Le deuil

#L’après toi…

L’après nous..!

Le deuil est une épreuve qu’ils nous incombent à tous de traverser non seulement à notre manière mais aussi à notre rythme. Mais lorsque la peine nous submerge, comment y parvenir ?

Cet article ne comporte aucunes recettes miracles, à mon grand regret, il ne va pas apaiser votre douleur d’un coup de baguette magique. Cependant, il est basé sur mon vécu et j’espère qu’il sera utile à l’un ou l’autre d’entre vous afin de traverser au mieux cette épreuve difficile, avec la consolation de cet échange.

  1. Le moment du retour à la maison;

Dans un premier temps, c’est le silence, ce calme, cette absence de vie dans la maison qui vous gifle dès l’ouverture de la porte. Le regard qui d’instinct balaye la pièce à la recherche de ce qui ne s’y trouve plus, de ce qui ne s’y trouvera plus jamais, votre poilu.

Oh que jadis on l’a souhaité le calme, pour lire paisiblement, et aujourd’hui, on le hait, tout simplement car il renvoie inlassablement au même constat.

« Ses affaires sont partout ! »

Oui, il y a encore ses affaires partout, sa laisse de rechange au porte manteaux, à côté de la porte, ses plaids sur les canapés, sa gamelle dans la cuisine, ses jouets dispersés, son panier dans lequel Poilu ne dormait jamais… et de fait, son essence… son odeur… son image… car dans ces moments, on le voit partout, on le ressent encore là …

Il n’y a pas de bonnes solutions concernant les affaires de poilu, l’un vous dira de les retirer au plus vite pour commencer le deuil, l’autre vous dira que si vous êtes encore sous le choc, dans le déni ou en phase plus lente d’acceptation, il peut être bénéfique de vous laisser un temps d’adaptation afin de procéder à cette transition difficile « du tout au rien ».

La règle est la suivante, n’écouter que vous-même, soyez attentif à vos sentiments. Si la vision des objets, l’odeur vous apaisent, cette démarche peut attendre. Il n’y a pas d’urgence.

     2. La nouvelle se repand ;

Poilu et vous, on vous voyait toujours ensemble, en promenade, aller chercher le pain, dans le jardin, vous parliez de lui. Dans votre entourage direct ou indirect, à défaut de l’avoir déjà rencontré, tous avaient connaissance de son existence.

Mettre de mots sur les « choses »

La pudeur et la douleur, souvent, nous poussent à édulcorer la situation par des mots différents de ceux que nous avons en tête, de ceux que nous vivons.

Ainsi, fréquemment, nous dirons « j’ai perdu mon chien », sachez qu’il y aura toujours un simplet pour vous demander « dans quel coin vous l’avez égaré ! »

Alors, il est temps d’utiliser les mots, même s’ils font mal, ils servent au processus d’acceptation « Mon chien est mort »…c’est simple et compliqué à la fois, comme si le dire à haute voix, signifiait le tuer une seconde fois. Pourtant, il est mort et ne reviendra pas, il n’est pas perdu, il est parti au paradis des poilus, ou nulle part si ce n’est dans un coin de votre cœur, selon vos croyances personnelles.

« Vivre son deuil est un droit mais surtout une nécessité ! »

Garder à l’esprit que certaines personnes, malheureusement, auront des difficultés à comprendre votre état, car, c’est difficile à appréhender pour eux, que vous ressentiez autant de peine pour … un chien, un chat, tout simplement, un animal !

Il est donc important de vous exprimer sans honte, sans retenue, sur vos ressentis afin d’être compris de ces personnes qui par méconnaissance risque involontairement de vous blesser.

« Je ne suis pas en forme, je ne veux pas sortir, je n’ai pas faim », avec un sourire esquivé mais grandement forcé… n’exprime pas votre état d’esprit, ce n’est pas la solution. Vous êtes en deuil … vous avez mal, vous avez le sentiment qu’on vous a arraché le cœur, il est parti et a emporté une partie de vous avec lui ! N’ayez ni honte, ni peur d’utiliser les mots, d’exprimer votre peine et de vous faire comprendre de votre entourage.

Vous vivez le deuil de votre compagnon à poils, c’est un deuil, que votre entourage direct ou indirect doit respecter, qu’ils le comprennent ou non.

       3. On est tous un peu schizophrène

J’ai froid, et j’ai chaud en même temps, j’ai faim mais pas faim, je pleure, je ris, je me lève la nuit, je détourne mes pensées, je ne sais plus trop quoi penser… je me sens couillon, je me comprends, je me fais pitié,  je me sens pitoyable… je dois me reprendre, j’ai pas envie de bosser, me font tous chier ! Je me dis, il y a ceux qui vivent pire, ils n’en font pas une telle histoire, et là, j’ai envie de me mettre une gifle, j’ai l’impression de lui manquer de respect, de le trahir,… c’est ça mon problème…

« Aller mieux, c’est oublier, oublier, c’est trahir… »

Non, aller mieux c’est avancer, avancer ce n’est pas oublier, c’est apprendre à vivre avec. Ce qui est douleur aujourd’hui, deviendra beau souvenir un jour prochain… et c’est le plus difficile.

L’acceptation sera la phase d’aboutissement du deuil, vous l’avez vu partir, vous savez qu’il n’est plus là, cependant, ce qu’il reste c’est la douleur, et tant qu’on la ressent, on pense inconsciemment qu’on prolonge sa présence. C’est faux, on ne prolonge que notre calvaire. Le laisser partir, respirer un grand coup, … si ce n’était pas encore fait, je pense que maintenant, on peut retirer ses affaires, car maintenant on sait, qu’il faut avancer dans le processus de deuil et sortir de la première phase dans laquelle nous étions, le déni… !

Concernant ses affaires, une bonne alternative est d’en faire don à une association ou à un refuge, mais attention, vous n’êtes peut-être pas prêt à vous y rendre actuellement. Vous risquez de céder aux chants des sirènes… alors que ce n’est pas le meilleur moment… sollicitez l’aide de quelqu’un pour acheminer les affaires ou emballez-les dans un carton jusqu’au moment où vous serez en capacité d’accomplir la démarche par vous-même.

        4. T’as les yeux revolver…

La seconde phase, est sans conteste la plus difficile pour votre entourage… la colère, car oui, vous êtes en colère (suivant les circonstances, un peu… ou beaucoup).

Si votre poilu souffrait, si la maladie était pesante, si la vieillesse lui devenait insurmontable, votre colère risque de se diriger dans l’absolu sur tout et n’importe quoi. Car au fond, vous savez que vous ne pouvez en vouloir à personne.

Parfois, la colère est dirigée vers vous -même, on peut toujours trouver des reproches à se faire, si j’avais fait ceci, si j’avais fait cela avant… si j’étais allée chez ce vétérinaire-là, … une seule question s’impose à ce stade;

« L’avez-vous aimé de son vivant? L’avez vous rendu heureux ? »

Bien évidemment que OUI, sinon vous ne seriez pas ici, à chercher un réconfort en me lisant, c’est la seule chose qui compte « vous l’avez aimé, jusqu’à son dernier souffle, et vous l’aimez encore à cet instant, comme vous l’aimerez toujours dans vos souvenirs ».

Soyez tolérant envers vous, cessez d’en vouloir à la terre entière à commencer par vous- même, …

En cas d’accident, les choses sont différentes, votre douleur est liée à un évènement tragique qui peut légitimer cette colère, mais il vous faudra cependant, à un moment ou un autre, prendre conscience que cette colère, c’est à vous qu’elle fait du mal… et pas à celui que vous jugez responsable.

Vous êtes en droit de pleurer, de crier, de manifester votre peine, l’essentiel étant que cette confusion sorte … extériorisez votre mal -être, en dirigeant cette « énergie » négative dans la bonne direction, pour ma part, j’ai commencé à courir, … c’est la phase d’expression et celle-ci vous en avez besoin !

Les phases peuvent s’alterner, coexister simultanément, vous pouvez faire un pas en avant le lundi, et deux en arrière le mardi, …la phase de dépression est récurrente et s’entremêle aux autres,  votre deuil peut suivre son propre schéma, mais en règle générale, la douleur ne commencera à s’apaiser que lorsque vous déciderez de lâcher prise…

              5. Demain… sera un nouveau jour;

Il faut, à un moment donner, vous bousculer et sortir de la routine, cette routine que vous partagiez avec poilu et qui désormais n’a plus de raison d’être. Avant, votre vie était rythmée par les moments de sortie, les promenades, ses heures de repas…

Il est désormais nécessaire de vous libérer de cette routine, car Oui, il n’est plus là mais vous continuez de regarder l’heure, de repenser à vos moments routinier, ..

Vous ne voulez pas vous promenez car ce n’est plus pareil sans lui, bien, changer de chemin, allez vous promener pour vous aérer, de bouger, de vous entourer, de varier vos activités, et surtout, arrêtez de regarder tous les poilus que vous croisez avec leur humain.

Oui, je sais, c’est instinctif, oui, vous ne pouvez vous terrer chez vous pour éviter de croiser d’autres boules de poils, mais le fait de focaliser sur ceux qui vivent le bonheur que vous avez vécu n’est pas constructif.

Viendra alors le moment de cette idée… un autre chien dans ma vie?

Encore une fois, les uns diront c’est trop tôt, je ne peux pas, en revenant sur la notion de trahison, de comparaison aussi, les autres diront que c’est une aide, que ça soulage..

Demandez-vous la chose suivante, remplaceriez -vous directement l’un de vos enfants ? Votre mari ? votre femme ?

Une personne n’est pas une autre, il en va de même avec un poilu, on ne peut reprendre la relation là, où elle s’est arrêtée avec le premier…

Si vous devez faire entrer un poilu dans votre vie, il faut être prêt à l’accueillir pour ce qu’il est, vous ne pourrez pas aimer votre défunte boule de poils au travers lui, car il ne sera jamais LUI. Il a sa propre identité, son caractère et mérite de vivre son histoire. Un transfert ne sera profitable à personne, la cohabitation risque d’être difficile car vous aurez des attentes et des « exigences », des sollicitations affectives à son égard, que ce nouveau poilu ne sera pas capable de combler si rapidement, dans un premier temps, réapprenez à vivre pour vous, lorsque vous aurez terminé votre deuil, si l’envie est toujours présente, vous pourrez l’envisager concrètement.

C’est pourquoi, il vaut parfois mieux attendre, laisser le temps faire son œuvre.

Les choses qui m’ont aidé ?

Durant mon deuil, j’ai multiplié les activités me permettant de casser la routine, en tentant la découverte de choses nouvelles, plus de sport, des visites, des soirées avec des amis, toutes choses qui pouvaient m’enrichir personnellement, me faire découvrir ou ressentir de nouvelles choses étaient bonnes à prendre.

Lorsque je suis arrivée à la fin de mon processus de deuil, j’ai réalisé un album photo en scrapbooking, avec les bons moments, en souvenir de mon poilu. Je ne voulais pas garder les images de la fin en tête, je voulais me souvenir des beaux moments, ceux de la joie… lorsque je l’ai terminé, refermé, j’ai eu le sentiment d’avoir pu lui dire « Merci et au-revoir » autrement.

KODAK Digital Still Camera

           6. Un jour, j’ai aimé à nouveau…

C’était différent, mais pas moins fort, c’était nouveau bien que les étapes fussent les mêmes, il m’a fallu deux ans et un hasard de la vie, pour que je laisse cette boule de poils nommée My Queen entrer dans ma vie. Elle est différente, notre relation est différente, l’amour que j’ai, pour elle, est différent. Ce n’est pas comparable, c’est juste la vie qui suit son cours, on prend le bonheur comme il vient, on l’accueille lorsqu’il se présente.

À son arrivée, j’étais prête, une page blanche sur laquelle, il ne restait plus qu’à écrire NOTRE HISTOIRE !

Je sais qu’aujourd’hui c’est difficile, que ça fait mal, que rien de ce qu’on pourra vous dire ne suffira à apaiser cette douleur, mais un jour, lorsque la plaie sera refermée, vous repenserez à lui avec bonheur, sans peine !

Les meilleurs conseils que j’ai à vous donner, sont insignifiants mais gratuits, donnez -vous le temps d’aller mieux, soyez indulgent envers vous, vivez votre deuil sans honte, pardonnez-vous et ne sombrez pas dans la culpabilité, ne conservez que le meilleur, respirez et réapprenez à vivre autrement. On peut vivre plusieurs vies en une seule… vous vivrez encore des peines mais également des bonheurs, prenez soin de vous, afin d’être prêt à les accueillir lorsqu’ils se présenteront à vous !

Avec toutes mes pensées…

My Queen;

 

 

 

7 commentaires sur « Le deuil »

  1. Ce doit être épouvantable de perdre son chien , le miens n’a que cinq ans mais je ne peux pas penser sans effroi qu’il puisse disparaître un jour! j’ai déja eu beaucoup de chat mais pour moi ça n’a rien à voir! en quinze jours je n’y pensais plus beaucoup, tandis que le chien c’est un véritable ami, le meilleur des compagnons aux regard si tendre, pourquoi leur vie est-elle si courte!

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  2. Ca fait une semaine qu’elle est partie et j’ai éprouvé le besoin de venir lire cet article que j’avais survolé lorqu’il est paru. Rien ne peut effacer notre douleur mais j’avoue m’y être retrouvée et avoir lu des choses qui font vraiment du bien . Pour tout cela, merci

    Aimé par 1 personne

    1. Pascale, je suis très touchée d’apprendre la nouvelle, je ne savais pas, … et je suis très peinée pour vous, je comprends votre peine, il vous faudra du temps et même si la consolation n’est qu’infime face à la douleur actuelle, vous avez été son humaine avec beaucoup d’amour, une humaine d’exception. J’ai pu le constater au travers des photos, des commentaires et de la bienveillances qui en découlait ! Toutes mes pensées vous accompagnent dans ces moments difficiles. Si vous souhaitez qu’un hommage soit rendu, vous pouvez m’envoyer une photo, si vous voulez tout simplement échanger, livrer une pensée, n’hésitez pas à vous servir de l’e-mail pour me contacter, pour ma part, ce soir, il y aura une bougie allumée pour vous et pour elle, à la maison … pour qu’après l’ombre vienne la lumière ! Je vous embrasse très fort ! Queeny et son humaine, Julie.

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      1. Je n’avais pas vu votre réponse, je la découvre à l’instant. Je vais vous envoyer une de ses dernières photos. Ca fait juste trois mois aujourd’hui qu’elle est partie, j’ai l’impression que c’était hier .
        Merci infiniment.
        Pascale

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