L’animal, un allié, un double, un miroir de Marie-France Patti

#Bouquine 

Le temps est venu, de se parfaire, de s’interroger ! 

Partager la vie d’un chien, rien n’est plus commun, et cependant, paradoxalement complexe; Qui est-il pour moi, qui est-il pour la société, et encore, plus lourd de sens, qui est-il pour lui-même ! Il n’y a pas d’universalité possible à cette réponse, car comme, pour nous, humaine, les parcours de vie de nos compagnons peuvent être diamétralement différents …

Je vous propose de découvrir un ouvrage qui soulève de nombreuses questions pour le lecteur; tant au niveau d’un positionnement sociétal que d’une introspection nécessaire, il permet de mettre en lumière l’évolution d’une place que l’on accorde ou non, selon notre propre nature; Encore, une fois, point d’universalité possible, l’humain, lorsqu’il est question d’affectif, peut opposer plusieurs conceptions; comprendre sans adhérer, adhérer sans comprendre… Il est parfaitement opportun, et même, dans l’ère du temps, de s’interroger sur la place que notre société accorde à l’animal, sur le rôle que nous lui demandons d’y jouer, et sur celui, qui par sa nature, pourrait être privilégié.

Caractéristique de l’ouvrage : Marie-France Patti, Collection dirigée par Gérard, Bonnet, L’animal : Un allié, un double, un miroir, aux Editions In Press, collection psychanalyse, Psy pour tous, parution 18 septembre 2019, 166 pages, Format: 12,5×18 / ISBN/EAN 978-2-84835-545-0

Présentation de l’éditeur; 

L'animal« Ami ou confident, support de notre imaginaire dans les contes et les mythes… Comment mieux comprendre sa place dans la vie de chacun ?
L’animal est un acteur incontournable aussi bien dans notre réalité quotidienne que dans notre espace psychique.

Allié, il peut être un précieux collaborateur dans diverses professions. II se fait médiateur dans les actions thérapeutiques. Il est ami ou confident, ou compagnon de solitude dans les périodes difficiles. Il contribue à notre bien-être narcissique.

En tant qu’être vivant, il est un double qui nous ressemble étrangement. Il nous enseigne la nature, le cycle de la vie et la mort. Il est le support imaginaire et symbolique de toutes les identifications et projections véhiculées dans les représentations culturelles, du totem au personnage de la littérature enfantine. Il est aussi un miroir qui nous rappelle notre origine animale. Dans un monde de plus en plus déshumanisé, il maintient notre rapport au vivant et nous renvoie l’image de notre animalité ».

Source 

Au sujet de l’auteure;

Marie-France Patti est psychologue clinicienne, psychothérapeute. Enseignante à l’Ecole de Propédeutique à la Connaissance de l’Inconscient (EPCI), elle a publié plusieurs articles dans la revue Psychomédia et dans la Psychiatrie de l’enfant. Elle est l’auteure aux éditions In Press de L’Humour, Un défi aux certitudes (collection « Psy pour tous », disponible en librairie).

Décortiquons l’ouvrage; Celui propose 4 parties; elles-mêmes abordées à l’aide de chapitres aux thématiques pertinemment ciblées. L’ouvrage est donc structuré comme suit…

D’emblée, je vous informe, que je vais tenter de ne pas vous « spoiler » outre mesure sur les contenus; De fait, je vous propose un bref condensé de mes impressions de lectrice, et éventuellement réflexions apparentées….

Partie 1 : Animal qui es-tu?

L’animal est les bêtes ; Qui m’a renvoyé à la distinction que l’on opère entre l’animal et la bête, il suffit de se prêter attentif aux lexiques mobilisés dans les conversations; On entendra les animaux de la maison; et les bêtes de la ferme… L‘ouvrage revient sur ces notions lexicales, qu’il semble judicieuse de maîtriser, et nous remémore la genèse de nos relations avec l’Animal en développant la domestication.

Il permet également de mettre en lumière, l’évolution de ces relations, volontairement intitulé un allié aux multiples ressources… « collaborer, la collaboration », cela me fait écho, parce que finalement, le choix était-il posé? On collabore, par nécessité ou besoin, avant de le faire par envie, dans nos relations à l’Animal, comme le souligne l’auteure; « toutes les civilisations qui ont domestiqué l’animal ont manifesté le besoin, à la fois de le prendre pour modèle et de se différencier de lui. » (p21).

De fait, dans ce chapitre, toutes les formes de collaboration sont abordées, celles que l’éthique félicite, et celle que la « vertu morale » condamne. Aussi, la préoccupation posée par l’approche environnementale et écologique est exposée « un idéal à défendre » permet de recentrer les problématiques au cœur de polémiques et fractures sociales de ces dernières années. Toujours avec une traduction psychologique, qui permet de mieux cibler les enjeux, notamment, de la prise de position intérieure.

Enfin, de l’animal objet à l’animal sujet ;l’approche chronologique, spatiale et temporelle, permet d’intégrer ces notions avec pertinences; Encore un cadre indispensable; comment l’animal objet est-il devenu sujet; quel fut le cheminement de cette transformation, et son impact pour lui, comme pour nous…

Partie 2 : Un acteur incontournable de la vie psychique 

L’omniprésence de l’animal dans la vie de l’être humain; Entre ceux qui les sacralisent,  ceux qui cohabitent, ceux qui les mangent, et ceux qui les portent; Ceux qui les mettent en Une de l’actualité, qui en font des publicités ambulantes, et ceux qui militent pour leurs droits; Ceux qui pointent du doigt leurs souffrances, ceux qui, du contraire, la banalisent, Bref; c’est un fait établi, que l’auteure, fait bien de mettre en évidence, même pour le plus incrédule, ou celui qui voudrait s’y soustraire, l’animal, est partout..

Elle développe plusieurs aspects de cette omniprésence; l’animal de compagnie, qui joue un rôle au plan narcissique; et ce, de plusieurs façons….

J’en suis, je l’assume, et je ne contredis par; car justement, il me semble nécessaire, de se positionner; En mon cas, je pense que Queeny est un atout pédagogique, car elle me permet d’en apprendre beaucoup sur moi, j’ai énormément évolué « humainement parlant » à son contact; bien qu’évidemment, il y ait une portée narcissique, ne dit-on pas que le chien est l’être sur terre qui vous aimera plus qu’il ne s’aime lui-même…. Qui pourrait décliner un amour aussi sincère, nourrissant journalièrement l’estime que l’on peut avoir de soi?! 

Parmi les approches « combler un manque », incarner un objet transitionnel, valorisation narcissique… Mais aussi « au plan thérapeutique« , par la médiation animale dans la thérapie, la compensation d’un handicap; Ou encore, « au plan pédagogique« : observer, transmette des valeurs culturelles, exprimer ses pulsions; ou justement comme le souligne l’auteure, « l’animal est donc un précieux partenaire à la fois dans l’éducation, l’automatisation, et le processus civilisateur de chaque humaine. » (p67). Aussi, au plan imaginaire et symbolique; l’animal joue un rôle dans la culture, sous forme de représentation. Il suffit de se pencher sur l’étude des fables, des contes, des mythes d’ici et d’ailleurs, pour réaliser à quel point l’Animal occupe une place conséquente dans la littérature; mais aussi, dans les arts, et les croyances, ils sont aussi, récurrents à l’histoire… Emblématiques, sacralisés, représentatifs… Je me souviens d’un cours portant sur l’art africain, porte ouverte à un parcours de l’animalité, ou plus globalement des représentations animales; la figure animale y était très clairement le fil conducteur artistique, mais aussi symboliques, représentatifs, notamment, pour les cérémonies, il y avait également des masques et figurines, le zoomorphisme ; réalisation que l’on retrouve dans la plupart des civilisations dites « primitives » et antiques; toujours en lien aux croyances, avec la symbolique liée à la nature de l’animal; C’est une notion qui reste dans notre capital culturel; encore aujourd’hui, on associe certains animaux aux traits de caractère que leur prêtent les fables, les mythes, … Un simple exemple; la série culte Game of thrones, et l’animalité, des personnages, apparentés à un Animal… jouait, notamment, sur notre capital culturel… 

Ce chapitre permet d’approfondir ces aspects: figure symbolique, le totem, une représentation imaginaire, le mythe, l’animalité dans l’art, les images parentales dans les contes; J’ai été ravie de la référence à « psychanalyse des contes de fées » de Bruno Bettelheim qui fut durant longtemps, l’un de mes ouvrages de référence, dans l’approche du récit imaginaire. Rappel, à nouveau de la place importante qu’occupent les animaux dans le récit, facilitant les identifications et les projections possibles.

Partie 3 : Les mécaniques psychiques en jeu;  

« Les interactions entre l’homme et l’animal sont sous-tendues principalement par deux mécanismes psychiques très fréquents dans le fonctionnement de tout individu: L’identification et la projection » (p79)

Cette partie est très intéressante; elle développe de manière très détaillée l’identification en définissant, et en caractérisant, notamment les identifications à l’animal; mais aussi la projection; selon la même structure en définissant et en caractérisant; avec par exemple: les projections phobiques, le petit Hans, la projection par le rêve, l’homme aux loups; Des cas abordés par Freud, dont il est judicieux d’avoir connaissance pour cerner les mécaniques psychiques, de manière concrète; Surtout pour assimiler le dernier chapitre de cette troisième partie, à savoir; Du loup au monstre, la clinique actuelleC’est un point que j’apprécie énormément dans cet ouvrage, il est truffé d’exemples, de références, très étayé, et de fait, abordable pour un grand nombre. 

Partie 4 : Humain, animal, animalité;

De la nature à la culture: l’animalité liée au corps, l’enfant-loup; L’animalité et le monstrueux, la bête du Guévaudan, les cliniques de l’extrême. De l’instinct à la pulsion, l’inconscient: La théorie de l’étayage, l’instinct perveti, la pulsion et le démoniaque, le renoncement pulsionnel (la sublimation, les sacrifices d’animaux, la corrida). L’animal, un double: Freud et l’inquiétante étrangeté, le double animé et vivant, le double vivant donc mortel. L’animal miroir; la relation à soi-même, la relation à l’autre, …

C’est véritablement la partie qui a suscité le plus de questionnements pour moi; j’ai tenté d’intégrer les contenus, sous un angle objectif en m’appuyant sur toutes ces nouvelles informations, ces angles d’approche fournis en possibilités d’interprétations; mais il est possible d’ingérer, d’en intellectualiser, et de fait, de le renvoyer à sa propre situation. Queeny est-elle mon double… mon miroir, pourquoi ? La réponse obtenue après grande concertation entre Moi et Moi, est plus philosophique ou morale, que psychanalytique; je pense qu’il y a une part de miroir, constituant mon double de vie; et que je la traite de la manière dont je voudrais être traité si j’étais cette forme Animale, car nous sommes Animal, même si cela choque les récalcitrants, nous sommes Animal… parfois, il serait nécessaire de s’en souvenir… parce que nous avons « la chance » ou « malchance » car finalement, il incombe beaucoup de choses à notre responsabilité, d’être placé au sommet de la hiérarchie actuellement établie….

L’ouvrage se clôt sur la conclusion et la bibliographie des références; qui donne des idées de futures lectures, afin d’approfondir l’une ou l’autre thématique abordée;

Mon avis : C’est un ouvrage très appréciable, complet, extrêmement riche de contenus, très agréable à lire, très accessible en termes de compréhension des sujets, car ils sont abordés avec une grande pédagogie. Comme, précédemment, mentionné, tous les exemples, toutes les références permettent aux non-initiés en psychanalyse de plonger malgré tout, dans les thématiques sans s’y perdre; Cela étant, si cet ouvrage tend à clarifier, faire comprendre; il invite aussi à réfléchir et questionner, et c’est ce qui me plaît énormément. Un feu d’artifice dans la tête … Je reste convaincue que ce type d’approche analytique mêlant à la fois une entrée chronologique, voire historique, et un contenu théorique développer judicieusement constitue un réel enrichissement dans la compréhension de nos relations à l’Animal, et dans le tournant sociétal que nous vivons actuellement. Je le recommande donc, à toute personne, soucieuse de mettre des mots sur des phénomènes, de comprendre leurs provenances, d’étoffer ses connaissances afin de se positionner avec un maximum d’éléments le permettant objectivement.

Liens utiles : Le site officiel  , l’Instagram et  le Facebook des Editions In Press;

Pour consulter un extrait CLIC 

Où acheter ? Sur le site officiel des Editions In Press, il est vendu 11 euros; Pour les adhérents, sur le site Fnac 10.45 euros, avec le retrait en magasin; Pour ceux qui reversent aux associations par leurs achats Amazon, c’est par ICI, il y est également vendu 11 euros.

mydogisaqueen

signature Queeny