Charlotte et Epice

#Labellehistoire

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Parfois on fait de superbes rencontres, c’est une chance, lorsque l’amitié est au rendez-vous, j’ai la chance de vous faire partager cet article qu’a rédigé Charlotte, ma copine blogueuse. Car oui, les blogueuses se lient d’amitié, elles échangent, partagent, s’entraident,… se comprennent, ceux qui pensent que nous sommes toutes en guerre se trompent allègrement ! Il existe une véritable communauté de blogueuses soudées, capable de se réjouir des succès des unes et des autres, d’exister sans pour autant piétiner, des femmes exceptionnelles, qui partagent cette passion des poilus, des DogsMom au top, qui n’ont pas besoin de reproduire les articles de leurs consœurs parce qu’elles sont ; elles-mêmes ; des mines de créativité ! Ce sont mes copines et j’en suis très honorée, et surtout très fière ; fière de ce qu’elles accomplissent au quotidien pour la communauté, la cause animale, en termes de sensibilisation, de prévention et de solidarité !

Des drôles de dames avec un cœur en or, que je souhaite vous présenter et mettre à l’honneur le plus souvent possible, le mag. est un espace collaboratif, ou toute blogueuse sera toujours la bienvenue pour partager sa passion, son amour ou son histoire avec vous !

Charlotte, ma cocotte, souvent nous manquons de temps toutes les deux, mais peu importe, loin des yeux ne veut pas dire loin du cœur, on se lit, on se suit et je t’apprécie énormément ! Ta relation avec Epice est magnifique, un amour aussi profond que l’océan, tu es une dog’smom merveilleuse et un exemple pour nous toutes ! WE WOOF YOU !

Bon, je te laisse la place, parce que de vous à moi, c’est plus intéressant que mes bêtises habituelles !! Au passage pour suivre cocotte voici les bonnes adresses à garder sous le clic Le blog d’Epice et La page FB @EpiceTheSuperSpicyDog

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« Tu es responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »

Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry, 1943

Cette célèbre citation résonne dans mon cœur et elle n’aura jamais eu autant de sens que depuis qu’Epice est entré dans notre vie.

Avoir un animal c’est une responsabilité de chaque instant : chaque jour, chaque nuit, chaque minute, chaque seconde… A mes yeux, c’est comme l’arrivée d’un enfant dans une famille, même si la plupart des gens n’aiment pas du tout cette comparaison… Et pourtant, ce petit être recouvert de poils ressent des émotions : il aime, il joue, il est heureux… il ne sait pas s’exprimer avec des mots mais il sait se faire comprendre quand ça ne va pas… On le dit si bien : « Il ne leur manque que la parole »

01 - Epice b+®b+®.JPGEpice, petit bouledogue français, est entré dans notre foyer le 16 juillet 2009 : il avait 2 mois et 5 jours. Le destin l’a mis sur notre chemin : il était le seul de sa fratrie à ne pas avoir encore trouvé sa famille. Il faut croire que c’était écrit : nous allions devenir sa famille, pour toujours…

A cette époque, ni Dom mon conjoint, ni moi, n’avions conscience des soucis de santé que pouvait connaître cette race. Aujourd’hui, notre expérience personnelle et celles de nos ami (e) s, eux aussi propriétaires de bouledogue français, nous ont amenés à affirmer qu’avoir un bouledogue n’est pas une sinécure et rime à 99 % avec vétérinaire, problèmes de santé, soins et précautions au quotidien.

Epice a eu un parcours un peu chaotique, parcours que de nombreux autres bouledogues ont dû traverser malheureusement, mais toutes ses épreuves ont intensifié notre relation et ont fait de lui l’être le plus précieux à mes yeux, car je mesure chaque jour la chance que j’ai de partager sa vie.

Une vie rythmée par les visites chez le vétérinaire…

Très tôt, en février 2010, nous avons été confronté à un problème de peau tenace : rien de bien méchant, juste une pyodermite bactérienne superficielle sur son dos mais elle a nécessité des visites répétées chez un vétérinaire spécialisé en dermatologie et des soins coûteux : raclages cutanés avec analyses, antibiotiques, shampoings locaux…

Le traitement de ce premier bobo a duré 5 mois et nous a coûté quelques euros car nous n’étions pas encore sensibilisés aux soins naturels, plus longs mais tout aussi efficaces que certains médicaments.

Depuis cet épisode, nous savons qu’Epice est plus sensible niveau cutané et qu’il peut réagir de façon totalement démesurée face à un petit bobo à première vue anodin.

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Quand Epice a eu tout juste un an, en mai 2010, nous l’avons fait opérer des voies respiratoires : sténose des narines et voile du palais. Nous savions depuis qu’on l’avait accueilli chez nous qu’il fallait surveiller l’évolution de ses narines, déjà très serrées pour son âge. Chez les races brachycéphales, la face est très (trop !!!) aplatie et les voies respiratoires supérieures sont malformées : elles sont tortueuses occasionnant très souvent, pour ne pas dire toujours, des troubles respiratoires parfois très sévères. Epice n’y a pas échappé : il souffrait en balade, peinait à l’effort, avait du mal à récupérer de nos promenades… Nous n’avons pas attendu la fin de sa croissance pour le soulager. Nous l’avons fait opérer pour agrandir ses narines et raccourcir son voile du palais afin de faciliter le passage de l’air dans ses voies respiratoires.

Ce fut une renaissance pour lui et pour nous aussi !! Nous étions beaucoup moins stressés lors des périodes estivales, et pendant nos promenades dont nous avons pu augmenter la durée. Mais malheureusement, nous avons du réintervenir sur ses narines lorsqu’il a eu 3 ans car il a continué à grandir et ses narines se sont de nouveau « refermées » une fois sa croissance terminée.

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Ce avant/après montre la réelle nécessité de cette chirurgie au niveau des narines :

Les soucis ont continué leur petit bonhomme de chemin… Epice faisait des ulcères de la cornée à répétition : c’est une abrasion de la cornée de l’œil pouvant être occasionnée par un choc comme un coup de patte d’un copain de jeu ou une branche de buisson dans l’oeil. Nous avons donc consulté un vétérinaire spécialisé en ophtalmologie. Verdict : distichiasis et cils ectopiques !

Sous ces noms barbares se cachent en fait des cils qui poussent à l’intérieur de la paupière au lieu de pousser à l’extérieur. Parfois ils sont visibles à l’oeil nu, parfois non. Un petit bug de la glande de Meibomius… dont nous nous serions bien passés !!!

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Source photo http://kikivet.over-blog.com/article-33813010.html

Nous avons donc fait opérer Epice en avril 2012 des deux yeux et depuis, on touche du bois, il n’a jamais plus eu d’ulcère de la cornée !! Un vrai petit miracle !! Merci Docteur !!!

En septembre 2015, nous avons fait stériliser Epice car il faisait régulièrement des infections urinaires et il avait même déjà fait deux prostatites sévères. A 6 ans et demi, Epice a du dire au revoir à ses p’tites momolles !! Tout s’est bien passé et nous avions même profité de cette opération pour faire un prélèvement sur sa patte arrière qui présentait depuis de très nombreux mois un gonflement, qui allait et venait… Un vrai mystère…

Quand notre petite vie tranquille vire au cauchemar…

05 - tumeur patte arri+¿re.jpgToutes les hypothèses avaient été envisagées : on a pensé à un lipome (boule de graisse) mais les micro ponctions effectuées n’allaient pas dans ce sens, on a ensuite penché pour un épanchement de synovie (fuite de l’articulation) mais là encore les soins correspondants prodigués n’ont rien donné de concret… alors pour ne plus tourner en rond, nous avons demandé à faire une biopsie. Ce jour-là, nous ne savions pas encore que notre vie allait prendre un virage à 180

Le 9 octobre 2015, soit une dizaine de jours après la stérilisation d’Epice et la biopsie sur sa patte arrière, nous avons eu les résultats : le verdict était sans appel… il s’agissait d’un mastocytome de grade 1, une tumeur cutanée cancéreuse.

Le monde s’est écroulé sous nos pieds… nous ne nous attendions pas à ce résultat… et notre vétérinaire non plus… Nous l’avons rencontré très rapidement après l’annonce des résultats pour discuter des options qui s’offraient à nous. Il a été clair dès le départ : la tumeur étant très collée à l’os de la patte d’Epice, aux tendons fléchisseurs, aux nerfs… bref, il était impossible selon lui de tout enlever, ça reviendrait à coup sûr, alors pour lui, la solution la plus radicale mais la plus efficace serait l’amputation de la patte.

J’ai cru m’évanouir quand ce mot a été prononcé… Je m’étais toujours dit que si un jour le titi avait une tumeur osseuse ou quelque chose de ce genre, je n’hésiterais pas une seule seconde et j’envisagerais l’amputation pour lui sauver la vie, mais lorsque cette éventualité vous est proposée pour de vrai, je peux vous dire que votre assurance et votre aplomb s’envolent en une fraction de seconde…

Je n’étais plus prête pour cette solution : je regardais Epice dans les yeux et je ne me voyais pas le trahir en lui retirant une de ses pattes… même si c’était pour lui sauver la vie alors qu’il n’avait jamais montré de signe de souffrance sur cette patte : il n’a jamais boité et ne cherchait pas à se lécher ou quoi que ce soit… Comment comprendrait-il ? Quel choc pour lui ?

Notre vétérinaire nous a dit qu’il n’était pas spécialisé en cancérologie et qu’il nous invitait à contacter et rencontrer des vétérinaires spécialisés en la matière pour avoir un maximum d’informations sur le sujet et prendre la décision la plus appropriée. Nous avons donc pris contact avec un autre vétérinaire d’une autre clinique : il a été très gentil et très clair dans toutes ses explications. Pour résumer, 3 choix s’offraient à nous :

– ne rien faire : on pouvait ne rien faire ou du moins, juste retirer le plus gros de la tumeur… Impensable pour nous : vivre avec une épée de Damoclès sur la tête était inenvisageable. S’il arrivait malheur à Epice, on s’en serait voulu toute notre vie de ne rien avoir tenté.

– l’amputation avec tout ce que cela implique : guérison immédiate mais conditions de vie futures diminuées (balades plus courtes et/ou adaptées avec un chariot), risque prématuré d’arthrose, problèmes de dos qui pourraient survenir suite à la compensation du chien sur ses 3 pattes…

– la radiothérapie : c’est après l’amputation la solution la meilleure pour se débarrasser de ce type de tumeur. Ça impliquerait d’aller à Lille ou à Paris, les seules cliniques spécialisées en oncologie à sa connaissance, pour dans un premier temps, une chirurgie qui permettrait d’enlever le plus gros de la tumeur, puis dans un second temps des séances de radiothérapie pour irradier les résidus de la tumeur, inaccessible par chirurgie.

Nous avons pris le temps de la réflexion pendant plusieurs jours. J’en ai versé des larmes, je me suis sentie tiraillée physiquement et moralement… J’avais mal aux tripes pour de vrai… J’avais mal au cœur pour de vrai… J’avais peur de l’avenir… Quelle solution envisager ??? Quel choix faire ??? La peste ou le choléra ???

Je voulais me réveiller de ce cauchemar… me dire que rien de tout ça n’était vrai… que c’était une mauvaise blague… Nous avons pesé le pour et le contre, encore et encore, et puis nous nous sommes rendus à l’évidence. Je vois encore Dom me dire avec force : «Je ne veux pas qu’on lui coupe la patte !!». Nous voulions conserver la patte d’Epice avant tout, alors, la seule solution pour ça, c’était de faire de la radiothérapie. Peu importe le coût… peu importe les sacrifices…

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Un RDV et un voyage qui va tout changer…

Nous avons donc contacté la clinique Oncovet à Villeneuve d’Ascq (59), à plus de 400 km de la maison. Nous voulions l’avis de spécialistes en oncologie. Pourquoi si loin ?

Parce que malheureusement, ce type de soins n’est pas généralisé et n’existent pas dans toutes les cliniques de France car les équipements pour traiter le cancer sous toutes ses formes sont très coûteux et les frais pour les propriétaires également…

Le 25 octobre 2015, nous avons pris la route pour Lille : nous avons programmé un RDV avec la clinique spécialisée le 26 octobre 2015. J’ai pu poser 2 jours de congés et Dom était en congés pour la semaine, ça tombait bien et comme un signe du destin, nous avons la chance d’avoir de la famille sur Lille qui a pu nous héberger pour ce premier RDV et qui a pu nous héberger pour toute la suite des événements : je leur serai toujours reconnaissante de nous avoir aidés. Sans eux, les frais occasionnés par ce coup dur auraient été encore plus élevés.

Le rendez-vous avec le spécialiste s’est très bien passé. Nous avons fait un scanner à Epice qui n’a révélé aucune métastase : ouf !! La tumeur semblait être bien localisée et peut-être pas si infiltrée que ce qu’on imaginait. La chirurgie a été programmée pour le lendemain, le 27 octobre 2015, jour de mon anniversaire… une date qui n’a plus du tout le même sens… Si tout se passait bien et si la cicatrisation se faisait sans encombre, on pouvait débuter la radiothérapie 15 jours après, aux environs de la mi-novembre.

Nous avions préparé les affaires d’Epice au cas où mais j’avais beaucoup de mal à m’y résoudre, j’avais le sentiment de l’abandonner… Je savais que c’était pour son bien mais c’est très dur de devoir laisser l’être le plus précieux à ses yeux à des inconnus, même si je savais qu’il était entre de très bonnes mains et que Dom serait avec lui…  J’ai du rentrer à la maison et laisser Epice avec Dom à Lille… Ce fût une torture de les laisser là-bas, loin de moi… Nous étions séparés dans l’épreuve et c’était très difficile à vivre…

De la chirurgie à la cicatrisation…

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La chirurgie a donc eu lieu le mardi 27 octobre 2015 : ce fut la journée la plus longue de notre vie ! Dom a déposé Epice le matin à la clinique. Nous savons en règle générale que les vétérinaires ne donnent pas de nouvelle tout de suite après la chirurgie : ils attendent que le chien soit totalement réveillé pour appeler les propriétaires. Ce jour là, nous avons attendu cet appel indéfiniment… Il y a eu une urgence cardiaque sur un très gros chien qui a décalé tout le planning du bloc opératoire.

Nous n’avons eu des nouvelles que le soir, vers 20h, malgré nos nombreux appels pour en savoir plus. Ce fut une torture indescriptible. Je m’imaginais le pire et en même temps je me disais que s’il était arrivé quelque chose, on nous aurait averti mais dans des situations stressantes comme celle-ci, nous perdons notre bon sens et toute capacité à raisonner et à se raisonner…

Epice est resté à la clinique jusqu’au matin du vendredi 30 octobre 2015 : les vétérinaires voulaient surveiller qu’un œdème ne se forme pas sur sa patte. Ils devaient également ponctionner régulièrement sa patte car une poche de liquide se formait, ce qui était tout à fait normal.

L’après-midi, Dom prenait la route pour rentrer à la maison avec notre petit trésor, notre petit guerrier…

Les jours qui ont suivi son retour furent très durs car il a fallu nous rendre chez notre vétérinaire traitant tous les 2 jours pour ponctionner sa patte et changer son pansement. En soi, ce ne sont pas les trajets qui étaient difficiles, car la clinique est à 5 mn de la maison, mais ce qui était très dur moralement, c’était de voir l’état de sa patte après cette chirurgie : elle était meurtrie… J’avais l’impression d’infliger des soins horribles à Epice. Mais notre petit amour nous a donné une vraie leçon de courage : il n’a jamais rien dit, il s’est laissé faire sans sourciller, sans ronchonner.

Mais très vite, la situation s’est corsée… Début novembre, soit une semaine après le retour d’Epice, des points de suture ont lâché. Un jour où je devais aller changer son pansement, je constatais que celui-ci était anormalement mouillé, d’une couleur rosée… A l’ouverture du pansement par le vétérinaire, ce fut un choc : une plaie béante !! Nous avons tenté de continuer les soins malgré ce contre-temps mais nous nous sommes résignés à poser des agrafes pour consolider le reste des sutures et à compléter les soins à l’aide d’un produit miraculeux : l’Algoplaque ! Une sorte de pansement épais dont la matière accélère la reconstitution des tissus.

Entre temps, les résultats de l’analyse de la tumeur retirée lors de la chirurgie tombent : ce mastocytome de grade 1 est requalifié en grade 2 pour son côté très infiltrant dans les tissus. C’est la panique : la patte d’Epice était loin d’être cicatrisée, nous ne pouvions donc pas commencer les séances de radiothérapie mi-novembre comme prévu… Et si on avait fait tout ça pour rien ??? Et si le reste de cette maudite tumeur allait envahir son petit corps et anéantir tous nos efforts… ???

En route pour la radiothérapie…

Entre angoisse et impatience, nous continuons sans relâche les soins et les pansements, à la maison et chez notre vétérinaire. Depuis la mise en place des pansements d’Algoplaque début novembre, nous ne pouvions que constater une nette amélioration de la cicatrisation de sa patte. Fin novembre, la plaie d’Epice est enfin refermée.

 

Nous contactons la clinique Oncovet à Lille pour leur montrer la photo de sa patte et ils nous donnent le feu vert pour venir sur place et commencer la suite du traitement dès le lundi 7 décembre 2015.

Dimanche 6 décembre 2015, je prenais la route avec Epice direction les environs de Lille pour aller chez les grands-parents de Dom qui nous ont hébergé durant les 3 semaines de radiothérapie d’Epice. J’étais angoissée à l’idée de faire toute cette route seule… angoissée à l’idée de commencer des soins dont je ne savais rien ou si peu…

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Lundi 7 décembre 2015, 10h, première séance de radiothérapie : le grand saut vers l’inconnu pour Epice et pour moi. Nous avons été pris en charge par toute l’équipe d’Oncovet et tout m’a été expliqué : Epice aura 14 séances de radiothérapie de 5 mn, tous les jours du lundi au vendredi avec repos les week-ends, les séances sont programmées à 10h chaque jour. Entre le moment où une ASV le prendra en charge et le moment où je le récupérerai, il se passera environ 1h : les phases d’anesthésie et de réveil sont les phases qui durent le plus longtemps comparé à la séance de radiothérapie en elle-même. On m’a également informée que la radiothérapie avait un effet secondaire majeur et inéluctable : les brûlures cutanées. On m’a donné une pommade pour tenter de protéger la peau de sa patte déjà très fragilisée avec sa cicatrice toute récente.

1h… 1h ce n’est pas grand-chose… 60 petites minutes… et pourtant, ce fut un supplice d’avoir à patienter si peu de temps même avec le meilleur livre du monde entre les mains… Heureusement, dans ces moment-là, on peut compter sur les autres propriétaires d’animaux venus eux aussi pour une séance de radiothérapie : on se parle, on se comprend, on n’a pas besoin de justifier notre choix pour ce type de soins, on est dans le même bateau, dans la même galère… On se raconte nos histoires respectives, on se soutient, on s’échange nos bonnes ondes positives pour nos poilus… bref, on sait ce que traversent les autres et on se serre les coudes même si on ne se connaît pas.

Epice est allé tout guilleret à sa 1ère séance avec l’ASV : je lui ai promis de l’attendre là et que je ferai « tout vite tout vite ». C’est LA phrase que je lui dis quand je dois m’absenter et qu’il ne peut pas venir avec moi, mais cette fois-ci, c’est moi qui ne pouvait pas venir avec lui, c’est moi qui ne pouvait pas l’accompagner derrière cette porte…

La 1ère semaine de radiothérapie s’est bien passée, même si, les jours passant, le titi n’allait plus avec autant d’entrain derrière la porte qui nous séparait… La surprise et la découverte des toutes premières séances a laissé place à la peur et l’angoisse : la peur de l’aiguille, chaque jour dans la même pattoune, l’angoisse de la séparation et tout ce qui peut se passer dans la tête d’un petit chien qui se retrouve loin de son chez lui et loin de ses repères…

A son retour, il était tout aussi joyeux et content de me retrouver (pas autant que moi !!!!). Tout s’était bien passé et j’ai retrouvé un petit Epice tout bariolé : il avait des marquages rouges faits par le vétérinaire pour diriger le plus précisément possible les rayons sur ce qui restait de sa tumeur…

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Pour la 2ème semaine, j’ai du passer le relais à mes beaux-parents car des impératifs professionnels m’empêchaient d’accompagner Epice à ses séances. Mes beaux-parents ont été au top !! Ils ont assurés comme des pro : je leur avais laissé des consignes, notamment pour la pommade à appliquer avant et après les séances pour essayer de protéger sa peau des brûlures.

J’avais des nouvelles tous les jours : sitôt la séance du titi terminée, j’avais un petit sms pour me dire qu’il allait bien et des photos pour me rassurer encore et encore…

J’étais déjà très angoissée par toutes ses séances et toutes les anesthésies générales que le titi enchaînait… mais là, je n’étais pas à ses côtés et j’avais peur qu’il lui arrive quelque chose alors que ce n’était pas moi qui m’en occupait, c’était ma hantise…

Pour la 3ème semaine de radiothérapie, j’étais là, de retour, avec les batteries rechargées à bloc. Epice était égal à lui-même : joyeux, gourmand et débordant d’amour !!! Jamais il ne s’est montré triste, déprimé ou abattu et ça, ça donne encore plus l’envie de se battre et d’en finir avec ce satané crabe !!

Le jeudi 24 décembre 2015, ce fût la dernière séance d’Epice : elle a bien failli ne pas se faire car la peau du titi commençait à présenter des signes de faiblesse… Le vétérinaire avait peur d’endommager sa peau mais il fallait bien finir le protocole. Nous avons donc concentré toutes nos bonnes ondes et la dernière séance a bel et bien eu lieu sans encombre. Une fois terminée, le vétérinaire m’a invitée dans son bureau pour un débriefing sur les soins post radiothérapie à effectuer, sur les risques de récidive, les actions à mener si d’autres tumeurs cutanées sur la peau se développaient…

Ce fût une journée très riche en émotions : tout se mélangeait dans mon esprit et dans mon cœur. J’étais heureuse d’avoir fait tout ça pour mon titi, heureuse de voir qu’il allait bien, mais en même temps, j’avais peur de l’avenir, peur qu’une autre tumeur se développe ailleurs, peur de ne pas avoir la force de devoir recommencer tout ça… Le vétérinaire m’a rassurée en m’expliquant que même si d’autres tumeurs se développaient, ce qui était important c’était leur localisation : si c’est sur une zone accessible, avec possibilité de retirer avec une grosse marge de sécurité alors il n’y a pas de raison de s’en faire et pas de raison de revenir à Lille. Pour la patte du titi, ce qui était compliqué c’était justement la localisation qui ne permettait pas une exérèse complète avec marge de sécurité.

Maintenant, il ne fallait pas s’arrêter de vivre mais continuer à surveiller la patte d’Epice et ses ganglions par palpation et surveiller les organes internes à risques par échographie abdominale tous les 3 mois pendant 2 ans chez mon vétérinaire traitant habituel.

Alors voilà, nous en avions fini avec tout ça… ça semblait presque irréel… on avait pris nos marques à Lille. Il ne restait que les soins post radiothérapie à gérer et le vétérinaire m’avait prévenue : de tout ce qu’avait traversé le titi, le « pire » allait arriver avec les effets secondaires de la radiothérapie, à savoir les brûlures…

Nous avons peut-être une bonne étoile au-dessus de nos têtes car Epice n’a jamais eu d’effets secondaires suite à toutes ses séances : il a eu quelques rougeurs certes mais pas de brûlures avec cloques et autres désagréments. Il faut croire que les miracles de Noël existent vraiment…

2 années de contrôles trimestriels…

Comme nous l’avait indiqué le vétérinaire d’Oncovet, nous avons surveillé la patte et l’état général d’Epice pendant 2 ans. Tous les 3 mois, nous prenions RDV chez mon vétérinaire traitant pour examiner Epice sous toutes les coutures et pour lui faire une échographie abdominale complète.

8 échographies sur ces 2 dernières années et autant de stress pour moi comme pour Epice qui déteste plus que tout ce type d’examen. Mais il fallait bien en passer par là : on n’avait pas fait tout ça pour abandonner à la première échographie.
Au fur et à mesure des échographies, l’angoisse s’éloignait : je me disais que plus on avançait dans le temps, moins il y aurait de risque. Je commençais à prendre du recul avec tout ça et à envisager les prochaines échographies et l’avenir avec moins d’angoisse et de stress.Au début, j’angoissais beaucoup à chaque échographie : j’imaginais toujours le pire… j’y allais avec une boule au ventre terrible… ça me rappelait de mauvais souvenirs… mais il fallait le faire…

Les épreuves renforcent les liens…

14 - nous.jpgJ’ai toujours aimé Epice : je l’ai voulu alors, ça semble normal d’aimer l’animal qu’on a choisi.

Mais depuis ce 9 octobre 2015, jour de l’annonce de sa tumeur cutanée, je ne l’ai jamais autant aimé. J’ai eu si peur de le perdre que je voyais disparaître avec cette annonce tout le bonheur reçu de ce petit être si exceptionnel, tous les moments partagés avec lui et Dom, j’ai cru perdre une partie de ma vie, j’ai cru perdre une partie de moi… C’est « juste un chien » comme le disent certains, oui, mais pour moi, ce n’est pas juste un chien, c’est MON chien et je l’aimerai aussi fort et aussi longtemps qu’il me sera permis de le faire. Je l’aimerai au-delà de ce que peuvent penser les gens, je l’aimerai même lorsqu’il sera vieux, ronchon, incontinent et sénile… Je l’aimerai pour toujours et je lui en fais la promesse éternelle. MERCI Epice d’être le petit chien que tu es.

Je dois remercier également ma seconde famille : les membres du forum Chez-Bernie.com où je suis inscrite depuis de nombreuses années. J’y ai fait des rencontres amicales incroyables. J’ai reçu de l’amour et du soutien durant cette dure épreuve et je les remercie encore aujourd’hui du fond du cœur : ils et elles se reconnaîtront. Depuis ce jour, je les appelle ma f’amis : ils font partie de moi, de mon quotidien, on rit ensemble, on pleure ensemble, on se comprend, on se soutient. Encore une fois je voudrais leur dire MERCI : merci de nous avoir lu, écouté, soutenu, aimé, d’avoir ri avec nous, d’avoir pleuré avec nous, jour et nuit, MERCI d’avoir été là tout simplement.

MERCI également à ma belle-famille qui n’a pas hésité un instant pour nous aider : merci aux grands-parents de Dom pour l’hébergement qui nous a enlevé une sacrée épine du pied, merci à mes beaux-parents pour avoir pris le relais durant la 2ème semaine de radiothérapie d’Epice. Ils savent que ce qu’ils ont fait pour moi, pour nous, n’a pas de prix à mes yeux. MERCI.

MERCI à toute l’équipe d’Oncovet pour la prise en charge d’Epice et pour leur professionnalisme.

MERCI à mon vétérinaire traitant que je ne pourrai jamais assez remercier pour sa disponibilité, sa gentillesse et sa patience avec Epice mais aussi et surtout avec moi.

MERCI à la communauté Facebook de suivre chaque jour les aventures d’Epice et d’avoir été présents, de nous avoir envoyé des bonnes ondes alors qu’on ne se connaît pas vraiment.

MERCI à Julie et Queeny de m’avoir permis de vous raconter ici une partie de notre histoire.

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Liens utiles :

Oncovet : clinique spécialisée en cancérlogie :

            Site : https://www.oncovet.net/

Facebook : https://www.facebook.com/oncovet.net/

Les Tri’pattes : association pour chiens amputés :

Site : https://www.lestripattes.fr/

Facebook : https://www.facebook.com/lestripattes/

Le forum Chez-Bernie.com :

            Site : http://www.chez-bernie.com/

Facebook : https://www.facebook.com/groups/561895977328860/

Super article rédigé par Charlotte et Epice ; Pour en savoir plus sur le blog, un article de présentation.

https://epicethesuperspicydog.wordpress.com/

I Woof You my friend … J&Q