Que sais-tu vraiment des friandises de ton chien ? Entre “naturel”, “origine UE” et marketing flou : ce que les étiquettes ne disent pas !
Les friandises pour chien n’ont jamais eu autant de succès. Naturelles, artisanales, “sans additifs”, “riches en protéines”… elles remplissent les rayons des boutiques spécialisées et les paniers des e-shops. Elles symbolisent le soin, la récompense, l’amour. Ce petit geste tendre qu’on fait sans y penser. Voire, de plus en plus que l’on donne pour renforcer les besoins par la mastication ….
Mais derrière le biscuit en forme d’os ou le filet séché de poulet “made in UE”, se cache souvent une opacité bien réelle : origines floues, réglementations complexes, contrôles rares, et une utilisation du mot “naturel” à géométrie variable. Cet article n’a pas pour but d’inquiéter, mais d’éclairer. Car comprendre ce qu’on offre à son chien, c’est aussi une manière de le protéger et de respecter ce lien de confiance qui nous unit, par la vigilance à sa santé.

Quand “origine UE” ne veut pas dire “origine claire”
L’Union européenne encadre strictement la fabrication des aliments pour animaux via plusieurs règlements :
- le règlement (UE) 767/2009, sur la commercialisation des aliments pour animaux ;
- le règlement (CE) 1069/2009, sur les sous-produits animaux utilisés dans ces aliments.
Ces textes garantissent la sécurité sanitaire… mais pas la transparence complète de la provenance. Une friandise peut afficher “origine UE” tout en mélangeant des viandes issues de plusieurs pays, sans mention du lieu d’élevage, ni du mode d’abattage. De même, un produit “fabriqué en France” peut être seulement transformé ou conditionné en France, à partir de matières premières venues d’ailleurs.
Le problème, c’est que toutes les “origines UE” ne se valent pas. Les pays membres n’appliquent pas les mêmes pratiques d’élevage : certains autorisent encore l’usage préventif d’antibiotiques, ou disposent de seuils de résidus plus élevés que d’autres. D’un point de vue strictement légal, l’étiquette reste conforme ; d’un point de vue nutritionnel et éthique, c’est plus discutable.
Ainsi, “origine UE” rassure mais ne garantit pas la qualité réelle du produit, ni la santé de l’animal qui a fourni la matière première.
“Naturel” n’est pas une garantie
Le mot “naturel” a envahi le marketing canin. Friandises naturelles, oreilles séchées naturelles, biscuits sans additifs… tout semble rassurant. Pourtant, “naturel” n’a aucune définition légale stricte dans l’alimentation animale. Un produit peut donc être dit “naturel” tout en ayant subi un traitement thermique ou chimique (fumage artificiel, déshydratation rapide, irradiation). En gros tout ce qui a été transformé d’une manière ou d’une autre, ne peut pas être qualifié de naturel.
Certains produits à base de viande séchée contiennent aussi des résidus de conservateurs ajoutés avant la transformation, ou des agents de texture non déclarés. D’autres utilisent des sous-produits animaux (tendons, peaux, poumons, sabots) de qualité variable, importés et mélangés sans mention spécifique.
Le résultat : une friandise “naturelle” à l’emballage flatteur, mais dont la traçabilité réelle est quasi impossible à vérifier. Pour s’en assurer, un simple réflexe : chercher le numéro d’agrément sanitaire de l’établissement. Il prouve que la production est enregistrée auprès des services vétérinaires (DDPP en France). Sans ce numéro, la friandise est dans une zone grise : ni interdite, ni vraiment certifiée.
L’artisanat : entre passion et zone grise réglementaire
Depuis quelques années, des artisans se lancent dans la fabrication de biscuits et de friandises “fait maison”. Une démarche séduisante, souvent sincère, avec l’envie de proposer mieux. Mais le cadre légal est très clair : fabriquer des aliments pour animaux, même en petite quantité, nécessite d’être déclaré comme “opérateur du secteur de l’alimentation animale” et de disposer d’un local conforme aux normes sanitaires.
Cela implique un espace de production dédié, hygiénique, contrôlé, avec plan de nettoyage et traçabilité des lots. Une cuisine personnelle, même impeccable, ne suffit pas.
Or, sur internet, nombre de micro-entreprises vendent leurs biscuits “artisanaux” sans être enregistrées. Elles ne sont pas nécessairement mal intentionnées, mais elles contournent un cadre pensé pour éviter les contaminations (bactéries, moisissures) et garantir la stabilité du produit.
Un biscuit mal séché, trop gras, ou stocké dans un emballage non hermétique peut rancir, moisir, voire développer des mycotoxines. Invisible à l’œil nu, mais pas sans conséquence pour le chien, surtout pour les plus fragiles ou allergiques. Aussi, en cas de crise sanitaire (exemple sur les œufs) les lots doivent pouvoir être rappelés. Ce qui implique que les numéros produits des matières premières soient consignées … D’où, on parle de traçabilité complète pour la sécurité !
Le Brexit ou pourquoi les friandises anglaises ont disparu ?
Souviens-toi : avant 2021, les friandises britanniques étaient partout. Des biscuits “made in UK”, des marques de niche très qualitatives. Depuis le Brexit, le Royaume-Uni est devenu un pays tiers vis-à-vis de l’Union européenne.
Cela change tout. Désormais, tout produit contenant des ingrédients d’origine animale (viande, poisson, œuf, lait, etc.) doit obtenir un agrément sanitaire européen pour être exporté. Les fabricants doivent aussi faire inspecter leurs sites par un vétérinaire officiel, fournir des certificats d’exportation et garantir la conformité au règlement européen 1069/2009.
Autrement dit : un parcours administratif et financier lourd, surtout pour les petites marques indépendantes. Résultat : la majorité a renoncé à exporter vers l’UE. Les rares produits encore disponibles passent par des distributeurs agréés, avec des coûts de transport et de certification qui font grimper les prix.
C’est pourquoi les friandises britanniques ont quasiment disparu des rayons français et européens. Pas par boycott, mais par complexité réglementaire.
Le vrac et le reconditionné : attention aux fausses bonnes idées
Le vrac plaît : il évoque l’écologie, le zéro déchet, le choix libre. Mais dans le domaine alimentaire, y compris pour les chiens, c’est un système complexe. Les friandises animales sont des produits périssables : elles doivent être stockées à température contrôlée, à l’abri de l’humidité, avec une traçabilité par lot. On voit d’ailleurs de plus en plus de « Dogbar » à vrac dans les boutiques spécialisées pour nos Dogs, généralement au centre du magasin. Evidemment, à hauteur de truffe…
Or, beaucoup de boutiques (en ligne ou physiques) achètent en gros, reconditionnent à la main et revendent sans agrément. Résultat : perte de traçabilité, absence de contrôle sanitaire, et risque accru de contamination croisée.
Le consommateur pense acheter un produit “naturel”, mais ne sait plus ni d’où il vient, ni quand il a été ouvert. Le danger n’est pas immédiat, mais cumulatif : oxydation des graisses, moisissures, germes invisibles… et un système de contrôle quasi inexistant pour le e-commerce.
Comment s’y retrouver : les vrais repères de confiance
Cherchez toujours un numéro d’agrément ou d’enregistrement DDPP.
C’est le seul vrai gage que le lieu de production est déclaré.
Vérifiez la composition complète.
Un bon produit liste clairement la source des protéines (poulet, bœuf, agneau) et non des termes vagues comme “viande et sous-produits animaux”.
Privilégiez les marques qui communiquent sur leur traçabilité.
De plus en plus d’artisans sérieux publient les certificats vétérinaires ou les fiches de lot en ligne.
Fuyez les prix anormalement bas.
Derrière un sachet à 3 €, il y a rarement une matière première éthique ou un séchage de qualité.
Posez des questions.
Un vendeur transparent n’a rien à cacher. S’il ne sait pas répondre sur l’origine de la viande, c’est déjà une réponse.
En conclusion : la friandise n’est pas coupable, mais elle mérite d’être choisie en conscience
Offrir une friandise à son chien, c’est un geste de tendresse ou utile, dans le cadre des récompenses éducatives. Mais l’amour n’exclut pas la vigilance. Ce qu’on offre pour faire plaisir doit rester un plaisir… pas une loterie sanitaire.
“Naturel” n’est pas toujours synonyme de “sain”, “origine UE” ne veut pas dire “local”, et “fait main” ne signifie pas “contrôlé”. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des marques transparentes, des artisans sérieux et des professionnels engagés.
Alors, la prochaine fois que vous choisirez une friandise, lisez, comparez, interrogez. Parce qu’au fond, aimer son chien, c’est aussi vouloir savoir ce qu’il mange.
À retenir
- Une friandise “naturelle” ou “origine UE” n’est pas forcément transparente : la traçabilité compte plus que le slogan.
- Les artisans sérieux existent, mais la fabrication “maison” reste soumise à des normes sanitaires précises.
- Depuis le Brexit, les friandises britanniques ont quasi disparu du marché européen pour des raisons de certification, pas de qualité.
- Lire les étiquettes, poser des questions et privilégier les marques claires : c’est déjà protéger la santé de son chien.
- La confiance, c’est comme une friandise : elle se mérite et se conserve avec soin.

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AU SUJET DE L’AUTEUR

QUEENY & JULIE
Julie a fondé MDIAQ en 2016. Amoureuse des chiens depuis sa plus tendre enfance, elle a souhaité partager sa passion en l’alliant à son domaine de prédilection; à savoir, l’écriture. En 2024, afin d’ouvrir le blog a des contenus plus « humains », elle décide de développer BIAW. L’objectif étant de partager également des thématiques féminines ancrées dans l’ère du temps. Qui est Julie ? Passionnée de littérature, arts, photographie et shopping. Historienne de formation, curieuse, et animée constamment par l’envie d’enrichir ses connaissances. Ce blog était donc une évidence. Toujours en duo, elle partage son quotidien avec une adorable croisée border collie, prénommée Queeny, depuis 10 ans. Suivre le duo sur Instagram


