Frustration chez le chiot : accompagner sans céder ni punir fait partie de ces sujets sur lesquels nous aimerions trouver une solution immédiate. Nous voudrions que notre chiot accepte facilement la fin d’un jeu, l’impossibilité de rejoindre un autre chien, l’attente avant d’obtenir quelque chose ou l’interdiction de toucher un objet. Surtout nos objets humains … RIP chaussures…
Nous posons une limite et nous espérons parfois le voir passer immédiatement à autre chose avec la sérénité d’un vieux sage. Seulement, un chiot ne possède pas encore toutes les ressources nécessaires pour gérer ce qu’il ressent. Il peut insister, s’agiter, mordiller, vocaliser ou sembler soudain incapable d’entendre une consigne pourtant connue. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il cherche à contester notre autorité. Il rencontre une émotion qu’il ne sait pas encore traverser facilement.
Depuis l’arrivée de Bowie, je ne cherche donc pas à supprimer toute frustration de son quotidien. Je cherche à lui apprendre à la gérer, à vivre avec elle et à choisir progressivement des réponses qui lui permettent de retrouver son équilibre.
La nuance est essentielle. Protéger un chiot ne consiste pas à faire disparaître tous les refus, toutes les attentes et tous les renoncements. Il rencontrera nécessairement des situations dans lesquelles la réalité ne correspondra pas à son envie. Notre rôle consiste plutôt à lui apprendre que ces moments restent supportables et qu’ils ne doivent pas systématiquement conduire au débordement.
Avant d’aller plus loin, je tiens néanmoins à apporter une précision importante. Je ne suis pas éducatrice canine. Ainsi, je me suis formée pour mes chiens, je me documente énormément et j’actualise mes connaissances pour être et rester cohérente. Je partage ici ce que je vis avec Bowie, les réponses que j’ai choisies et les progrès que j’observe chez lui. Il ne s’agit ni d’une méthode universelle ni d’un protocole destiné à remplacer l’accompagnement d’un professionnel lorsque la situation le nécessite.
Qu’est-ce que la frustration chez le chien ?
Dans son sens général, la frustration correspond à l’état d’un individu empêché d’atteindre un but ou de réaliser un désir. Chez le chien, elle apparaît donc lorsqu’un obstacle bloque l’accès à quelque chose qui possède de la valeur pour lui.
Il peut s’agir d’une ressource, d’un objet, d’une interaction sociale, d’une activité ou d’une exploration. Le chien veut rejoindre un congénère, mais la laisse l’en empêche. Il souhaite poursuivre un jeu qui se termine. Il veut obtenir l’attention de son humain, accéder à un objet ou suivre une odeur, mais la situation ne le permet pas.
Les travaux consacrés à la frustration canine la présentent comme un état émotionnel négatif susceptible de produire une activation importante. Ses manifestations varient selon les individus et les situations. Certains chiens vocalisent, sautent, tirent, grattent ou insistent. D’autres redirigent leur activité vers un objet, un congénère ou leur humain. Cependant, il semble nécessaire de nuancer, négatif ou non… c’est normal ! Nous humains, rencontrons également la frustration, et parfois ne la gérons pas forcément beaucoup mieux que nos chiens … Exemple « faire la gueule« .
Une manifestation isolée ne suffit toutefois pas à identifier avec certitude l’émotion ressentie. Un chiot qui mordille peut être frustré, excité, fatigué ou simplement engagé dans une exploration orale normale pour son âge. Le contexte, le déclencheur, l’intensité et la manière dont il récupère doivent toujours être pris en compte.
La frustration n’est donc ni un caprice ni une faute morale. Elle constitue une réponse émotionnelle à un empêchement.
Pourquoi il ne faut pas supprimer toute frustration
La frustration fait inévitablement partie de la vie du chien. Même dans une maison organisée autour de son bien-être, tout ne peut pas lui être accessible à chaque instant. Un autre chien peut ne pas vouloir jouer (exemple de ma Queen). Une porte peut rester fermée (le coin pipi humain, c’est sacré). Une promenade doit parfois reprendre alors qu’une odeur demeure passionnante (voire, se terminer tout court parce qu’on doit partir bosser pour gagner les croquettes..). Un jeu possède une fin (on ne peut pas lancer le pouic jusqu’à la fin des temps).
Il en va finalement de même dans nos vies humaines. Nous rencontrons des attentes, des refus, des imprévus et des renoncements. Nous ne pouvons pas toujours faire disparaître ce qui nous frustre. Mais, nous apprenons plutôt à le supporter, à le relativiser, à différer certaines envies ou à trouver une autre manière d’avancer.
Un chiot ne relativise évidemment pas une contrariété comme le ferait un humain adulte. En revanche, il peut progressivement apprendre qu’une envie non satisfaite n’est pas une catastrophe. Il peut découvrir qu’il est capable d’attendre, de renoncer, de choisir une autre activité et de poursuivre sa journée.
Supprimer systématiquement chaque frustration ne lui permettrait pas de construire ces compétences. Si le jeu reprend dès qu’il insiste, si l’autre chien doit toujours devenir disponible ou si la limite disparaît au premier mordillement, le chiot n’apprend pas encore ce qu’il pourrait faire autrement.
Cela ne signifie pas qu’il faudrait provoquer volontairement de grandes frustrations pour l’endurcir. La vie quotidienne en fournit déjà suffisamment. L’apprentissage se construit plutôt dans des situations ordinaires, prévisibles et suffisamment modérées pour que le chiot reste capable d’adopter une autre réponse.
Un chien submergé n’apprend pas nécessairement à mieux gérer son émotion. Il peut seulement s’épuiser, augmenter ses comportements ou ne plus parvenir à réfléchir. L’objectif n’est donc ni de supprimer toute frustration ni de la multiplier artificiellement. Il consiste à accompagner les frustrations inévitables dans une intensité que le chiot peut progressivement apprendre à supporter.
Frustration, excitation, détresse et fatigue : ne pas tout confondre
La frustration et l’excitation sont souvent associées, mais elles ne désignent pas exactement la même chose. La frustration apparaît lorsqu’un objectif devient inaccessible. L’excitation correspond à un niveau élevé d’activation. Elle peut être liée à une expérience agréable, comme un jeu, ou à une situation difficile.
Les deux peuvent se renforcer mutuellement. Un chiot déjà très excité supportera souvent moins facilement que le jeu s’arrête. Inversement, une frustration peut faire monter son niveau d’activation jusqu’à le rendre momentanément incapable d’entendre une consigne simple.
La fatigue peut également réduire sa capacité à supporter une contrariété. Un chiot fatigué ne devient pas toujours calme. Il peut mordiller davantage, s’agiter, perdre sa concentration et réagir de manière disproportionnée à une petite limite. Dans ce cas, ajouter une activité ou exiger davantage de contrôle risque d’aggraver la situation.
La détresse demande une vigilance différente. Un chiot qui panique, cherche désespérément à fuir, se met en danger, ne récupère pas ou présente des réactions très intenses ne traverse pas nécessairement une simple frustration éducative.
L’association vétérinaire Zoopsy rappelle qu’un chiot qui ne supporte aucune contrainte et devient immédiatement menaçant peut présenter un trouble du développement nécessitant une consultation. Il ne s’agit pas de pathologiser chaque mordillement, mais de ne pas banaliser une difficulté intense, persistante ou inquiétante.
La gestion de la frustration, une base des autocontrôles
La gestion de la frustration participe à la construction des autocontrôles. Ceux-ci permettent au chien d’interrompre un comportement, de modérer une impulsion, d’attendre ou de choisir une autre réponse.
L’obéissance et l’autocontrôle peuvent se rencontrer, mais ils ne sont pas identiques. Lorsque je dis à Bowie « tu laisses » et qu’il s’éloigne de Queeny, il répond à une indication. Lorsqu’il la voit occupée, conserve spontanément ses distances et se tourne vers son jouet sans que j’intervienne, il exerce davantage ses propres capacités de contrôle.
La gamelle offre un exemple d’attente ritualisée. Au départ, lorsque je préparais le repas de Bowie, je lui demandais de s’asseoir pendant que je déposais sa gamelle au sol. Il devait ensuite attendre mon autorisation avant de commencer à manger.
Cette attente restait courte, fonctionnelle et prévisible. Je ne laissais pas sa gamelle devant lui pendant de longues minutes dans le seul but de tester sa patience. Je lui apprenais simplement qu’il pouvait interrompre son mouvement quelques secondes et que la nourriture resterait accessible même s’il ne se précipitait pas immédiatement.
Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de prononcer la consigne. Lorsque j’arrive avec sa gamelle, Bowie s’assoit spontanément et attend que je la pose.
Je pourrais être tentée d’y voir la preuve d’un autocontrôle devenu parfaitement autonome. Pourtant, cette interprétation mérite d’être nuancée. Bowie a aussi appris une séquence très précise : l’arrivée de la gamelle annonce la position assise, puis l’autorisation de manger. Son comportement est donc en partie associé à ce rituel répété.
Cela ne retire rien à son intérêt. Cette courte attente introduit une pause entre l’apparition de la nourriture et son accès. Bowie ne se précipite pas sur la gamelle pendant que je la dépose et le repas commence dans le calme. En revanche, ce comportement ne suffit pas, à lui seul, à prouver qu’il saurait gérer la même impulsion dans toutes les situations.
Chacun son tour…
Les friandises offrent un autre apprentissage quotidien, notamment lorsque je récompense Queeny et Bowie au même moment. Je ne donne pas systématiquement la première friandise au même chien. Parfois, Bowie la reçoit en premier. Parfois, je commence par Queeny.
Bowie apprend ainsi que voir sa sœur récompensée ne signifie pas que sa propre friandise a disparu. Son tour viendra, mais pas nécessairement avant celui de Queeny. Il peut donc attendre sans se précipiter ni considérer qu’il doit toujours être servi en premier.
L’ordre varie, mais la situation reste fiable. Chacun reçoit sa friandise et chacun doit respecter le temps de l’autre. Cette prévisibilité ne repose pas sur une succession toujours identique. Elle repose sur le fait que la ressource arrivera, même si elle n’arrive pas immédiatement.
Cet exemple rejoint ce qui s’est progressivement installé autour de l’eau. Lorsque Queeny boit, Bowie attend qu’elle ait terminé avant de s’approcher de la gamelle. Lorsqu’il boit, elle patiente à son tour. La ressource est momentanément occupée, mais elle n’est ni perdue ni menacée.
Normaliser l’attente, comme nous avec la prochaine saison d’une série qu’on apprécie…
Ces petites attentes ordinaires participent à un apprentissage important. Bowie découvre qu’il n’a pas besoin de se précipiter pour obtenir quelque chose et que le fait qu’un autre chien passe avant lui ne l’empêche pas d’avoir ensuite accès à la ressource.
Il ne s’agit pas de lui imposer des frustrations permanentes ni de transformer chaque repas et chaque récompense en exercice. Il s’agit de profiter des situations réelles du quotidien pour lui apprendre à attendre quelques secondes, à respecter le tour de Queeny et à différer son propre mouvement.
Ses autocontrôles apparaissent plus clairement lorsqu’il modifie spontanément une action en dehors d’une séquence aussi ritualisée que celle de la gamelle. C’est le cas lorsqu’il bifurque avant d’atteindre Queeny, attend qu’elle ait fini de boire, conserve ses distances pendant qu’elle fait ses besoins ou choisit un jouet au lieu de la mordiller.
La gamelle représente donc un apprentissage utile et acquis. Les autres situations montrent davantage comment Bowie commence à généraliser sa capacité à attendre, à renoncer et à choisir une autre réponse.
Au départ, je lui fournissais le contrôle par mes consignes et mes interventions. Progressivement, certaines de ces réponses deviennent les siennes.
Avant l’autorégulation, la corégulation
Nous parlons souvent de l’autorégulation comme si le chiot devait apprendre seul à gérer ce qu’il ressent. Pourtant, cette capacité se construit progressivement dans une relation et au sein d’un environnement.
Au début, l’humaine fournit au chiot ce qu’il ne possède pas encore complètement : une limite stable, une réponse connue et une possibilité acceptable de sortir de la situation.
C’est dans ce sens pratique que j’utilise ici le terme de corégulation. Je ne ressens pas l’émotion à la place de Bowie et je ne la fais pas disparaître. Je l’aide à traverser un moment qu’il ne sait pas encore gérer seul.
Des recherches récentes ont observé une co-modulation de l’activité et de certains paramètres physiologiques chez des chiens et leurs humains au cours de différentes interactions. Ces travaux ne constituent pas une preuve qu’une technique précise fonctionnerait avec tous les chiots. Ils confortent cependant l’idée que la relation et les caractéristiques de l’humain participent au contexte émotionnel du chien.
Cela ne signifie pas que nous devrions être parfaitement calmes à chaque instant. Nous ne sommes pas des diffuseurs automatiques de sérénité. En revanche, notre ton, nos mouvements, la prévisibilité de nos réactions et l’organisation de l’environnement peuvent aider le chiot à trouver une issue.
Avec Bowie, ma manière de faire s’est progressivement organisée autour d’une séquence simple : interrompre le comportement, maintenir la limite, proposer une réponse acceptable, puis valoriser le retour à un comportement plus calme.
À quoi ressemblait la frustration de Bowie au début ?
Au cours des premières semaines, Bowie ne savait pas encore quoi faire lorsqu’il rencontrait un refus. Cette difficulté ne se manifestait pas uniquement avec Queeny. Elle apparaissait également lorsque je lui interdisais quelque chose.
Après un « non », il pouvait venir me mordiller les pieds ou les mains, émettre de petites vocalises et continuer à insister. Il ne contestait pas une règle après avoir réfléchi à sa légitimité. Il se retrouvait plutôt avec une envie interrompue et une émotion qu’il ne savait pas encore gérer.
Avec Queeny, cette frustration prenait une forme similaire. Au début, il la sollicitait très fréquemment pour jouer, la mordillait et recommençait lorsqu’elle refusait. Pendant la première semaine, il pouvait même la poursuivre autour de la table. Cette insistance était difficile à gérer, autant pour elle que pour moi.
Lorsqu’elle le remettait à sa place, Bowie n’était pas encore capable de prendre simplement acte de son refus. Il pouvait repartir dans une forte d’excitation, revenir immédiatement à la charge ou tenter de la chevaucher.
Dans ce contexte précis, le chevauchement semblait surtout apparaître lorsqu’il ne parvenait plus à gérer son niveau d’excitation et la frustration provoquée par l’arrêt de l’interaction. Je ne l’interprétais ni comme une volonté de dominer Queeny ni comme un comportement sexuel. D’ailleurs, je suis saturée de ces théories sur le chien dominant qu’on dégaine à toutes les difficultés rencontrées…
Bref, Queeny avait pourtant exprimé clairement qu’elle ne souhaitait pas jouer. Je ne voulais donc pas lui laisser la responsabilité de repousser indéfiniment un chiot qui n’arrivait pas encore à s’arrêter.
J’intervenais pour protéger son espace et indiquer à Bowie que la sollicitation devait prendre fin. Le refus de Queeny restait un refus. En revanche, je devais encore lui apprendre ce qu’il pouvait faire ensuite.
Maintenir la limite sans prolonger le conflit
Lorsque Bowie adoptait un comportement interdit, j’intervenais au moment où il se produisait. Je lui adressais un « Stop » ferme ou je lui demandais de laisser Queeny tranquille.
Comme il est très sensible à mon ton et à mes réactions, je n’avais pas besoin de prolonger mon mécontentement. Je ne cherchais pas à lui faire payer ce qu’il venait de faire. La limite concernait un comportement précis, pas sa place auprès de moi.
Lorsqu’il cessait, revenait vers moi ou adoptait une autre réponse, je pouvais le caresser et lui dire : « C’est bien Bowie, c’est un beau comportement. » Je ne félicitais pas le mordillement précédent. En revanche, je valorisais l’arrêt, le retour vers moi et la nouvelle décision.
Je lui proposais ensuite de se poser, de prendre un jouet ou de choisir une autre activité. La frustration n’était pas récompensée par l’obtention de ce qu’il réclamait. La limite demeurait, mais une sortie devenait possible.
« Ton Pouic » : donner une direction à l’excitation
Pour l’aider à trouver une autre réponse, j’avais sélectionné un jouet précis : un petit jouet couineur que nous avons appelé « ton Pouic ».
Lorsque je voyais que Bowie commençait à perdre le contrôle, qu’il allait insister auprès de Queeny ou retourner ses mordillements contre mes pieds et mes mains, je lui disais : « Ton Pouic, ton Pouic. »
Il allait alors chercher lui-même son jouet. Ensuite, il le prenait en gueule, le mastiquait et le faisait couiner de manière répétée. Pendant quelques instants, la maison se remplissait de « pouic, pouic, pouic », mais Bowie ne mordillait plus Queeny et ne s’acharnait plus sur mes chevilles.
Surtout, je le voyais progressivement redescendre. Son activité restait intense au début, mais elle se concentrait sur un objet autorisé. Puis les coups de mâchoire ralentissaient, les couinements s’espaçaient et son agitation diminuait.
Je ne faisais pas disparaître sa frustration en lui donnant ce qu’il réclamait. Queeny restait indisponible et l’interdit que je venais de poser ne changeait pas. Le Pouic lui offrait simplement une manière acceptable de traverser ce moment sans reporter son excitation sur un humain ou sur l’autre chien.
Le choix de ce jouet correspondait à Bowie. Un jouet couineur pourrait entretenir ou augmenter l’excitation d’un autre chien. Chez lui, j’observais une séquence assez nette : il allait le chercher, le mordillait avec intensité, puis retrouvait progressivement un état plus calme.
Le Pouic n’a pas supprimé son émotion. Il lui a donné un endroit où la déposer sans faire peser sa difficulté sur quelqu’un d’autre.
Cinq Pouics pour rendre la bonne réponse accessible
Comme ce petit jouet fonctionnait particulièrement bien avec Bowie, je n’ai pas conservé un unique Pouic qu’il aurait fallu retrouver quelque part dans la maison.
Il s’agit de petits jouets couineurs vendus par trois, que l’on peut notamment glisser dans certains jouets de fouille et que j’avais déjà présentés dans un autre article. Nous en avions trois au départ. Après en avoir perdu un, il en restait deux. J’ai donc repris un lot pour arriver à cinq Pouics.
J’en ai placé un dans chacune des zones où nous passons le plus de temps : la chambre, le bureau, le séjour, la proximité de la cuisine et le couloir.
Ce détail très matériel a eu son importance. Lorsque Bowie commençait à monter en excitation, il n’était pas disponible pour chercher longuement le seul jouet susceptible de l’aider. En laissant toujours un Pouic à proximité, je rendais la réponse proposée facile et immédiatement accessible.
Je lui disais : « Ton Pouic, ton Pouic », et il pouvait presque aussitôt en attraper un. Il le mordillait, le faisait couiner encore et encore, puis son excitation diminuait progressivement.
Au lieu d’attendre de lui une maîtrise qu’il ne possédait pas encore, j’ai donc aménagé la maison pour l’aider à prendre la bonne direction. Le travail ne reposait pas uniquement sur le mot « non ». Il reposait aussi sur la présence d’une solution suffisamment proche pour qu’il puisse la choisir avant de retourner mordiller Queeny, mes mains ou mes pieds.
Pendant quelques semaines, l’apprentissage de la frustration a donc eu une bande-son particulièrement reconnaissable : cinq Pouics, cinq endroits et toujours une solution à portée de gueule.
Observer les étapes intermédiaires plutôt qu’attendre la perfection
Le changement ne s’est pas produit brutalement. Je l’ai vu se construire dans les débordements instinctifs de Bowie.
Pendant quelque temps, il continuait à avancer vers Queeny comme s’il allait de nouveau la mordiller. Puis, au dernier moment, il bifurquait sur le côté. Il lui arrivait également d’effectuer un petit mordillement dans le vide au lieu de poser les dents sur elle. Ensuite, il allait chercher une mastication ou un jouet.
Ces gestes intermédiaires étaient déjà des progrès. Bowie éprouvait encore l’impulsion initiale, mais il commençait à modifier sa réponse avant d’atteindre Queeny. Le comportement ne disparaissait pas encore complètement de son intention, mais il n’allait plus systématiquement jusqu’au bout.
Peu à peu, la bifurcation est devenue plus rapide et le recours au jouet plus spontané. Aujourd’hui, il ne sollicite presque plus Queeny de cette manière. Mieux encore, de lui-même; sans consigne de ma part, il change de trajectoire pour attraper son jouet alors qu’initialement il visait Queeny…
Cela peut encore arriver à l’avenir, parce que l’apprentissage n’est pas terminé et que Bowie reste un chiot. Toutefois, l’épisode ne dure généralement qu’une fraction de seconde. Il amorce parfois un mouvement, puis passe immédiatement à autre chose.
C’est précisément dans cette fraction de seconde que l’autocontrôle devient visible. Bowie n’attend plus toujours mon intervention. Il commence à interrompre lui-même son geste et à choisir une autre réponse.
Quand Queeny peut simplement profiter du jardin
Aujourd’hui, lorsque Queeny et Bowie sont ensemble dans le jardin, il n’est plus systématiquement dans la sollicitation.
Il possède sa balle et ses jouets. Lorsqu’il a envie de jouer, il se dirige désormais vers eux au lieu de reporter automatiquement son besoin d’activité sur elle. Queeny peut donc rester à proximité sans devenir la cible permanente de ses sollicitations. Bowie a appris qu’un refus de sa part ne signifie pas que toute possibilité de jeu disparaît. Il peut répondre autrement à son envie.
Cette évolution apparaît également autour de l’eau. Au départ, lorsque Queeny allait boire, Bowie la suivait et cherchait immédiatement à accéder à la gamelle. Je lui demandais alors d’attendre.
Désormais, lorsqu’elle boit, il patiente et s’approche après elle. La réciproque existe également : lorsque Bowie est en train de boire, Queeny attend à son tour. Cette organisation semble aujourd’hui naturelle entre eux, mais elle s’est construite parce qu’au départ, j’ai donné à Bowie une indication simple et répétée.
Il en a été de même lorsque Queeny faisait ses besoins. Dès qu’elle se mettait en position, Bowie avait tendance à arriver brusquement vers elle. Je lui demandais alors de prendre du recul : « Tu laisses, elle est occupée, tu laisses. » Au début, je devais répéter cette indication et accompagner son éloignement. Aujourd’hui, Queeny peut aller faire ses besoins dans le jardin sans que Bowie se précipite vers elle. Il conserve spontanément une distance respectueuse et je n’ai plus besoin de lui rappeler la règle.
Au départ, je lui fournissais le cadre : attendre, laisser, prendre de la distance ou se tourner vers un jouet. Progressivement, ces réponses sont devenues les siennes.
Le coucher : accepter une différence sans vivre une exclusion
Le coucher a représenté une autre forme de frustration. Queeny a toujours dormi sur mon lit et il n’était pas question de modifier cette habitude à l’arrivée de Bowie. En revanche, j’avais décidé dès le départ qu’il disposerait de son propre espace pour dormir. À côté de moi, au niveau de la tête du lit, nous avions installé un coussin acheté spécialement pour lui, avec une gamelle d’eau et un accès au carrelage lorsqu’il recherchait davantage de fraîcheur. Au pied du lit, il avait également son tapis rafraîchissant.
Je ne voulais pas l’autoriser à monter sur le lit pendant quelques nuits pour le lui interdire ensuite. Une règle autorisée un jour, puis refusée le lendemain, aurait manqué de cohérence et aurait probablement été plus difficile à comprendre. Cette décision était également liée à mes observations et à nos besoins respectifs. Bowie aime naturellement le frais et, pendant la nuit, il alterne entre son coussin, le carrelage et son tapis rafraîchissant. Une fois adulte, il pèsera probablement entre 30 et 40 kilos. S’il montait et descendait régulièrement du lit, ses déplacements et la place qu’il occuperait pourraient réellement altérer la qualité de mon sommeil. Aussi, Queeny est senior, son temps de repos est primordial et doit être qualitatif pour une bonne récupération… Notamment car la journée Bowie prend de la place et remue beaucoup !
Dès sa première nuit, Bowie a donc dormi dans cet espace aménagé tout près de moi, tandis que Queeny conservait sa place habituelle sur le lit. Pour lui, comprendre qu’elle pouvait monter et que lui devait rejoindre son propre couchage n’a pas été simple. Je n’ai pas supprimé la limite, mais je l’ai accompagné pour qu’il parvienne progressivement à l’accepter.
Petit à petit …
Au début, je lui donnais une oreille de lapin sur son coussin. Je m’installais ensuite avec lui sur son couchage, tout en posant mon ordinateur sur le bord du lit pour regarder une série. Pendant qu’il mastiquait son oreille de lapin, je restais à ses côtés. Lorsqu’il commençait à s’endormir, je montais doucement dans mon lit. Son couchage ne représentait donc pas seulement l’endroit où je lui demandais de rester. Il devenait aussi un espace confortable, associé à la mastication, à un câlin avec moi avant de dormir. Bref, un petit rituel sécurisant.
Petit à petit, j’ai réduit le temps passé avec lui sur son coussin. L’oreille de lapin a laissé place à un petit câlin avant le coucher, puis je me suis installée directement dans mon lit pour regarder ma série. La transition s’est faite progressivement, jusqu’à ce que le rituel devienne fluide. Il a fallu plus de deux semaines pour que tout soit réellement bien installé.
Mais …
Cela ne signifie pas que Bowie n’a plus jamais essayé de monter. Même plusieurs semaines plus tard, il lui est arrivé de retenter, comme pour vérifier si la règle était toujours la même. Dans ces moments-là, il fallait simplement rester cohérente : « à ta place, à ton dodo. » Je lui rappelais ainsi qu’il possédait son propre espace, sans colère et sans modifier la limite.
La frustration n’a donc pas été supprimée. Bowie a appris à vivre avec cette limite, grâce à une règle stable, à un accompagnement progressif et à une solution adaptée à son besoin de proximité. Aujourd’hui, je n’ai plus besoin de lui demander de rejoindre son couchage chaque soir. Ce qui nécessitait au départ ma présence, une mastication et des rappels est devenu une habitude qu’il adopte de lui-même. D’ailleurs, il arrive de plus en plus souvent que Bowie parte se coucher, avec Queeny bien avant moi. Chacun à sa place, sans la moindre difficulté. Le rituel du matin, instauré parallèlement, nous a ensuite permis d’introduire une nuance supplémentaire sans remettre en question la règle du coucher.
Le câlin du matin : compenser sans annuler la règle
En parallèle, nous avons progressivement instauré un autre rituel. Lorsque le réveil sonne le matin, Bowie peut venir nous rejoindre sur le lit pendant environ cinq minutes pour un câlin collectif avec Queeny.
Ce moment n’est pas accordé parce qu’il aurait protesté suffisamment longtemps. Il appartient à un autre contexte, clairement identifiable. Pendant la nuit, Bowie dort au sol. Lorsque le réveil sonne, une possibilité différente s’ouvre.
Il a très bien compris cette nuance. Désormais, il pose ses deux pattes avant sur le lit et attend mon autorisation avant de monter. Il ne considère donc plus l’accès au lit comme un droit permanent. Il sait qu’il existe un moment précis durant lequel je peux l’inviter à nous rejoindre.
Ce rituel matinal ne contredit pas la règle du coucher. Il lui donne au contraire davantage de sens. Je n’ai jamais voulu priver Bowie de proximité ni lui signifier qu’il avait moins de place que Queeny dans notre famille. Je souhaitais préserver la qualité de notre sommeil et lui proposer une organisation adaptée à son futur gabarit comme à sa préférence pour les surfaces fraîches.
Bowie n’a pas obtenu le droit de dormir sur le lit. Il a obtenu un rituel de proximité différent, prévisible et compatible avec la limite posée.
Aujourd’hui, il n’existe plus de conflit autour du lit. Bowie sait où il dort, quand il peut monter et comment demander mon autorisation. La frustration initiale n’a pas été effacée en lui donnant tout ce qu’il réclamait. Elle a été transformée en une règle avec laquelle il sait vivre.
Le temps de récupération comme indicateur de progrès
Nous évaluons souvent la réussite à l’absence totale de réaction. Le chiot accepte ou n’accepte pas. Il obéit ou n’obéit pas. Pourtant, cette lecture binaire efface une grande partie des progrès.
Pour Bowie, je regarde de plus en plus le temps nécessaire pour récupérer. Réagit-il avec la même intensité qu’auparavant ? Revient-il plus rapidement vers moi ? Peut-il entendre une indication ? Parvient-il à choisir une autre activité ? Recommence-t-il immédiatement ou réussit-il à passer à autre chose ?
Au début, un refus pouvait entraîner une longue séquence de mordillements, de poursuites et d’excitation. Aujourd’hui, la frustration peut encore apparaître, mais elle ne l’emporte plus durablement.
Le progrès n’est donc pas l’absence absolue d’émotion. Il se trouve dans cette fraction de seconde après laquelle Bowie reprend le cours de son activité.
Le temps de récupération ne constitue évidemment pas un chiffre universel. Une même situation peut être plus difficile selon la fatigue, l’environnement ou les stimulations de la journée. Il reste néanmoins un indicateur plus fin que l’exigence d’une réussite immédiate.
Ne pas provoquer de grandes frustrations pour l’endurcir
Puisque la tolérance à la frustration s’apprend, nous pourrions être tentées de multiplier volontairement les refus, de faire attendre le chiot longtemps ou de maintenir une situation difficile jusqu’à ce qu’il se résigne. Ce n’est pas ce que je souhaite faire avec Bowie.
Les professionnels de l’éducation canine ne présentent d’ailleurs pas tous cet apprentissage de la même manière. Certains proposent des exercices spécifiques autour de la gamelle, du jouet ou du « pas toucher ». D’autres insistent davantage sur la satisfaction préalable des besoins, la sécurité émotionnelle, les routines et les petites frustrations naturellement présentes dans le quotidien.
Ces approches rappellent au moins une distinction importante. Une attente courte, compréhensible et adaptée au chien n’est pas la même chose qu’une frustration intense ou prolongée imposée dans le seul but de tester son contrôle.
Lorsque Bowie s’assoit devant sa gamelle, l’attente dure quelques secondes et possède une fonction concrète. Aussi, lorsque Queeny refuse de jouer, je ne provoque pas la situation : j’accompagne une limite sociale qui existe réellement. Lorsque le lit lui reste interdit, je maintiens une décision nécessaire à notre organisation, tout en lui proposant ses propres espaces de repos et le rituel du matin.
Je ne cherche pas à accumuler les contrariétés pour le rendre plus solide. Je l’aide à construire des réponses aux frustrations que notre vie commune rend inévitables. Pour moi, le quotidien, voire, le monde extérieur, est déjà un bel espace pour explorer les frustrations en bossant avec son chien, pas besoin d’en inventer systématiquement … Car, selon moi, cela risque d’altérer le lien, si on se positionne constamment en position de « celle qui fait c**** en mode tortionnaire « …
Accompagner sans céder ni punir
Accompagner la frustration ne signifie pas supprimer la limite dès que le chiot manifeste son mécontentement. Cela ne signifie pas non plus punir l’émotion ou chercher à faire taire tous ses signaux.
Avec Bowie, j’ai maintenu les règles qui avaient une véritable raison d’exister. Queeny n’était pas obligée de jouer. Le lit restait interdit pendant la nuit. Les mordillements sur les humains ou sur sa sœur étaient interrompus.
En parallèle, je lui ai proposé des réponses accessibles : son Pouic, une mastication, un jouet, son couchage, une prise de distance ou un retour vers moi. Cette manière de faire n’a pas produit un chiot qui ne ressent plus aucune frustration. Elle lui a progressivement donné plusieurs façons de la traverser.
Lorsqu’une réaction devient très intense, inquiétante, persistante ou impossible à interrompre sans escalade, la situation dépasse toutefois le cadre d’un simple retour d’expérience. Un vétérinaire peut rechercher une douleur, un trouble du développement ou une autre cause susceptible de diminuer les capacités de contrôle du chien. Un professionnel qualifié peut également observer la situation dans son contexte et proposer un accompagnement individualisé. C’est d’ailleurs ce que je vous recommande, si vous rencontrez une réelle difficulté … adressez-vous à un éducateur voire, un comportementaliste pour vous faire épauler dans la mise en place de solutions adaptées. Un travail est à mener et vous êtes en droit de vous faire aider.
Et à l’extérieur ?
La frustration peut également se manifester à l’extérieur lorsque le chiot ne peut pas rejoindre un chien, poursuivre quelque chose en mouvement, choisir sa direction ou accéder à une activité qui l’attire. Avec Bowie, je rencontre pourtant très peu cette difficulté. Il reste calme lorsque nous croisons des chiens, des promeneurs ou d’autres sources de stimulation.
Au départ, il avait néanmoins tendance à vouloir bondir en direction des joggeurs et des vélos. Je ne peux pas affirmer qu’il s’agissait véritablement de frustration liée à mon interdiction de le faire. Son comportement pouvait tout aussi bien être lié à l’excitation ou à l’envie de poursuivre ce qui passait rapidement devant lui. J’ai donc travaillé en utilisant la distance. Lorsque je voyais arriver un joggeur ou un vélo, nous nous écartions largement du sentier. Je demandais à Bowie de s’asseoir et je récompensais son calme. Progressivement, nous avons réduit cette distance. Aujourd’hui, les joggeurs et les vélos ne déclenchent pratiquement plus aucune réaction chez lui.
Notre bête noire…
La plage reste la seule situation extérieure dans laquelle je perçois encore une véritable difficulté à accepter une limite. Chez nous, la règle est claire : lorsque les chiens sont attachés, ils ne jouent pas ensemble. Bowie l’a intégrée dans la rue, en forêt et sur les chemins de campagne. Sur la plage, le grand espace ouvert semble rendre cette règle plus difficile à respecter. Pendant les premières minutes, il peut essayer de solliciter Queeny et j’ai besoin de lui rappeler plusieurs fois que l’on ne joue pas en laisse. Toutefois, il ne produit pas une réaction démesurée. Après environ cinq minutes, il finit généralement par renoncer et poursuit sa promenade normalement.
Il n’est pas toujours possible de les détacher pour les laisser jouer. Parfois je vois que Queeny n’a pas envie, à d’autres moments, nous sommes en période touristiques, il y a déjà trop de monde. Deux chiens qui jouent (surtout Bowie) ne prêtent pas toujours attention aux passants et risquent de bousculer quelqu’un. Comme l’accès à la plage est autorisé mais uniquement « tenu en laisse », soyons clairs, j’évite les problèmes … Il n’est pas encore suffisamment éduqué.
Cet exemple est justement révélateur de sa progression. L’objectif n’est pas qu’il ne ressente jamais l’envie de jouer avec Queeny, ni qu’il accepte immédiatement chaque limite. Il doit encore être accompagné dans cette situation particulière, mais il parvient déjà à retrouver son équilibre. Ici encore, le progrès ne réside pas dans l’absence totale de frustration, mais dans sa capacité croissante à la traverser puis à passer à autre chose.
Apprendre à vivre avec la frustration
À cinq mois, Bowie est seulement au début de cet apprentissage. Je ne lui demande pas de ne plus éprouver de frustration ni de toujours accepter une limite sans réaction.
J’essaie de lui apprendre qu’une contrariété peut être traversée et qu’il possède déjà plusieurs moyens d’y répondre. Il peut revenir vers moi, choisir son Pouic, prendre une mastication, se diriger vers sa balle, attendre quelques secondes ou simplement laisser passer ce qu’il ressent.
Pour l’instant, je l’accompagne encore dans certaines transitions. Je lui fournis le cadre, les repères et les solutions qu’il ne trouve pas toujours seul. Dans d’autres situations, je peux déjà observer que mes consignes sont devenues ses propres décisions.
La réussite ne réside donc pas dans la disparition de la frustration. Elle apparaît lorsque Bowie supporte mieux la limite, récupère plus rapidement et peut reprendre le cours de sa journée sans rester prisonnier de ce qu’il n’a pas obtenu.
Nous ne préparons pas nos chiots à une existence dans laquelle tout leur sera toujours accordé. Nous les préparons à vivre dans un monde fait d’attentes, d’imprévus, d’envies différées et de portes qui resteront parfois fermées, surtout celle du WC…
Accompagner la frustration, ce n’est ni céder pour faire cesser la réaction ni punir le chiot parce qu’il éprouve une émotion désagréable. C’est lui apprendre, progressivement, qu’il peut vivre avec cette émotion, la traverser et retrouver son équilibre sans que la limite disparaisse.
La frustration fera toujours partie de la vie de Bowie. Ce qui change déjà, c’est la manière dont il y répond.
Sources et lectures complémentaires
Larousse, définition de la frustration. Une définition générale de la frustration comme état d’un individu empêché d’atteindre un but ou de réaliser un désir.
Association Zoopsy, « Les mordillements du chiot ». Une fiche vétérinaire sur les mordillements, les autocontrôles, l’excitation et la réorientation immédiate vers un objet autorisé.
Association Zoopsy, « Mon chiot ne supporte aucune contrainte ou frustration ». Un rappel concernant les manifestations sévères qui nécessitent un avis vétérinaire comportemental.
École du Beagle, « Comment apprendre à son chien à gérer la frustration ? ». Une approche française insistant sur la satisfaction des besoins, les routines, la progressivité et les limites des exercices de frustration artificielle.
Esprit Dog, « Gérer la frustration de votre chien, c’est possible ». Une approche française fondée notamment sur des exercices courts autour de la gamelle, du jouet et du « pas toucher ».
McPeake, Collins, Zulch et Mills, « Behavioural and Physiological Correlates of the Canine Frustration Questionnaire », 2021. Une publication scientifique consacrée aux manifestations comportementales et physiologiques associées aux tendances à la frustration chez le chien.
Koskela et al., « Behavioral and emotional co-modulation during dog-owner interaction », 2024. Une publication scientifique sur la co-modulation comportementale et physiologique au sein de binômes humain-chien.
École nationale vétérinaire de Toulouse, consultation de comportement et d’éducation. Une ressource présentant le rôle d’une consultation vétérinaire comportementale lorsque les manifestations dépassent les difficultés éducatives ordinaires.

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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE
Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram


