Toiletteur, avec THE DOG BARBER

#Le toilettage

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Choisir son toiletteur, dit comme ça, cela semble aisé, et pourtant c’est parfois apparenté à un véritable parcours du combattant ;

Pour être honnête, il nous fallut 4 essais avant de trouver chaussure à notre patte…

Quels sont mes critères de sélection ?

  • Une coupe qui respecte vos desiderata; c’est-à-dire, que les toiletteurs sont comme certains coiffeurs, parfois ils sont accros au ciseau… Il est donc primordial que votre toiletteur puisse respecter vos envies.
  • On part du principe que pour faire ce métier il faut aimer les poilus, mais certains peuvent se montrer très « rustiques » dans leurs rapports, bruts, intolérants,… Il est donc essentiel que le toiletteur qui prendra poilu en charge durant l’heure ou les trois heures nécessaires à sa mise en beauté soit doux et rassurant envers lui, qu’il ne le malmène pas psychologiquement.
  • Un environnement rassurant ; Confier sa boule de poils demande un gros effort de « prise sur soi », on attend donc d’un toiletteur qu’il en prenne soin, j’ai déjà pu lire sur la toile qu’un chien s’était sauvé d’un toilettage, et que les toiletteurs n’étaient même pas partis à sa recherche… Aberrant non ? Un environnement sécurisé, duquel poilu ne pourra pas s’encourir, ou se blesser est donc primordial pour moi.
  • Pour certain parmi vous, d’autres critères s’ajoutent : Avec ou sans cage pour l’attente, avec ou sans autre poilu durant le soin, avec ou sans chaîne en métal,… Notons que plus le matériel est récent, plus il sera conforme aux préoccupations plus récentes de « respect et bien-être de l’animal ». En matière de toilettage, on peut lire de tout sur la toile, des suspicions de médication pour les maintenir calme, sans prise en compte des risques d’intolérance, les blessures, les chiens stressés ou tendus au point de ne plus vouloir mettre une patte dans un salon de toilettage après une vilaine expérience, les suspicions de maltraitance lorsqu’ils ne sont pas dociles ; bref, comme dans tout autre secteur, il y a à boire et à manger, à vous de sélectionner le professionnel qui conviendra le mieux à votre boule de poils et à vos attentes de Dogsmom…

C’est pourquoi, avant de confier votre boule de poils ; je vous recommande de faire jouer le bouche-à-oreille, vous promener dans le quartier pour récolter des informations ou observer le salon si l’activité y est visible ; lire les avis sur internet en vous montrant cependant sur la réserve parce que certaines enseignes rédigent elles-mêmes les avis, emmener poilu au salon une première fois avant le grand jour du toilettage afin qu’il puisse faire connaissance avec son futur toiletteur, établir un premier lien qui le placera en confiance le fameux jour « J ». Surtout, n’hésitez pas à poser des questions sur le déroulement, il vaut parfois mieux passer pour une « emmerdeuse » que récupérer un poilu traumatisé parce que vous n’avez pas osé vous placer en posture de « consommateur ». Ce n’est pas une question de « Je paie, je veux… » C’est davantage une question de « poilu est la prunelle de mes yeux, je veux être certaine que la personne à qui je le confie avec des ustensiles dangereux entre les mains, sera bel et bien en sécurité ». Certains poilus sont craintifs, il est donc important de s’assurer que le « feeling » s’opère afin d’éviter les mauvaises surprises.

J’ai une totale confiance en la toiletteuse de Queeny, certes, il m’a fallu du temps pour la trouver, mais elle surpasse de loin tous nos critères, je suis allée prendre le premier rendez-vous au salon, avec Queeny et non par téléphone ; ce jour-là, j’ai posé toutes mes questions où et comment attendra-elle ? Attachée par quoi ? Si non, en cage ? Seule ? Avec d’autres ? Quels sont les produits utilisés ? Quelle est la méthode pour sécher ? Tondeuse, ciseau ? Le point qui semble d’emblée rassurant c’est qu’il y avait un SAS de sécurité à l’entrée, ensuite, elle était douce, elle s’est adressée à Queeny en lui parlant, d’autres précédemment testés, ne lui avait jamais adressé la parole, pas un geste, pas une caresse,… Elle m’a posé des questions, sur ses habitudes, sur les récompenses, sur son caractère, si elle avait des peurs liées à certains objets, cage, hauteur, réaction au bruit, etc. Je me suis sentie en confiance, parce que c’était la première fois qu’on s’intéressait à ces détails qui pourtant occupent une grande importance dans le bon déroulement de la séance de mise en beauté.

Le jour « J », j’ai senti Queeny sereine, elle est arrivée en remuant la queue, a directement été faire un câlin, en la récupérant à l’issue de sa mise en beauté, même chose, elle était contente, nouveau câlin… À ce moment, j’ai su que nous avions enfin trouvé la bonne personne ! Douce, prévenante, professionnelle, un super coup de ciseau, avec une excellente connaissance du comportement canin, à l’écoute de mes envies, et de nos besoins.

J’ai profité d’avoir, dans mes contacts, un duo de perles du toilettage pour leur poser des questions, sur le métier, les pratiques,…

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Je vous présente, deux personnes adorables Léna et André, et surtout, deux véritables professionnels que j’affectionne pour leur gentillesse, leurs valeurs, et la sélection au poil qu’ils réalisent constamment dans leur salon.

Pour information ; The Dog Barber est un salon né en 1988, il s’agissait d’un salon existant, repris et développer sur les activités de toilettage ; mais aussi de vente d’accessoires et alimentation ; entendons friandises et croquettes. Dés le départ, la volonté de se démarquer des concurrents est perceptible, The Dog Barber affirme son style, décalé et tendance, tout en restant une structure accueillante, chaleureuse et familiale. Une volonté de bousculer les codes, en apportant de la nouveauté dans ce métier, car rappelons-le en 1988 le statut des poilus, et la mode canine était à mille lieues de ce que nous connaissons actuellement.

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Les débuts… Une arrivée remarquée dans le métier ?

À l’époque André se sentait tel un ovni dans ce secteur, qui était alors majoritairement féminin ; d’où les clientes n’avaient pas l’habitude, en poussant la porte de découvrir… Un homme ! Avec le temps, cela s’est avéré être un atout car physiquement c’est un métier qui n’est pas toujours évident, effectivement, il faut être à même de porter les boules de poils que ce soit pour les installer dans la baignoire ou ensuite, sur la table ; à long terme ça use le dos, même si on est attentif à la posture, rappelons-le certains poilus font leur pesant d’or ! Un autre atout de taille, c’était le tempérament précurseur d’André, qui souhaitait apporter sa pierre à l’édifice de l’évolution de sa profession ; notamment par des coupes nouvelles, ou dirons-nous novatrice, qui rompait avec la routine de ce qui était traditionnellement répandu à l’époque ; « Dépoussiérer les standards du toilettage » par amour, avec amour, d’une profession à laquelle on le sent extrêmement attaché ! Toiletter non pas en fonction des standards de race, souvent apparenté à un type de coupe ; mais toiletter en fonction de la vie du chien, et de ses humains, individualiser et personnaliser la coupe à poilu ! Polyvalent, André sait se conformer au standard mais si vous lui accordez votre confiance, vous comprendrez que derrière son « ciseau d’or » se cache une sacrée dose de créativité, sublimer, magnifier, il a l’œil de l’artiste et cerne les traits tant physique que de caractère de poilu afin de « Truffager » comme le ferait un coiffeur visagiste votre boule de poils.

The Dog Barber, plus qu’un nom, un sanctuaire du bien-être…

À l’époque de la reprise du salon, deux standards décoratifs se distinguaient le style aseptisé qui faisait penser à un cabinet vétérinaire, et le style très « Girly », André a souhaité, à nouveau se dissocier en créant un environnement de travail d’une part qui lui ressemble, mais d’autre part, qui cadre avec ses aspirations de « rénovation » du concept même de toilettage. C’est pourquoi, vous pourrez constater que le salon, composé d’une boutique a un style très « indus », avant-gardistes pour l’époque, même si plus répandu aujourd’hui, il était au moment de sa reprise, en avance sur son temps… J’adore le style industriel qui confère un sentiment à la fois chaleureux, cocon et cependant, très dynamisant ! « Votre chien est unique, son toilettage aussi », l’espace bien-être est pensé tant pour le chien, que pour son humain ; un endroit où il est facile de se sentir à l’aise.

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Objectif personnalisation et professionnalisme ; Rajeunir le poilu, le mettre à l’aise, les aspirations d’André sont les mêmes que pour les humains, il faut que poilu passe un moment agréable lors de sa mise en beauté, mais aussi qu’à la sortie il se sente « MAGNIFIQUE ». André a été formé à Saint Malo par une prof anglaise, qui lui a appris le métier, selon les standards traditionnels, entendons la coupe adaptée à chaque race de chien, il en rigole, mais à l’époque c’était beaucoup de « caniche », du pompon en veux-tu, en voilà, grâce à la coupe New-Look que Marie Poirier à Paris, et lui ont créé, effectivement, ils étaient dans les premiers à couper différemment, amenant ainsi un nouveau public, des chiens qui venaient rarement en toilettage avant, car il n’était pas nécessaire d’en couper les poils ; cependant, avec ce nouveau style, les humains ont commencé à développer le plaisir d’enjoliver, de changer de style,… Menant progressivement vers ce que nous connaissons aujourd’hui, la mode canine à part entière, une mode qui passe également par la coiffure… Comme pour les humains!

Et Léna alors ? Léna a rejoint André à la moitié de son parcours professionnel, il faut savoir qu’avant sa reconversion André avait fait des études dans l’art floral et l’aménagement de magasins ; Quant à Léna, elle a travaillé longtemps dans une ferme pédagogique en Franche Comté, après une reprise d’étude afin d’encadrer des adultes en formation, après avoir été salariée, elle est vendue à ce métier de toiletteur, un choix du cœur, celui de devenir « entrepreneur », d’être son propre patron, et ce, malgré les difficultés que peuvent entraîner le statut « d’indépendant » au quotidien.

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Un duo, des valeurs ; Ils essayent de s’adresser à tout le monde, que votre poilu soit de race ou non, il recevra un accueil chaleureux ; et si c’est un chat ? Mais oui, les chats aussi, Léna et André les aiment sans favoritisme, chiens, chats, tout le monde est apprécié à sa juste valeur ! Une adaptabilité à la clientèle, entre ceux qui viennent tous les mois, et ceux qui viennent une ou deux fois par an, par de distinction, si ce n’est qu’ils vont adapter la coupe non seulement au mode de vie de poilu mais aussi au porte-monnaie de ses humains, sans les culpabiliser. Léna rappelle judicieusement, que certains poilus ne vont jamais chez le toiletteur… Pourtant de vous à moi, c’est moralement plaisant de se faire chouchouter, même s’il ne s’agit pas d’une bonbonnière, que cela reste une ambiance boutique, l’accueil se veut toujours agréable, de race, ou non, homme ou femme, franchissez la porte sans crainte de jugement, même si en regardant poilu, on a l’impression qu’il revient d’un périple à Koh Lanta, là-bas, vous ne serez pas jugé ! Une clientèle variée, étant localisé dans une station balnéaire, il y a les résidants à l’année, et les vacanciers qui reviennent de vacances en vacances, toujours avec la même satisfaction. Une diversité de clients qui permet au salon de se maintenir et de sublimer les poilus toute l’année.

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Votre métier, plus qu’un métier,… Une passion ? La passion des animaux, du bien-être animal mais aussi la passion du contact « client », une particularité qui pêche parfois dans ce milieu où l’accueil peut être froid, selon le selon dans lequel vous vous rendez. The Dog Barber place un point d’honneur à soigner le relationnel, ils ont besoin, ce côté humain, cette connaissance de la clientèle, ce n’est pas une question de privilégier ou le chien ou le maître, pour eux, il faut équitablement privilégier les deux ; et cette démarche n’a pas pour seul but de fidéliser, outre cet aspect, elle est également indispensable afin d’entretenir de bons rapports « humains » avec une clientèle dans une conception de proximité.

Si vous souhaitez prendre cette orientation professionnelle ; il y a des formations privées, des écoles reconnues par l’État qui délivrent un brevet en contrat de qualification, en deux ans ou en alternance semaines chez le toiletteur et semaines en cours. André a suivi une formation privée de quatre mois, mais c’est en pratiquant beaucoup durant des années qu’il a pu renforcer ses bases, qui étaient initialement bonnes par la formation de qualité qui lui fut donnée. Après le fameux « certificat » de formation, André recommande une forte pratique, il considère s’être vraiment senti à l’aise, après quatre ou cinq ans ; car rappelons-le, il y a de nombreuses variétés de chien !

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Les avantages et les difficultés de ce métier ? Inconvénients qui nécessitent une faculté d’adaptabilité, parfois il faut travailler avec des poilus qui ont peur, des chats qui ne sont jamais manipulés, question de dextérité, chacun devra gérer à sa manière. Une autre difficulté de cette profession, selon la localisation du salon, c’est de parvenir à travailler toute l’année, de pouvoir en vivre, sachant qu’il y a peu de postes salariés pour officier, beaucoup sont obligés de « se mettre à leur compte », cela implique un investissement financier de départ parfois important. De fait, il faut un état d’esprit d’entrepreneur, être conscient qu’il faudra donner beaucoup de temps, beaucoup d’énergie, faire des sacrifices, peu de vacances, donner le temps au temps, notamment de se constituer une clientèle, de se faire une place et une réputation. Donner de sa personne, ne pas compter les heures, rester patient, souriant, compréhensif ; un long chemin mais qui apporte également son lot de satisfactions personnelles. Les avantages sont là, pour contrebalancer, La liberté de choisir de suivre sa vocation, travailler auprès de poilus et humains sympas, les voir repartir beaux et heureux, bien dans leurs pattes, c’est top !

Les qualités d’un bon toiletteur ? Portrait ? L’amour des animaux, plus spécifiquement, chiens et chats, mais pas uniquement au sens sentimental, également en termes de respect, la connaissance du chien et du chat, et… « penser chien-chat », essayer de se mettre à sa place, accorder une grande place à sa compréhension, maîtriser le toucher, savoir mettre en confiance, utiliser les codes animaliers, être capable de rassurer, sans pour autant parler abondamment, comme l’explique André, il parle très peu, mais communique par le toucher et le regard pour établir et entretenir une relation de confiance qu’il faut, finalement, établir relativement rapidement dans ce métier.

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Alors les chiens blessés ou perdus, on en dit quoi ? Pour André c’est le cauchemar du toiletteur par excellence, en 30 ans, il a eu la chance de ne jamais connaître ça, hormis une ou deux petites blessures au début de sa carrière, c’est pourquoi, il faut toujours être très vigilant lorsque vous avez un poilu sous votre responsabilité.

Notons, que certains poilus sont très remuants, et aussi fugueur, c’est pourquoi, il est important de donner toutes les informations au toiletteur préalablement. Afin qu’il soit préparé à gérer les situations plus complexes. Son but étant de vous rendre votre boule de poils intacte, travailler en équipe, ne dissimulez rien de la nature de poilu et les choses se passeront bien. Lorsque l’on est au fait d’une information aussi capitale, on peut anticiper, prévoir un renfort, sécuriser davantage l’espace, fermer à clés, etc.

Un métier complet, passionnant, qui génère son lot de beaux souvenirs, des poilus qui restent dans la mémoire, qui arrivent au salon en courant de joie, en remuant la queue, et ceux qui ont envie de rester plus longtemps malgré le fait que la mise en beauté soit terminée,…

Vous l’aurez compris, Léna et André se sont livrés sans tabous, en évoquant toutes les réalités de ce métier, si vous aussi, vous souhaitez en faire une profession, accrochez-vous, donnez-vous les moyens de réaliser votre rêve mais garder à l’esprit que le chemin sera, comme pour tout autre chemin professionnel, parsemer d’épreuves à franchir. Cela dit, ça en vaut la peine non ?

Je remercie Léna et André pour ce moment très sympathique, nos échanges, et surtout leur implication dans la réalisation de cet article ! On vous adore, merci encore !

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Pour s’y rendre : 6 Boulevard du Général de Gaulle, 44510 Le Pouliguen de 08:30 à 12:00 et de 14:00 à 18:30, sur rendez-vous au 02 40 42 37 48

 

 

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