Shiba Inu Rooms : un chien fantôme… et beaucoup plus que ça
Il y a des mangas qui attirent avec un concept un peu original. Et puis il y a ceux qui, derrière cette idée de départ, viennent toucher quelque chose de plus intime. Shiba Inu Rooms fait clairement partie de ceux-là. Parce qu’au fond, on ne lit pas seulement une histoire de colocation avec un chien fantôme. On entre dans un récit sur la solitude, sur le lien, et sur ces présences qui changent doucement la reconstruction.
Un appartement hanté…
Momose Kôri, lycéenne plutôt discrète, cherche un logement. Elle tombe sur une annonce étonnante. Le loyer est bas, presque trop bas. La raison est simple : l’appartement est hanté.
Dit comme ça, on pourrait s’attendre à quelque chose d’angoissant. Pourtant, au Japon, ce type d’histoire est assez courant. Les esprits, ou yūrei, ne sont pas toujours effrayants. Ils peuvent être mélancoliques, attachés à un lieu, parfois même apaisants.
Le lieu hanté devient alors un espace de vie. En l’occurrence, partagé … Pas un endroit à fuir, mais un endroit avec lequel on va vivre une histoire captivante. Et c’est exactement ce que propose ce manga.
Un shiba…
Dans cet appartement vit Muu, un Shiba Inu. Et ce choix n’est pas anodin. Le Shiba est une race très présente au Japon. C’est un chien ancien, profondément ancré dans la culture. On le connaît pour sa fidélité, mais aussi pour son caractère. Il est indépendant, parfois têtu, c’est un chien qui captive.
Du coup, on n’est pas face à un chien “facile” ou purement mignon. Muu a une vraie présence. Il a sa personnalité, ses réactions et son histoire qui teinte sa manière d’entrer en relation… Et c’est précisément ce qui rend la situation intéressante. Deux êtres aux stigmates liés à des vécus respectifs difficiles, se rencontrent … Cela se joue dans la remise en confiance …
Une autrice qui donne le temps au temps
Avec Shiba Inu Rooms, Esu Omori propose une écriture douce, mais jamais creuse. Elle ne cherche pas à impressionner, au contraire, elle laisse les situations exister. Les émotions passent souvent par des silences et, des moments suspendus d’interaction qui permettent aux personnages de « s’apprivoiser ». C’est touchant de voir le lien se construire par des petits rapprochement, sans mots inutiles. On est loin d’un récit qui va vite. Ici, tout repose sur le temps. Sur la manière dont une relation se construit progressivement.
Une édition qui colle parfaitement au ton
Le manga est publié en France chez Doki-Doki. La maison d’édition propose souvent des titres accessibles, centrés sur les émotions et le quotidien.
On retrouve ici cette volonté de raconter des histoires humaines, avec parfois une touche de fantastique. Shiba Inu Rooms s’inscrit parfaitement dans cette ligne. C’est un récit simple en apparence, mais qui laisse une vraie place à la sensibilité, surtout pour les amoureux des chiens.
Une relation qui se construit …
Ce qui fonctionne vraiment dans ce manga, c’est la relation entre Kôri et Muu. Rien n’est immédiat. Il n’y a pas de lien magique, c’est même un début chaotique. Pas de connexion parfaite dès les premières pages. Au contraire, il y a de la distance et de l’incompréhension. Et petit à petit, quelque chose se met en place, la confiance se gagne…. Après tout, normalement on choisit de vivre avec chien, … On ne se retrouve pas colocataire forcée sans remise en question des certitudes, inévitablement, cela bouscule les lignes du quotidien.
Ce rythme lent rend la relation crédible. Il rappelle aussi quelque chose de très concret. Notamment que le lien avec un chien ne s’impose pas. Il se construit, dans le quotidien, de manière progressive.
Ma perception du Manga…
Derrière son côté léger, le manga parle de solitude, de reprendre confiance pour créer du lien. De ces moments où l’on ne sait pas trop où est sa place. La présence de l’autre ne vient pas tout réparer, en tout cas, pas d’un coup ! Mais elle change quelque chose en apportant un équilibre, rien qu’à sa manière d’être là. Et c’est sans doute ce qui rend le récit aussi intéressant.
Derrière le shiba … Prévention en toile de fond !
Si le choix du Shiba Inu dans le manga fait sens culturellement, il fait aussi écho à une réalité bien actuelle. Le shiba est aujourd’hui une race très populaire, y compris en dehors du Japon. Et comme souvent, popularité rime avec dérives.
Derrière l’image du chien “mignon”, indépendant et un peu iconique, il y a aussi une réalité moins visible. Multiplication des élevages peu scrupuleux, reproduction à la chaîne, sélection parfois plus tournée vers l’apparence que vers le bien-être. Cette toile de fond est intéressante à garder en tête. Parce que dans le manga, Muu existe en tant qu’individu…. Il n’est jamais réduit à une image ou à une fonction. Et c’est peut-être là, aussi, que le récit touche juste notre petit coeur de « Dogmom ».
Il rappelle, sans le dire frontalement, qu’un chien n’est pas un objet culturel, ni une tendance. C’est un être vivant à part entière !
Pourquoi ce manga est porteur d’un message ?
Ce n’est pas seulement une histoire de chien. C’est une histoire de présence vivante (même après la mort.. ironique, non?). Une présence qui n’a pas besoin de mots pour justifier d’un lien qui se construit au fil des pages … Et forcément, quand on vit avec un chien, ça parle.









En quelques mots
Shiba Inu Rooms propose une histoire simple en apparence, mais sensible dans ce qu’elle raconte. On y trouve une rencontre improbable, une relation qui prend le temps de se construire, et une réflexion discrète sur ce que la présence d’un chien peut changer.
Mon avis
Je dois avouer que je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant Shiba Inu Rooms. Le concept est original, presque un peu déroutant au premier abord pour quelqu’un de pragmatique comme moi. Entendons, peu encline à s’ancrer dans le fantastique. J’avais peur de tomber sur quelque chose d’assez cliché, en mode vraiment humour. Et finalement… pas du tout.
Très vite, on sent que le manga va plus loin que son idée de départ. Derrière cette cohabitation improbable, il y a quelque chose de plus subtil qui se joue. On touche à la solitude, à certaines blessures, et à la manière dont une présence peut venir redorer un équilibre. Ce qui m’a le plus marquée, c’est la relation entre Kôri et Muu.
Elle ne cherche jamais à être parfaite. Elle démarre même de façon assez froide, un peu maladroite, puis elle évolue. Et c’est justement ce qui la rend crédible. On est loin d’un lien immédiat ou idéalisé.
Côté dessin, j’ai aussi été agréablement surprise. Le style reste sobre, mais efficace. Il y a un vrai travail sur les expressions, notamment celles de Muu. Malgré son statut de “fantôme”, il dégage quelque chose de très présent. On ressent ses réactions, son caractère, surtout ses émotions. Ce qui colle parfaitement à un Shiba.
Concernant les personnages, je me suis assez vite attachée au duo principal. Certains personnages secondaires restent un peu en retrait pour le moment, mais ça ne m’a pas dérangée. On sent que ce premier tome pose surtout les bases.
Juste ce qu’il faut …
Ce que j’ai apprécié aussi, c’est que le manga ne tombe pas dans le “trop mignon”. Il garde une certaine retenue. Et du coup, les moments plus touchants deviennent encore plus réalistes par leur subtilité visuelle.
Au final, Shiba Inu Rooms m’a clairement surprise. Ce n’est pas juste un manga avec un chien. C’est un récit sensible, parfois drôle, parfois plus profond qu’on ne l’imagine au départ. Et forcément, quand on partage son quotidien avec un chien… ça résonne encore un peu plus. Du coup, j’ai vraiment apprécié cette découverte !
Présentation officielle
Il suffit parfois d’un fantôme à quatre pattes pour guérir un coeur brisé… Le manga qui fait fondre le Japon ! Suite à son changement de lycée, Momose Kôri est à la recherche d’un nouveau logement. Elle tombe alors sur une annonce pour un appartement au loyer défiant toute concurrence ! La raison de ce prix attractif ? « Muu », l’esprit canin qui hante les lieux. Kôri, jeune fille solitaire et maladroite, qui a du mal à exprimer ses émotions, parviendra-t-elle à s’entendre avec un toutou aussi particulier ? Rires, réconfort et moments touchants… Ne ratez pas le début de cette cohabitation chaotique et attendrissante !

Esu Oomori, Shiba Inu Rooms Vol. 01 Paru le 1 avril 2026 chez Doki-Doki, 208 pages, vendu 7.95 euros. Pour lire un extrait, rendez-vous sur le site officiel.
Pour information, le volume 2 est attendu le 3 juin 2026…
Lien d’achat : Fnac / Amazon / sur commande chez vos libraires de proximité.
Ce manga m’a été envoyé dans le cadre d’un partenariat produit non rémunéré. Cela n’influence en rien mon avis, qui reste sincère et personnel.

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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE
Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram


