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Humains, chiens et peurs ; on parle cynophobie !

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INTROSPECTION

LA PEUR

Dans Au-delà du principe de plaisir, Freud différencie l’effroi, la peur et l’angoisse, tout en soulignant combien ces notions sont corrélées l’une à l’autre. L’angoisse signale l’imminence d’un danger et « protège de l’effroi. S. Freud, « Au-delà du principe de plaisir » (1920), dans… » qui surgit quand le sujet rencontre une situation dangereuse sans y être préparé. La peur, en revanche, est un affect redoutable devant un danger extérieur plus ou moins identifié qui accapare le sujet. L’affect – En clinique : ensemble des manifestations affectives caractérisées par leur nature agréable ou désagréable, qu’elles soient vagues, définies ou, comme les émotions, intenses. / En psychanalyse : vécu émotionnel de toute coloration qualitative, exprimant la manifestation d’une pulsion quand elle n’est pas réprimée. Source

PEUR VS ANGOISSE : Pour la psychothérapeute Emma Scali définit l’angoisse comme étant « une peur sans objet, qui est liée intrinsèquement à l’idée de mort et donc, est inhérente à la conscience de l’être humain”. De fait, l’angoisse est une forme de peur intérieur que l’on peine à expliquer et à caractériser ; elle reste bien souvent dans le domaine de l’inconnu.

Au quotidien ; pour nous la peur est donc un état émotionnel relativement stressant, ressentit lorsque nous sommes confrontés à des situations durant lesquelles une menace ou un danger, et ce, qu’il soit physique ou psychologique est identifié ; ce qui nous place dans cet état émotionnel spécifique ; cette émotion s’accompagne de réactions physiologiques telles que : l’accélération du pouls, et donc du rythme cardiaque, des frémissements ou tremblements, des douleurs au ventre, un sentiment d’étourdissement, des sueurs ou encore des frissons, des difficultés respiratoires. Selon l’intensité de la peur ou notre nature ; nos réactions varient ; la peur peut nous pousser à réagir afin d’éviter ou surmonter un danger imminent ; par exemple, éviter une voiture sur le point de nous renverser ; cependant, la peur peut également nous paralyser lorsqu’elle est profondément ancrée, identifiée et ciblée ; on évoque alors la phobie; en revanche, on évoquera la pathologie lorsque l’état d’anxiété n’a pas d’objet ciblé mais semble nous plonger dans un état chronique.  Pour rappel, la notion de pathologie s’applique à toutes les manifestations physiologiques ou psychiques hors des normes de la santé.

La peur touche aussi bien les humains, que les chiens ; et ce sans particularités liés à l’âge du sujet ; cela étant, la gestion de la peur est différente selon la personnalité, l’âge, les circonstances, bref, une multitude de facteurs ; ainsi, il n’est pas rare de voir des adolescents jouer à se faire peur en flirtant volontairement avec le danger ; pour braver les interdits, tester les limites ou signifier un mal être;  a contrario ; les enfants plus jeunes peuvent développer des peurs liées au noir,  à la perte de leurs parents, etc. ; la peur est donc une émotion complexe dans le sens où elle varie d’un individu à l’autre ; nous avons tous nos propres peurs, et selon les étapes de notre vie, ces peurs sont susceptibles de disparaitre, s’amplifier, s’atténuer, ou changer de cible. Il y a également un facteur de transmission générationnelle de la peur ; grandir dans un environnement qui préconise la peur d’un objet cible peut entrainer le développement de notre peur de cet objet cible ; c’est du moins l’une des théories avancées par les psychanalyses transgénérationnelles ou intergénérationnelles.

Une approche intéressante de la transmission des peurs au sein de la famille ;Transmission des phobies dans la famille ; Elida Romano, Jérôme Payen de la Garanderie, Dans Enfances & Psy 2015/1 (N° 65), pages 45 à 56.

Nous en arrivons donc, au sujet qui nous intéresse ;

La cynophobie ;

Cynophobie c’est quoi ? Du grec « cyno » qui signifie chien et phobie qui signifie « peur, au sens de l’effroi» ! La cynophobie est donc la peur des chiens ; elle est à classer dans les phobies spécifiques ; c’est-à-dire, une phobie dont l’objet est clairement identifié, le chien ; et dans la catégorie des zoophobies ; les phobies des animaux sont plus fréquentes qu’on ne le pense ; à commencer par l’arachnophobie (araignées),  l’ophiophobie (serpents),  l’entomophobie (insectes), la musophobie (souris) ou encore, la squalophobie (requins) ; elles sont nombreuses, peuvent portées sur des bestioles trop choux, comme les oiseaux, les papillons,  les ours, les chevaux, et même les chats.

Historiquement ; de tout temps ; l’histoire atteste de mise en garde concernant les chiens ; ainsi, à Pompéi, en 79 de notre ère, l’inscription « cave canem » (prenez garde au chien) figurait déjà sur des mosaïques à l’entrée des habitations ; sous forme textuelle ou uniquement illustrée. Cette même mise en garde peut être retrouvée au Moyen-âge, il s’agit de l’une des devises des marins de Saint-Malo, en référence aux « chiens du guet », les dogues qui étaient lâchés la nuit tombée pour protéger la ville des assaillants. Aussi, on ne peut passer à côté de la bête du Gévaudan, en Lozère, qui entre 1764 et 1767, serait à l’origine de la mort d’une centaine de personnes, principalement des femmes et enfants ; la légende raconte encore, que la bête était issue d’un croisement entre chien et loup : côté littérature ; on se doit d’évoquer « le chien des Baskerville »,  d’Arthur Conan Doyle ; véritable molosse responsable de la mort du vieil homme. Enfin, le chien considéré comme le principal vecteur de rage ; traité comme un pestiféré et ce, jusqu’à la découverte du vaccin de Pasteur, en 1885. Plus récent ; les loups dépréciés qu’on apparente aisément aux chiens par leur origine ancestrale ; tout cela contribue, au renforcement d’une peur sociétale, qui touche davantage certains individus que d’autres ; selon le vécu, la sphère familiale, l’impact de l’imaginaire collectif, etc. On peut ajouter plus récemment, les faits divers liés à certaines catégories de chiens ; trop souvent assimilés à la notion de danger ou apparentés à la criminalité, petite délinquance etc. ;

Mosaïque montrant un chien de garde avec l’inscription Cave canem. Pompéi, Italie, 79 de notre ère. Photo P. Cattelain.
Statue à Auvers du combat de Marie-Jeanne Valet contre la bête du Gévaudan – ©Pierre Marion via Communes.com

Disons que toutes ces références culturelles peuvent susciter certaines appréhensions ; mais de-là à expliquer la cynophobie ? Peut-être pas … approfondissons …

Quelles en sont, alors, les causes ?

Le plus souvent, il s’agit soit d’une agression vécue soit d’une agression à laquelle l’enfant aura assisté ; il peut s’agir d’une morsure envers lui, un proche, ou encore, un autre animal ; qu’il soit la victime ou le témoin, c’est un épisode traumatique, qui suscitera la peur ; celle-ci étant ciblée, il s’agit bien d’une phobie. Notons, que dans certains cas, la cynophobie peut être ciblée sur un certain type ou profil de chien, justement lié à cette expérience ; aussi, il faut prendre en considération que selon l’âge de l’enfant, le chien peut lui apparaitre comme étant gigantesque, ce qui est susceptible d’approfondir la peur ; et de la diriger plus aisément sur les grands chiens lorsqu’il atteint l’âge adulte car ils sont plus proche du souvenir qu’il en a gardé. 

D’autres explications résident justement, dans la transmission familiale ; si vous avez grandi dans un environnement au sein duquel le chien étant dépeint comme un « être dangereux », duquel il faut se méfier ; ou dans un environnement dans lequel il n’y avait pas de chien du tout ; si ce n’est,  par exemple ; le pauvre berger allemand du voisin, laissé à l’attache H24, qui vous hurlait dessus, tous les jours lorsque vous passiez devant le portail en rentrant de l’école. Vous ne l’avez pas perçu comme un être en souffrance, mais comme une menace, un danger, son comportement a alimenté votre peur ; car vous n’aviez pas les connaissances et la maturité nécessaires pour jucher de la réalité de cette situation désastreuse pour lui.  Aussi, la méconnaissance du chien, lorsque l’on n’en a pas côtoyé du tout peut être une autre explication ; on redoute plus aisément ce qu’on ne maitrise pas, …

Dans la série, le cinéma n’a pas épargné les chiens ; il suffit parfois d’un film inapproprié, tel que Dressé pour tuer, Rottweiler, the Breed, Cujo, Max, le meilleur ami de l’homme, Baxter, etc. Si nous attribuons aisément la squalophobie au grand classique « les dents de la mer », il nous faut indiquer que ces films sont clairement à éviter si vous ne voulez pas traumatiser votre progéniture.

Notons, que l’on attribue l’âge médiant de l’apparition des phobies entre 5 et 9 ans ; il est donc plus aisé de se raisonner, après une morsure, à l’âge adulte ; nous avons la capacité d’intellectualiser l’épisode sans généraliser ; un chien m’a mordu, mais j’en côtoie d’autres qui sont inoffensifs, raisonnement, que l’enfant éprouve plus de difficultés à mener, surtout, s’il est seul à devoir gérer cette situation, sans encadrement ou dialogue avec un adulte pouvant lui expliquer les choses ; en faisant ressortir de cette malheureuse expérience, une mise en garde pour l’avenir, sans pour autant rester sur ce vécu ; en favorisant les expériences positives, programmées, avec des chiens adaptés à l’exercice et un professionnel afin de dépasser la peur dès le plus jeune âge.

Quelles en sont les conséquences ?

Nous avons déjà évoqué toutes les réactions physiologiques, auxquelles, peuvent s’ajouter, des cris, crises de larmes, évanouissement ; risque de crise cardiaque par l’accélération du rythme , les personnes sujettes pensent qu’elles vont mourir; etc.  C’est la perte de contrôle de soi lorsque la personne se trouve en présence d’un chien ; ce qui peut être particulièrement difficile à gérer en public. Cette peur des chiens est donc « handicapante » au quotidien ; elle est réellement problématique ; la personne adopte un mode de vie contraphobique (visant à contrer la phobie) ; donc, éviter la présence des chiens ; de fait, il y a des lieux qu’il faut en permanence éviter, de peur de tomber sur un chien ; comme les parcs, espaces verts, les boutiques dogfriendly, les rues où des chiens sont fréquemment en poste d’observation dans le jardin ; aussi, les relations sociales peuvent être plus compliquées ; voire même le quotidien professionnel, lorsqu’il s’agit d’intervenir au domicile de personne ayant des chiens ; exemple ; il faut éviter de rendre visite à des personnes ayant un chien sous peine de devoir le côtoyer. Il en va de même durant les vacances ; tomber dans un hôtel ou un camping avec chiens juste à côté, c’est un enfer pour une personne souffrant de cynophobie. Croiser un chien en rue, attaché c’est compliqué, mais en liberté, c’est un calvaire d’autant plus grand car le danger est amplifié … Dans certains cas, les personnes redoutent de mettre le pied dehors de chez elle …

Le cercle vicieux du chien qui sait … Ce n’est pas un mythe, les chiens sentent la peur ; littéralement, c’est lié à leur odorat très réceptif à la transpiration émisse lorsque nous sommes sujets à la peur ; mais aussi, par ses attitudes corporelles, car oui, les chiens voient tout…  Ainsi il n’est pas rare de les voir instinctivement se diriger vers la personne atteinte de cynophobie ; souvent ce n’est pas mal intentionné… le chien a senti la peur et peut vouloir tout simplement rassurer ou apaiser, sans avoir conscience que l’objet de la peur, c’est lui ! Cependant,la personne risque de mal réagir à son approche ; en tentant de le repousser par des cris ou des gestes brusques ; hostilité et agressivité oblige ; le chien se sentant agressé, risque, selon son tempérament, soit de fuir soit, de surenchérir et clairement, ça ne va rien arranger !

C’est pourquoi, il est vivement recommandé aux personnes touchées par la cynophobie de ne pas fixer les chiens dans les yeux ; même si, instinctivement, elles préfèrent garde l’œil sur le moindre mouvement, cela ne ferait qu’attirer l’attention du chien ; il faut donc éviter les gestes brusques, faire comme dans Jurassic Park, ne pas courir, ne pas crier, ne pas reculer ; il pourrait penser que vous voulez jouer et vous poursuivre davantage ; par contre, on évitera de faire le mort en se couchant au sol ; les chiens sont altruistes, pour la majorité, il risque de vouloir venir au secours de la victime présumée à coups de câlins, ce qui nous ramène à la situation de crise initiale !Du coup, si vous voyez une personne en crise, évitez d’envoyer votre chien pour aider « madame » qui semble se sentir mal … il en va de même pour les enfants ; un petit qui hurle et pleure ; on évitera le traditionnel « oh pauvre petit, fais câlin, ça va passer » ; car si cela se trouve, la source de son état, est justement votre chien !

Notre responsabilité ? On parle souvent de peur irraisonnée ou irrationnelle ; en vérité, il s’agit surtout d’une peur incomprise ; davantage encore, par les personnes ayant des chiens ; imaginez quelqu’un ayant peur d’un chiot, avec des réactions démesurées, bondissant sur la table pour l’éviter, sur le coup ça vous fait rire, car vous êtes accoutumé et que vous ne souffrez pas de cynophobie ; mais c’est ici, que nous devons, en tant que Dogmoms nous responsabiliser, car cette peur n’a rien de drôle ; du coup, il faut s’adapter, et éviter de placer les personnes touchées par cette peur dans des situations difficiles à gérer ; d’où l’importance de rattacher nos chiens en croisant des inconnus, comme nous le faisons lorsqu’il est question d’autres chiens. Outre, la loi, c’est le respect des autres qui doit primer dans l’espace public ; il en va de même avec les enfants car une mauvaise expérience pourrait les marquer à vie. Aussi, évitons les surprises, lorsque l’on organise un diner ou une réunion de collègues, amis ; il est préférable de mentionner la présence de nos Dogs, afin de s’enquérir d’une éventuelle incompatibilité avec l’un des invités. Ce qui permet de trouver des solutions logistiques, pour n’exclure personne, ni votre Dog, ni votre ami(e).

On peut tous avoir peur des chiens, en certaines situations, sans pour autant être atteint de cynophobie ; imaginez être coursé par un chien, qui vous hurle dessus, évidemment, ça peut susciter la peur durant un bref instant, et ce, même si on connait les chiens, … il faut juste différencier, cette peur, liée à la situation, de celle ressentie par quelqu’un touché par la cynophobie ; pour lui, les chiens génèrent la même réaction, et ce, qu’ils se montrent menaçant ou non ; d’où le côté irrationnel, parce qu’il n’y a pas de danger imminent malgré ça, la situation lui fait peur ; c’est une phobie ; ce n’est pas volontaire, ce n’est pas fait pour vous pourrir la vie, pour tout dire, c’est la sienne qui est compliquée… autant l’aider en anticipant, de fait ; ne pas laisser son chien sauter sur les gens, courir derrière quelqu’un (jogger, cycliste, marcheur, …), le rattacher à l’approche d’une personne, laisser passer en se plaçant sur le côté, etc… des petits gestes qui peuvent contribuer à rendre leur quotidien plus facile, en notre présence !

Les solutions existent-elles ?

Tout d’abord, si vous avez une connaissance atteinte ; évitez de jouer les psys, sous prétexte que votre Dog est le plus cool du monde… Il existe des solutions, certes, mais celles-ci doivent être encadrées par un professionnel. Il faut d’une part, la volonté de solutionner le problème ; remonter le fil du temps pour localiser et comprendre l’origine de la peur ; s’entourer des bonnes personnes susceptibles de pouvoir vous accompagner efficacement dans cette démarche.

Recourir à un thérapeute pour effectuer une TCC – psychothérapie comportementale et cognitive ; elle serait efficace à 80% ; progressivement ; le spécialiste va placer le patient en contact avec les chiens ; par étapes ; c’est donc également, une thérapie d’exposition ; des photos, des vidéos, des bandes sonores d’aboiement ; petit à petit, il s’agit en quelque sorte de désensibiliser ; en confrontant progressivement le patient à l’objet de sa peur.

Un professionnel du monde canin : Dans le cadre de ce type de thérapie, un professionnel de l’éducation canine, peut être sollicité en renfort, pour le contact réel. D’ailleurs, plusieurs centres d’éducation canine proposent également, en complément, des séances d’approche du chien ; il s’agit généralement du chien de l’éducateur(trice) ou d’un chien thérapeute, qui favorisera de petites approches, progressives, régulières ; évidemment chacun évolue à son rythme dans ce type de thérapie ; cela peut prendre des mois ou des années. La connaissance des chiens est un plus, qui peut contribuer à limiter la peur, s’y intéresser, prendre le temps de lire sur le sujet est une solution qui peut être adoptée à l’initiative individuelle, et à moindre frais, en lisant des publications en bibliothèques, sur internet, ou en visionnant des documentaires;

Un exemple de centre, le proposant, ici; cependant, ils sont très nombreux référencés sur Google, en France.  

Soulignons surtout, l’importance de se faire accompagner par des professionnels ; une mauvaise expérience dans le processus peut entrainer la rechute, anéantissant le travail effectué ; c’est pourquoi, les professionnels pourront plus facilement, sélectionner chiens, les situations pour une confrontation hiérarchisée qui évitera la confrontation à l’échec, et vous permettra de progresser !

D’autres solutions ? On évoque également la TRV thérapie par réalité virtuelle, l’hypnose, en gardant à l’esprit, que certaines personnes n’y sont pas réceptives ; reste la sophrologie, la relaxation ;

Qu’est-ce qui motive à se faire aider ? L’amélioration du quotidien ; la rencontre d’une compagne ou d’un compagnon qui a un chien ; des amis qui ont des chiens ; les enfants qui peuvent exprimer le souhait d’avoir un compagnon canin ou de pouvoir en approcher…

Parents touchés par la cynophobie ; un défi de taille :  Emma Scali indique que “c’est important d’enseigner la notion de danger aux enfants, de leur apprendre que la peur est saine. Mais il faut aussi pondérer ces conseils pour que ces angoisses ne les entravent pas au quotidien”. La difficulté réside donc dans le fait de ne pas projeter ses propres angoisses sur ses enfants qui peuvent eux, introjecter ces peurs. L’introjection est un concept psychanalytique du début du 20ème siècle, et désigne “un processus qui met en évidence le passage fantasmatique du dehors au dedans”. Ainsi, les enfants peuvent – sans s’en rendre compte – absorber les peurs et leurs objets durant l’enfance, et pas les outils qui permettent de les réguler. Cependant, “C’est tout un ensemble, tout un environnement qu’il faut prendre en compte”. Ainsi, l’école, l’entourage, les grands-parents aussi peuvent véhiculer et transmettre des valeurs, des émotions et donc des peurs. “C’est un ajustement permanent” Source

De fait, imaginons, un adulte mordu durant l’enfance ; ses propres parents peuvent ressentir un sentiment de culpabilité car ils n’ont pas protégé leur progéniture, un sentiment de colère envers le chien qui a mordu, une appréhension à l’approche d’un autre chien ; l’enfant grandira peut être avec la peur du chien ; directement ou indirectement, il l’insufflera à son propre enfant, par des interdictions d’approcher et par des mises en garde répétées ; dans la sphère familiale, les grands-parents, par ce même vécu antérieur, relayeront le même discours ; ce qui renforcera, pour l’enfant,  l’idée selon laquelle, le chien est dangereux.

D’où ; il est essentiel d’informer, de prévenir les morsures en inculquant les bons gestes ; il faut intégrer la notion de danger, en favorisant la responsabilisation et en encourageant les bons comportements, les bons gestes pour que cette notion de danger soit une mise en garde et pas le déclencheur d’une peur qui coupera l’enfant de toutes relations ultérieures avec les chiens.

Ce n’est pas de la peur, c’est autre chose !  

Il y a plusieurs paramètres que l’on peut aussi recenser dans notre société, outre les personnes qui ont peur des chiens ; il y a également ceux qui se sentent mal à l’aise en leur présence ; ceux qui éprouvent du dégout ou de l’agacement ; allant jusqu’à déclarer qu’ils n’aiment pas les chiens, et ce, sans en avoir peur pour autant.

Selon Annique Lavergne, docteure en psychologie et spécialiste du deuil animalier au Canada ; « Les animaux nous ramènent à la simplicité et apportent une affection constante, sans retenue »

Le fait de grandir au contact avec les animaux facilite bien évidemment ce sentiment d’attachement que l’on leur manifeste à l’âge adulte ; cependant, il n’y a pas d’âge pour apprendre à les aimer. Encore faut-il le vouloir ; l’explication peut également trouver son origine dans la difficulté de certaines personnes à manifester ou accueillir une manifestation de sentiment ; le chien par exemple ; apprécie les caresses, et manifeste son attachement par le toucher, le contact physique ; une personne qui souffre des contacts physiques, qui n’est pas à l’aise avec la manifestation corporelle par son vécu ou un traumatisme lié à l’enfance ou encore une mauvaise expérience qu’elle soit humaine ou animale, peut rejeter en bloc ce type de manifestation affective du chien ; qui est pour elle source d’angoisse et de mal être.

La psychanalyste Marjolaine Heymes ; évoque également l’effet miroir ; en prenant l’exemple du chat ; de nature indépendant, qui pourrait être rejeté parce que la personne a un problème avec ce trait de caractère qui le caractérise ; soit elle est dépendant et souhaite ne plus l’être afin d’éviter toute souffrance ; soit parce qu’elle est indépendante et ne s’accepte pas. Il en va de même avec le côté gentil et fidèle du chien ; un dénigrement de ce comportement peut entrainer un rejet de l’espèce.

Un autre cas de figure ; le dégout ; peut être car l’enfant a grandi dans une sphère familiale qui a véhiculée l’idée que les animaux, le chien en l’occurrence, est une créature sale, porteuse de microbe, puante ; à l’âge adulte cette notion est ancrée et le rejet du chien est effectif par peur des microbes, bactéries, craintes de poils, etc.

Une autre possibilité ; le rejet du chien par souffrance ; il peut arriver lorsqu’un enfant a grandi avec un chien, et que malheureusement, celui-ci meurt naturellement ou prématurément; si l’accompagnement du deuil et les explications données par la famille n’étaient pas adaptées, ou que la perte ait tout bonnement été occultée ; il se peut que l’enfant grandisse avec une rancœur à l’encontre de l’espèce. Une manifestation de l’incompréhension, du sentiment d’abandon ; cela peut également se produire en cas de fugue, sans que le chien ne soit retrouvé. D’où l’importance de mettre des mots sur les évènements avec les enfants, en pensant les protéger on peut causer des problématiques plus lourdes.

Vous l’aurez compris ; lorsque quelqu’un vous signale qu’il a peur des chiens, il ne faut pas prendre cela à la légère et il ne faut pas s’en offusquer; il nous incombe d’être bienveillant, et de contribuer au mieux vivre ensemble de nos chiens avec les personnes qui les entourent ! Un peu d’empathie n’a jamais tué personne… nous pouvons, par de nos bons comportements contribuer à une meilleure intégration de nos chiens dans la société ; montrons l’exemple ; du mieux vivre ensemble, même si parfois, cela demande de faire preuve de psychologie et de prendre sur soi ; démontrons que nous et nos Dogs, sommes capables de nous adapter aux situations complexes par notre bon sens et notre grande complicité ! Accordons aux autres le respect et la patience que nous souhaitons que l’on nous accorde … et même si la réciproque ne vient jamais, au moins, on aura attesté de notre sens des responsabilités !

N’oublions pas que les chiens peuvent également être sujets à la peur ; notamment, la peur de l’humain lorsqu’ils ont vécu une mauvaise expérience ;

Au palmarès des autres peurs de nos compagnons ; on peut trouver : Les détonations, feux d’artifices, bruits liés par les deux roues ; coup de fusils, congénères, vagues, colliers, harnais, valises, bruits domestiques (aspirateur, sèche-cheveux, …), les reflets liés aux jeux de lumières ; les insectes, les jeux d’enfants sur roues, le bain, le vétérinaire, la voiture, etc… Des peurs souvent liées à une mauvaise expérience, un vécu, une méconnaissance, ou tout simplement un manque de contrôle sur la situation.

Si votre compagnon est sujet aux peurs, sur le blog, “comment aider poilu à gérer ses peurs?” vous pourrez trouver un article qui évoque celles rencontrées par Queeny ainsi que les astuces que nous avons mis en place avec elle !

Queeny & L'humaine
Queeny & L’humaine

𝘘𝘶𝘦𝘦𝘯𝘺, 𝘤𝘳𝘰𝘪𝘴𝘦́𝘦 𝘈𝘒𝘈 𝘱𝘢𝘶𝘱𝘪𝘦𝘵𝘵𝘦 e𝘵 𝘴𝘰𝘯 𝘩𝘶𝘮𝘢𝘪𝘯𝘦 💬𝙵𝚘𝚗𝚍𝚊𝚝𝚛𝚒𝚌𝚎 𝚍𝚎 𝙼𝙳𝙸𝙰𝚀 𝚎𝚗 𝟸0𝟷𝟼 𝗥𝗲́𝗱𝗮𝗰𝘁𝗿𝗶𝗰𝗲𝘀 𝗕𝗹𝗼𝗴 & 𝗠𝗮𝗴 𝟭𝟬𝟬% 𝗗𝗼𝗴𝗺𝗼𝗺𝘀 ◽Dღɢℓɨƒєsтγℓє / Иєωs◽ 𝑅𝑢𝑏𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑝ℎ𝑎𝑟𝑒𝑠 : 𝑊𝑖𝑠ℎ𝑙𝑖𝑠𝑡, 𝑏𝑜𝑢𝑞𝑢𝑖𝑛𝑒, 𝐷𝑜𝑔𝑠𝑚𝑜𝑚𝐿𝑖𝑓𝑒,..

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