Le coin des mômes,  PETSLOVERS

L’enfant et le deuil de son animal

Il est des sujets que, souvent, l’on n’aborde pas avec nos enfants avant d’y être confrontés. Des sujets qui font mal, qui font peur, pour lequel vivre dans le déni est plus facile, réconfortant… ou parce que l’on ne sait tout simplement pas par où commencer, et comment l’expliquer à des humains miniatures. De ces sujets, un des principaux est la mort.

Comment aborder la mort avec un enfant qui n’est pas encore en âge de vraiment comprendre le côté inéluctable et définitif de la chose. Comment lui expliquer que son animal, qu’il aime et qui fait partie intégrante de sa vie, n’est pas éternel, et qu’il partira avant lui ? Ou si le décès est survenu, comment répondre à ses questions quand on est nous aussi sous l’emprise d’un chagrin immense ?

Je l’avoue, je ne veux pas penser au fait que les filles nous quitteront. Je veux rester dans ce déni le plus longtemps possible… mais que faire face à mon fils de 3 ans et demi qui pose plein de questions sur la mort en ce moment. Qui a peur de ça, peur de nous perdre, peur de les perdre. Qui veut savoir comment c’est, après…

Récemment, la maman d’une petite camarade de classe de mon fils m’a confronté encore plus à cette réalité : comment expliquer à la petite de 3 ans que son chien qui venait de mourir ne reviendrait pas, et que non, elle ne pourrait plus le voir.

Ainsi, cet article découle directement de ce vécu, et de cette phase de questionnement, dans laquelle nous sommes.

C’est notre rôle de parents d’être vrai, d’expliquer les choses sans cacher ou travestir cette dure vérité. Tout en étant le plus rassurants possible pour que les enfants accueillent ces informations difficiles avec bienveillance. Alors tentons de bien faire…

« L’après nous » sur le blog

Nous avons déjà abordé le sujet pour des adultes, pour se préparer à la dure réalité tant que faire se peut. Une rubrique sur le blog est même dédiée à « bADTIME » : Mais parce que nous n’avons encore jamais vraiment abordé le sujet du deuil de la perte d’un compagnon poilu pour un enfant en bas âge, ce sera le sujet du jour. Julie en avait touché quelques mots ici cependant « Se préparer à la mort de son chien« .

PS : je ne suis pas psychologue ou spécialiste du sujet, j’écris en tant que maman qui expérimente la vie avec 2 petits d’Homme vivaces de corps et d’esprits !  

L’enfant et le sujet de la mort

De prime abord, il faut savoir que la mort, dans son aspect irréversible n’est saisi qu’environ vers les 9-10 ans de l’enfant. Avant cet âge, l’enfant va parler de ce sujet, se questionner mais sans en comprendre le côté définitif, irréversible.

Il faut également savoir que se questionner sur la mort fait partie du développement et des questionnements classiques des enfants.

Ce questionnement peut commencer lors de la perte d’un membre de la famille ou d’un animal, ou plus « naturellement », sans élément déclencheur.

La majorité des enfants commencent à se questionner sur le sujet de la mort à partir de 4 ans environ, parfois plus tôt, vers 2 ou 3 ans.

Le plus facile serait d’en faire un sujet tabou quand on n’est pas nous-même à l’aise avec ce type de questionnement. Mais il y a de fortes chances que cela se retourne contre nous ! Les petits se posent énormément de questions, et ne pas y répondre est le plus souvent contre productifs, puisque cela amène encore plus de questionnement et une insistance à traiter le sujet non élucidé. Donc… mieux vaut être honnête sur le sujet.

Comment expliquer la mort à un jeune enfant ?

Expliquer la mort avec leurs mots, mais sans cacher ou masquer la vérité. Oui, nous allons tous mourir. C’est inévitable et cela fait partie du cycle de la vie. Expliquer aux enfants qu’aucun être vivant animal ou végétal n’est éternel, et que oui, nous finirons nous aussi par mourir. Sans leur faire peur, avec des exemples dans la nature, pourquoi pas, pour qu’ils puissent saisir plus en douceur le cycle de la vie. Les rassurer est primordial.

Quant à la question : Qu’y-a-t-il après ? Où va mon animal quand il meurt ? Il ne faut pas hésiter à leur dire que nous ne pouvons pas tous savoir, et que cela fait partie des grands mystères. Avec nos croyances, propres à chacun et à chaque culture, mais sans jamais en être certain finalement…

Et, surtout, face à des jeunes enfants qui prennent les expressions au pied de la lettre, ne pas éluder le mot « mort ». Ne pas en faire un « mot-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom ».

Nous pensons notamment aux phrases classiques et la résonnance qu’elles peuvent avoir chez les petits :

« Il est parti » = l’être cher va revenir

« Il s’est endormi » = il va se réveiller

« Nous avons perdu X ou Y » = il est quelque part, nous pouvons le chercher

« Il est monté au ciel » = il peut donc redescendre

« Il est allé au paradis/dans les étoiles » = nous pouvons aller le voir

Nous pourrions rajouter que ne pas utiliser le terme « mort », ou laisser des questions sans réponses pourraient entrainer des craintes fortes, ou encore plus fortes si l’enfant avait déjà peur de la mort. Il s’imagine alors beaucoup plus de choses tout seul, sans oser en parler, et cela pourrait avoir un effet boule de neige…

La mort et le deuil de son animal, en pratique

Le décès de son animal

Il existe 3 cas de figure quant au décès de l’animal, qui seront plus ou moins violente à encaisser pour la famille, et donc, pour nos enfants : la mort naturelle, le décès « choisi » suite à une maladie, et l’accident.

Dans les deux premiers cas de figure, il est possible, et même très fortement recommandé de préparer l’enfant à la mort de son compagnon de vie.

L’animal est très âgé

La mort est plus naturelle. Il est plus aisé d’expliquer le départ plus ou moins proche de notre petit compagnon. Faire le lien avec le cycle de la vie est plus aisé. Expliquer que notre animal arrive au bout du chemin de la vie. Le préparer en douceur, avec bienveillance, malgré la tristesse à venir, afin que ce départ soit vécu de la façon la plus sereine possible.

L’animal doit être euthanasié

L’explication peut être un peu plus délicate. Toutefois, vous pouvez expliquer à l’enfant que la souffrance de notre animal peut être apaisée en lui donnant le privilège d’un départ en douceur, accompagné et en le libérant de cette souffrance. Lui expliquer le processus : le vétérinaire sera là pour endormir l’animal, puis une deuxième piqure arrêtera son cœur, et il mourra rapidement et sans aucune souffrance. L’expliquer à l’animal est très important, l’expliquer aux enfants l’est tout autant. Aussi petit qu’ils soient, ne pas leur cacher la vérité afin qu’ils puissent se préparer. Et favoriser un deuil moins difficile, compliqué, plus ou moins long, mais qui pourra se faire.

L’enfant, s’il a des questions, pourra les poser au vétérinaire s’il en ressent le besoin. Certains veulent savoir, veulent comprendre. Et l’aide du vétérinaire peut être une aide pour l’enfant dans ce cas-là. Sans forcément assister à la procédure d’euthanasie bien évidemment. Selon les souhaits de votre enfant, et les vôtres.


Dire au revoir, avec les dernières balades, les derniers câlins, les derniers mots d’amour, les derniers bons repas, les siestes ensembles…. Accompagner l’être aimé avec tout l’amour qu’on lui porte, et en se remémorant toute une vie de bonheur à ses côtés… Être avec lui, en famille, jusqu’au bout.

Le décès fait suite à un accident

Lorsque le décès de l’animal fait suite à un accident, le départ et l’absence sont beaucoup plus difficiles à comprendre et accepter. La mort est brutale pour toute la famille.

L’enfant va chercher à comprendre ce qu’il s’est passé, chercher à savoir qui/pourquoi/comment. Vous pouvez l’emmener chez le vétérinaire afin qu’il pose ses questions au professionnel si vous n’êtes pas en mesure d’y répondre.

Attention, on ne montrera toutefois pas l’animal blessé et sans vie à un enfant. Déjà en tant qu’adulte cela nous est très difficile et reste traumatisant, alors pour un jeune enfant…

C’est le cas de figure qui s’accompagne très souvent de culpabilité. L’entourage devra donc veiller à rassurer l’enfant sur sa non responsabilité face à cette mort soudaine de son animal.

Le deuil sera également beaucoup plus compliqué, plus long, plus douloureux encore.

La phase de deuil

Nos animaux font partie intégrante de la vie de famille, ils en sont des membres à part entière.

Le décès d’un animal va irrémédiablement entrainer une tristesse immense pour toute la famille.

Un deuil est à faire, à part entière. Un véritable deuil, avec ces différentes phases. C’est une étape importante à ne pas négliger. Et l’enfant devra être accompagné durant cette période.

Organiser des obsèques

Pour permettre un début de deuil, il est recommandé d’organiser des obsèques. Même en très petit comité, juste vous et votre enfant. Avec ou sans cercueil ou urne/cendre à disperser. Un moment de recueillement qui peut se faire dans son endroit favori, devant ses affaires, dans le jardin, lors d’une promenade sur son trajet habituel… Planter un petit arbre en son honneur, ou disposer des fleurs dans un bac sur un balcon… les possibilités sont nombreuses, tant que ce moment de recueil est là.

Se remémorer les bons moments passés avec son animal, lui parler pour un dernier au revoir. Exprimer sa tristesse mais aussi déclarer son amour.

Une phase importante pour que le deuil puisse commencer plus sereinement. 

Exprimer ses émotions pour mieux les accueillir

Et c’est souvent là que les parents pensent qu’il faudrait cacher ses sentiments à ses enfants. Au contraire, montrer à ses enfants sa tristesse, c’est aussi leur prouver qu’ils peuvent ressentir et montrer leurs émotions, toutes leurs émotions. Ils les accepteront d’autant mieux que nous les accompagnons et que nous montrons nous aussi que nous avons des sentiments. Lorsque nous sommes en colère, nous n’hésitons pas à le dire, alors pourquoi devrait on taire notre tristesse. L’accueil des émotions est important dans une phase de deuil, pour mieux avancer par la suite.

Aucune émotion ne devrait être tue parce que mal vue par l’entourage. Nos avons des émotions, nous les ressentons, elles sont diverses, et elles ne doivent pas être taboues.

Plusieurs outils sont à la disposition des parents de nos jours pour accompagner leurs enfants sur le chemin de l’acceptation des émotions : les livres, les musiques, Pipouette https://pipouette.com/.

En revanche, si vous êtes submergés par vos émotions et que vous n’êtes plus en mesure d’accompagner vos enfants, l’aide d’une tierce personne est nécessaire. L’enfant pourrait alors cacher ses émotions pour ne pas rajouter à votre chagrin.

Il faut une sorte d’équilibre entre expression de nos émotions et accompagnement de celles d’autrui, de nos enfants en l’occurrence.

L’enfant doit pouvoir s’exprimer librement, sans aucune honte sur ce qu’il ressent suite au décès de son animal. Tristesse, colère, culpabilité, soulagement… Toutes ses émotions sont normales.

Ce qui est aussi le cas des signes physiques en lien avec l’état émotionnel : perte d’appétit, troubles du sommeil, sorte d’hallucinations auditives (où l’on entend des aboiements par exemple de son animal), malaises, fatigue…

L’enfant et le deuil de son animal

Avancer sur le chemin du deuil

En lien avec les différentes émotions, avancer sur le chemin du deuil est plus ou moins difficile selon les circonstances qui ont accompagné la mort de l’animal aimé.

La phase de deuil dure généralement 6 à 8 semaines. L’enfant risque d’être perturbé et très triste durant cette période.

Ensuite, le temps fait son œuvre, et vient le moment de l’acceptation.

Ce qui doit préoccuper, c’est un renfrognement prolongé (plus de 2 mois), un état de tristesse extrêmement important et permanent…

Reprendre un animal ?

L’enfant ayant été habitué à la présence d’un animal à la maison peut vouloir en reprendre un autre tout de suite.

Toutefois, accueillir un nouvel animal trop rapidement pourrait rouvrir la blessure… notamment en comparant les animaux entre eux et en ravivant des souvenirs douloureux de la perte.

Être prêt pour un nouvel arrivant dans la famille peut être long, voire très long. Cela est tout à fait normal… Un membre de la famille n’est plus. Il est donc difficile d’imaginer reprendre un animal. Avancer et non remplacer, voici ce qu’il faut se dire si jamais le besoin de l’enfant se fait pressant et important.

Il est ainsi conseillé d’attendre quelques temps pour que le deuil soit fait et terminé. Et que le nouvel animal entre ainsi dans une famille prête à aimer de nouveau, sans mesure, et pour ce que ce nouvel animal sera, et surtout qui il sera.

Dire la vérité, avec les vrais mots, sans cacher, sans éluder le sujet.

Ecouter l’enfant, l’accompagner, lui expliquer, le soutenir, ne rien cacher.

Voilà ce qu’il faut retenir de ce difficile sujet qu’est la perte de son animal (ou de tout membre de l’entourage).

N’hésitez pas à vous faire aider par d’autres adultes si jamais vous ne saviez pas comment répondre à votre enfant.

Les livres peuvent aussi être un très bon support pour aider l’enfant dans le cheminement du deuil de son animal. Une sélection est disponible sur le blog.

Avec toutes nos pensées…

AU SUJET DE L’AUTEUR

Luna’s Team

Karen a rejoint le blog fin 2016, pour allier son envie d’écriture, sa passion des chiens… et de la science ! Elle partage sa vie avec Luna, un Coton de Tuléar, et Nalie, un Scottish Terrier. Avec une formation en physiologie, physiopathologie et un doctorat en Neurosciences, le côté scientifique et médical de MDIAQ, c’est souvent la Luna’s Team qui s’en occupe ! Mais Karen est aussi l’heureuse maman de deux petits humains. Une famille nombreuse qui lui permet d’aborder les sujets chiens-enfants dans ses articles. Les rubriques phares sont donc « Take care, Babydog, Mini hum’addict ». Suivre la Team sur Instagram.

Si vous avez une question, n’hésitez pas à nous la poser soit en commentaire de cet article, soit en nous contactant sur l’adresse e-mail du blog : mydogisaqueen@gmail.com ou sur notre compte Instagram

Vous aimez cet article ?

Vous pouvez l’aider à voyager … Commenter, aimer, partager des petits gestes qui font tellement plaisir ! D’ailleurs, des épingles Pinterest sont à votre disposition… On vous remercie beaucoup pour votre soutien !

Envie de nous laisser un commentaire ?

En savoir plus sur MDIAQ

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture