Dans notre quotidien avec un chien, il y a ce qu’on apprend, ce qu’on répète, ce qu’on ajuste… Puis il y a ce qu’on sent. Ce qu’on ne sait pas toujours expliquer mais qu’on ressent profondément. Cette boussole intérieure, c’est l’instinct. On en parle souvent sans vraiment le définir. Pourtant, chez l’humain comme chez le chien, l’instinct guide nombre de décisions parfois à notre insu. Dans nos duos il coexiste souvent comme une transmission fine entre nos chiens et nous… Ce qui nous amène à nous demander, pourquoi faut-il suivre nos instincts?
Dans cet article, il s’agit de réhabiliter l’instinct : le vôtre, celui de votre chien, et la relation qui se construit quand ces deux instincts s’observent, se croisent, s’accordent. Car vivre avec un chien, c’est aussi faire confiance à ce qui ne se voit pas toujours.

Qu’est-ce que l’instinct ? Une approche théorique
L’instinct peut se définir comme un ensemble de comportements innés, transmis biologiquement, et déclenchés par certains stimuli de l’environnement. Contrairement aux comportements appris, l’instinct ne nécessite pas d’apprentissage préalable. Chez les animaux, c’est ce qui guide la survie : fuir face au danger, chercher de la nourriture, prendre soin de sa progéniture.
Chez l’humain, l’instinct existe aussi, bien que souvent recouvert par la culture, la socialisation et la pensée rationnelle. On parle parfois de “ressenti”, de “sixième sens”, de “voix intérieure” : ce sont les formes contemporaines de l’instinct, moins brutes, mais toujours présentes.
En psychologie, certains courants, comme ceux de Jung ou des éthologistes contemporains, soulignent que l’instinct n’est pas opposé à la raison : il la complète. Il nous permet d’agir rapidement dans des situations floues, d’intuitionner ce que la logique ne peut encore expliquer. C’est un savoir incorporé, souvent non verbal, qui naît de l’expérience, de l’observation et de la mémoire corporelle.
L’instinct du chien : un répertoire comportemental précieux
Nos chiens, eux, vivent encore largement depuis leur instinct. Celui-ci ne fait pas qu’assurer leur survie : il influence leur manière de communiquer, de percevoir leur environnement, de réagir à une situation. Un bruit soudain, une tension invisible dans une interaction, une odeur fugace, leur corps répond bien avant toute analyse.
En éthologie, on distingue les comportements instinctifs (innés) des comportements acquis (appris par interaction avec l’environnement). L’instinct du chien, hérité de ses ancêtres canidés, comprend par exemple la posture de vigilance, l’analyse olfactive fine, la gestion spatiale du territoire, ou encore l’évitement de conflit.
Ce qui est fascinant, c’est que cet instinct peut parfois nous surprendre. Un chien qui refuse d’avancer, qui change brusquement de trottoir, qui ne souhaite pas saluer tel congénère… Il sait quelque chose. Il perçoit quelque chose que nous n’avons pas capté. Un autre exemple flagrant, nos chiens perçoivent les catastrophes ou bouleversements météorologiques bien avant nous … Si je prends l’exemple de Queeny, elle perçoit l’orage arriver 20 bonnes minutes avant la première sonorité perceptible pour moi…
L’instinct s’affine avec le temps : expérience, mémoire et cohabitation
Contrairement à une idée reçue, l’instinct n’est pas figé. Il s’aiguise. Il évolue avec le vécu. Chez l’humain comme chez le chien, les expériences façonnent les réponses. Ce n’est pas l’instinct “pur” qui devient plus intelligent, mais notre capacité à l’écouter, à le comprendre, à le relier à notre environnement.
Chez le chien, la socialisation, les apprentissages, les routines influencent ses réponses instinctives. Chez nous, plus nous vivons de situations variées avec notre chien, plus nous développons une forme de sensibilité affinée : nous savons reconnaître les signaux faibles, percevoir des ambiances, sentir quand quelque chose “ne colle pas”.
Cette capacité n’a rien de magique : elle se construit. Elle naît de l’observation, de la confiance, de la lente maturation de la relation. C’est pourquoi il ne faut pas opposer instinct et expérience, mais comprendre qu’ils dialoguent.
Pourquoi se faire confiance ? Pourquoi faire confiance à son chien ?
La question centrale n’est pas : Dois-je écouter mon instinct ou suivre une méthode ? Mais plutôt : Dans cette situation, qu’est-ce qui me guide ? Et pourquoi ?
Faire confiance à son instinct, c’est accepter que vous êtes un acteur compétent de la relation avec votre chien. Ce n’est pas tout savoir, c’est oser ajuster. C’est dire : ce que je ressens ici compte aussi. C’est sortir d’une logique où tout serait extérieur (livres, éducateurs, réseaux) pour revenir vers soi.
Et à l’inverse, il y a ces moments où c’est le chien qui sait mieux. Où c’est à lui qu’il faut faire confiance : lorsqu’il refuse une interaction, lorsqu’il cherche à s’éloigner, lorsqu’il exprime une émotion. Lui aussi possède une mémoire du monde. Lui aussi sent avant de savoir.
De fait, ne négligez pas la réticence de votre chien à prendre un chemin, le recul fasse à un sentier. Un jour en forêt Queeny reculait à l’approche d’un sentier que nous prenons souvent. Je ne comprenais pas son recul et son refus d’avancer. Je la connais obstinée, j’ai donc concédé à rebrousser chemin. Nous avancions lorsqu’un bruit important a attiré notre attention… Des sangliers déboulaient en courant du sentier qu’elle avait refusé de suivre… La même expérience s’est produite quelques années après, dans le même bois mais avec un arbre qui est tombé … Depuis, j’écoute mon chien et je me fis plus souvent à son jugement qu’au mien.
Apprendre à vivre ensemble, c’est donc apprendre à distinguer : Est-ce que mon chien fuit par peur ou par prudence ? Est-ce que mon intuition me protège ou me freine ? Ce travail de clarification intérieure est ce qui transforme une cohabitation en relation.
Instinct et éducation : deux langages qui peuvent dialoguer
On a parfois tendance à opposer instinct et éducation, comme si écouter son ressenti revenait à rejeter toute structure, ou qu’appliquer une méthode signifiait renoncer à sa sensibilité. En réalité, l’un et l’autre peuvent coexister, et même s’enrichir. Une éducation cohérente, respectueuse et adaptable offre un cadre ; l’instinct permet de l’habiter avec souplesse. Il ne s’agit pas de tout improviser, mais de sentir quand une consigne ne fonctionne pas, quand un exercice a besoin d’être ajusté, ou quand il est plus juste de ne rien faire du tout. L’instinct affine l’éducation en l’ancrant dans la relation réelle, ici et maintenant, entre un humain et son chien, pas un chien générique. Et parfois, c’est cette attention intuitive qui permet les plus beaux progrès.
Quelques situations concrètes où l’instinct joue un rôle clé
En balade, vous ressentez une gêne en croisant un autre humain accompagné d’un chien : votre corps se tend. Votre chien aussi ralentit. Vous changez de direction. L’interaction est évitée, sans justification rationnelle. Mais juste.
À la maison, votre chien semble agité sans raison apparente. Vous sentez que “quelque chose cloche”. En creusant, vous découvrez un bruit répétitif que vous n’aviez pas perçu. Il avait capté avant vous.
En situation d’apprentissage, une méthode vous est proposée, mais vous ressentez un malaise à l’idée de l’appliquer. Vous observez votre chien, vous sentez qu’il décroche. Vous changez d’approche. Ce n’était pas pour vous, ni pour lui.
Ces moments ne sont pas anecdotiques. Ils témoignent d’une relation vivante, fine, attentive. Ils montrent que l’instinct est bien plus qu’une réaction : c’est une forme d’intelligence partagée.
Conclusion : Une boussole à deux aiguilles
Faire de l’instinct une boussole, ce n’est pas refuser les repères extérieurs. C’est choisir d’y intégrer sa propre sensibilité, et celle de son chien. C’est avancer ensemble, parfois sans savoir exactement pourquoi, mais en sachant que c’est justement ce qu’il faut faire à l’instant « T ».
Alors, la prochaine fois que vous doutez : observez, écoutez, respirez. Faites confiance à ce que vous ressentez. Et à ce que votre chien vous montre. Deux instincts qui se répondent, c’est déjà une belle direction.

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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE
Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram


