Another pets in wonderland My Queen et les associations On bouquine ?

Les métamorphoses de Camille Brunel

16 août 2020

#Bouquine

Un incontournable de la remise en question ;

Les métamorphoses, second roman de Camille Brunel, paru le 27 août 2020, chez Alma Editeur, 208 pages ;

Au sujet de l’auteur ; né en 1986, Camille Brunel a publié en 2018, également chez Alma Editeur, la guérilla des animaux (grand prix SGDL du premier roman 2019). Il est également l’auteur de deux essais : Vie imaginaire de Lautréamont (Gallimard, 2011) et Le cinéma des animaux (UV Editions, 2018). Il sortira à la rentrée un roman young adult animaliste chez Casterman, Après nous les animaux, collection « roman grand format ».

Crédit photographique © Coline Sentenac

Présentation de l’éditeur;

“Dans le jardin d’Isis (jeune femme végane, ultra connectée, animaliste) apparaît une grue Antigone, bel oiseau étranger à l’Europe. Très vite se multiplient d’autres apparitions insolites, allant de pair avec d’inexplicables disparitions d’hommes et de femmes. Le monde se dérègle et se peuple d’un bestiaire stupéfiant : c’est le début d’une étrange pandémie qui transforme les humains en animaux et confronte nos sociétés à un retour définitif à l’état de nature. Témoin de la métamorphose des membres de sa famille et de ses proches, Isis parviendra-t-elle à faire face à cette épreuve qui met à mal ses propres convictions”.

Camille Brunel revient avec un deuxième roman détonnant. En hommage à Lautréamont, il pense de manière originale le monde contemporain, tirant les ficelles jusqu’au-boutistes des travers de notre société. 

Source: Alma editeur

Je suis rarement si réservée, positivement parlant, quant à mon appréciation d’une œuvre littéraire, une part de moi est déconcertée, et je pense que c’est l’effet escompté, par la conceptualisation d’un tel phénomène, pour être honnête, j’ai toujours nourri une aversion craintive certaine pour la science-fiction, cependant, l’ouvrage ne peut pas vraiment y être apparenté, car le propre du genre est d’esquisser une explication plausible scientifique à un phénomène, ce qui lui confère en quelque sorte une certaine crédibilité ou du moins légitimité relative au récit . La science-fiction d’hier peut s’avérer le quotidien de demain, comme nous l’a allègrement démontré l’histoire ;

En ce sens, où placer ce roman ? c’est justement ce qui peut sembler déconcertant, il y a énormément de réalisme dans la causalité des événements, car ce ne sont ni plus ni moins que les travers sociétaux que nous nous efforçons, bien loin du bon sens, d’appliquer dans notre quotidien. Cependant, le roman est empli d’un imaginaire exponentiel au fil des pages, et ce, jusqu’à la chute.

C’est donc un « OLNI » Objet littéraire non identifié, à mi-chemin entre le pire et le meilleur des avenirs auquel on puisse aspirer ; Cela étant, j’ai apprécié, car nous avons besoin d’être bousculés ; le roman sort des sentiers battus et ouvre une multitude de fenêtres menant sur nous-même.

Là vous vous demandez, à juste titre, pourquoi je parle de fenêtres et non de portes; c’est vrai, souvent on évoque les portes; mais on regarde par la fenêtre, c’est l’exploration possible de ce qu’il y dehors mais aussi, cela implique que l’on puisse également regarder ce qu’il y a à l’intérieur, et plus objectivement, se visualiser tant à l’intérieur qu’à l’extérieur; en revanche, la porte quand on la prend, c’est généralement pour sortir … Ce roman est trop intéressant pour se contenter d’une entrée VS sortie dans notre quotidien !

Evidemment, au fil des pages, je me suis questionnée ; serais-je devenue bestiole ? Quel animal aurais-je pu incarner, dieu me garde d’être un chat, je suis une fille à chiens … tout au mieux un loup, tout au pire, un basset artésien… Tout est-il que la thématique centrale que j’ai sciemment pu extraire de mon esprit embrouillé post-lecture, c’est le traitement infligé aux animaux, cette supériorité propre à la race humaine, en ce sens, le roman peut alimenter de nombreuses réflexions personnelles. Je sens d’ici mes neurones malmenés durant plusieurs jours… mais, c’est un mal pour un bien …

Sous couvert apocalyptique, malgré l’effusion d’espoir jusqu’à la dernière seconde, on en vient à se demander, si finalement, cette surréalité, ne serait pas la clé d’un salut globalisé ; c’est l’apocalypse du genre humain, la fin d’un chapitre mais pas celle du livre ; ainsi naquit l’ère animale… Serait-ce pire ? Il faudrait le vivre pour le savoir ; il y a beaucoup de choses que j’envie à Queeny, la désinvolture d’une existence où tu peux « pisser » n’importe où, bon gré de ton envie, sans te soucier d’un quelconque passant qui pourrait entrevoir tes fesses… les animaux ne serait-il pas plus heureux sans nous ? Très certainement que si… Ne serions-nous pas plus heureux à vivre comme eux ? Assurément.

En gros, dans ce monde nouveau, ce n’est pas forcément le chaos qui prédomine, c’est peut-être tout simplement une nouvelle approche d’un monde plus équitable ; redistribuer les cartes pour mieux reconstruire ; et ainsi, mieux vivre.

On perçoit les préoccupations de l’auteur, la déconnexion de l’individu au monde, depuis que les réseaux ont gagné le monopole de notre attention, qui semble parfois bien limitée ; l’usurpation du leadership humain, on ne mangerait pas les animaux en sachant qu’il s’agit d’humain « métamorphosés », alors pourquoi le faire aujourd’hui ? Cette prise de conscience vegan, qui a déjà fait son chemin dans mon quotidien, il y a quelques années est consolidée par ce contenu ; enfin, la perception d’instinct, écraserais-je ma mère si animalisée, je me sentais menacée par sa présence ; on en vient à se demander si finalement, notre perception même de la menace animale n’est pas exagérée ; Combien d’entre nous n’écrase pas une araignée innocente au lieu de la laisser tout simplement passer ; sans tenir compte de l’incontestable « les petites bêtes ne mangent pas les grosses ».

C’est donc un roman qui bouscule, dans le bon sens, il sera très certainement plus efficace que les discours trop théoriques pour les récalcitrants car il permettra aux lecteurs de s’identifier, de se projeter, en tentant d’anticiper sa place dans cet univers « romanesque », tout en reconsidérant celle qu’il occupe dans le monde réel, au moment où, il tient cet écrit entre les mains… Après libre à lui de le percevoir comme une histoire, ou de l’entrevoir comme une possible introspection offerte par l’auteur, il y a un cheminement propre à chacun qui doit être mené.

Je le recommande donc à ceux qui veulent vivre mieux ; en sachant qu’il faudra vivre autrement ; toujours sur vos pieds rassurez-vous, même si les pattes peuvent présenter certains avantages ! Je suis réservée sur mon appréciation, parce que je trouve ce monde plus idyllique qu’alarmant, le concept d’uniformisation me plaît ; finalement, l’égalité de tous serait la clé pour obtenir la fin des souffrances animales par l’homme, qui soit dit en passant, en prend tellement pour son « grade » que j’ai pensé l’ombre d’un instant que l’auteur était une femme ; d’où le roman ne m’en a plus que davantage car un homme capable de prendre du recul sur sa « gent » » est un homme d’esprit ;  

Bref, je vous souhaite la même « réserve », les mêmes questionnements ; une plume aisée, fluide, très agréable à lire ; un roman d’action, très dynamique et qui, malgré la complexité des thématiques abordées permet vraiment au lecteur d’alimenter sa réflexion voire sa construction individuelle d’être vivant parmi les autres, aussi différents semblent-ils de prime abord, mais similaires en de nombreux points. Un livre donc, que je vous recommande assurément ;

Où acheter ? Le livre vendu 17 euros en version papier et 11.99 euros en E-book ; il est disponible par ICI

Le site officiel d’Alma Editeur / l’Instagram / Le Facebook / L’Instagram de l’auteur Camille Brunel.

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