Bouquine autour du DOG

L’abécédaire du Dog : Lettre E

L’abécédaire du Dog : Lettre E ? Bienvenue dans ce cinquième volet de notre abécédaire du Dog ! Chaque mois, on plonge dans une lettre de l’alphabet, avec des mots qui parlent à toutes les dogmoms et dogdads, du plus sérieux au plus décalé. Prête pour la lettre E ? Allez, c’est parti !

Émotions, Équilibre et Engagement : le socle invisible du lien

Chaque mois, une lettre. Chaque mot, une clé pour mieux comprendre ce que vivre avec un chien signifie, vraiment. Avec la lettre E, on entre dans le territoire de l’invisible : celui des émotions, de l’environnement, de l’équilibre et de l’engagement. Tout ce qui ne se voit pas toujours, mais qui soutient profondément la relation.

Ces mots parlent de ce qui circule sous la surface : l’énergie qui déborde, l’ennui qui s’installe, l’excitation qui masque parfois un trop-plein, l’écoute qui précède les comportements, l’empathie qui transforme le regard. Ils rappellent que le quotidien avec un chien n’est jamais figé, mais fait d’ajustements constants, de rythmes à respecter, de limites à poser avec justesse.

Le E du Dog, c’est celui de l’engagement conscient : celui de rester présent quand c’est simple, mais aussi quand c’est plus fragile. C’est accepter que l’équilibre se construise dans le temps, que l’éducation passe par l’émotion, et que comprendre son chien commence souvent par apprendre à se comprendre soi-même.

EDUCATION

Éducation (nom féminin) : Action de développer les facultés physiques, intellectuelles et morales d’un être vivant, en vue de son intégration dans la société. Elle implique un apprentissage progressif, une transmission de repères, de valeurs et de règles, dans un cadre donné.

L’éducation dans le quotidien du chien ?

Lorsqu’on parle d’éducation canine, le mot se rétrécit souvent. Il devient une liste d’ordres : assis, couché, pas bouger, au pied. Comme si éduquer un chien consistait uniquement à le rendre fonctionnel, pratique, discret. Or, pour le chien, l’éducation n’est pas un dressage mécanique. C’est avant tout une manière d’apprendre à vivre avec nous, dans un monde qui n’est pas pensé pour lui.

Éduquer un chien, ce n’est pas le contrôler. C’est lui transmettre des repères pour qu’il puisse : comprendre ce que l’on attend de lui, anticiper certaines situations, se sentir en sécurité dans la relation.

L’éducation commence bien avant le premier “assis”. Elle se niche dans le ton de la voix, la cohérence des réactions, la répétition des routines, la patience accordée aux erreurs. Elle s’inscrit dans le quotidien, pas dans la performance.

Éducation ≠ domination

Pendant longtemps, l’éducation canine a été pensée à travers un prisme hiérarchique : l’humain dominant, le chien soumis. Les avancées en éthologie et en psychologie animale ont largement remis en question ce modèle. Le chien n’apprend pas mieux par la peur ou la contrainte, mais par : la compréhension, la prévisibilité, la sécurité émotionnelle. Un chien qui comprend le cadre n’est pas un chien “cassé”. C’est un chien rassuré.

L’éducation efficace repose sur un équilibre subtil : un cadre clair (des règles constantes), une relation sécurisante, une lecture fine des émotions (stress, excitation, frustration). Ce n’est pas l’absence de règles qui rend un chien heureux, mais la cohérence de celles-ci.

Le chien “désobéissant”

Combien de chiens sont qualifiés de têtus ou désobéissants… alors qu’ils sont simplement perdus ? Un chien qui n’obéit pas ne remet pas en cause l’autorité humaine. Il exprime souvent : une incompréhension, une surcharge émotionnelle, ou un apprentissage mal généralisé. Et si l’éducation était moins une question d’obéissance, et davantage une conversation qui se construit dans le temps ?

Émotion

Émotion (nom féminin) : Réaction affective intense et brève, provoquée par un stimulus interne ou externe, et accompagnée de manifestations physiques et psychiques. Les émotions influencent la perception, les comportements et les décisions.

L’émotion dans le quotidien du chien

Longtemps, on a refusé aux chiens le droit à l’émotion. Par peur de l’anthropomorphisme, on les a décrits comme des êtres instinctifs, réactifs, presque mécaniques. Pourtant, le chien ressent. Il ressent la joie, la peur, la frustration, l’excitation, l’apaisement. Pas comme un humain, certes. Mais suffisamment pour que ses émotions façonnent profondément son comportement.

Un chien ne “fait pas une bêtise”. Il exprime souvent une émotion qu’il ne sait pas encore réguler. Dans le quotidien, cela se traduit par : un chien qui tire parce qu’il est débordé par ce qu’il perçoit, un chien qui saute parce qu’il déborde de joie, un chien qui fuit parce qu’il a peur, un chien qui détruit parce qu’il n’a pas appris à gérer l’absence.

Comprendre l’émotion, c’est déplacer le regard : on ne cherche plus à corriger un comportement, mais à entendre ce qu’il raconte.

Intelligence émotionnelle et régulation

Les recherches en éthologie cognitive montrent que le chien est capable de : reconnaître certaines émotions humaines, associer des contextes à des états émotionnels, ajuster son comportement en fonction de ce qu’il ressent.

Cependant, contrairement à l’adulte humain, le chien ne régule pas seul ses émotions. Il apprend cette régulation au contact de son environnement, et surtout de son humain. Un humain stressé, incohérent ou imprévisible devient un repère émotionnel instable.
À l’inverse, un humain calme, lisible et patient agit comme un régulateur externe. C’est là que l’éducation rejoint l’émotion : on n’apprend pas à un chien à se calmer en lui demandant de se calmer, mais en lui montrant comment faire.

Le saviez-vous ?

Les émotions fortes (peur, excitation, stress) freinent les capacités d’apprentissage. Un chien trop ému n’est pas un chien “têtu” : c’est un chien dont le cerveau est momentanément indisponible pour apprendre. Avant de demander un comportement, il est souvent nécessaire de redescendre émotionnellement.

Environnement

Environnement (nom masculin) : Ensemble des éléments naturels, matériels, sociaux et culturels qui entourent un être vivant et influencent son développement, son comportement et son bien-être.

L’environnement dans le quotidien du chien

Pour un chien, l’environnement n’est jamais neutre. Il ne se limite pas au lieu de vie ou au décor dans lequel il évolue : il est vivant, sensoriel, changeant. L’environnement du chien, c’est : l’espace dans lequel il se déplace (maison, jardin, ville, campagne), les sons, les odeurs, les mouvements, les humains qu’il croise, les routines… ou leur absence.

Un même chien ne se comporte pas de la même façon selon son environnement. Non pas parce qu’il “teste” ou “manipule”, mais parce que chaque contexte sollicite son système nerveux différemment. Un appartement bruyant, une rue passante, un parc bondé, un intérieur trop pauvre en stimulations… tout cela façonne ses réactions, parfois à bas bruit, parfois de manière explosive.

Adaptation vs surcharge

Le chien possède une grande capacité d’adaptation. Mais adaptation ne signifie pas tolérance infinie. D’un point de vue éthologique, chaque individu a un seuil de tolérance sensorielle : certains environnements stimulent et sécurisent, d’autres surchargent et désorganisent.

Une surcharge environnementale peut se manifester par : de l’agitation, des difficultés de concentration, de l’irritabilité, ou au contraire un repli. À l’inverse, un environnement trop pauvre peut générer : de l’ennui, de la frustration, une recherche excessive de stimulations. Le comportement du chien est donc souvent une réponse logique à son environnement,
et non un problème isolé.

“Il est parfait dehors, ingérable à la maison”

Cette phrase revient souvent. Et pourtant, elle dit beaucoup. À l’extérieur, l’environnement est riche, lisible, stimulant. À l’intérieur, il devient parfois : trop restreint, trop silencieux, ou paradoxalement trop imprévisible (bruit, agitation humaine).

Le chien ne “change pas de personnalité”. Il s’ajuste à ce qu’on lui propose. L’environnement est le socle discret de : l’éducation, la régulation émotionnelle, l’équilibre global du chien.

Le mot suivant s’impose presque naturellement, du moins, pour moi : ÉQUILIBRE. Celui qui naît lorsque émotions, environnement et relation s’accordent.

Équilibre

Équilibre (nom masculin) : État de stabilité résultant de la juste répartition des forces opposées ou complémentaires. Il désigne une situation harmonieuse, ni excessive ni déficitaire, permettant le bon fonctionnement d’un système.

L’équilibre dans le quotidien du chien

On parle souvent de chien équilibré comme d’un idéal un peu flou. Un chien calme, sociable, obéissant, sûr de lui. Presque une image figée. Mais l’équilibre du chien n’est pas un état permanent. C’est un ajustement constant, influencé par : son âge, son tempérament, son environnement, la relation qu’il entretient avec son humain.

Un chien équilibré n’est pas un chien sans émotions, c’est un chien qui peut les traverser sans se perdre. Il peut être excité, frustré, inquiet… mais il retrouve un point de stabilité parce que quelque chose ou quelqu’un fait repère.

Équilibre émotionnel et sécurité affective

D’un point de vue psycho-émotionnel, l’équilibre repose sur la sécurité. Chez le chien, cette sécurité est majoritairement relationnelle. Un cadre clair, une routine lisible, des réactions humaines prévisibles permettent au chien de ne pas rester bloqué dans des états émotionnels extrêmes. L’équilibre n’est donc pas inné. Il se construit, s’entretient, parfois se fragilise, parfois se répare. Certains chiens auront besoin de plus de temps, d’accompagnement, de douceur.
Cela ne les rend ni “difficiles” ni “mal faits”.

Le saviez-vous ?

Un déséquilibre ponctuel (changement de rythme, déménagement, absence, fatigue) peut suffire à faire émerger des comportements inhabituels. Avant de parler de “régression” ou de “problème”, il est souvent utile de se demander : qu’est-ce qui a bougé dans l’équilibre global du chien ?

Exploration

Exploration (nom féminin) : Action de parcourir un espace inconnu ou partiellement connu afin de l’observer, de le découvrir et d’en recueillir des informations. Elle implique curiosité, initiative et interaction avec l’environnement.

L’exploration dans le quotidien du chien

Pour le chien, explorer n’est pas un loisir secondaire. C’est un besoin primaire. Explorer, ce n’est pas seulement marcher. C’est sentir, s’arrêter, analyser, choisir un chemin, revenir en arrière, comparer des odeurs, lire les traces laissées par les autres. Là où l’humain voit une promenade,
le chien vit une expérience cognitive complète. Réduire l’exploration à un trajet rapide, en laisse courte, sans pauses, c’est priver le chien d’une part essentielle de son rapport au monde.

Un chien qui explore : s’apaise mentalement, développe sa confiance, dépense une énergie autrement que par l’agitation, nourrit sa curiosité naturelle.

Cognition, odorat et autonomie

Le chien perçoit le monde majoritairement par l’odorat. Explorer, pour lui, c’est lire son environnement.

D’un point de vue éthologique, l’exploration libre (ou semi-libre) permet : une stimulation cognitive intense, un sentiment de contrôle sur l’environnement, une meilleure régulation émotionnelle.

À l’inverse, un chien constamment empêché d’explorer peut développer : de la frustration, une hypervigilance, ou une excitation mal canalisée. L’exploration favorise aussi l’autonomie émotionnelle : le chien apprend à gérer ses découvertes sans être constamment guidé ou contraint.

“Il renifle tout, il n’avance pas”

Cette remarque, fréquente, dit beaucoup de notre décalage de rythme. Pour le chien, renifler, c’est avancer. C’est collecter des informations, se situer, se rassurer. Parfois, une balade courte mais riche en exploration fatigue davantage (et apaise mieux) qu’un long trajet imposé sans liberté. L’exploration est intimement liée : à l’environnement, à l’équilibre, et à la qualité des sorties quotidiennes.

Ennui

Ennui (nom masculin) : État affectif caractérisé par un sentiment de vide, de lassitude ou de manque d’intérêt, résultant d’une absence ou d’une insuffisance de stimulation, de sens ou d’activité.

L’ennui dans le quotidien du chien

L’ennui chez le chien est rarement reconnu pour ce qu’il est. On le confond avec de la bêtise, de la provocation, parfois même de la “méchanceté”. Un chien qui s’ennuie ne fait pas des dégâts par plaisir. Il cherche à combler un vide.

L’ennui peut naître : d’un manque de stimulations mentales, de journées trop longues et trop vides, de sorties répétitives et pauvres, ou d’interactions humaines réduites à l’essentiel fonctionnel.

Contrairement à ce que l’on croit, un chien peut s’ennuyer même s’il sort, même s’il joue, même s’il est aimé. Ce n’est pas la quantité qui manque, mais parfois la qualité de présence et de sens.

Ennui, frustration et comportements dérivatifs

D’un point de vue psycho-comportemental, l’ennui prolongé peut générer de la frustration.
Et cette frustration cherche toujours une issue. Chez le chien, cela peut prendre la forme de : destructions ciblées, aboiements excessifs, agitation chronique, comportements répétitifs ou stéréotypés.

Ces comportements ne sont pas des problèmes en soi. Ils sont des stratégies de compensation. L’ennui n’est pas toujours lié à l’inactivité physique. Un chien très dépensé physiquement mais peu stimulé mentalement peut rester profondément insatisfait.

Le saviez-vous ?

L’ennui chronique peut être épuisant émotionnellement pour le chien. Il ne se manifeste pas toujours par de l’excitation : certains chiens s’éteignent, dorment excessivement, semblent “absents”. Un chien calme n’est pas toujours un chien apaisé.

Énergie

Énergie (nom féminin) : Capacité d’un organisme ou d’un système à produire une activité, un mouvement ou un travail. Elle désigne à la fois une force potentielle et la manière dont elle s’exprime.

L’énergie dans le quotidien du chien

Quand on parle d’énergie chez le chien, le raccourci est fréquent : chien énergique = chien qui bouge beaucoup, qui court, qui a besoin de se dépenser. Mais l’énergie ne se résume pas à une agitation visible. Elle est multiple : physique, mentale, émotionnelle.

Un chien peut avoir beaucoup d’énergie mentale et peu d’énergie physique. Un autre peut être explosif émotionnellement mais vite épuisé corporellement. Dire d’un chien qu’il “a trop d’énergie” revient souvent à dire : son énergie ne trouve pas le bon canal.

Dépense, canalisation et surcharge

Multiplier les activités physiques pour “fatiguer” un chien très énergique est une erreur fréquente. Le corps s’adapte vite. Le système nerveux, beaucoup moins. Un chien constamment sursollicité physiquement peut devenir : plus endurant, mais aussi plus excité, moins capable de se poser.

À l’inverse, une énergie bien canalisée passe par : des phases d’exploration libre, des stimulations cognitives, des temps calmes réellement appris (et non imposés). L’objectif n’est pas d’épuiser le chien, mais de l’aider à utiliser son énergie de façon ajustée.

“Il ne s’arrête jamais”

Cette phrase cache souvent une attente très humaine : celle d’un chien qui s’autorégule seul. Or, la capacité à se poser n’est pas innée chez tous les chiens. Elle s’apprend, se guide, se sécurise. Un chien très énergique n’est pas un chien “ingérable ». C’est souvent un chien qui n’a pas encore appris quand et comment ralentir.

Écoute

Écoute (nom féminin) : Action de prêter une attention volontaire à ce qui est perçu par l’ouïe, ou plus largement, attitude consistant à se rendre attentif à autrui afin de comprendre un message, explicite ou implicite.

L’écoute dans le quotidien du chien

On parle souvent de chien qui “n’écoute pas”. Mais on interroge plus rarement notre propre capacité à écouter Le chien communique en permanence. Pas avec des mots, mais avec : son corps, ses postures, ses regards, ses déplacements, ses silences aussi.

L’écoute, dans la relation avec le chien, ne se limite pas à l’obéissance aux ordres. Elle commence par la lecture de ses signaux. Un chien qui détourne le regard, ralentit, s’immobilise ou s’agite est en train de dire quelque chose. Encore faut-il être disponible pour l’entendre.

Communication canine et signaux faibles

En éthologie, on parle souvent de signaux d’apaisement ou de signaux de stress. Ce sont des micro-comportements destinés à éviter le conflit ou à exprimer un inconfort. Bâillements, léchages de truffe, détournements de tête, figement… ces signaux sont facilement ignorés parce qu’ils sont discrets. Ne pas les écouter, ce n’est pas une faute morale. C’est souvent un manque d’information. Mais lorsqu’un chien n’est pas entendu dans ses signaux faibles, il finit parfois par parler plus fort.

Le saviez-vous ?

Un chien qui “n’écoute plus” est souvent un chien : trop stimulé, trop stressé, ou émotionnellement saturé. L’écoute est donc réciproque : avant d’exiger de l’attention, il faut parfois en offrir.

Empathie

Empathie (nom féminin) : Capacité à percevoir, comprendre et ressentir les émotions ou les états d’un autre être, sans les confondre avec les siens. Elle implique une attention sincère portée à l’autre et à son vécu.

L’empathie dans le quotidien du chien

On parle souvent de l’empathie du chien envers l’humain. De sa capacité à ressentir nos émotions, à nous consoler, à nous suivre dans nos états d’âme. Mais on parle beaucoup moins de l’empathie de l’humain envers son chien. Faire preuve d’empathie envers son chien, ce n’est pas tout excuser. Ce n’est pas projeter sur lui nos émotions ou nos attentes. C’est accepter de se décaler un instant pour tenter de comprendre : ce qu’il vit, ce qu’il perçoit, ce qui le met en difficulté ou le rassure. L’empathie transforme profondément la relation. Elle fait passer l’humain de la réaction à l’observation, du jugement à la compréhension.

Empathie, anthropomorphisme et justesse

Faire preuve d’empathie ne signifie pas humaniser excessivement le chien. C’est même souvent l’inverse. L’anthropomorphisme consiste à prêter au chien des intentions ou des raisonnements humains. L’empathie, elle, cherche à comprendre le chien dans son fonctionnement propre.

D’un point de vue psycho-émotionnel, l’empathie humaine agit comme un filtre : elle apaise les réactions impulsives, elle favorise des réponses plus cohérentes, elle sécurise le chien, qui évolue alors dans un cadre plus lisible. Un chien compris est souvent un chien qui a moins besoin de “crier” par ses comportements.

“Il fait ça exprès”

Cette phrase marque souvent un point de rupture. Attribuer une intention malveillante au chien coupe toute possibilité d’empathie. Et avec elle, toute possibilité d’évolution. La plupart du temps, le chien ne fait rien “exprès”. Il fait comme il peut, avec ce qu’il comprend, ce qu’il ressent et ce qu’il a appris. Changer de regard ne règle pas tout immédiatement, mais cela change déjà profondément la qualité de la relation.

Excitation

Excitation (nom féminin) : État d’activation accrue du système nerveux, provoqué par un stimulus interne ou externe, et se traduisant par une augmentation de l’agitation, de la réactivité ou de l’intensité émotionnelle.

L’excitation dans le quotidien du chien

L’excitation est souvent perçue comme quelque chose de positif. Un chien excité serait un chien joyeux, dynamique, “plein de vie”. En réalité, l’excitation est un état, pas une émotion en soi. Elle peut accompagner la joie… mais aussi le stress, la frustration, l’anticipation excessive ou l’insécurité. Un chien excité n’est pas forcément heureux. Il est avant tout débordé.

Cela peut se manifester par : des sauts répétés, des aboiements incontrôlés, une incapacité à se poser, une écoute quasi inexistante, une montée rapide en pression.

Activation, seuil et perte de contrôle

D’un point de vue neuro-émotionnel, l’excitation correspond à une hyperactivation. Lorsque ce seuil est dépassé, certaines capacités diminuent fortement : concentration, inhibition, apprentissage, auto-contrôle. C’est pour cela qu’un chien très excité “n’écoute plus”. Non par refus, mais parce que son cerveau est momentanément saturé. L’excitation répétée, non accompagnée, peut devenir un mode de fonctionnement habituel. Le chien apprend alors à vivre en permanence au-dessus de son seuil de confort.

Le saviez-vous ?

L’excitation chronique fatigue profondément le chien, même s’il semble infatigable. Elle épuise le système nerveux et rend le retour au calme de plus en plus difficile. Apprendre à un chien à se poser ne consiste pas à le contraindre à l’immobilité, mais à préserver des montées émotionnelles trop fréquentes.

Encadrement

Encadrement (nom masculin) : Action de guider, structurer et accompagner un individu dans un cadre défini, afin de lui permettre d’évoluer, d’apprendre et de s’intégrer de manière sécurisée.

L’encadrement dans le quotidien du chien

Le mot encadrement fait parfois peur. Il évoque la contrainte, la rigidité, voire l’autoritarisme. Pourtant, un chien sans encadrement n’est pas un chien libre. C’est souvent un chien livré à lui-même, contraint de décider sans repères clairs. Encadrer un chien, ce n’est pas le contrôler en permanence. C’est lui offrir : des règles constantes, des limites compréhensibles, une prévisibilité rassurante. Un cadre bien posé permet au chien de se relâcher. Il n’a plus à tester, anticiper, ou gérer seul ce qui le dépasse.

Cadre sécurisant et attachement

En psychologie, le cadre est une condition de la sécurité affective. Chez le chien, c’est exactement la même chose. Un encadrement cohérent : réduit l’anxiété, facilite l’apprentissage, favorise l’autonomie émotionnelle.

À l’inverse, un cadre flou ou changeant crée de l’insécurité. Le chien peut alors devenir : hypervigilant, excessivement excité, ou au contraire passif et inhibé. L’encadrement n’empêche pas la liberté. Il en est le socle.

“Il fait ce qu’il veut”

Cette phrase est parfois prononcée avec fierté. Mais elle cache souvent une réalité plus nuancée. Un chien qui “fait ce qu’il veut” n’a pas forcément choisi cette place. Il l’a parfois prise faute de repères. Redonner un cadre n’est pas une régression. C’est souvent un soulagement, pour le chien comme pour l’humain.

Endurance

Endurance (nom féminin) : Capacité à résister à la fatigue, à l’effort ou à une contrainte sur une durée prolongée, qu’elle soit physique ou mentale.

L’endurance dans le quotidien du chien

On attribue souvent au chien une endurance presque illimitée. Parce qu’il court, parce qu’il suit, parce qu’il “tient”. Mais le fait qu’un chien continue n’est pas toujours un signe de capacité. C’est parfois un signe d’adaptation forcée. L’endurance du chien ne concerne pas uniquement son corps. Elle est aussi : mentale, émotionnelle, relationnelle. Un chien peut supporter longtemps une situation inconfortable… sans pour autant aller bien.

Résilience, tolérance et signaux d’usure

D’un point de vue éthologique, le chien est un animal extrêmement adaptable. Cette qualité est souvent confondue avec une tolérance infinie. Or, l’endurance a un coût. Quand les besoins fondamentaux ne sont pas respectés (repos, sécurité, stimulation adaptée), le chien compense… jusqu’à ne plus pouvoir. Les signes d’une endurance dépassée sont parfois discrets : fatigue chronique, irritabilité, repli, baisse de tolérance, réactions soudaines dites “incompréhensibles”. Ils ne surgissent pas brutalement. Ils sont souvent l’aboutissement d’un trop-plein silencieux.

Le saviez-vous ?

Un chien peut continuer à obéir, à suivre, à encaisser… tout en étant profondément épuisé. Respecter l’endurance d’un chien, ce n’est pas le sous-estimer. C’est reconnaître ses limites individuelles, qui ne dépendent ni de la race ni de l’âge uniquement.

Engagement

Engagement (nom masculin) : Action de se lier par une promesse, une responsabilité ou un choix durable. Il implique une implication personnelle, consciente et continue dans le temps.

L’engagement dans le quotidien du chien

Adopter un chien est souvent présenté comme un coup de cœur. Une rencontre, une émotion, un élan. Mais vivre avec un chien relève bien davantage de l’engagement que de l’enthousiasme initial. S’engager pour un chien, c’est accepter : que tout ne soit pas simple, que certains jours soient plus lourds que d’autres, que l’on n’ait pas toujours les réponses, que le lien se construise parfois dans l’inconfort. Souvent lié à la chute de ce que l’on avait idéalisé. L’engagement ne se mesure pas à la perfection éducative, mais à la présence constante, même quand c’est compliqué.

Responsabilité affective et temporalité

D’un point de vue psycho-social, l’engagement implique une projection dans le temps. Or, le chien vit dans l’instant. C’est donc à l’humain de porter cette temporalité : penser à long terme, anticiper les besoins futurs, accompagner les évolutions (âge, santé, émotions). L’engagement véritable accepte l’impermanence : un chien change, un humain change, la relation évolue. Rester engagé, ce n’est pas figer le lien, c’est l’ajuster sans l’abandonner.

“Je n’avais pas imaginé que ce serait si dur”

Cette phrase n’est pas un aveu d’échec. C’est souvent le signe d’une prise de conscience. Beaucoup d’humains aiment leur chien sincèrement, mais découvrent après coup la profondeur de l’engagement que cela représente. Continuer malgré tout, chercher à comprendre, demander de l’aide si besoin, c’est déjà honorer cet engagement.

AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE

Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram

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