Maladies des Tiques et Puces

 

Quand le printemps/été (et automne) peut devenir cauchemar n°4

 

Les puces et tiques, à l’arrivée des beaux jours, durant toute la belle saison et jusqu’à l’arrivée des premiers jours de froid (oui, la période des tiques est longue…), on ne peut pas y échapper… Tous les ans, ça recommence ! Les bestioles ressortent pour notre plus grand malheur !!

Nous vous avons déjà présenté il y a quelques temps tout notre attirail naturels contre les puces et les tiques, donc nous n’allons pas vous en remettre une couche aujourd’hui, vous allez comprendre de vous-même, en lisant la suite de cet article, que c’est important d’avoir une bonne protection anti-puces et anti-tiques !

Parce que, oui c’est bien de protéger, mais c’est encore mieux quand on comprend pourquoi il faut vraiment protéger poilus des attaques et des invasions de bestioles !

C’est une chose d’avoir des envahisseurs qui trottent sur le corps de poilus (et dans votre maison pour les puces), mais c’en est une autre, beaucoup plus grave, lorsque ces envahisseurs transmettent des maladies !

Vous aurez probablement tous entendu parler (surtout ces derniers temps) de la célèbre maladie des tiques : la maladie de Lyme. Mais c’est loin d’être la seule… malheureusement…

Aujourd’hui, article préventif mais surtout article informatif : les maladies transmises par les tiques (et les puces) ! eurk…

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Source photographie – Sud Ouest

(pour tout vous dire, pour écrire cet article, j’ai du prendre sur moi… non seulement j’ai lu des thèses – des pavés de plus de 200 pages comme j’ai pu en écrire un… mais j’ai surtout vu des images horribles, immondes, dégoutantes… promis, je vais vous les épargner !)

Cependant, avant de vous exposer les différentes maladies, et afin que vous puissiez comprendre comment et pourquoi ces parasites sont dit « vecteurs de pathogènes » (= transporteurs de micro-organismes (tels que des bactéries, parasites de types vers) entrainant des maladies), petit résumé sur le cycle de vie des tiques :

Cours de biologie, on ouvre son livre à la page 6…

La tique, être répugnant au plus haut point, est un gros acarien, hématophage (se nourrissant de sang) et dont on distingue 2 familles : les tiques dures (comme la tiques brunes du chien) et les tiques molles.

Le cycle de développement peut durer de quelques mois à 4 ans (selon les températures et temps, la tique peut se mettre en « pause »). Le cycle de vie comporte 3 phases : la phase larvaire, nymphe et la phase adulte. Au cours de ces 3 stades de développement, la tique va se nourrir sur des hôtes (plusieurs espèces possibles : chien, chat, hérisson, lièvre, oiseaux, rongeurs, renard). Elle attend donc sagement dans la végétation le passage de poilus divers (y compris NOS poilus grrrrr) pour se fixer sur eux, se nourrir pendant plusieurs jours, retomber au sol pour évoluer vers le stade supérieur, et recommencer. Lorsqu’une tique est sur un poilu, c’est donc une phase de repas pour elle (Fa-mine ! Pour les tiques ! Fa-mine ! Pour les tiques !).

Zone de prédilection pour se fixer (et donc manger tranquille) : les endroits où la peau est fine. Pensez à bien vérifier après balade : l’aine, l’ars, autours des oreilles et pavillon de l’oreille, mamelles, scrotum, anus, paupières, entre les coussinets…

Au moment de la morsure (pour se nourrir de sang), la tique injecte une molécule anesthésiante pour que l’hôte ne se rende pas compte de sa présence (et qu’elle est en train de se faire un bon gros festin la garce !).

Nota Bene : Cette molécule anesthésiante, chez certain de nos poilus, peut entrainer une paralysie fulgurante : d’un coup, poilu est paralysé sans que l’on se rende compte de quoi que ce soit. Dans ces cas là, bien vérifier partout si une tique ne s’est pas accrochée et véto en urgence !

Lors du repas, la tique va non seulement aspirer du sang et la lymphe, mais elle va également avoir des périodes de sécrétions (elle injecte de la salive à son hôte). C’est durant les périodes de sécrétions que les problèmes peuvent survenir : les parasites que transporte la tique (elle est dite vecteur de pathogène car transporteurs de pathogène) vont se reproduire chez elle et se retrouver dans sa salive (certains espèce pathogène se reproduisent même dans les glandes salivaires). Lors de l’injection de salive à l’hôte, elle va aussi injecter les pathogènes présents dans sa salive… et voilà… un poilu contaminé…

Nota Bene 2 : Il faut savoir que normalement, une tique prend environ 24h avant d’injecter de la salive. Si vous vous rendez compte tout de suite qu’une tique s’est fixée sur poilu, retirez-là, désinfectez bien la zone. Et pas de stress, peu de risque que poilu soit infecté.

Les différentes pathogènes transmis…

…et responsables de maladies

La piroplasmose avec les protozoaires Babesia et Theileria

Aussi appelée Babésiose. Maladie parasitaire, non contagieuse mais inoculable (ne se transmet pas par contact, mais par injection (salive de la tique) ou par le sang).

Elle est plus fréquente chez les jeunes chiens (entre 2 mois et 2 ans) que chez les sujets âgés.

Transmission des piroplasmes par la tique principalement, mais peuvent aussi être transmis lors d’une transfusion sanguine, lors d’une morsure ou la gestation chez la chienne.

Les parasites, une fois dans l’organisme de poilu, vont aller se fixer aux globules rouges, entrer à l’intérieur, se multiplier, évoluer et ensuite sortir des globules.

Problème : en sortant, les parasites explosent les globules rouges, entrainant alors une anémie. Autres effets beaucoup plus graves possible (selon la forme de la piroplasmose) : thrombose (due à la présence de caillots sanguins), hypotension, augmentation de la taille du foie et de la rate, insuffisance rénale, hémoglobinurie (sang dans les urines).

Symptômes principaux : fatigue importante, apathie, anorexie, fièvre, urine foncées (marrons-noires), muqueuses pâles/blanches. Rares : problèmes gastro-intestinaux, neurologiques, cutanés.

Le pronostic dépend des formes de piroplasmoses. Il faut dans tous les cas agir vite ! Les symptômes apparaissent entre 2 et 30 jours après la fixation de la tique infectée. Il faut consulter son vétérinaire au moindre symptôme suivant une morsure de tique.

Il existe un vaccin contre la piroplasmose mais il ne protège pas à 100%. Il faut absolument combiner avec une protection antiparasitaire externe.

L’Ehrlichiose avec Ehrlichia canis

La bactérie pathogène Ehrlichia est transmise par la salive des tiques (lors de leur satané repas) et, une fois dans le système sanguin, va cibler différentes cellules (sauf les globules rouges), avec une préférence pour les monocytes. La bactérie entre dans les cellules, prolifère, puis en ressort (en explosant là aussi les cellules).

La phase clinique de la maladie dure environ 1 mois et entraine les symptômes suivant : fièvre, anorexie, perte de poids, fatigue et asthénie. Le problème étant que les symptômes ne sont pas vraiment spécifiques (et qu’il peut y avoir plein d’autres manifestations cliniques : hématomes, troubles gastro-intestinaux, oedèmes, troubles neuro, pulmonaires…). Après la phase aigue, il y a une seconde phase (qui dure 2 à 3 mois) : les symptômes s’atténuent et poilu reprend du poids. A ce moment là, soit poilu est fort et s’en sort tout simplement (porteur asymptomatique toute sa vie), soit son système immunitaire est affaibli, et alors là les symptômes s’aggravent (perte de poids plus grande pour aller jusqu’à la cécité).

Traitement par antibiotiques (bon pronostic en phase aigue, moins bon en phase chronique). D’où consultation au moindre symptôme suspect !

La maladie de Lyme avec Borrelia Burgdorferi

De son vrai nom la Borréliose de Lyme. Bien connu chez l’humain, la maladie touche aussi nos poilus. Borrelia burgdorferi est un spirochète (micro-organisme en forme de spirale), qui peut se transmettre de l’animal à l’Homme (on parle alors de zoonose) (et inversement) via un vecteur comme notre ennemie la tique lors de son repas. Une fois dans l’organisme de l’hôte, le spirochète va rejoindre les articulations pour s’y loger. Symptômes chez le chien (comme chez l’Homme) : grande fatigue, douleurs et gonflements articulaires et fièvre, perte de poids et anorexie. L’âge de l’animal, et le lieu de morsure de la tique peuvent influencer la maladie.

Le diagnostic est un peu difficile (il existe différentes sortes de Borrelia). Traitement par antibiotiques et glucocorticoïdes lorsqu’il y a des atteintes articulaires. Le problème étant que le traitement n’élimine pas complètement l’infection, et que la maladie restera donc présente (et certaines formes sont résistantes aux antibios…).

L’anaplasmose avec Anaplasma Phagocytophilum

Egalement appelée Ehrlichiose granulocytaire, elle est due à la bactérie Anaplasma phagocytophilum. Il s’agit également d’une zoonose (transmis animaux/Homme et vice versa). Une fois dans l’organisme, transmis encore une fois par la tique, la bactérie va cibler les cellules sanguines, mais uniquement les globules blancs de type neutrophiles. Comme ses consoeurs, elle va s’y multiplier et en ressortir… créant une réaction inflammatoire importante. Elle entraine, comme dans le cas de la maladie de Lyme, une polyarthrite, et peut aussi amener à une anémie hémolytique (comme la Piroplasmose avec destruction des globules rouges… à la suite de diverses réactions en chaine). Les formes les plus sévères de la maladie ont été observées chez des poilus âgés. La maladie n’entraine pas forcément de symptômes ou alors des symptômes ressemblant aux autres zoonoses : fièvre, anémie, fatigue, anorexie, et parfois augmentation de la taille de la rate, du foie, polyarthrite, troubles musculo-squelettique (chez 50% des chiens), gastro-intestinaux, neuro, pulmonaire… Pour le diagnostic, il faudra rechercher la présence ou la trace du passage de la bactérie comme dans les autres pathologies. Le traitement est à base d’antibiotiques. Au moindre symptômes il faut consulter (oui je sais, je me répète mais c’est le seul vrai conseil en plus de la protection anti-tiques et puces).

L’hépatozoonose avec Hepatozoon canis

Il s’agit là encore d’une zoonose, mais très peu connue car peu diagnostiquée et qui sévit dans le Sud-Est de la France. Elle peut être asymptomatique, ou avec des symptômes divers et variés, graves ou non (encore une zoonose compliquée en somme…).

Hepatozoon est un protozoaire qui, une fois transmis par la tique, va cibler les cellules sanguines afin de les utiliser comme transporteur (et « zone d’évolution) pour se disséminer dans l’organisme, dans différents organes…

Si symptômes il y a : fièvre,  abattement,  amaigrissement,  anorexie,  anémie,  douleurs,  faiblesse  musculaire et troubles locomoteurs. L’évolution de la maladie est variable.

Divers traitements peuvent être testés… mais difficile de savoir ce qui fonctionne…

Seule solution : la protection et la prévention !

Concernant les puces, il n’y a qu’un seul micro-organisme qui peut être transmis : il s’agit d’un ver plat répondant au doux nom de Dipylidium caninum.

La maladie n’est pas grave, il s’agit d’un ver, parmi tant d’autre, donc il faudra vermifuger poilu pour l’éradiquer.

Pour le diagnostiquer ? Poilu va se frotter les fesses, essayer de se lécher l’anus souvent… et au bout d’un moment, des sortes de grains de riz seront visibles dans les selles (des morceaux d’anneaux du vers qui se détachent).

Les problèmes principaux rencontrés avec les puces ne sont pas des maladies, mais plutôt des réactions allergiques aux piqûres de puce : la Dermatite allergique (ou par Hypersensibilité) aux piqûres de puces (DAPP ou DHPP). Il s’agit donc d’une réaction cutanée.

Si vous êtes arrivés jusqu’au bout de cet article, vous vous serez rendu compte qu’à part la prévention et la protection anti-puces et tiques, il n’y a pas grand chose d’autre à faire pour éviter toutes ses maladies.

Les conseils principaux :

  • protection anti-puces et tiques
  • si une tique est présente, on enlève, on désinfecte
  • Et au moindre symptôme après l’accrochage d’une tique : on consulte son vétérinaire en lui donnant bien toutes les informations (symptômes, délais après retrait de la tique, zone de contamination, etc).

Soyez vigilants ! Prenez soin de vos poilus ! Protégez-les !!

Luna’s Team; 

Sources scientifiques :

Piroplasmose : Thèse du Dr Visee « Intérêt de l’amplification génique (PCR) pour diagnostiquer les piroplasmoses canines en France » – 2008 – Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort

Ehrlichiose : Thèse du Dr Jouret « L’ehrlichiose monocytaire canine : étude expérimentale d’une nouvelle souche d’ Ehrlichia canis » – 2001 – Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort

Maladie de Lyme : Thèse du Dr Troude « Enquête nationale sur la maladie de Lyme chez le chien » – 2014 – Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort

Anaplasmose : Thèse du Dr Trombini  « L’anaplasmose canine à Anaplasma Phagocytophilum : présentations de cas cliniques et infection expérimentale » – 2008 – Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon

Hépatozoonose : Thèse du Dr Portron « Hépatozoonose canine : synthèse des données bibliographiques » – 2002 – Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse

 

Dipylidium caninum : ESCCAP : European scientific counsel companion animal parasites

4 commentaires sur « Maladies des Tiques et Puces »

  1. Article génial et indispensable ! Plein de détails et d’explications super utiles et clairement exposées. Mon blog préféré ! Merci et continuez comme ça ! Plein de caresses aux poilus du blog de la part de Patti la cocker anglais et Raoul le gros matou et leur humaine dévouée !

    Aimé par 1 personne

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