Les dangers

Danger de l’été : les serpents… Comment différencier Couleuvres et Vipères ? Que faire en cas de morsure ?

29 avril 2021

#Prévention & Informations

Il est un ennemi, tapis dans l’ombre, silencieux, fourbe… et souvent mortel pour nos poilus dont nous n’avons encore jamais abordé la question sur le blog.

Capable de se faufiler partout, il se fait tellement discret, qu’il surprend et nous prend au dépourvu… nul bruit ne s’échappe de ses écailles, seuls ses sifflements peuvent le trahir, je parle bien évidemment du serpent !

Dans nos contrées françaises, heureusement, peu de ces reptiles sont représentés. Et c’est tant mieux ! Parmi les plus connus et courants : les Couleuvres et les Vipères.

Si la première est inoffensive, même si elle peut mordre, la seconde, venimeuse, peut être mortelle… surtout pour nos petits compagnons à 4 pattes. Il convient donc de savoir non seulement les différencier au cas où nous tomberions nez à nez, ou truffe à nez, avec l’une d’elles, mais également de connaître la marche à suivre en cas de morsure.

Les espèces présentes en France

L’ennemi venimeux : la Vipère

Alors qu’il existe des centaines de variétés de vipères dans le monde, seules quatre espèces sont présentes sur le territoire français (France métropolitaine et Corse). Et c’est tant mieux !

Les principales que l’on retrouve en France sont :

  • la vipère aspic (Vipera aspis)
  • la vipère Péliade (Vipera berus)
  • la vipère d’Orsini (Vipera ursinii)
  • la vipère des Pyrénées (de Seoane) (Vipera Seoane)

Les deux dernières sont plus rares en France, la grande majorité des blessures et envenimation sont dues aux vipères Aspic et Péliade.

L’ennemi non venimeux (mais qui mord quand même) : la Couleuvre

Les espèces de couleuvres sont plus nombreuses en France. Certaines sont nommées Coronelles, d’autres Couleuvres. On compte huit espèces sur notre territoire (France métropolitaine et Corse).

Parmi les couleuvres françaises, vous trouverez :

  • La Coronelle lisse
  • La Coronelle girondine,
  • La couleuvre d’Esculape,
  • La couleuvre à collier,
  • La couleuvre verte et jaune,
  • La couleuvre vipérine (aussi appelée “aspic d’eau”),
  • La couleuvre à échelons,
  • La couleuvre de Montpellier

Différencier Couleuvres et Vipères

En retenant les trois différences majeures entre les deux espèces, et en observant un minimum le reptile face à vous, vous devriez rapidement savoir si vous êtes confrontés à une couleuvre ou une vipère.

Couleuvre à gauche, Vipère à droite

Tout d’abord, étudions la tête de la bête… puis son corps…

1ère différence : les écailles

La Couleuvre possède de grosses écailles sur le sommet du crâne, tandis que la Vipère, des petites.

Attention, une ancienne croyance voulait que l’on regarde la forme de la tête pour différencier les deux espèces, mais il n’en est rien : certaines Couleuvres peuvent avoir la tête triangulaire comme les Vipères, au lieu d’ovales plus généralement…

2ème différence : les yeux

La couleuvre possède des pupilles rondes, comme les humains. En revanche, la vipère, elle, possède des pupilles verticales, un peu comme nos amis les félins.

On parle souvent de langue de vipère, mais là, ce sera plutôt un regard de vipère à étudier ! Bon clairement, il faut se trouver très proche de la bête pour lire dans son regard… et je crois que je préférerais personnellement ne jamais avoir à distinguer sa pupille ! Que Mr ou Mme Serpent soit vipère ou couleuvre !

3ème différence : la forme de la queue

La queue de la Couleuvre est longue et fine. En revanche, celle de la Vipère est courte et épaisse.

Donc retenez bien, si vous vous trouvez devant un serpent qui a de petites écailles sur la tête, des pupilles verticales comme les chats et une queue courte et large, vous êtes en présence d’une méchante vipère !!

Il existe bien d’autres différences entre Couleuvres et Vipères, mais les trois ci-dessus sont les plus faciles à observer et retenir.

Parmi les autres différences :

  • la couleuvre possède 2 écailles anales quand la vipère n’en possède qu’une seule,
  • la couleuvre a le museau arrondi et pas de crochet (ils sont au fond de la mâchoire), alors que la vipère possède 2 crochets et un museau retroussé,
  • la couleuvre peut être très longue (jusqu’à 2m) tandis que la vipère ne dépasse pas 70 à 80cm,
  • le déplacement de la vipère se fait en zigzag beaucoup plus serrés que la couleuvre

Périodes et zones à risque – comment éviter les accidents

Les accidents se produisent généralement de mars à novembre, donc du printemps jusqu’à l’automne ! Cette période correspond à la période d’activité des vipères. Il faut savoir que les vipères ont cependant deux périodes durant lesquelles elles seront particulièrement dangereuses : au printemps, qui correspond à une période lors de laquelle les vipères sont naturellement plus agressives, et à l’automne, qui correspondant à la période de chasse des reptiles. Toutefois, si jamais elles venaient à être embêtées ou à se sentir en danger durant l’été, elles attaqueront si elles ne peuvent prendre la fuite. Il convient donc de rester prudent en toute saison.

Généralement, les vipères sont assez peureuses. Il en est de même pour les couleuvres, qui rappelons le, ne vont pas envenimer poilu mais peuvent toujours le mordre (exceptée la couleuvre de Montpellier qui peut exceptionnellement injecter du venin). Pour entraîner leur fuite, il faut faire du bruit.

Lors de vos promenades dans des zones à risques, n’hésitez pas à utiliser un bâton pour  frapper le sol, et surtout, veillez à bien surveiller votre ou vos poilus ! Ignorant les dangers qui peuvent les guetter, les poilus ont tendance, en pleine nature, à aller fourrer leur truffe un peu partout. Et c’est bien normal, il s’agit d’un comportement naturel ! Mais en agissant ainsi dans certaines zones, il se pourrait bien qu’ils dénichent des serpents… et se fassent croquer le museau, la tête ou les pattes généralement.

Il convient donc de connaître les zones à risques, dans lesquelles pourraient se nicher les vicieux reptiles pour empêcher poilu d’aller sniffer par là, et ainsi éviter les accidents.

En général, la vipère aspic se cache dans les friches, dans les zones rocailleuses, ou dans les zones où vous trouverez des talus, herbes hautes, haies, taillis, dans les broussailles, et généralement en terrains plutôt secs.La vipère péliade est plus fourbe, et peut se rencontrer en terrains variés, et même parfois humides ou marécageux.

Il en est de même pour les couleuvres : jeune, la couleuvre étant semi-aquatique, elle préfère les zones humides et fréquente les points d’eau pour se nourrir. Plus âgée, elle peut y rester ou aller se loger dans ses zones sèches voire arides, tout comme la vipère : zones rocailleuses, brousailles, haies… et, elle a une tendance à pratiquer l’escalade et à se faufiler partout !

Ainsi, dans les zones à risques, il est vivement conseillé de tenir son chien en laisse, de façon à l’avoir proche de soi et pouvoir le tirer rapidement d’une mauvaise passe.

Mais attention, même tenu en laisse votre poilu pourrait vouloir chassouiller (oui, j’invente un verbe ! Chassouiller : action de chasser de façon désinvolte). Les risques sont donc toujours présents. La prudence reste de mise quoi qu’il en soit lorsque l’on se promène dans des zones à risques.

Les vipères, et couleuvres, attaquent lorsqu’elles se sentent menacées et n’ont pas de possibilité de fuir, lorsqu’elles sont prises au piège, ou alors, lorsqu’elles sont surprises et très proches de leur agresseur…

Il est également à retenir que même un bébé vipère est dangereux ! Dès leur naissance, les vipères produisent du venin et sont capables de l’injecter lors de la morsure. La vipère peut envenimer plusieurs fois son adversaire, ou plusieurs adversaires coup sur coup… en effet, elle n’injecte pas la totalité de la dose de venin présent dans ses crochets lors d’une morsure… elle peut donc mordre plusieurs fois et envenimer plusieurs fois.

De manière générale, on retiendra que la vipère peut mordre sans injecter de venin, piquer avec ses crochets sans pour autant injecter du venin (envenimation non systématique), envenimer son adversaire via morsure. Elle a donc trois façon de faire, mais étant donné que l’on ne peut vérifier si elle a injecté du venin, et à quelle dose, la chose à faire sera toujours la même : consulter en urgence un vétérinaire. 

Comment se rendre compte que poilu a été mordu ?

Dans un premier temps, et avant même de savoir ce qu’il s’est passé, il est fort probable que poilu crie de douleur lors de la morsure, ou alors revienne vers vous en boitant ou en courant après avoir pris peur. La morsure de vipère est généralement très douloureuse. Mais il peut tout aussi bien ne rien montrer, certains poilus peuvent être très résistants… et dans ce cas là, seule l’observation d’un changement de comportement pourra vous mettre la puce à l’oreille… Se lèche-t-il la patte ou essaye-t-il de se gratter une zone particulière ? Y a-t-il des petits saignements, une plaie ? Des gonflements ? 

Dans le cadre d’une simple morsure, on verra les traces des crochets : deux trous séparés de 0.5 à 1 cm environ, le plus souvent au niveau de la tête ou les pattes. Il peut y avoir les signes d’une inflammation locale :

  • Douleur
  • Rougeur
  • Chaleur
  • Oedème

Sans même avoir à parler d’injection de venin, la morsure peut s’infecter et la blessure être profonde. Il faut donc aussi consulter son vétérinaire pour des soins locaux, et la mise en place d’un traitement si nécessaire (antidouleurs, antibiotiques).

A ce stade, et dans le cadre d’une morsure de vipère, on ne peut savoir si le serpent a injecté du venin, donc dès la détection de la morsure, on file chez le vétérinaire de toute urgence ! Le temps est précieux !

En effet, dans le cas d’une vraie envenimation, il s’agit d’une urgence vitale. L’envenimation peut se généraliser si l’on agit pas suffisamment vite, et atteindre tous les organes : reins, fois, intestins, etc… des toxines et enzymes sont contenues dans le venin et en font un véritable cocktail neurotoxique (cerveau), hémotoxique (sang) et myotoxique (muscles). Mais il peut aussi entraîner des réactions allergiques (oedèmes, chocs anaphylactiques), ou encore des symptômes cardiotoxiques (cœur) et néphrotoxiques (reins).

En plus des signes locaux, lors d’une envenimation, des signes généraux de peu graves à graves, voire très graves, apparaissent :

  • Fièvre
  • Asthénie et atonie (abattement et fatigue importante)
  • Hémorragies, notamment par les différents orifices (nez, oreilles, yeux, bouche) mais aussi dans les urines ou les selles… (hématurie, hématémèse, méléna, épistaxis)
  • Pétéchies (taches rouges/violettes sur le corps et les muqueuses comme dans la bouche, sur les babines, etc..)
  • Ictère (jaunissement des muqueuses et du blanc des yeux)
  • Vomissements
  • Diarrhée
  • Troubles de la circulation et cardiaques (hypotension, troubles du rythme)
  • Convulsions et troubles neurologiques (chien agard, évanouissement, trouble des sens)
  • Paralysie
  • Relâchement des sphincters avec apparition d’une incontinence urinaire et/ou fécale
  • Troubles respiratoires
  • Nécroses des tissus (gangrène)

Puis apparaissent des troubles extrêmement graves… et mortels :

  • Insuffisance rénale aiguë : les reins ne fonctionnent plus de façon transitoire… mais état qui peut rapidement devenir permanent, et entraîner le décès
  • CIVD : Coagulation IntraVasculaire Disséminée – il s’agit de formation de petits caillots dans l’organisme, suivi par des hémorragies généralisées qui entraînent le décès de l’animal

Les symptômes apparaissent généralement entre 30 minutes et 2h suivant l’injection du venin. D’où la notion d’urgence, non seulement par les symptômes graves et très graves mais aussi par la rapidité d’action du venin.

Il faut savoir que les risques dépendent principalement de la dose de venin injecté (mais ça, on ne peut point le déterminer, et nous rappelons que les risques sont bien présents même avec une toute petite vipère) mais aussi et surtout de la taille et du poids du chien : plus il est petit et léger, plus les risques sont élevés et plus il faut agir vite.

On sera donc d’autant plus vigilant avec un poilu qui fait moins de 40kg… (oui, quand même ! Les risques diminuent uniquement pour les très grands chiens…)

Marche à suivre en cas de morsure

A noter que globalement, les gestes de secours sont d’ailleurs les mêmes pour les poilus et leurs humains (petits ou grands !).

1er conseil extrêmement important : NE PAS PANIQUER !

Nos poilus sont des éponges, ils ressentent nos émotions et les partagent. Le problème, c’est qu’en stressant, le rythme cardiaque s’accélère… et plus le rythme cardiaque s’accélère, plus la propagation du venin sera rapide. On tente donc de garder son calme au maximum afin que poilu soit calme lui aussi.

Et dans la même lignée, on ne fait pas faire d’effort à poilu : sur le trajet en direction du vétérinaire, on porte poilu au maximum. Les efforts, tout comme le stress, augmentent le rythme cardiaque, et donc la rapidité de circulation du venin.

On téléphone tout de suite au vétérinaire le plus proche, et si la morsure tombe un dimanche, un jour férié ou hors des heures d’ouvertures, on contacte le vétérinaire de garde au plus vite.

Lors de cet appel, il conviendra de prévenir le vétérinaire que nous arrivons avec un poilu qui s’est fait mordre par un serpent. Si on a la description du serpent, une photo, ou encore mieux qu’on a pu l’identifier, on informe le vétérinaire lors de cet appel.

Pour déterminer où se trouve le vétérinaire ouvert le plus proche, disposer d’une application sur son téléphone peut être judicieux : on pourra notamment vous conseiller SOS Pets, dont nous avons déjà parlé sur le blog, un indispensable pour nous pour parer à toute éventualité :

Si possible, on applique du froid sur la zone de la morsure : pain de glace dans les glacières, compresses d’eau froide, ou directement de l’eau froide sur la zone. Il existe des “Ice Pack” qui permettent, dès activation, de produire du froid pendant près de 30 min.

Ce sont des petites poches qui peuvent aisément être placées dans la trousse de secours . Elles pourront aussi être utiles en cas de blessures type entorse par exemple…

Le froid permet de ralentir la diffusion du venin par vasoconstriction (les vaisseaux se rétrécissent et le sang circule moins vite, donc le venin se répand moins vite aussi). Il permet aussi de diminuer la douleur ressentie.

Si, et seulement si, poilu est docile et accepte qu’on approche de la zone de la blessure, on pourra désinfecter UNIQUEMENT A LA BETADINE (solution iodée). Ne surtout pas utiliser d’alcool pour la désinfection, celui-ci accélérerait la diffusion du venin et entraînerait encore plus de douleurs.

Et bien évidemment, se rendre le plus vite possible chez le vétérinaire que vous aurez contacté. Il n’y a pas de temps à perdre, le temps est précieux et peut être compté pour poilu sans prise en charge rapide…

Maintenant, retenons les choses A NE SURTOUT PAS FAIRE

  • Interdiction de paniquer et stresser votre poilu (même si c’est plus facile à dire qu’à faire)
  • Interdiction de désinfecter avec de l’alcool
  • Interdiction de faire un garrot : le venin serait bloqué dans la même zone, risque de nécrose des tissus
  • Interdiction d’inciser la zone de la morsure : le venin serait répandu encore plus vite
  • Interdiction d’aspirer le venin à la bouche : vous pourriez vous envenimer vous-même
  • Interdiction d’administrer un sérum antidote pour humain : choc allergique mortel !!
  • L’utilisation de l’aspivenin (bidule qui aspire le venin) est inutile, perte de temps précieux !

Prise en charge par le vétérinaire

La prise en charge par le vétérinaire dépendra du type de serpent qui a mordu et des symptômes que présentera poilu.

Seul le vétérinaire est à même d’établir un diagnostic et d’administrer les bons traitements. Il pourra, selon les cas et l’état de l’animal, administrer un anti-choc, des perfusions de soutien (hydratation par exemple), des antibiotiques, des antidouleurs… voire transfuser en cas d’hémorragie…

Des examens complémentaires, notamment prises de sang, pourront être nécessaires afin d’étudier les différents marqueurs et détecter une éventuelle défaillance d’organe. 

Dans tous les cas, faites donc confiance à votre vétérinaire !

Nous retiendrons donc plusieurs petites choses pour éviter une situation dramatique :

  • Prudence dans les zones à risques – on surveille poilu, on fait du bruit en marchant
  • On dispose d’une trousse de secours sur soi ou pas loin avec désinfectant iodé et poche de froid type ice pack lors des balades
  • On tente de ne pas paniquer si jamais poilu se fait mordre, et si possible d’identifier le coupable (couleuvre ou vipère), sans se mettre en danger cela va de soi
  • On dispose de l’application SOS Pets sur son téléphone qui permet de contacter le vétérinaire le plus proche
  • On dispense les premiers secours de base (rassurer poilu, refroidir et désinfecter la plaie) et on file en urgence chez le vétérinaire !!!
Luna's Team
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ʟᴜɴᴀ·s ᴛᴇᴀᴍ; ᴋᴀʀᴇɴ﹐ ɴᴀʟɪᴇ﹐ ʟᴜɴᴀ ﹠ ᴘ·ᴛɪ ᴅ·ʜᴏᴍᴍᴇ; ʀᴇ́ᴅᴀᴄᴛʀɪᴄᴇs 𝘽𝙡𝙤𝙜 𝙚𝙩 𝙈𝙖𝙜 100% 𝘿𝙤𝙜𝙢𝙤𝙢𝙨 – 𝘼𝙡𝙡 𝘽𝙖𝙗𝙮𝙨- ʀᴜʙʀɪϙᴜᴇs ᴘʜᴀʀᴇs ﹕ ᴛᴀᴋᴇ ᴄᴀʀᴇ﹐ ᴍɪɴɪ ʜᴜᴍ·s ᴀᴅᴅɪᴄᴛ﹐ ʙᴀʙʏᴅᴏɢ ᴇᴛ ᴘʟᴜs ᴇɴᴄᴏʀᴇ…

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