Poilu et la dépression, est-ce possible?

Pensée de DogsMomArthur n’est plus lui-même !

Arthur, un adorable basset que nous croisons fréquemment à la page, n’est plus lui-même, voilà une semaine que nous le croisons, qu’il passe à côté de nous, sans même nous adresser un regard… Arthur n’est plus lui-même, au départ, nous avons même pensé qu’il ne s’agissait pas d’Arthur, il était accompagné d’une jeune femme, habituellement, Arthur se promène avec Claude son humain, un gentil papy qui nous souhaite toujours bonne journée, et laisse Arthur jouer avec Queeny.

Un jour Arthur a déballé les dunes en courant du sommet, pour venir nous saluer sur la plage, ce chien-là, ne pouvait pas être Arthur, pas un regard, pas un mouvement de queue à notre approche…

Seul son collier était identique à celui de notre gai luron Arthur… ET pourtant, c’était bel et bien lui, la jeune femme m’expliqua que son papa était hospitalisé depuis 6jours, que ce n’était pas trop grave, qu’il reviendrait peut être la semaine prochaine à la maison, mais qu’Arthur était très malheureux, Arthur, n’est plus lui-même… me dit-elle ; et effectivement, l’œil d’accoutumé si pétillant d’Arthur semblait tout d’un coup livide… Arthur n’était plus lui-même parce qu’il était malheureux…

Cela nous renvoie à la réalité, un chien est un être sensible, doté de raison, qui peut lui aussi, souffrir, être malheureux, anxieux, inquiet, stressé,… En l’occurrence, selon le vétérinaire d’Arthur, il a un gros coup de blues, une petite dépression… Les choses rentreront dans l’ordre lorsqu’il aura retrouvé son humain Claude ;

Poilu sur le divan… La dépression !

Je me suis sentie triste pour Arthur, d’autant que dans ces moments, on se sent inutile ; Queeny a essayé de le motiver à jouer, sans succès. De mon côté, j’ai tenté de lui proposer notre traditionnel biscuit spécial réserve de la miss, mais j’ai essuyé un refus catégorique de sa part.

Il me fallait comprendre, cette situation me poussa à l’introspection, et aux recherches… Parce que comme pour les humains, la dépression pend plus ou moins au nez et à la barde de tout le monde, Queeny pourrait elle aussi, un jour être touchée…

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Blues, dépression, mais qu’est-ce que c’est ? Un état général de tristesse, de nostalgie, le chien est un être qui exprime ses sentiments, tout comme nous, les humains, parfois le chien peut développer une dépression ou se prend un gros coup de blues. Il me semble important de préciser, que la dépression est une maladie, découlant d’un trouble émotionnel dépressif, comme toute maladie, elle doit être prise au sérieux ; Ce n’est pas un caprice, un manque de caractère, ou une nouvelle lubie pour se rendre intéressant ; c’est l’expression légitime d’un réel mal être qui cherche écho et soulagement auprès de ceux qui l’entourent.

La dépression humaine est diagnostiquée suite à la jonction de plusieurs symptômes, elle peut entraîner une incapacité professionnelle, scolaire, ou tout simplement d’implication sociale ; pour poilu c’est exactement pareil, la dépression peut entraîner l’incapacité pour lui, de jouer son « rôle » de chien ; entendons, de vaquer à ses activités habituelles…

Quelles sont les causes fréquentes de dépression pour poilu ? Très proches des causes humaines…

  • Perte d’un compagnon ; qu’il s’agisse d’un autre chien, d’un chat, d’un humain de son entourage, le deuil est ressenti et vécu par poilu tout comme il l’est par les humains.
  • Séparation ou dislocation familiale ; les humains se séparent, le petit dernier part à la Fac à l’autre bout du territoire,…
  • Déménagement ; perte de repères pour poilu, il sort de sa zone de confiance et se sent perdu, cela aussi peut occasionner une dépression, poilu est privé de jardin alors qu’il en a toujours eu un à sa disposition, l’habitation est plus petite, il se sent à l’étroit ou plus grande, il a peur dans ce nouvel espace dans lequel il ne trouve pas ses marques. Le changement d’environnement, de la structure du mobilier ou de la configuration des pièces peut perturber poilu ; tout comme le fait de passer d’un milieu rural à un milieu urbain.
  • Suite à un abandon volontaire ou involontaire, changement de Maître, refuge ou famille d’accueil : (involontaire : Entendons décès ou hospitalisation de l’humain sans famille pour le recueillir) Poilu qui arrive en refuge, qui a toujours vécu dans une structure familiale, se sent complètement perdu, d’autant plus lorsque cela se greffe au deuil qu’il devra effectuer s’il a perdu son humain.
  • Modification de vie – habitus : Après une amputation, un accident qui modifie son apparence physique, sa manière de se comporter face à l’humain ou avec ses congénères ; tout comme le recul dont peuvent faire preuve les humains ou congénères à son égard. Ce sont des faits inconscients qui peuvent faire souffrir de par ces changements qu’il ne comprend pas, dans son approche ou dans celles des autres, ce n’est pas parce que poilu ne se voit pas, qu’il ne ressent pas les changements qu’il subit.
  • Milieu de vie hostile : Lorsqu’il y a des crises familiales, des disputes dans le foyer, poilu peut en souffrir, se sentir dans la tourmente par incompréhension de la situation ou directement visé par vos cris… C’est pourquoi, qu’il s’agisse d’enfants ou de poilus, il est préférable de « laver son linge sale » calmement, et surtout, en privé… L’agressivité est ressentie par poilu.
  • Lorsque l’humain lui-même se sent mal : Sans vous en rendre compte, vous avez peut-être, par votre propre mal être, modifié votre comportement, bousculé les habitudes et rituels que vous partagiez avec poilu.
  • Moins d’attention pour lui : L’arrivée d’un petit d’homme, un moment durant lequel votre travail est très prenant, des vacances sans lui, toutes ces situations peuvent expliquer, également, que poilu se sente sur la touche.
  • Des modifications ou changements de sa structure de vie : Des gros travaux à la maison, des personnes inconnues qui courent partout, il ne trouve plus sa place. Tout comme un cadre de vie stressant.
  • L’humain retourne travailler après une période de forte présence à ses côtés ; Arrêt maladie, période de chômage, longues vacances. Ces changements radicaux peuvent perturber poilu, il est peut être nostalgique de votre présente quasi constante et développer une dépression. Des modifications dans vos horaires de travail peuvent avoir le même effet, si vous étiez habituellement de nuit et passé de jour etc.
  • Un nouvel arrivant : Chien, chat, invités de longue durée, enfant.

Cas particulier : Poilu vieillissant : Comme pour nous, lorsque l’on prend conscience qu’on ne sait pas être et avoir été, poilu peut souffrir des affres du temps qui passent lorsqu’il prend conscience qu’il n’est pas à même de vivre comme il le faisait avant. Cet état particulier, chez le poilu vieillissant s’appelle la dépression d’involution, il s’agit d’une maladie à part entière, qui nécessite une prise en charge vétérinaire et un réel traitement médical à base de psychotropes de type antidépresseurs. Poilu aura besoin d’un suivi rigoureux, n’hésitez pas à poser toutes vos questions à votre vétérinaire qui vous guidera et vous épaulera au mieux dans cette période de mise en place.

Toutes ces causes génèrent trois clés de compréhension : Stress, frustration et anxiété…

Le stress occasionne, comme pour nous, humains le surmenage physique mais aussi émotionnel ; celui-là même qui sera à l’origine de la dépression. (Exemple : déménagement, nouvel arrivant, structure de vie modifiée, travaux, etc.)

La frustration : Lorsque poilu est privé de quelque chose (Exemple : perte de quelqu’un ou d’un compagnon, moins de temps passé avec lui, jardin absent de votre nouvelle habitation,…)

Anxiété : Il s’agit d’une réelle pathologie qui se manifeste par la peur, elle peut se manifester suite à plusieurs causes, perte d’un être cher, peur de perdre l’humain restant… Nouvel arrivant, peur de perdre sa place…

Comme pour les problèmes psychologiques humains, les causes s’entrelacent, mais mènent toutes à la même conséquence ; à savoir, la dépression. Celle-ci peut naître de l’association de plusieurs causes…

Quels sont les signes de dépressions chez poilu ? Comment savoir si poilu déprime ?

Dans le cas de poilu, la dépression est décelable par l’observation minutieuse de ses comportements ; poilu ne sait pas parler, il ne sait pas exprimer clairement ce qui le préoccupe, ce qui l’affecte, alors il se mute dans sa bulle, ses comportements changent, et poilu n’est plus vraiment le même… Comme c’était le cas pour Arthur.

Il faut cependant, garder à l’esprit que certains aspects de la dépression sont visuellement très proches du comportement que pourrait adopter un chien malade. C’est pourquoi, il ne faut pas hésiter à consulter votre vétérinaire, qui pourra vous aider à faire face aux deux situations, dépression ou maladie ! Des remèdes naturels existent afin d’aider poilu durant sa période de dépression, ce ne sont que des compléments, qui doivent être mis en place parallèlement à de véritables solutions.

  • Perte d’appétit, de fait, perte de poids ;
  • Refus des friandises ;
  • Désintérêt pour les promenades ou le jeu ;
  • Sommeil conséquent ou disons plus qu’habituellement ;
  • Moins d’activités plus de somnolence ;
  • Le regard hagard ;
  • Moins de mouvement de la queue ou carrément plus du tout ;
  • Poilu ne fait plus la fête lorsque vous rentrer à la maison ;
  • Retour de problèmes comportements qui étaient résolus ;
  • Pleurnicheries ;
  • Moins de regards, poilu vous tourne le dos et s’isole ;
  • Poilu se cache dans des endroits parfois inhabituels pour fuir le monde ;
  • Comme pour la manifestation de l’anxiété il peut se lécher les pattes ;
  • Désintérêt pour ses congénères alors qu’il était sociable ;
  • Il a perdu son beau sourire, et vous le trouver abattu ;
  • Il se réveille la nuit et semble perdu (surtout en cas de déménagement ou de modifications de sa structure ou configuration de vie)
  • Tendance à vouloir fuguer alors que ce n’était jamais arrivé ;
  • Refuse vos bisous en tournant la tête;
  • Il peut développer l’anxiété de séparation, car dans sa dépression vous êtes le facteur rassurant ;
  • Vous lui trouvez un air triste, comme Droopy et les petites astuces habituelles ne fonctionnent pas pour le divertir.

Bref, lorsque poilu est déprimé, il n’est plus tout à fait lui-même, des changements de comportements voir, de personnalités peuvent être observés.

Comment aider poilu à surmonter sa dépression ?

  • On commence par un bilan de santé chez le vétérinaire, les symptômes sont trop proches de ceux que poilu pourrait développer lors d’une maladie pour courir le moindre risque !
  • ENSUITE ? Il faut vous poser les bonnes questions : Depuis quand poilu est-il comme ça ? Comment puis-je l’expliquer ? Est-ce qu’il y a eu des changements : mode de vie, nouvel arrivant, cadre de vie,… ? Mon comportement est-il le même envers lui (petite remise en question)?
  • Réagir rapidement : En prenant l’état de poilu au sérieux, sans minimiser son mal-être. Il est important de reconnaître le mal-être, l’identifier, déceler la cause exacte afin d’apporter les changements concrets pouvant remédier à cette situation de tristesse qui ne peut perdurer.
  • Se faire aider par un professionnel : Votre vétérinaire sera votre plus précieux atout !
  • Vous rendre disponible pour poilu, ce dont il a besoin, tout comme un humain déprimé, c’est d’une présence. Et ce, même si de prime abord il semble la dédaigner…
  • Vous armez de patience, vous montrez doux et compréhensif. La dépression est une maladie, poilue ne va pas bien, il ne sert à rien de le réprimander parce que sa rémission tarde trop à votre goût. Il est important de donner du temps au temps, poilu doit petit à petit retrouver le bien-être et la motivation.
  • Montrez-vous créatif, imaginatif, surprenez-le, multipliez les preuves d’amour, les petites attentions pour lui faire plaisir, pour qu’il se sente aimer.
  • Dans la mesure du possible, tenter de minimiser les changements qui l’ont perturbé. Certes ce n’est pas toujours possible, mais si par exemple, il est privé de jardin, tentez de le sortir plus souvent…
  • Pour le motiver à jouer, à être plus actifs, emmenez le choisir un nouveau jouet ;
  • Essayer de l’intégrer plus souvent à vos activités pour qu’il soit moins souvent seul;
  • Occupez-lui l’esprit en le sortant de la maison, en le sollicitant, amusez-le ;
  • Envisagez de lui trouver un point de chute lorsque vous travaillez, si c’est la solitude qui lui pose problème suite à la perte d’un compagnon ou votre reprise d’activités, des amis, de la famille, voir un endroit où il y a d’autres chiens pour qu’il se sente moins seul durant vos absences. À défaut une nounou à la maison, ne fût-ce que quelques heures ?
  • Faîtes lui rencontrer de nouveaux copains ; pourquoi pas des balades collectives ;
  • Envisagez l’homéopathie ou un complément naturel; (en accord avec votre vétérinaire)
  • Les jeux occupationnels peuvent le divertir, envisagez d’en acquérir ;
  • La musique peut être une alternative bénéfique pour développer la positive attitude de poilu ;
  • Lancez-vous dans une nouvelle activité en duo : sport, découverte, cuisine… Impliquez-le dans une nouvelle activité distrayante qui lui occupera l’esprit et le motivera.
  • Des séances de bisous et câlins à outrance ;
  • Dites-lui avec des gestes mais aussi des mots « je t’aime », ça parait tout bête, mais l’intensité de l’amour se ressent à l’intonation, elle se perçoit au regard que vous posez sur lui,…
  • Petit à petit l’oiseau fait son nid ; déterminer des petits objectifs, un cheminement modéré, pour ne pas le brusquer ; il faut lui faire redécouvrir les bonheurs de la vie, un jour après l’autre apportera son lot de mini-victoires !
  • Garder la positive attitude, c’est communicatif, ne baissez pas les bras !

 

Si vous suspectez poilu d’être touché par la dépression, n’attendez pas pour agir, car la dépression de poilu n’est pas moins importante qu’une dépression humaine ; elle ne va pas disparaître miraculeusement demain matin… Il vous faut tout d’abord vous poser les bonnes questions, afin de déterminer la ou les causes exactes, consultez votre vétérinaire et lui faire part de vos hypothèses afin de déterminer ensemble comme aider poilu à aller mieux. Parallèlement, mettez tout en œuvre pour l’aider à se sentir mieux dans le quotidien, en lui accordant du temps et en lui manifestant tout votre amour sans modération. De fait, il vous faudra vous montrer patient et tenace, essayer les refus et surtout, ne rien lâcher, votre poilu mérite que vous vous lanciez dans cette bataille ; c’est lui et vous contre le monde, en l’occurrence, le monde de tristesse dans lequel il a sombré, mais duquel vous seul pourrez l’extirper !

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