Désobéir pour les animaux ;

Un recueil d’informations indispensables ;

Lorsque l’on aime les Animaux, au sens large, on ne peut rester insensible à leur douleur ; mais justement, que considère-t-on comme douleur ? Notion très subjective pour les uns ou les autres, si l’on prend en compte la maltraitance liée à l’exploitation même de certaines espèces à des fins alimentaires, ou encore, le sacro-saint loisir, qui se pratique en toute banalité, et ce, au détriment des animaux ; dans les zoos, les cirques, ou lors de corrida, les safaris, la chasse ; et ce ne sont que quelques exemples ; la douleur animale, reflet de la souffrance quotidienne suscite indifférence ou indignation selon la tolérance que nous avons développée quant à la notion même de « douleur ».

Un ouvrage informatif et pertinent ;

Il s’agit d’un essai, mené par un collectif, paru aux éditions « le passager clandestin », le 23 octobre 2017 ; il est vendu 5 euros sur le site Fnac, mais est également disponible à 2.49 euros en version numérique.

Présentation de l’éditeur ;

« L’exploitation des animaux n’a pas toujours été, loin s’en faut, aussi totale et brutale que de nos jours. Aujourd’hui, les animaux sont soumis à toutes sortes de mauvais traitements : élevage intensif, vivisection, mutilations, gavage. Chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont mis à mort. Alors que la production de viande gaspille l’eau, les céréales et les terres cultivables, la loi permet encore que l’on mutile, sépare, gave et enferme des êtres vivants. Des êtres vivants que l’on peut aussi soumettre à des traitements cruels et dégradants qualifiés d’expériences scientifiques, traquer dans les bois par plaisir, torturer dans des arènes au nom du business touristique, etc. Pourtant la science et le simple bon sens montrent chaque jour davantage à quel point les animaux sont non seulement indispensables aux équilibres des écosystèmes, donc à la survie de l’espèce humaine, mais qu’ils sont par ailleurs des créatures conscientes, intelligentes, capables de relations complexes et de personnalités uniques, de langage, voire de culture. Face aux intérêts financiers liés à l’exploitation des animaux, il est urgent de désobéir pour susciter des modes de coexistence entre les espèces basées sur la coopération plutôt que la prédation. Partout dans le monde, les militants de la libération animale déploient des trésors d’imagination, et prennent tous les risques non violents pour venir en aide aux plus vulnérables que nous. Les Désobéissants sont un collectif qui entend promouvoir et former à l’action directe non-violente et la désobéissance civile. Xavier Renou en est l’un des membres fondateurs. Né en 1973, diplômé de Sciences Po Paris, il est ancien chargé de campagne à Greenpeace France. Il est l’auteur de La privatisation de la violence (Agone, 2006), et le directeur de la collection Désobéir aux éditions le passager clandestin (16 titres sortis depuis 2009). Karine, Elodie, Pierre, Brigitte et Clem sont les principaux rédacteurs de cet ouvrage. Ils sont membres actifs d’association de défense des animaux, notamment L214. »

Décortiquons l’ouvrage ; celui-ci se divise en 4 parties

Première partie : Pourquoi désobéir pour les animaux ? Cette première partie contextualise parfaitement le sens même de la motivation à « venir » en aide aux animaux, en mettant en évidence les avancées liées à la prise de conscience psychologique, émotionnelle et philosophique du statut même d’animal. Des exemples concrets, de comportement attestent de l’importance de reconsidérer la place même de l’Animal dans notre société ; même si jadis, des auteurs tels que Voltaire, avaient déjà soulevé la question de l’inégalité opérée dans le traitement différent d’un animal destiné à la consommation, par rapport à un autre lié à la fonction de compagnie ; ce débat fait toujours polémique dans notre société.

Le respect de l’homme envers l’animal pluriel, n’est pas une valeur actuelle dont on pourrait se féliciter ; et encore moins dans l’approche quotidienne que nous avons envers eux, le respect fait défaut dans un ensemble de normes qui devraient être communément admises.

Cette première partie m’a aidé à prendre conscience de la multitude de domaine dans lesquels, les animaux sont maltraités actuellement ; le débat est à mon sens bien trop souvent détourné, on lit fréquemment, que les opposants, militants, protecteurs des animaux, sont fous, et ne se nourrissent qu’au tofu ; je pense que ce qui l’est indigne davantage, c’est le traitement que l’on réserve aux animaux ; de nombreuses populations dites « archaïques », jadis, tout en consommant, ou « exploitant » des animaux, leur vouaient un culte, et les traitaient avec respect, en remerciement des bienfaits prodigués par leur sacrifice. Le sens même de l’exploitation était alors différent, on tuait pour se nourrir, ou se vêtir, et non pour se divertir, on ne prenait que le nécessaire, en remerciant la nature, le dit, cercle de la vie, mais aujourd’hui, pouvons-nous encore, nous plébisciter d’une telle philosophie ? D’un quelconque respect envers la vie ?

Car il est bien question de respect de la vie, l’homme et nous en venons alors au spécisme, n’accorde pas la même valeur à la vie animale, un animal pour lui s’apparente davantage à une chose, les sentiments, la filiation, l’organisation « sociale » animale, sont occultés, comme si c’était nécessaire pour banaliser la cruauté, faire abstraction de l’émotion, leur ôter la faculté d’aimer, de ressentir, de penser, pour justifier, le fait de les traiter comme des choses. ; Et donc de légitimer les actes commis.

Comme jadis, l’homme, face à celui qu’il avait asservi, l’esclave…

Le jadis, est abordé dans la seconde partie : Petite histoire de la désobéissance pour les animaux ;

Il s’agit d’une chronologie, très intéressante qui vous apportera des informations quant à l’évolution ou dirons-nous la dégradation de la condition animale, car dans une société qui se targue d’être en perpétuelle progression, face à de multiple avancée ; s’il est bien une chose qui n’a pas changé, ou très peu, et qui peine à se détacher d’une fatalité persistance, c’est bien le statut des animaux.

Cette partie retrace l’origine des actions menées dans le cadre de la cause animale, en parcourant différents domaines d’investigation, ou en abordant, notamment, le véganisme ; Il s’agit d’un développement très complet, avec pour base, un listage indispensable des différents domaines de maltraitance ou d’action, ainsi que de l’évolution ou stagnation de ceux-ci.

S’informer pour mieux agir ? C’est l’action qui se trouve au centre de la troisième partie : Agir

Dans cette partie, les actions possibles sont toutes évoquées, de la légale à l’illégale, avec bien évidemment, des mises en garde, des réflexions pertinentes qui n’incitent pas à la violence, ou à la désobéissance comme pourrait le laisser penser, le titre de l’ouvrage.

Cette partie est mûre, sage, et raisonnée, elle préconise indirectement, de penser au collectif, de ne pas mener des actions qui pourraient desservir la cause, et de réfléchir avant d’agir aux conséquences des actes menés. Pour que nul n’ait à porter le poids de ces actions, par exemple, les animaux qui pourraient être les premiers à souffrir d’une action improvisée et mal raisonnée ou planifiée.

Ce qui est très appréciable, c’est qu’il y a de nombreuses actions qui peuvent être menées sans pour autant se mettre ou mettre quiconque en danger, des actions symboliques, responsables, et cependant, utile et pertinente à la prise de conscience collective.

L’information est indispensable pour faire évoluer les mentalités, de nature relativement pacifiste, et optimiste, c’est à mon sens, par l’éducation des jeunes générations que progressivement les choses s’amélioreront. Le monde de demain leur appartient, plus jeune ils en prendront conscience, plus vite, ils pourront eux-mêmes œuvrer à l’évolution, à commencer par militer dans leur propre sphère familiale.

La dernière partie, des ressources pour aller plus loin ; comprend une série de références bibliographique, sites internet, ou collectifs et mouvement. Un ensemble de ressources préconisées pour étoffer vos connaissances, pour mener à bien vos actions envisagées, ou pour vous impliquer à votre échelle en faveur de la cause animale.

Mon avis : J’ai apprécié ce livre, il est imprégné de bon sens, de conseils judicieux, il ne constitue en rien une incitation à la violence, je le trouve même imprégné de sagesse, de bienveillance et de tolérance dans son approche très apaisante ; n’oublions pas qu’il a été rédigé par des militants, actifs, et pourtant, il est raisonné… Ce qui atteste de l’exagération dont l’opinion publique fait souvent preuve en dépeignant les militants ;

Agir selon ses possibilités, c’est vraiment le message qui m’est parvenu. Lorsque l’on se trouve confronté à la réalité qu’est la douleur des animaux, du moins, pour ceux qui en ont une perception compatissante, la colère peut vite germer chez l’individu. Il est alors révolté par ce que notre société fait subir aux animaux, c’est dans ces moments de colère et de haine, qu’il souhaite agir. La lecture de cet ouvrage ne va pas pousser à la folie d’action irréfléchie, cet ouvrage aide à comprendre, le décalage existant dans notre société, il est davantage un outil utile à canaliser la colère, la diriger dans le bon sens ; à savoir mener des actions utiles à la cause, et non un coup d’éclat qui ne fera rien avancer. Il propose des actions simples, au quotidien, préconise l’information, je trouve qu’il est instructif et qu’il serait intéressant d’en faire prendre connaissance aux jeunes générations.

Les adolescents par exemple, pourraient aisément, se faire une opinion personnelle, de laquelle découlera peut-être, une prise de position, à la lecture de ce contenu, il ne fait aucune propagande, l’approche est objective, et documentée.

Un livre que je recommande à tous ceux, qui comme moi, se posent des questions, aimerait que les choses changent, mais ne savent pas trop, comment faire pour contribuer à ce changement. Ceux qui souhaitent assister à l’amélioration de la condition animale, et qui ont pris conscience qu’elle ne se fera pas sans actions collectives, aussi infirme soit votre implication, c’est déjà une avancée que de souhaiter contribuer à la revalorisation du statut animal. Ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières… Soyez fier d’être une petite goutte, sans vous il n’y aurait pas de ruisseaux !

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