru et constaté qu’on pouvait enseigner sans soumettre.

Sur les réseaux sociaux, je vois pourtant se multiplier des images et des vidéos où l’éducation canine devient une démonstration d’autorité. Certaines personnes, pourtant d’apparence douce, prennent des voix de commandement, crient sur leur chiot (chien) ou le forcent physiquement… Ces scènes me mettent mal à l’aise, voire me font peur et je me dis qu’un chiot ou un chien, lui, ne peut qu’en être terrifié.

Une anecdote récente

En ce moment, entre les vacances scolaires et les longs week-ends, les plages sont particulièrement fréquentées. Lors de l’une de nos promenades quotidiennes, j’ai croisé un couple avec un enfant et un berger australien. Ce n’était pas un chiot, plutôt un jeune chien, dans cette phase intermédiaire où l’envie d’explorer et d’aller vers les autres est très présente.

En apercevant Queeny au loin, il a tiré sur sa longe pour tenter de venir à sa rencontre. Une approche directe, certes, mais sans tension particulière, sans signaux d’agressivité. Plutôt l’expression d’une curiosité sociale assez classique à cet âge.

La réaction du maître a été immédiate et très marquée. Il a tiré brusquement sur la longe pour le ramener en arrière, tout en élevant fortement la voix. Le chien a ensuite été contraint de se coucher, avec l’ordre de rester immobile. Pendant plusieurs minutes, chaque tentative de mouvement était interrompue par un “non, couché” lancé de manière sèche et répétée.

La scène a duré, et a rapidement pris toute la place sur la plage, c’était vraiment malaisant. Le chien, lui, est passé d’un état d’élan vers l’autre à un état d’immobilité contrainte, sous pression constante.

Ce type de situation interroge à plusieurs niveaux.

D’un point de vue éducatif, on observe ici une réponse très contrôlante face à un comportement pourtant attendu chez un jeune chien. L’envie d’aller vers un congénère fait partie des comportements sociaux normaux. L’enjeu n’est pas de supprimer cette motivation, mais de l’encadrer et de l’apprendre.

En intervenant de manière brusque et répétée, on interrompt certes le comportement, mais sans forcément en travailler le sens. Le chien apprend surtout que l’approche de ses congénères déclenche une tension, une contrainte, voire une forme de pression. Cela peut conduire, à terme, soit à de l’évitement, soit à des réponses plus intenses, liées à la frustration ou à l’incompréhension.

La question de la cohérence se pose également. Interdire systématiquement tout contact ne permet pas au chien de développer ses compétences sociales. Or, savoir approcher, interagir, puis se désengager fait partie des apprentissages essentiels pour évoluer sereinement dans des environnements partagés.

Enfin, cette scène rappelle que l’éducation ne se limite pas à obtenir un comportement immédiat. Elle s’inscrit dans une construction plus globale : celle d’un chien capable de comprendre, d’ajuster ses réponses, et d’interagir avec son environnement de manière équilibrée. Surtout pour moi, ce type de comportement humain ne mène pas au lien … Le vrai lien de coopération et de confiance. Je ne veux jamais de ça entre moi et mon chien, c’est dévalorisant pour le chien de se faire « afficher » de la sorte ! Bref, j’étais mal pour lui …

Ma pensée profonde ?

Je pense que ces personnes se sont éloignées de la raison première pour laquelle elles ont choisi d’accueillir un chien : partager leur vie, pas la contrôler. Avec Queeny, j’ai voulu bâtir une relation durable, fondée sur la confiance, la compréhension et le respect mutuel.

Je crois sincèrement que je ne me remettrais pas de la voir me craindre, détourner le regard ou fuir ma main. Je veux qu’elle vienne vers moi parce qu’elle s’y sent bien, pas parce qu’elle en a peur. Trop de chiens aujourd’hui grandissent dans la frustration de l’incompréhension, la peur et la privation.

Ces émotions accumulées finissent par exploser : aboiements, morsures, isolement, anxiété… Il est temps que l’éducation canine retrouve sa juste place, celle d’un équilibre entre cadre et bienveillance, entre exigence et douceur.

Cet article est le fruit de mes recherches, de mon vécu et de mes formations. Parce que oui, quand on veut être à la hauteur de son chien, on peut choisir de se former, sans pour autant en faire un métier. Et je vous encourage à faire de même : apprendre, lire, observer, questionner. C’est un investissement qui en vaut la peine, car nos erreurs, à nous humains, laissent parfois des traces profondes chez nos chiens. Cela évite aussi de se laisser berner par des conseils d’un autre temps… Archaïques et en rupture avec les avancées actuelles.

L’éducation pour moi ?

C’est d’abord une responsabilité partagée : celle de chercher à comprendre avant d’exiger. Se mettre, autant que possible, à la place de notre chien, de sa perception d’une situation, de ce qu’il est réellement capable de vivre et de comprendre à l’instant T.

La liberté n’a de sens que si elle est réelle, pas conditionnée à une obéissance constante.

Prenons un exemple très simple : je détache mon chien, mais j’exige qu’il marche au pied. Pourquoi ? Est-ce une question de sécurité, parce qu’il y a des voitures ou d’autres chiens ? Dans ce cas, la solution est claire : je ne le mets pas en libre, je l’attache. Pour moi, le libre n’a de sens que dans un espace sécurisé, où le chien peut réellement choisir. Si elle décide de rester à mes pieds, alors c’est un choix. Pas une contrainte.

Je vois souvent cette scène en promenade, et particulièrement sur la plage. Le chien est détaché, enfin libre. Dans sa tête, j’imagine l’explosion de joie : Youpi, je peux courir, renifler, explorer, aller voir les autres chiens, vivre quelque chose. On lui enlève la laisse, symbole de contrainte, et tout son corps s’élance vers ce que l’environnement lui promet.

MAIS… Souvent y a un mais …

Et puis très vite, la liberté se referme. L’humain crie : « Reviens ! Reste là ! ». Le chien s’éloigne, revient, hésite, repart. Il n’est plus vraiment libre, il est juste sans laisse. La contrainte a changé de forme : elle est devenue sonore, permanente, parfois même plus pesante que la laisse elle-même.

Et là, sincèrement, je me demande : pourquoi détacher un chien si c’est pour l’empêcher d’être un chien ? Pourquoi lui donner l’illusion de la liberté pour aussitôt la lui reprendre à coups d’injonctions ? Où est la cohérence, vue à hauteur de truffe ? Si déjà moi, humaine, j’ai du mal à comprendre ce message contradictoire, comment lui pourrait-il y trouver du sens ?

Ma philosophie avec elle ? Éduquer sans soumettre, comprendre avant d’exiger. Parce que trop de chiens grandissent encore dans la peur et la confusion, j’ai voulu faire le point sur ce qui distingue vraiment éducation coercitive, positive et bienveillante. Un article nourri de mon vécu et de ma perception pour redonner du sens et de la cohérence à la relation chien-humain

Un constat ?

Depuis quelques années, les mots bienveillance, respect, éducation positive résonnent partout dans le monde du chien. Face à eux, une approche plus ancienne, dite coercitive, persiste encore dans certaines pratiques. Mais que recouvrent réellement ces termes ? S’agit-il de simples tendances ou de véritables philosophies d’éducation ? Et surtout, quelles conséquences ont-elles sur la relation entre l’humain et le chien ?

Pour y voir clair, il faut croiser les regards : celui de l’éthologie, de la psychologie, et de notre société en évolution.

Des visions différentes …

L’éducation coercitive : dominer pour contrôler

Historiquement, l’éducation canine s’est construite sur un modèle hiérarchique inspiré des observations (erronées) de dominance chez les loups. Dans cette logique, le maître doit s’imposer pour se faire obéir. Les outils utilisés : colliers étrangleurs, ordres secs, punitions physiques, reposent sur la soumission du chien.

Ce modèle s’appuie sur le conditionnement aversif (B.F. Skinner, 1938) : un comportement diminue lorsqu’il entraîne une conséquence désagréable. S’il peut donner des résultats rapides, il induit stress, inhibition et perte de confiance.

Exemple : un chien puni pour aboyer peut se taire… mais il n’est pas apaisé. Il se tait par peur, pas par compréhension. Donc, ce comportement reviendra systématiquement lorsqu’il aura peur …

Si on part de ce simple constat, en humains éclairés … On se dit « ok, donc cette méthode ne sert à rien sur le long terme ! » Nous sommes d’accord…. Alors pourquoi est-elle encore si largement pratiquée ? La facilité, l’instantanéité, la peur de l’humain véhiculée par des clichés bien ancrés. Particulièrement marqués avec les grands chiens. On entend encore trop souvent « si tu n’es pas ferme, il va te dominer … » Le pire n’étant pas la parole, pour moi, le pire c’est qu’elle trouve encore crédibilité … Car non, le chien n’a pas vocation à nous dominer et oui, on peut réussir à éduquer sans recourir à des procédés archaïques infondés !

Quelle relation voulez vous construire ? Une domination humaine fondée sur la peur ou une réelle bulle de complicité ? Moi j’ai décidé que nous serions une équipe avec pour objectif de construire une relation saine, équilibrée et complice.

L’éducation positive : apprendre avec le renforcement

À partir des années 1990, l’éducation positive s’impose comme une alternative. Fondée sur le renforcement positif, elle récompense les bons comportements plutôt que de corriger les “mauvais”.

Le principe est simple : ce qui est récompensant se répète. Le chien devient acteur de son apprentissage. On valorise le calme, la coopération, la curiosité.

Exemple : Au lieu de punir un chien qui saute, on récompense le moment où il garde les pattes au sol.

L’éducation positive ne signifie pas permissive : elle s’appuie sur un cadre clair, une cohérence, et une communication non violente. Il faut arrêter de penser que l’éducation positive produit des chiens (rois) sans limites … Que l’humain qui s’y abandonne est laxiste et que chez lui règne l’anarchie … Il faut fixer des limites et instaurer des règles, avec cohérence et légitimité. Pour qu’une règle soit intériorisée, voire acceptée, comme pour les humains … Elle doit être compréhensible et tangible.

L’éducation bienveillante : comprendre avant d’agir

L’éducation bienveillante élargit encore la perspective. Elle ne se contente pas de renforcer : elle écoute, observe, et cherche à comprendre l’émotion derrière le comportement. Le chien n’est plus un élève à dresser, mais un individu à accompagner.

Inspirée des neurosciences affectives (Jaak Panksepp), de l’éthologie cognitive (Frans de Waal) et de la psychologie humaniste (Carl Rogers), cette approche fait du bien-être émotionnel un prérequis à tout apprentissage.

Un chien qui détruit n’est pas “désobéissant” mais en souffrance. L’objectif n’est pas de punir, mais de comprendre ce qui le met en difficulté.

Notons que très souvent l’éducation positive et l’éducation bienveillante s’associent naturellement dans les processus d’apprentissage pour ceux qui se documentent, cherchent et construisent en souhaitant les apports éducatifs en s’adaptant au mieux à leur chien. Entendons, en prenant en considération l’individualité, sans généralisations. Nous vivons une ère exceptionnelle en éducation canine ou les apports tendent, enfin, à considérer le bien être animal dans les pratiques. Pour moi, le bien être est indispensable pour les apprentissages et les apprentissages mènent au bien être. Comme un cerlce vertueux. De fait, il faut impérativement adhérer à cette vague en y voyant une réelle opportunité d’éduquer et de construire dans le respect et la considération.

Les racines éthologiques et psychologiques

L’éthologie : observer sans juger

Les travaux de David Mech ont bouleversé l’idée de “chef de meute” : les loups ne vivent pas sous la domination d’un alpha, mais en famille coopérative. Par extension, la relation homme-chien doit être fondée sur la coopération, pas la hiérarchie.

La psychologie : apprendre, mais à quel prix ?

De Pavlov à Skinner, la psychologie comportementale a expliqué comment un chien associe des événements. Mais les recherches plus récentes montrent que les chiens possèdent des émotions complexes, une mémoire sociale, et une réelle intention communicative. Autrement dit : ils n’exécutent pas, ils interprètent.

Les effets à long terme : confiance ou contrainte

AspectÉducation positive / bienveillanteÉducation coercitive
RelationConfiance, attachement sécure, coopérationPeur, méfiance, soumission
ApprentissageMotivation, compréhension, autonomieInhibition, obéissance contrainte
ÉmotionsSécurité, plaisir, engagementStress, frustration, évitement
Résultats à long termeStables, durables, adaptablesFragiles, régressifs

Pour aller plus loin ? Les notions clés à intégrer !

DeS notions de vocabulaire pour mieux comprendre …

La contrainte

La contrainte consiste à forcer un comportement par la pression ou la peur. Elle bloque l’apprentissage émotionnel : le chien cesse d’agir, mais n’a rien compris. Les études (Hiby et al., 2004 ; Rooney & Cowan, 2011) montrent une hausse du stress et des comportements d’évitement. En bref ? Contraindre interrompt, mais n’enseigne pas.

Le conditionnement

Toute éducation repose sur l’association d’événements : Classique (Pavlov) : stimulus =émotion (le harnais = balade). Opérant (Skinner) : comportement =conséquence (assis = friandise). L’éducation positive s’appuie sur le second principe : renforcer ce qui fonctionne plutôt que punir ce qui dérange.

L’immersion

Exposer brutalement un chien à ce qu’il craint (“il s’habituera”) revient souvent à provoquer une inhibition. On préfère la désensibilisation graduelle, accompagnée de renforcements positifs. En bref ? Un chien figé n’est pas apaisé : il est dépassé.

L’interdit: Mythes et Réalités

“En éducation positive, on ne dit jamais non.” On dit non, mais différemment : sans peur, sans cri, et avec un sens.

Qui aime qu’on lui hurle dessus ? Perso… Je ne supporte pas… Hurlez moi dessus en me demandant « de venir ici« , je tourne les talons pour partir dans l’autre sens … Du coup, pourquoi serait-ce différent pour nos chiens ? Les pires scènes sont celles des rappels manqués, quand le chien, après 10 minutes à tourner, finit enfin par revenir et se fait engueuler comme jamais … Où est la cohérence ? Dans sa tête, c’est ok, il est revenu … C’est juste dans la tienne que réside le problème car il n’est pas revenu à la vitesse souhaitée, dans le délai escompté … Du coup, selon moi, peu importe le délai, on félicite ! Après quoi, on part du principe que petit à petit, on fera mieux … Identifier la progression à mettre en place et œuvrer au mieux avec bienveillance, ne serait- ce pas plus cohérent ?

En Education soyons « humour »

Avec Queeny, plutôt que de crier « non ne mange pas le pied de table » … Je disais un petit chantant « non, non, non mon bébé… » + Justification « ce n’est pas bon à manger » + contrepartie « cette mâchouille est bien meilleure, hummm bonne mâchouille, c’est cadeau ». En fait, elle connait vraiment bien le mot « cadeau » depuis cette période … Pour la petite histoire ça vient du « cadeau maman, cadeau géant » de petit pied … Une ref. perso entre elle et moi issue du petit dinosaure et la vallée des merveilles.

Je reviens une seconde sur un point important … Je scrollais sur les réseaux et je suis tombée sur une vidéo d’une jeune femme qui faisait l’éducation de son chiot. Un berger australien, hyper choupy. Elle prenait une voix de gardienne de prison et enchainait les « assis-debout » Nooooon Assis !!! … Je voyais le chiot au bout de sa vie, fatigué, pas concentré… Elle montait dans les aigus … Vous voulez savoir ce que j’ai pensé ? Pauvre chien, t’es vraiment coincé avec une frustrée du Popotin … Non mais sérieux, c’est quoi l’intérêt de faire assis-debout à la chaine dans ton séjour ? C’est Chaplin dans les temps modernes sur le point de vriller, non ?

SURCHARGE COGNITIVE ???

Ce type de situation illustre parfaitement ce qu’on appelle une surcharge cognitive. Le chiot reçoit trop d’informations, trop vite, sans pause et sans véritable sens pour lui. Son cerveau, de chiot, n’a ni la capacité de concentration ni les ressources émotionnelles pour enchaîner des demandes répétitives sous pression. À force d’ordres successifs, de tension dans la voix et d’absence de temps de récupération, l’apprentissage ne se fait plus : le chiot ne comprend pas mieux, il s’épuise. Ce n’est pas un manque de volonté ou d’intelligence, mais simplement un cerveau saturé, incapable d’intégrer quoi que ce soit dans ces conditions.

De mon vécu, j’ai constaté que Queeny était réceptive aux voix enjouées, elle adorait que je prenne des voix types dessins animés avec humour, sourire, gestuelle physique comique … On a réussi à apprendre en s’amusant ! Toujours des petites sessions, en incluant de la variété et de la bonne humeur, beaucoup de jeux … Franchement ces années furent exceptionnelles … Je riais, m’amusais, découvrais et apprenais autant qu’elle… Il ne faut pas gâcher ces moments magiques qui construisent la relation, c’est la pépite à la base de tout le reste.

Les risques du coercitif, les exigences du positif

Il peut être tentant, face à un chien “difficile”, de chercher des solutions rapides. Les méthodes coercitives promettent souvent des résultats spectaculaires : le chien cesse d’aboyer, de tirer, de grogner… Mais ce silence apparent est souvent un symptôme d’inhibition, pas d’apprentissage.

Je tiens à nuancer « difficile » souvent ce n’est pas le chien qui est difficile … C’est le choc frontal de la réalité qui désarçonne l’idéal qui avait été imaginé dans la projection avec le chiot. Perso, une croisée border collie, je m’étais projetée dans les pires scénarios avec une toile de fond, mon incompétence … Parce que les gens m’avaient regarder avec l’air de faire un signe de croix à l’annonce de son croisement… Force est de constater que Queeny a été un mentor, un jedi et que notre réussite n’est pas de mon fait, il est de notre association.

On n’est pas au cirque … D’ailleurs, on ne veut plus de cirque !

Sous la contrainte, le chien n’apprend pas à bien faire, il apprend à éviter le désagréable. Cela crée une obéissance fragile, fondée sur la peur et la vigilance permanente. Sur le long terme, ces approches fragilisent la relation et peuvent conduire à : une perte de confiance envers l’humain, une augmentation du stress chronique, des réactions imprévisibles (fuite, morsure, résignation). Pour en revenir au cirque… le lion sautait d’un tabouret à l’autre pour éviter le fouet … Cependant, à la première inattention du dresseur, il n’avait qu’une envie, le bouffer … C’est un exemple parlant qu’on peut postposer … Nuance entre dressage et éducation … Le dressage apprend au chien à exécuter alors que l’éducation lui apprend à comprendre.

Exemple : Un chien est et doit rester un chien, pourquoi toujours vouloir le dénaturer ? Il renifle le sol, c’est normal ? Alors pourquoi tirer la laisse et dire non … La seule circonstance où j’empêche mon chien de renifler ce sont les périodes de chenilles processionnaires parce qu’il y a beaucoup de pins par chez nous … Cependant, ce n’est pas par méthode « non en tirant ». C’est par le « regarde moi, communication constante, focus, tête haute de Queen…« .

C’est comme la notion de « danger ou bobo« , ça se travaille. Par exemple, autour des insectes, pour qu’il les évite, de lui même, plutôt que de tenter de les gober… Sans avoir besoin de tirer sur la laisse en permanence, ce qui est un procédé contraint, sans compréhension pour le chien de la situation. Légitimer c’est important … Il doit pouvoir comprendre, car le chien est intelligent, en capacité de comprendre, d’apprendre …

Comprendre …

Donc, l’éducation positive repose sur la compréhension du comportement et la valorisation des bons choix. Elle ne cherche pas à “éteindre” un comportement gênant, mais à réorienter l’énergie du chien vers une réponse plus adaptée.

Un chien éduqué positivement n’est pas un chien sans cadre, c’est un chien qui comprend le cadre.

Contrairement à l’idée reçue, positif ne veut pas dire laxiste. C’est une approche exigeante, car elle demande de maîtriser ses émotions, observer finement les signaux du chien, construire la cohérence du quotidien.

Le positif, c’est l’art d’éduquer sans contraindre : poser des limites claires, mais justes, avec constance et empathie. On ne laisse pas tout passer, on guide autrement. En bref, L’éducation positive, ce n’est pas tout autoriser, c’est tout expliquer.

Les bonnes pratiques

Comprendre l’interdiction : La fameuse légitimité … Si tu me dis pas ça, ok mais pourquoi ? Comme pour nous, la clarté, la cohérence et la constance sont de mises …

Rester neutre émotionnellement : Une interdiction, faite sous colère brouille la communication. C’est pas en criant qu’on est mieux compris, au contraire, on passe juste pour des incohérents …

Offrir une alternative: “Pas cela = fais plutôt ceci =bravo.” On propose une alternative … Plutôt que d’interdire net, sans justification, on offre une possibilité de choisir autre chose, plus adapté.

Être cohérent et juste: Même situation, même réponse. Sinon, le chien ne comprend plus. Cela s’étend aux membres d’une famille, ok avec l’un et pas ok avec l’autre, c’est déstabilisant et contre productif pour le chien…

Préserver la relation : Une interdiction doit informer, pas humilier. Faut arrêter de penser que parce qu’initialement on ne parle pas le même langage, il ne perçoit pas votre dénigrement par le ton, la posture, le langage corporel… La valorisation est primordiale pour son épanouissement. Vous lui dites, « t’es con, bon à rien, … » à votre môme lorsqu’il bloque sur un devoir ? Bah le chien, c’est pareil … Respecter son chien, au global …

Nuancer …

Donc, l’éducation positive ne bannit pas l‘interdit, elle le redéfinit comme un outil de clarté, pas de pouvoir. Je ne supporte pas d’entendre quelqu’un dire « il est con ce chien, il ne comprend rien… » pourtant il y a quelqu’un qu’on croise souvent à la plage qui est champion dans le domaine. Déjà, il ne faut jamais dénigrer son chien, même sous le coup de la colère… Quand Queeny était casse-pied je disais toujours « t’es attachiante mon amour, tout comme moi ! » avec le sourire et une caresse…

Ensuite, si le chien ne comprend pas, le problème ne vient pas forcément de lui… C’est peut être la demande qui est à revoir… Sa formulation, son introduction, sa cohérence… Bref, se remettre en question, à mon sens, est la base élementaire dans la relation avec notre chien.

Les deux piliers invisibles de l’éducation : l’autocontrôle et le focus

Deux clés de voute qu’on a beaucoup travaillé…

L’autocontrôle : se maîtriser sans se bloquer

L’autocontrôle, c’est la capacité à gérer ses impulsions. Il ne se décrète pas : il s’enseigne par la progression et la récompense du calme.

En gros ? On ne “dresse” pas l’autocontrôle, on le cultive.

Un chien qui apprend à se réguler devient plus confiant, plus stable, et plus à l’écoute. Attention toutefois à ne pas confondre autocontrôle et inhibition : un chien figé par peur n’est pas calme, il est bloqué. L’autocontrôle, c’est la liberté maîtrisée.

Le focus : l’art d’être attentif sans tension

Ce fut mon Koh Lanta … Ce que j’ai bossé comme une acharnée avec Queeny. Pourquoi ? Question de survie. En bonne croisée Border, petite, elle voulait courser tout ce qui bouge … Vélo, voiture, enfant, jogger, congénère, … Le problème étant que chez nous , impossible de faire une promenade sans tomber en tête à truffe avec eux, toutes les 3 minutes. Du coup, le concept qu’elle connait le mieux reste « regarde moi ».

Pour ceux qui nous suivent sur les réseaux, c’est de là que Queeny marche en me collant la jambe … Son interprétation du FOCUS… sa proposition d’application… Avec le temps, elle ne le fait plus pour se détourner, elle le fait spontanément par habitude, par affection, ou, pour se rassurer quand il y a quelque chose dans l’environnement qui l’inquiète. Comme des chars à voile, des drones etc… D’ailleurs, si ça vous intéresse, je peux en faire un article dédié ?! Dites moi si c’est le cas …

Le focus est la capacité du chien à maintenir son attention sur son humain ou une tâche malgré les distractions. C’est un indicateur de relation et de sécurité.

Un chien attentif n’est pas sous contrôle, il est connecté.

Exemples de mise en application: Récompenser le regard spontané, encourager le retour à soi, rendre la relation plus intéressante que l’environnement. De fait, le focus se construit dans la joie, pas dans l’ordre. Il montre au chien qu’il est plaisant de “revenir” vers l’humain : c’est la base de la coopération.

Pour moi, le vrai focus, c’est quand le chien te choisit, même quand il pourrait ne pas le faire. Cela, sans qu’il ne faille le lui demander.

Les clés de voute … Pour une éducation respectueuse?

On se résume l’essentiel … Cohérence, constance, adaptabilité, confiance, efforts réciproques …

1. Une approche éducative centrée sur le respect du chien

L’éducation repose avant tout sur une posture : celle de considérer le chien comme un être sensible, capable d’émotions, de stress et d’apprentissages progressifs. Il ne s’agit pas de chercher l’obéissance immédiate, mais de construire des comportements durables en tenant compte de ce que le chien est réellement, et non de ce que l’humain attend de lui. Vigilance donc à porter sur l’anthropomorphisme, le culte de la perfection, la comparaison à d’autres duos …

2. Comprendre les besoins fondamentaux avant d’enseigner

Avant même de parler d’éducation, il est essentiel de s’assurer que les besoins primaires du chien sont respectés : sorties adaptées, repos suffisant, dépenses physiques et mentales, sécurité émotionnelle. Un chien fatigué, frustré ou stressé ne peut pas apprendre sereinement. L’apprentissage s’inscrit donc dans un cadre global de bien-être. Il faut donc toujours poser de bonnes conditions, éviter de rester sur un échec … Concevoir que le bien-être global est également une composante primordiale avant de proposer un apprentissage.

3. Tenir compte des capacités réelles du chien

Chaque chien apprend à son rythme, en fonction de son âge, de son passé, de son état émotionnel et de ses expériences. L’éducation implique d’ajuster ses attentes : on ne demande pas la même chose à un chiot, à un chien adulte ou à un chien sensible. Respecter ces limites évite les échecs, les incompréhensions et la montée de stress. L’adaptabilité doit d’abord venir de nous .. Nous devons nous adapter à nos chiens avant de demander à nos chiens de s’adapter à nos attendus ou à notre monde 100% humain.

4. Observer et interpréter la communication canine

Les chiens communiquent en permanence, souvent de manière subtile. Une éducation respectueuse passe par l’observation des signaux d’apaisement, d’inconfort ou de fatigue. Apprendre à les reconnaître permet d’adapter les situations, d’éviter les mises en difficulté et de renforcer la relation humain-chien. Peut-on passer sa vie entière avec quelqu’un sans chercher à le comprendre ? C’est triste et frustrant… Pour lui ! Aimer son chien, c’est faire l’effort d’apprendre son langage, il nous parle en permanence, apprendre à le comprendre, c’est le considérer.

5. Encourager plutôt que contraindre

Plutôt que de corriger les erreurs par la peur ou la punition, l’éducation bienveillante mise sur la valorisation des comportements souhaités. Récompenses, encouragements et renforcement positif permettent au chien de comprendre ce qui est attendu de lui, dans un climat sécurisant. Cela favorise l’envie d’apprendre plutôt que la crainte de mal faire.

6. Construire une relation fondée sur la confiance

L’éducation bienveillante vise une relation équilibrée, dans laquelle le chien se sent en sécurité avec son humain. Cette confiance facilite l’apprentissage, améliore la communication et permet une cohabitation plus harmonieuse. Le chien n’obéit pas par peur, mais coopère parce qu’il comprend et se sent respecté.

Les méthodes basées sur la contrainte ou la sanction peuvent inhiber les comportements à court terme, mais elles génèrent souvent stress, incompréhension et détérioration du lien. Elles n’apprennent pas réellement au chien quoi faire, seulement ce qu’il doit éviter, ce qui peut entraîner des comportements problématiques à long terme.

Une question de société

L’évolution de nos méthodes éducatives reflète un changement plus large : celui de notre rapport au vivant. Nous passons d’un modèle autoritaire à une relation de coopération et d’écoute, comme dans la parentalité ou la pédagogie. Depuis la loi de 2015 reconnaissant l’animal comme être sensible, l’idée d’une éducation respectueuse n’est plus une option, mais une évidence éthique. Aussi, il nous incombe de l’appliquer avec nos chiens mais aussi, parfois de convertir ceux que nous croisons.

Perso, avant je détournais les yeux, j’avais peur de m’immiscer.. Maintenant, lorsque je vois quelqu’un tirer sur sa laisse comme un acharné, j’y vais … Je dis « bonjour », j’amorce avec humour « c’est la pire période hein… quand il faut tout apprendre« … Après j’enchaine doucement, sur comment la personne se sent … dépassée ? souvent c’est le cas.. Alors, j’écoute, puis je lui conseille de se faire accompagner en positif … De lire des livres dont j’ai toujours des références dans mon téléphone … De se souvenir du pourquoi ce chien est là …

Enfin, j’accepte que mon message ne trouvera pas toujours écho, que parfois, on m’envoie promener mais je me dis, au moins j’ai essayé … Pour le chien, pour le duo qu’ils pourraient être, en faisant autrement !

Conclusion

Choisir une méthode d’éducation, c’est choisir une vision du lien. L’éducation coercitive ne construit rien, l’éducation positive construit la confiance, ajoutée à la bienveillance, elle, tisse une relation.

Le mot de la fin ? Éduquer son chien, c’est avant tout apprendre à le comprendre, et à se comprendre soi-même. Cela avec des remises en question constantes sur nos pratiques …

Vivre avec un chien, ce n’est pas seulement l’éduquer. C’est apprendre à se positionner, à comprendre. Surtout à ajuster sa posture d’humain au bout de la laisse. Nous évoluons dans une relation initialement asymétrique, dans une société en mutation…

C’est toute la réflexion proposée dans Être à la hauteur de son chien, un livre autour du lien humain-chien, du quotidien et de ce que cette relation vient parfois révéler de nous.

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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE

Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram

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