My Cat is a King On bouquine ?

Ermelinde, la chatte du baron de Gleichen au siècle des Lumières; par Simone Gougeaud-Arnaudeau aux Editions Vérone

22 avril 2021

#Bouquine

Lors d’un voyage dans le temps !

Ermelinde est une chatte angora authentique. Son maitre Charles-Henri, baron de Gleichen, nommé à Paris en 1763 sous la protection du duc de Choiseul, fut l’un des plus francophiles des diplomates du XVIIIe siècle. Elle a donc beaucoup à nous apprendre à la fois sur les hommes et leur sociabilité comme sur les chats, martyrisés par les uns, choyés par les autres. Ces petits félins étant, selon la légende, dotés de neuf vies, Ermelinde conduira le lecteur jusqu’en 1807, l’année de la bataille d’Eylau, qui est aussi l’année de la mort du baron à Ratisbonne. Sous la forme d’une fable historique, elle fera elle-même découvrir son univers et une longue période riche en événements.

L’ouvrage rédigé par Simone GOUGEAUD-ARNAUDEAU; est à placer dans la catégorie “roman”, publié aux Editions Vérone, il est vendu 13.50 euros.

Simone Gougeaud-Arnaudeau, docteure ès lettres de l’Université Paris VII – Denis Diderot, est une enseignante à la retraite depuis 2004. Elle a publié des biographies de personnages parfois méconnus, qui ont cependant marqué leur temps, ainsi que deux ouvrages sur les chats : Les chats de noble compagnie, une anthologie du XVIIIe siècle, où l’on
découvre Ermelinde pour la première fois, et Le chat d’Émile Zola qui incite à la (re) lecture de l’œuvre féconde de cet auteur décoré par la Société protectrice des animaux. Depuis toujours, les petits félins sont les compagnons de vie de l’écrivaine.

Un extrait ?

“D’aucuns pensent que nous, les petits félins des foyers, sommes plus attachés à notre territoire qu’à nos maîtres. Rien n’est moins vrai. Tout ce qui concerne mon maître m’intéresse jusqu’à sa vie avant qu’il ne m’adopte. Son parcours est étonnant, alors, si vous le voulez bien, commençons par le début. Je l’ai souvent entendu parler de ses origines et du pays qu’il a quitté. Karl Heinrich von Gleichen, est né en 1735 à Nemersdorf dans l’un des innombrables
états du Saint-Empire romain germanique. Fils unique du grand veneur de la cour de Bayreuth ou de Bareith comme les Français disent alors, il fait des études à Leipzig (où il a connu le poète Gellert, auteur de fables
très populaires) et les complète à Paris. De retour dans sa chère ville de Bareith, Charles-Henri est nommé gentilhomme de la chambre du margrave, Georges-Frédéric-Charles de Brandebourg-Bayreuth, puis chambellan de Wilhelmine, son épouse. Fille aînée du roi Frédéric-Guillaume Ier de Prusse, Wilhelmine voue une profonde affection à son frère Frédéric le Grand. En 1753, Gleichen rencontre Voltaire à la très française cour de Bayreuth. Le philosophe avait déjà séjourné à Berlin en 1743, il vient d’y passer trois ans. Mais c’en est fini des soupers philosophiques au château du Rheinsberg où sont conviés tous les beaux esprits d’Europe : l’amitié de Frédéric n’a qu’un temps. Auprès de Wilhelmine, Voltaire espère un retour en grâce”. Source – CP

La structure de l’ouvrage : Prologue, suivi de 16 chapitres, épilogue et enfin; les faits anecdotiques;

Bonus;

Pour information, l’ouvrage est illustré par Pauline Touli; certes, les illustrations sont en noir et blanc mais elles n’en demeurent pas moins très artistiquement appréciables ! Pour découvrir son univers CLIC

©_pauline_design pour l’ouvrage;

Un ouvrage qui permet d’aborder l’histoire; qui plus est, lors d’un siècle riche en évènements; le Siècle des Lumières, porté par ses philosophies; la Renaissance, qui comme son nom l’indique, permettra à Ermelinde d’assister à des changements sociétaux, forts de conséquences. Ce livre peut donc plaire tant aux amoureux des chats, qu’aux passionnés d’histoire, qui apprécieront de pouvoir appréhender l’histoire par le point de vue d’ERMELINDE qui s’exprime à la première personne du singulier; pour cause, elle est à la fois la narratrice et le personnage principal de l’histoire; et c’est d’ailleurs, toute la richesse de cet écrit ! Bien souvent, les romans qui nous transportent dans une temporalité antérieure peuvent sembler accessibles aux érudits mais moins attrayants pour le lecteur lambda; ce qui est loin d’être le cas de ce livre grâce au dynamisme de ces échanges et au regard éclairé et éclairant que porte Ermelinde sur les événements historiques qu’elle nous permet de vivre indirectement. Il y a une surréalité dans cette réalité; le fond de l’histoire, composé d’événements historiques réels est d’autant plus captivant, que la forme imagée incarnée par Ermelinde; entendons: ses dialogues, ses pensées, son regard porté sur les événements; confère à l’ensemble une réalité à laquelle on croit, elle est plausible et rend ce personnage félin très attachant ; On salue donc sa répartie, sa sagesse et sa “majesté spirituelle”, fidèle à l’image que l’on se fait des chats en général.

Un ouvrage et une représentante féline pleine d’esprit; par exemple, Ermelinde clarifie la méprise entre “Angora” ou devrions-nous dire, avec davantage de précisions, “D’angora” et non “d’Angola”. C’est donc, une chatte vive d’esprit, et c’est ce qu’on se plait à imaginer au quotidien; si les chats pouvaient parler, sans nul doute, qu’ils se montreraient subtils, raffinés, déconcertants de clairvoyance; peut-être même bien loin de la grandiloquence dont feraient certainement usage les chiens. Elle survit à son humain avec philosophie et humilité, ce qui renforce encore l’estime que l’on nourrit progressivement pour Ermelinde au fil des pages.

Un ouvrage qui n’exclut pas les chiens; j’ai particulièrement apprécié le chapitre 16 “Eylau, de triste mémoire“, qui relate la fin héroïque de “moustache“; l’humain fait bien trop souvent abstraction de la présence animale sur le champ de bataille ou du rôle joué par les chiens, chevaux ou même oiseaux, au travers l’histoire;

Je recommande ce livre aux amoureux du temps; de la pensée, des belles lettres, car soyons clairs; c’est un ouvrage extrêmement bien rédigé tant par la syntaxe, les tournures de phrases, les référents culturels ou encore le vocabulaire mobilisé lors de sa rédaction. Il est frais malgré la période concernée, il est lumineux et très agréable à parcourir. Les protagonistes nous emportent, le temps d’une lecture, en ces temps de renouveau, avec le bonheur de redécouvrir l’histoire sous un angle nouveau.

Pour approfondir votre lecture; je vous recommande l’ouvrage du Baron de Gleichen, souvenirs; dont fait écho à l’ouvrage Ermelinde;

<strong>Team Paupiette</strong>
Team Paupiette

𝘘𝘶𝘦𝘦𝘯𝘺, 𝘤𝘳𝘰𝘪𝘴𝘦́𝘦 𝘈𝘒𝘈 𝘱𝘢𝘶𝘱𝘪𝘦𝘵𝘵𝘦 e𝘵 𝘴𝘰𝘯 𝘩𝘶𝘮𝘢𝘪𝘯𝘦 💬𝙵𝚘𝚗𝚍𝚊𝚝𝚛𝚒𝚌𝚎 𝚍𝚎 𝙼𝙳𝙸𝙰𝚀 𝚎𝚗 𝟸0𝟷𝟼 𝗥𝗲́𝗱𝗮𝗰𝘁𝗿𝗶𝗰𝗲𝘀 𝗕𝗹𝗼𝗴 & 𝗠𝗮𝗴 𝟭𝟬𝟬% 𝗗𝗼𝗴𝗺𝗼𝗺𝘀 𝙲𝚑𝚊𝚛𝚐𝚎́𝚎 𝚍𝚎 𝚌𝚘𝚖𝚖𝚞𝚗𝚒𝚌𝚊𝚝𝚒𝚘𝚗 ◽Dღɢℓɨƒєsтγℓє / Иєωs◽ 𝑅𝑢𝑏𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑝ℎ𝑎𝑟𝑒𝑠 : 𝑊𝑖𝑠ℎ𝑙𝑖𝑠𝑡, 𝑏𝑜𝑢𝑞𝑢𝑖𝑛𝑒, 𝐷𝑜𝑔𝑠𝑚𝑜𝑚𝐿𝑖𝑓𝑒,..

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