Ah, la dominance, aujourd’hui on aborde le vrai visage de la dominance … Selon moi ! Vous savez, ce terme qui vous fait immédiatement imaginer un chien qui vous regarde de haut, prêt à vous défier, à prendre les rênes de la maison… mais est-ce vraiment ce qui se passe ? Spoiler alert : non, le chien dominant, celui qui tenterait de vous renverser, n’existe pas. Oui, je sais, c’est probablement l’article que vous n’attendiez pas, et si vous pensiez que nous allions parler de ces fameuses théories où le chien prend le contrôle, accrochez-vous, car on va bien plus loin. Et qui sait ? Vous pourriez bien vous retrouver à regarder votre propre attitude avec un regard neuf… Parfois, la véritable dominance se cache… de l’autre côté de la laisse.

La dominance canine – Mythe ou réalité ?
Définition de la dominance
La dominance, dans le contexte canin, a longtemps été interprétée comme une hiérarchie stricte où chaque chien cherche à dominer les autres. Pourtant, des recherches récentes montrent que les chiens n’adoptent pas ces comportements hiérarchiques rigides de façon naturelle. Les relations entre chiens sont plus complexes et nuancées, influencées par des facteurs comme l’expérience, la socialisation, ou même le tempérament.
Les deux courants de pensée :
L’approche « dominance » (anciennes théories)
Cette théorie, popularisée par des experts comme John Paul Scott et John L. Fuller, postule qu’un chien cherche naturellement à dominer ses congénères et son propriétaire. Les partisans de cette idée suggèrent que pour gérer un chien, il faut constamment « gagner la guerre de la dominance ». Cependant, des recherches récentes montrent que cette vision est simplifiée et ne correspond pas à la réalité comportementale des chiens.
L’approche moderne (relations sociales et contextuelles)
Des études plus récentes, comme celles de Konrad Lorenz ou de l’éthologue Jean Donaldson, réfutent cette idée de dominance fixe. Selon eux, les comportements dits « dominants » ne sont que des réponses contextuelles aux situations, souvent liées à des stress, une mauvaise communication ou une mauvaise socialisation. Les chiens n’ont pas une « stratégie de domination », mais adoptent des comportements en fonction des situations et des individus qu’ils rencontrent.
Certes, j’ai volontairement simplifié les contenus des deux courants car on pourrait en faire des thèses. Pour ma part, je considère qu’il n’y a pas de chien dominant, il y a des comportements, des prises d’initiative pour s’imposer … Il est à mon sens, plus important de se poser les bonnes questions lorsque l’on rencontre ses comportements… Le pourquoi … Qu’est-ce qui pousse mon chien a adopté ce comportement ? Comment puis-je l’aider à se sentir mieux ? Quelles clés pour le comprendre ?
Cela étant, c’est typiquement humain de penser qu’un chien est un manipulateur tordu qui œuvre dans l’ombre pour fomenter un putsch à la maison ou au parc canin. .. Comme si, au détour d’une promenade ou d’une séance de câlins, votre chien était en réalité le chef secret d’une révolution canine, manigançant son coup d’état dans les coulisses de la maison.
DEPUIS LA NUIT DES TEMPS, ON FAIT FAUSSE ROUTE …
La vraie dominance, c’est l’humain
Qu’est-ce que la dominance humaine ?
La dominance est généralement définie comme un comportement qui implique un contrôle excessif, une autorité non justifiée, ou l’utilisation de pouvoir pour manipuler une situation ou une relation. Quand l’humain applique cela à son chien, que ce soit par des méthodes coercitives ou en imposant des règles rigides sans tenir compte du bien-être du chien, il incarne ce que l’on pourrait appeler la « dominance humaine ».
Exemples de dominance humaine dans la relation avec le chien
Le contrôle excessif des espaces de vie
L’humain peut imposer des règles strictes concernant les endroits où le chien peut aller, parfois sans égard aux besoins fondamentaux du chien. Des chiens sont souvent contraints de rester dans une pièce spécifique, sur un matelas séparé, ou de dormir dans des conditions peu confortables.
Les méthodes de dressage autoritaires
Certaines techniques de dressage, comme les colliers à chocs, sont un exemple de la « dominance » humaine, où l’humain tente de « réprimer » le chien plutôt que de l’éduquer avec respect. Cela crée une dynamique de pouvoir qui peut engendrer stress et confusion chez le chien.
Imposition des règles sans explication ni compréhension
Les humains imposent souvent des règles à leurs chiens sans prendre en compte leur compréhension des situations. Par exemple, forcer un chien à obéir sans lui apprendre la logique derrière les actions crée une situation où l’humain impose une forme de dominance sans tenir compte des besoins naturels du chien.
La dominance tout miel : l’illusion de la bienveillance contrôlante
Il existe une forme subtile de dominance qui se cache sous un masque de gentillesse et de bienveillance, que l’on pourrait appeler la « dominance tout miel ». Elle se cache derrière des gestes qui, en apparence, semblent attentionnés et doux, mais qui, en réalité, sont des formes subtiles de manipulation. Prenons par exemple l’habitude de disperser des croquettes dans le jardin pour encourager le chien à manger.
Si le chien n’est pas particulièrement glouton et qu’il n’a pas besoin d’une stimulation alimentaire après une balade, pourquoi cette mise en scène ? Ce geste, bien qu’il semble bienveillant et même amusant pour le chien, fait appel à une forme de manipulation comportementale. Il impose un rythme, une réaction, une réponse qui n’a pas forcément de raison d’être. On peut aussi voir cela dans la tendance à enchaîner les « tricks ». A savoir, faire en sorte que le chien exécute une série d’actions pour obtenir une récompense. Rien n’est vraiment « besoin » ici, juste une volonté de contrôle déguisée en interaction ludique.
Pourquoi ce besoin de « dominance tout miel » ?
Les hypothèses derrière ce phénomène peuvent être variées, mais elles se rejoignent souvent autour d’une idée centrale. Tout d’abord, le besoin d’un contrôle sur le comportement du chien, tout en maintenant l’illusion d’une relation fondée sur l’amour et le respect mutuel. L’humain, même s’il est convaincu de la bienveillance de ses actes, peut être inconsciemment rassuré par cette forme de contrôle. Offrir des friandises pour chaque geste, même s’il est simple ou sans nécessité, transforme le chien en un « outil » qui obéit sous prétexte de réciprocité.
Enfin, le véritable but ici pourrait être de créer un « chien parfait ». Entendons, une sorte de marionnette bien éduquée, où chaque action est conditionnée. Voire, renforcée et dirigée par l’humain. Bref, loin de l’éducation naturelle et respectueuse. Notamment, car cela peut devenir une forme de domination qui cherche à redéfinir chaque moment de la vie du chien selon les désirs de l’humain.
A quel point êtes vous un dominant pour votre chien ?
1. Ce que votre chien mange :
- Vous choisissez la nourriture de votre chien.
- A) Je laisse mon chien choisir ce qu’il mange.
- B) Je choisis généralement sa nourriture, mais je lui laisse parfois le choix entre quelques options.
- C) Je choisis systématiquement sa nourriture, en fonction de ses besoins.
- Vous contrôlez la quantité de nourriture de votre chien.
- A) Mon chien mange librement quand il veut.
- B) Je lui donne à manger deux ou trois fois par jour, sans vraiment suivre des quantités précises.
- C) Je contrôle précisément la quantité qu’il mange à chaque repas.
2. Quand votre chien mange :
- Vous décidez de l’heure des repas de votre chien.
- A) Mon chien mange quand il a faim.
- B) Je donne à manger à des moments approximatifs chaque jour.
- C) Je lui donne à manger à des heures fixes et régulières chaque jour.
3. Comment votre chien mange :
- Vous imposez la méthode d’alimentation de votre chien (bol, dispersé, etc.).
- A) Je le laisse choisir comment il mange.
- B) J’utilise une méthode régulière, mais je pourrais l’adapter de temps en temps.
- C) J’ai une méthode stricte pour qu’il mange, par exemple dans un bol spécifique.
4. Les interactions sociales avec d’autres chiens :
- Vous choisissez avec quels chiens votre chien peut interagir.
- A) Mon chien interagit avec tous les chiens qu’il rencontre.
- B) Je fais attention à ce qu’il joue avec des chiens amicaux, mais il a assez de liberté.
- C) Je sélectionne très soigneusement les chiens avec lesquels il peut interagir.
5. Les interactions avec les humains :
- Vous déterminez qui peut approcher ou caresser votre chien.
- A) Je laisse tout le monde approcher mon chien, il choisit lui-même qui il veut saluer.
- B) Je fais attention à qui s’approche, mais je laisse mon chien décider s’il veut ou non saluer.
- C) Je contrôle qui peut approcher mon chien et décide s’il accepte des caresses ou non.
6. Les interactions avec l’environnement :
- Vous déterminez les espaces où votre chien peut aller.
- A) Mon chien se promène où il veut à la maison et dehors.
- B) Je lui permets d’explorer la plupart des endroits, mais parfois il y a des restrictions.
- C) Je délimite strictement les zones où il peut aller, que ce soit à la maison ou dehors.
7. Soins de santé et bien-être :
- Vous choisissez la fréquence des visites chez le vétérinaire.
- A) Je laisse mon chien être libre de choisir quand il a besoin de soin.
- B) Je consulte le vétérinaire de temps en temps, quand je juge nécessaire.
- C) Je planifie les visites chez le vétérinaire et je suis très attentif à la santé de mon chien.
8. Les exercices et stimulations mentales :
- Vous contrôlez l’exercice physique de votre chien.
- A) Mon chien va courir ou se promener quand il en a envie.
- B) Je l’emmène en promenade plusieurs fois par semaine, mais sans contrainte de durée.
- C) Je lui impose des promenades régulières et je veille à ce qu’il fasse suffisamment d’exercice chaque jour.
9. Le moment de repos et de sommeil :
- Vous déterminez où et quand votre chien peut se reposer ou dormir.
- A) Mon chien dort où il veut, il choisit ses endroits.
- B) Je lui donne un endroit pour dormir, mais il peut se déplacer s’il en a envie.
- C) Je choisis précisément l’endroit où il dort et je lui impose des moments de repos.
10. Les comportements à éviter ou encourager :
- Vous avez des règles strictes concernant le comportement de votre chien.
- A) Je le laisse agir comme il veut, il est libre de ses choix.
- B) J’essaie de lui enseigner quelques règles, mais il a une certaine liberté.
- C) Je lui impose des règles précises et des comportements à adopter ou éviter, avec des formations spécifiques.
Résultats :
Score A (Dominance faible à nulle) : Vous laissez une grande liberté à votre chien et lui donnez beaucoup de contrôle sur ses choix. Vous respectez son autonomie.
Score B (Dominance modérée) : Vous gérez certains aspects de la vie de votre chien, mais vous lui laissez aussi de l’espace pour prendre ses propres décisions.
Score C (Dominance forte) : Vous contrôlez de nombreux aspects de la vie de votre chien. Vous imposez des règles strictes et surveillez de près son comportement.
OBJECTIFS ?
Cette liste montre bien à quel point les chiens sont soumis à la volonté de l’humain dans de nombreux aspects de leur vie. Ce contrôle constant sur ce qu’ils mangent, où ils vont, qui ils rencontrent et ce qu’ils peuvent faire pose la question de leur « libre arbitre ». Les chiens, tout en étant des individus avec des besoins et des personnalités propres, dépendent largement de l’humain pour répondre à leurs besoins quotidiens, ce qui soulève des questions sur la façon dont nous respectons ou non leur autonomie.
Maintenant relisez les questions, en vous demandant pourquoi … Exemple, s’il mange à heure fixe tous les jours. Est-ce motivé par son bien être digestif ou seulement parce que cela vous convient mieux de le faire dans votre organisation… S’il ne peut interagir avec les autres chiens, est-ce une question de sécurité ou est-ce simplement que c’est moins contraignant pour vous … Echanger avec l’autre humain du chien d’en face, surveiller en quittant votre portable des yeux …
Tout cela pour démontrer qu’il faut des règles pour la sécurité, pour la santé, pour une bonne hygiène de vie, pour le respect des autres car nous vivons en société … Cependant, il faut aussi de l’adaptabilité si on ne veut pas devenir un tyran dominant pour notre chien. Il faut lui laisser une part de LIBRE ARBITRE. Comme déjà évoqué sur le blog, antérieurement.
UNE CONCLUSION ?
En fin de compte, la vraie dominance n’est pas celle que l’on prête à nos chiens, mais bien celle que l’humain exerce, souvent inconsciemment, à travers ses comportements et ses attentes. Que ce soit par des méthodes autoritaires ou, plus subtilement, sous couvert de « bienveillance tout miel », la réalité est là : c’est nous qui avons la main, ou plutôt la laisse. Alors, la prochaine fois que vous pensez qu’un chien essaie de prendre le contrôle, peut-être est-ce le moment de jeter un coup d’œil dans le miroir (ou de regarder un peu plus attentivement la manière dont vous manipulez ces friandises). La dominance existe, oui, mais elle vient surtout de celui qui la cherche. Et, spoiler alert : ce n’est pas le chien.
POUR ALLER PLUS LOIN
Conseils pour répondre aux besoins de son chien sans dominer
1. Observer avant d’imposer
Avant de décider pour lui, pose-toi la question : qu’est-ce que mon chien exprime ?
- Observe ses signaux corporels.
- Écoute ses envies (envie de jouer, de dormir, de s’éloigner, de flairer…).
- Laisse une place au non dans la relation.
2. Proposer plutôt qu’ordonner
Offrir un choix, c’est déjà créer du respect.
- Propose deux itinéraires en balade et vois celui qu’il prend.
- Laisse-lui choisir entre plusieurs activités : jeu, flair, repos…
- Même pour l’entraînement : « Tu veux faire un petit trick ou tu veux juste une friandise tranquille ? »
3. Créer un cadre sécurisant, pas une prison
Un chien a besoin de repères, pas de barrières injustifiées.
- Met en place des routines souples (pas des horaires militaires).
- Privilégie les règles de vie qui protègent (sécurité, cohabitation harmonieuse), pas celles qui limitent sans raison.
- Dis-toi que chaque règle doit avoir un sens pour le chien, pas juste pour l’humain.
4. Pratiquer une éducation basée sur la coopération
Tu veux qu’il revienne au rappel ? Donne-lui une bonne raison.
- Renforce les comportements que tu veux voir plus souvent.
- Célèbre les prises d’initiatives constructives.
- Laisse tomber les « ordres » en boucle, cherche la connexion, pas l’obéissance.
5. Respecter les moments de retrait ou de repos
Non, ton chien n’est pas « dominant » s’il ne veut pas de câlin.
- Il a le droit de dormir sans être sollicité.
- Il a le droit de ne pas jouer.
- Il a le droit de ne pas interagir avec un autre chien ou humain.
6. Encourager la communication (pas la soumission)
Apprends à décoder ses signaux de stress ou d’inconfort.
- Ne punis jamais un grognement, c’est de la communication.
- Apprends à répondre à ses signaux d’apaisement : détournement du regard, léchage de truffe, etc.
7. Nourrir les besoins fondamentaux sans condition
On ne marchande pas les besoins.
- Il n’a pas à « mériter » son repas ou sa balade.
- Distribue les moments agréables même sans demande ou comportement précis.
- S’il n’a pas envie de « travailler », c’est ok.
8. Flairer, interagir, explorer = besoins vitaux
Une balade, ce n’est pas juste marcher droit devant.
- Autorise le flairage long et profond (ça stimule plus qu’une course).
- Laisse-le interagir librement avec les autres chiens (s’il en a envie).
- Change de trajet, explore ensemble.
9. Favoriser l’autonomie
Un chien qui sait faire sans toi, c’est un chien plus serein.
- Donne-lui des choix simples dans la journée.
- Apprends-lui à s’occuper seul sans stress (enrichissement, zones refuge).
- Évite l’hyper-contrôle : ne sois pas toujours derrière lui à « corriger ».
10. Être le partenaire, pas le chef
Ton chien n’a pas besoin d’un leader. Il a besoin d’un binôme fiable.
- Sois une présence constante, cohérente et juste.
- Construis la relation sur la confiance, pas la crainte.
- Demande-toi toujours : Est-ce que je fais ça pour lui… ou pour me rassurer moi ?
En résumé : sécurité ≠ autoritarisme. Un chien peut être accompagné, guidé, sécurisé sans être contrôlé. L’idée, c’est d’agir avec lui, pas contre ou au-dessus de lui. Quel humain veux-tu être pou ton chien ? C’est la vraie question à te poser .. Tous les matins !

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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE
Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram


