My Queen et les associations Pour doglovers Only

SAUVE TON BOURBON

17 avril 2021

#ASSOCIATION

Zoom sur les problématiques à l’île de la Réunion

Comme vous le savez, la cause animale nous tient particulièrement à cœur ; c’est pourquoi, nous avons décidé de mettre à l’honneur une association que nous admirons beaucoup ; L’association sauve ton Bourbon …

Pourquoi cette association ? D’une part car par sa seule existence, elle pointe du doigt l’inégalité d’avancée de la cause animale en France ; d’autre part, car elle s’intéresse à cette catégorie de chiens dit atypique ; qu’on peut qualifier d’exceptionnels et uniques.

Présentation officielle;

« Qu’est-ce qu’un “bourbon” ? Le terme exact est un “royal bourbon” qui est le nom donné aux chiens vivants sur l’île de la Réunion (autrefois appelée l’île Bourbon). Nos amis créoles à 4 pattes ne montrent pas véritablement de signes physiques spécifiques. Si vous décidez d’en adopter un, vous serez cependant certain qu’il sera unique.

Sur l’île de la Réunion les chiens et chats errants se multiplient de manière incontrôlée dans les rues de l’île et les associations de protection animale ne savent plus où donner de la tête pour tenter d’enrayer le problème …

Plus de 300 000 chiens y sont abandonnés, errent, souffrent et meurent dans l’indifférence générale. La seule chance de ces animaux réside dans les associations qui se sont créées sur l’île, ou comme pour la nôtre en métropole, aidées par des bénévoles dévoués, qui leur portent secours avec très peu de moyens, mais parvenant quand même à en sauver un nombre non négligeable, et à les faire adopter sur place ou majoritairement en métropole. Notre association peut effectuer ces sauvetages grâce aux dons des particuliers, aux adoptants, mais aussi grâce à tous les différents bénévoles qui forment une grande chaine de solidarité (famille d’accueil, bénévole effectuant les pré visites d’adoption, ceux qui vont chercher les loulous à l’aéroport, les marraines/parrains de nos rescapés …).

Vous l’aurez compris, les conditions de vie pour nos sans voix sur place sont catastrophiques. C’est pourquoi nous avons décidé d’apporter notre aide aux bénévoles sur place, afin d’offrir un nouveau départ à tous ces poilus oubliés … Tous nos animaux pris en charge par notre association sont vaccinés, déparasités, vermifugés, identifiés et stérilisés (ou castrés) quand l’âge le permet, et ils sont suivis par nos vétérinaires sur place.

Tous nos loulous recherchent un foyer où ils trouveront une existence confortable après les accidents de vie qui les ont menés jusque dans les rues. Dépasser leurs peurs, leurs mauvais souvenirs, se réconcilier avec les hommes et arracher un peu de bonheur à leur chienne de vie, c’est l’objectif que nous portons chaque jour. » Source : Seconde Chance

Il s’agit donc d’une association de protection animale basée en métropole dans région bordelaise qui effectue ses sauvetages sur l’île de la Réunion ; ce qui implique un réel système logistique basé sur le bénévolat et la solidarité ; sur place des bénévoles œuvrent aux sauvetages, aux maraudes de mise en confiance, aux soins ; des familles d’accueil servent de zone de réconfort en attente d’une adoption ; des particuliers contribuent parfois au rapatriement des chiens lorsque ceux-ci trouvent famille pour les adopter en métropole. C’est une véritable résistance à la fatalité d’une vie de souffrance et errance qui est organisée au sein de cette association ; mais aussi une belle leçon de collaboration dans notre France morcelées géographiquement par les stigmates de ses anciennes colonies.

La situation des animaux dits de compagnie à la Réunion;

Cause animale, une nation… deux combats : Alors qu’en métropole, nous en sommes arrivés à des avancées majeures dans la conception même de prise en considération du bien-être animal ; sur l’île de la Réunion, les problématiques sont toujours bel et bien présentes. Pourquoi un tel décalage ? Est-ce une question de mentalité ? de précarité ? de manque de moyens associatifs ? de manque d’implication des autorités publiques dans la cause animalière ? ou encore, la corrélation de toutes les raisons susmentionnées ?

Sur place ; une situation inqualifiable ; la stérilisation ne semble clairement pas entrée dans les us et coutumes ; les chiens sont abandonnés, se reproduisent, et c’est le cercle vicieux ; clairement non vertueux pour le bien-être et la cause animale ; de fait, ils sont dénutris, malades, gale ou teigne sont fréquentes, blessés, craintifs, ou apeurés, malmenés par des personnes insensibles à leur détresse ; livrés à eux-mêmes dans un environnement relativement hostiles ; par chance, il y a sur place des bonnes étoiles au grand cœur, qui militent activement pour leur venir en aide ; pour les plus chanceux, une lumière d’espoir se profile, l’adoption !

Des chiffres : en 2018 ; 51 900 et 100 900 chiens dans l’espace public à La Réunion avec une moyenne de 73 000 chiens ; parmi ceux-ci, 30 900 chiens ont en réalité un propriétaire ; Environ 42 000 chiens sont des chiens errants ; 74 % des chiens divagants ne sont pas identifiés et 80 % ne sont pas stérilisés. Données 2018 ; les chiffres sont donc uniquement mentionnés à titre représentatif, par rapport à l’ampleur de la problématique.

Une problématique de société ? Malheureusement, l’approche sociologique de la notion même « d’animaux domestiques », certes, je n’aime pas cette expression, mais pour la nécessité de l’approche, soyons pragmatiques dans la terminologie ;  la maltraitance est banalisée ; ainsi, il n’est pas rare que les chiens soient renversés par des véhicules sans susciter la moindre inquiétude du conducteur, il peut d’ailleurs s’agir d’actes volontaires ; les violences perpétrées par les propriétaires ou les résidents de l’île sont monnaie courante ; Libération, dans son article du 10 octobre 2005, avait d’ailleurs mis en lumière une pratique consistant à utiliser des chiens comme appât pour la pèche au requin; empoissonnements, cibles des agriculteurs, maltraitances multiples ; voilà donc le quotidien des chiens errants à la réunion ; leur prolifération ne plait pas à la population ; cependant, il est un fait établi qu’ils en sont à l’origine…

Une population trop nombreuse : En 2019, Imazpress indiquait « La population canine avec propriétaire s’élèverait aujourd’hui à 222 800, dont 30 900 sont considérés comme divagants. S’ajoutent à cela les 42 100 chiens errants. » Ce qui explique, la prolifération, le manque de stérilisation et de contrôle ; à cela s’ajoute le fait qu’un chien sur deux est abonnés par son propriétaire.

© Sauvetonbourdon

Des us et coutumes à revoir : Sur l’île la stérilisation n’est pas le seul écueil ; l’identification par puce ou tatouage, la vaccination et l’utilisation de la laisse est également problématique ; de fait, il n’est pas rare que les chiens ayant un propriétaire se sauvent, se perdent, et se retrouvent dans la spirale de l’errance involontaire. 

Des enjeux économiques : La présence des chiens « perdus » ; y est beaucoup moins idyllique que sous l’égide de Pan ; les chiens errants dérangent économiquement ; car l’une des principales sources de revenus de l’île réside en son attrait touristique ; force est de constater que la présence de chiens errants est pointée du doigt par la plupart des guides touristiques, comme étant l’un des points majeurs négatif de cette destination cependant très prisée. Une autre problématique évoquée, à l’échelle du territoire, ce sont les attaques signalées par les éleveurs et agriculteurs à l’encontre de leurs animaux d’élevage. Attaques qu’ils attribuent plus aisément au phénomène de violence gratuite amplifiée par l’effet de meute qu’à la nécessité de survivre en trouvant un moyen de subsistance alimentaire ; à défaut d’en être pourvu par l’humain. Une étude menée par l’EPLEFPA-CFPPA de Saint-Paul de juin 2017 à juin 2018 ; porte à connaissance, notamment, ce phénomène.

On évoque également les risques sanitaires de maladies transmissibles à l’homme ; tels que gale ou la teigne ; toxocarose, toxoplasmose, particulièrement risquée pour les femmes enceintes et les personnes immunodéficientes ; enfin serait évoqué le risque de rage ; car, là encore, la vaccination n’est pas dans les us et coutumes.

La réponse des autorités publiques : Des campagnes de stérilisation sont organisées ; des campagnes destinées aux propriétaires non imposables (entendons à faibles revenus, donc) dans la limite de deux animaux ; à condition qu’ils soient identifiés. Ce qui permit, notamment, en 2017 de stériliser 6100 animaux ; avec un impact de 5700 identifications afin de pouvoir en bénéficier. Source: IPReunion

Bilan financier des autorités : 2,7 millions d’euros sont dépensés pour le fonctionnement des fourrières et le ramassage des cadavres d’animaux. En complément, environ 400 000 euros annuels sont engagés dans les campagnes de stérilisation ; Autre finalité ; l’euthanasie ; près de 7250 euthanasies en 2020, soit 19 % des euthanasies pratiquées sur le sol français pour la seule île de La Réunion ; donnée qui ne prend pas en compte l’empoissonnement et la mise à mort, effectuée directement par les locaux. On estime à près de 7000 le nombre de cadavres de chiens et de chats ramassés en une année sur l’île. Pour information, les fourrières récupèrent les animaux errants, adultes et chiots après signalement ; 90 % des animaux capturés sont euthanasiés dans un délai de 4 jours s’ils ne sont pas identifiés, 8 jours s’ils le sont. Notons, que malheureusement, ces chiffres sont toujours mouvants et ne tiennent pas compte, pour rappel, des actions menées par des particuliers. Source : Daff Réunion 2019

L’Etat, par l’intermédiaire du préfet de la Réunion, prend les devants ; un appel à projet ; ouvert depuis le 8 février 2021, avec une enveloppe de 300 000 euros sur la table a été lancé ; ouvert jusqu’en décembre 2022, il a pour vocation d’endiguer la problématique de l’errance canine et de la surpopulation en mobilisant les acteurs associatifs locaux. Plus d’information Plan de relance APP 2021- Plan de soutien à l’accueil des animaux abandonnés et en fin de vie ; Daaf Réunion agriculture pour participer.  

La question soulevée ; cette initiative sera-t-elle suffisante ? Affaire à suivre … nous resterons optimistes, en indiquant, que c’est déjà une bonne perspective ; reste à voir, en pratique comment elle sera menée à bien ; et à quel point les acteurs associatifs locaux seront pris en considération dans leur juste expertise de la situation. 

Notons que les confinements répétés, liés à la crise sanitaire, ont accentué la problématique de surpopulation car les campagnes de stérilisation n’ont pu être menées comme initialement prévues ; ce qui explique, peut-être la prise d’initiative des dirigeants.

Les Réunionnais monstrueux ? Non, il faut nuancer ; on lit beaucoup trop de commentaires faisant clairement l’amalgame entre la condition des animaux malmenés par une portion de population et l’ensemble de cette même population dont une partie œuvre au sein d’associations ; ou encore, nourrissages des laissés pour compte ; notons également, qu’il n’est pas rare, que les métropolitains abandonnent leur animal de compagnie, avant le retour en métropole ; comme quoi…

La problématique des animaux à la Réunion est également intimement liée aux problématiques sociale, culturelle et économique récurrentes sur l’île ; une grande partie de la population vit dans la précarité, loin des plages de rêves et des sites touristiques se dissimule une toute autre réalité. La Réunion fait face à une très forte précarité monétaire avec 40 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté métropolitain. Selon l’INSE, 23% des adultes en situation d’illettrisme ; un tiers des jeunes de 16 à 29 ans sortis du système scolaire sans diplôme ; 60.300 jeunes sont sans emplois ni formation ; on peut donc voir une problématique plus vaste, l’inégalité est plus complexe qu’il n’y parait ; elle est également liée à l’instruction humaine ; d’où la sensibilisation, l’information doit être menée avec pédagogie pour faire évoluer les mentalités, et ainsi, modifier les us et coutumes ; atteignant alors, l’amélioration de la condition animale par une réelle prise de conscience humaniste.  Notons, que c’est également, majoritairement dans ce type d’environnement socio-culturel déficient; qu’on lieu les maltraitances en Métropole; des environnements précaires, des problématiques financières ou lié à l’absence ou instabilité de l’emploi, des manquements éducatifs amplifiés par des facteurs de détresse sociale, tel que l’alcoolisme, les violences domestiques et familiales; sans généralité aucune la violence faite aux animaux est souvent récurrente, également, dans la sphère familiale à l’encontre des enfants ; etc..

Bref, c’est avec toutes ces problématiques convergentes que les bénévoles et acteurs de la cause animale à la Réunion ou en Métropole doivent conjuguer l’action et la réaction afin de mener à bien des sauvetages parfois périlleux;

© Sauvetonbourdon

Vers une plus grande égalité Métropole VS Réunion ? C’est justement toute l’action menée par l’association Sauve ton Bourbon, qui contribue largement, à la sensibilisation de cette flagrante inégalité entre la situation des chiens en métropole et dans les îles en général ; par ses actions de communication, la médiatisation de ses sauvetages, la diffusion de ses réussites, mais aussi, des pertes ; car malheureusement, tous ne peuvent pas être sauvés ; certaines étoiles rejoignent le ciel malgré les bons soins prodigués par les bénévoles dévoués ; c’est la réalité, il est important d’en prendre conscience.

Par son initiative d’appel à projet, on peut oser espérer que les choses changent dans les prochaines années (mon oreillette interne me parle de décennie) car soyons honnête, la situation, très préoccupante, dont l’ampleur est conséquente nécessitera une forte implication des pouvoirs publics sur le long terme, et une grande volonté des locaux à contribuer à la résolution du problème par des moyens en adéquation avec les avancées relatives à la cause animale déjà appliquées en Métropole. C’est donc une construction collective, sur la durée, avec bienveillance qui doit se mettre en place.

Comment aider l’association ?

Elle fait fréquemment appel à mobilisation pour trouver des passagers pouvant participer au transport des petits protégés, au départ de la Réunion jusqu’à leur famille d’adoption en Métropole ; ainsi, si vous effectuez le voyage retour, n’hésitez pas à vous rapprocher de l’association pour voir si vous ne pouvez pas contribuer à un rapatriement.

Il est toujours possible de faire des dons pour soutenir les actions, les sauvetages et les soins des petits réunionnais en attente d’une adoption. Aussi, si vous vivez sur place, vous pouvez vous signaler comme famille d’accueil potentielle.

Enfin, l’adoption de l’un des protégés réunionnais de l’association peut être envisagée ; après avoir compléter un formulaire disponible sur le site, une pré visite sera organisée ; si celle-ci s’avère favorable, un contrat d’adoption sera mis en place ; les frais s’élèvent à 200 euros pour un chiot ce qui correspond aux frais engagés par l’association ; à savoir : l’identification, les vaccinations, vermifuges, bilan de santé complet chez le vétérinaire ainsi que le rapatriement jusqu’en métropole. Pour un chien adulte ; il faudra compter 250 euros, ce qui comprend également aux frais engagés avec la castration ou stérilisation en plus.

© Sauvetonbourdon

Queeny & L'humaine
Queeny & L’humaine

𝘘𝘶𝘦𝘦𝘯𝘺, 𝘤𝘳𝘰𝘪𝘴𝘦́𝘦 𝘈𝘒𝘈 𝘱𝘢𝘶𝘱𝘪𝘦𝘵𝘵𝘦 e𝘵 𝘴𝘰𝘯 𝘩𝘶𝘮𝘢𝘪𝘯𝘦 💬𝙵𝚘𝚗𝚍𝚊𝚝𝚛𝚒𝚌𝚎 𝚍𝚎 𝙼𝙳𝙸𝙰𝚀 𝚎𝚗 𝟸0𝟷𝟼 𝗥𝗲́𝗱𝗮𝗰𝘁𝗿𝗶𝗰𝗲𝘀 𝗕𝗹𝗼𝗴 & 𝗠𝗮𝗴 𝟭𝟬𝟬% 𝗗𝗼𝗴𝗺𝗼𝗺𝘀 ◽Dღɢℓɨƒєsтγℓє / Иєωs◽ 𝑅𝑢𝑏𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑝ℎ𝑎𝑟𝑒𝑠 : 𝑊𝑖𝑠ℎ𝑙𝑖𝑠𝑡, 𝑏𝑜𝑢𝑞𝑢𝑖𝑛𝑒, 𝐷𝑜𝑔𝑠𝑚𝑜𝑚𝐿𝑖𝑓𝑒,..

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