Le dernier Loup

#Cinédog 

Retour sur une œuvre cinématographique d’excellence

Le dernier Loup est un film coopératif français, chinois réalisé par Jean-Jacques Annaud sorti en 2015 ; au casting Feng Shaofeng, Shawn Dou, Ankhnyam Ragchaa. ; Des noms qui nous sont inconnus, mais dont il faut saluer le travail d’acteur.

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Résumé ;

« 1969. Chen Zhen, un jeune étudiant originaire de Pékin, est envoyé en Mongolie-Intérieure afin d’éduquer une tribu de bergers nomades. Mais c’est véritablement Chen qui a beaucoup à apprendre – sur la vie dans cette contrée infinie, hostile et vertigineuse, sur la notion de communauté, de liberté et de responsabilité, et sur la créature la plus crainte et vénérée des steppes – le loup. Séduit par le lien complexe et quasi mystique entre ces créatures sacrées et les bergers, il capture un louveteau afin de l’apprivoiser. Mais la relation naissante entre l’homme et l’animal – ainsi que le mode de vie traditionnel de la tribu, et l’avenir de la terre elle-même – est menacée lorsqu’un représentant régional de l’autorité centrale décide par tous les moyens d’éliminer les loups de cette région. »

Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=171577.html

Dans le décor naturel grandiloquent qu’est la Mongolie, le tournage s’est déroulé avec une trentaine de loups, accoutumés à l’homme depuis la naissance ; Il n’en reste pas moins que le travail réalisé constitue une véritable prouesse technique, malgré le dressage le loup est un animal sauvage, il n’a conscience que sa performance d’acteur servira la cause de ses congénères par de-là le monde, il ne cerne pas les enjeux ; car ce film est engagé, il est le prodigieux résultat de quatre années de travail, et l’étendard d’une cause qui mérite toute notre attention.

Il s’agit là de Grand Cinéma, des scènes d’action notamment lors des attaques ou des poursuites ; de jour comme de nuit, un travail titanesque dont on peut jucher la complexité par la majesté du résultat obtenu. Les loups, l’homme et les loups ; le communisme, la réalité de la fragilité des éco-systèmes ; l’équilibre si souvent bafoué et malmené, ses conséquences à cette déraison, la perception du développement humaine qui semble toujours passer par une destruction ; Tant d’éléments qui s’allient pour constituer un film exceptionnel.

Un film qui ne convient cependant pas aux plus jeunes ; certaines scènes peuvent heurter leur sensibilité ; si toutefois, dans une démarche de sensibilisation ou d’éducation, il devait être visionné, il est préférable de l’accompagner d’une mise en garde, de rassurer, en expliquant que les animaux sont des acteurs dans le film, qu’ils n’ont pas été blessés. De même, il peut être intéressant d’engager un dialogue ultérieur au visionnage, afin de s’assurer de la bonne compréhension du message, de répondre aux questions suscitées par cette expérience visuelle.

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Au-delà d’une adaptation, une renaissance visuelle pour cette agonie naturelle ;

Initialement appréhender comme l’adaptation du Best-Seller, de Jiang Rong, Le Totem du loup, un roman autobiographique, édité en 2004. L’œuvre cinématographique est parvenue à apporter une tout autre dimension au contenu.

Une dimension écologique, abordant les problématiques rencontrées par la biodiversité avec une mélodie digne d’un chant de cygne… Le chant du cygne, car il est bien question de cela, la disparition du nomadisme, et des éléments qui constituent son environnement, à commencer par le loup ; la difficulté de cette vie de berge, une réalité sans édulcoration ou stigmatisation ; juste un regard objectif. Une approche visuelle qui en viendrait presque à nous faire oublier ses origines littéraires.

Ce film est douloureux et beau, passionné et passionnant, il suscite la nostalgie et ouvre la porte aux débats ; aux questionnements, et je l’espère aux remises en question.

Il m’a énormément touché, même s’il me semble dur et doux à la fois, c’est l’un des films animaliers les plus marquants que j’ai pu voir. Au-delà des prises de vues absolument sublimes, des plans centrés sur les loups magnifiques, nobles et attachants par tous les aspects de leur identité ; cette échappée dans une réalité, que l’on localise à tort comme étant lointaine, ne peut laisser indifférent.

Le monde dans lequel nous vivons change, et ce n’est pas de sa propre action, c’est de la nôtre, nous, les Hommes, qui sommes-nous pour balayer la vie qui nous entoure d’un revers de main empreint d’une telle arrogance ?

Ce qui était avant nous, devrait y demeurer après nous,… malheureusement, dans la hiérarchie que l’homme a établie, grand nombre d’espèces sont en danger.

Comment justifierons-nous nos actions présentes, lorsque nos enfants n’auront plus que leurs yeux pour pleurer, ceux qui nous auront définitivement quittés ?

Il n’est pas seulement question des loups, plus largement, il est question des occupants de notre planète, Hommes et animaux, et de la nécessité de cohabiter dans le respect, avant qu’il ne soit trop tard ; si ce n’est déjà le cas…

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